04/04/2014
Jean Feugereux, dit Jean de Beauce
Qui connaît jean Feugereux ? Peu de gens. Moi non plus. J’ai retrouvé dans ma bibliothèque un petit livre appelé J. Feugereux aux éditions Alphonse-Marré, acheté dans une brocante un jour de promenade.
Ce fut l’éblouissement. Ce peintre possédait une maîtrise extraordinaire de la couleur. Il peignait la Beauce, mais une Beauce qu’on ne voit pas, qu’on ne devine même pas, environnée d’or et de feu. Une Beauce pesante de sa terre, mais transfigurée par le regard du peintre :

Alors j’ai cherché à faire sa connaissance. Je n’ai malheureusement trouvé que des descriptions de sa vie et des événements qui l’ont accompagné. Rien pratiquement sur sa peinture, sur son art. Pourquoi peignait-il les paysages de Beauce ainsi ? D’où lui venait cette vision enflammée des soirs d’été.

On entend la musique en regardant ses tableaux, une musique éclatante et discrète, faite de chatoiement, une symphonie de Beethoven, un hymne à la joie. Quelle merveille de luminosité, de mariage des couleurs, de gestes des épis ployés par le vent, de contraste léger entre l’immédiat et le durable du fond.

On a envie de plonger dans ces paysages, de se laisser engloutir dans ces couleurs pour ne plus penser et n’avoir que la sensation du soleil, du vent, de l’espace et de la terre.
Là une véritable évasion dans un ciel qui n’existe pas réellement, mais qui ouvre le regard et lui donne une dimension sinueuse, un glissement dans une espace vierge et plein.

Oui, jean Feugereux était un véritable artiste. Fils de paysan, mais dont la famille maternelle était musicienne, il n’a pratiquement jamais quitté la Beauce, sauf pour la Bretagne, dans laquelle il retrouvait la même luminosité.
« Pour peindre la Beauce, il ne suffit pas d’être un artiste confirmé, il faut encore, et surtout être un visionnaire, capable de percevoir, au-delà du visible, ou tout au moins, de suggérer, au-delà de l’horizon lointain, l’infini dans lequel se confondent le ciel et la terre et où commence le mystère de l’infini. » (René Gobillot, dans J.Feugreux, Editions Alphonse-Marré, 1985)
07:25 Publié dans 21. Impressions picturales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, paysage, lumière, couleurs, dessins, aquarelle |
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03/04/2014
Le feu
Le feu... Mais cubiste ! Il oscille à droite. Ce n'est qu'une illusion.

07:35 Publié dans 22. Créations numériques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art cinétique, cubisme, optique art |
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02/04/2014
Jusqu’où peut-on aller ?
Jusqu’où peut-on aller lorsqu’au matin, dès le lever du jour, on part calmement faire un tour en bicyclette. Une envie soudaine d’air frais, de dégourdissement des muscles, de dénaturation des neurones. C’est décidé, on part sans savoir où l’on va, mais on y va. Il faut d’abord délivrer l’engin de ses nombreux liens qui bloquent les roues, attachent le cadre au support choisi pour sa solidité et empêchent toute prise de possession hasardeuse. On est parti, petitement au départ, car cela monte et les jambes ne sont pas chaudes, simplement prêtes à se dégourdir.
Peu de voitures, des camions sans doute et des bus. Ding, ding… je ne l’ai pas entendu arriver. Les conducteurs ont pris l’habitude d’avertir gentiment d’un petit coup de cloche. Ce n’est un repas servi. Juste un petit rappel : cette voie n’est pas la vôtre et je suis plus gros ! Bien sûr, on sursaute lorsqu’on ne s’y attend pas. Le conducteur fait un petit signe : « Je vous ai surpris, n’est pas ? » Mais il s’arrête à la prochaine station et on peut reprendre l’avantage. Une piste cyclable se profile. On est parti le long du canal de l’Ourcq, ni montée, ni descente. Le profil plat tranche avec les immeubles de plus en plus hauts, puis qui diminuent au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Paris. On ne peut dire que le paysage est beau. Il est même quelque peu affligeant. Poussière, déchets, tags, trous dans la chaussée, un paysage de banlieue sans charme, mais à l’atmosphère si irréelle qu’elle laisse l’étranger sans voix.
Quelle liberté ! Plus de bruit, plus de voitures, mais des trains, un métro et un RER. Est-ce vraiment une piste cyclable ? Ne dirait-on pas une piste à chars ? Ah, ce sont les racines qui la gangrènent. Des serpents jonchent la route, l’enlacent par en-dessous. Heureusement les pneus s’amollissent à l’approche pour reprendre leur air gaillard une fois passée la grosse ficelle. Lorsque le chemin est bon, on pousse le vice jusqu’à se laisser guider par l’équilibre. On lâche les mains, on porte le corps en arrière et on appuie avec aisance sur les pédales. Cela repose le haut du corps. On croise de temps à autre d’autres cyclistes, d’une race fort différente. Nombreux sont ceux qui arborent un maillot rutilant de rouge, jaune, vert et noir, un bariolage de publicité. Ils portent des collants également participatifs et un casque pointu pour mieux fendre l’air (vous savez, un port à la manière des bérets basques). Ils vous doublent le nez sur le guidon, ils ne profitent pas du paysage qui, même s’il n’a rien d’extraordinaire, vaut parfois quelques coups d’œil. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui roulent vers Paris comme aimantés par le devoir. C’est vrai le parisien se modère, utilise moins sa voiture et s’essaie à quelques tours de roues pour dire le soir, entre amis : « Moi, je roule écolo ! » Bientôt on entre dans le brouillard. C’est une sorte de couche plus humide probablement créé par l’eau du canal. On ne sait jusqu’où elle va, mais elle gène la progression, non pas physiquement, mais moralement, comme une couche de colle guimauve qui envahit l’environnement. On commence à ressentir la fatigue. Monte-t-on ? On ne sait, c’est le trou blanc. Ah, un vieillard qui court. Il va à petites enjambées, les coudes au corps, la tête haute levée, le sourcil broussailleux. Il fait un drôle de petit bruit à chaque foulée : « Schiiiite, schiiiite… » On le salue d’un signe de tête. Il s’arrête, regarde l’être étrange qui passe à côté de lui, mi-homme mi-roue, un cavalier de l’apocalypse, cahoté par les serpents.
Les kilomètres défilent comme sur un compteur d’eau, les flèches tournent et on pédale toujours, plein d’entrain, de hargne même. Aucun arrêt, même pas un ralentissement… La route d’huile file sous les roues, passant de pavés à l’asphalte, puis à la terre, tassée par les roues, ou encore au béton. Les ponts sont nombreux. On n’y fait plus attention. Mais là, on va être contraint de passer au-dessus pour reprendre la piste sur l’autre berge. Une grue barre le passage, le bras levé, la main acérée. On prend la place du vélo et lui se trouve juché sur l’épaule, les roues tournant dans le vide. De l’autre côté, après quelques pas sur place, on remonte sur la selle, on fait un tour de roues avant de repartir avec le même entrain, la même verve flottante jusqu’au bout du monde qui s’arrête dans un pays en révolution. Jamais un champ ne s’est profilé à l’horizon. Des constructions, en ruine, en construction, en location, à vendre. Des espaces non définis, mi-terrain vague, mi-terrain en attente d’implantation d’on ne sait quoi.
Et on poursuit le long du ruban grisâtre, dans ce couloir magique exempt de bruits où passent quelques fantômes sur roues, sans regard, pédalant et transpirant, chiens enragés de courses folles. Il est temps de faire demi-tour. On ne sait où l’on est, explorateur de terre hostiles, dans le froid des mers arctiques passant près des icebergs qui projettent leur ombre sur une mer d’huile.
07:35 Publié dans 14. Promenades | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société, sport, voyage, bizarre |
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01/04/2014
L'absurde... un premier avril
Quel mot délirant
Il n’a qu’une seule rime :
Kurde !
Un mot sans existence légale…
Abs… Cela commence mal
Comme l’absence ou l’abstrait
Joignez-les ensemble
Abs…urde… est-ce une langue
Oui, peut-être, mais qui fourche
C’est normal
L’absurdité est contraire à la raison
Alors… abs…tinence !
C’est ainsi qu’il se trouve seul
Environné de pommiers
Une couronne sur la tête
Pour déclamer les vers
D’un peintre en bâtiment...
L’entourent des êtres chers
Le renard sans queue
L’agneau poêlé bêlant bêtement
La jeune fille, encore jeune
Mais sûrement plus fille
L’enfant roi sans casquette
Qui hurle par plaisir
Rien n’existe, mais c’est là
Dans la tête, comme un gong
Quelle fièvre vous prend ?
Mais l’abs…urde n’est-il pas
Proche de l’abs…olu ?
On raisonne sur l’absolu
Mais on agit dans la réalité
La frontière des deux mondes
N’est-elle pas un absurde raisonnable
Entrer dans l’absurde irrationnel
Ou demeurer dans l’abs…sens
N’est-ce pas une frontière vague ?
Un système royal l’ABS
L’anti-blocage des roues
La raison s’en porte mieux
Les dents courent le long de la roue
Et empêchent la catastrophe
La raison tourne, dans le vide
Elle existe toujours, inutilement
Alors que l’absurde ne peut exister
Le fou n’existe pas dans l’absurde
Il a sa raison à lui
Elle court dans ses rouages
Qui tournent parfois à l’envers
Vous puisez dans le sac à idées
Mais rien de logique
Ne sort du broyage…
Quelle ineptie !
L’imaginaire n’est pas le non-sens
C’est la voie royale
Pour pouvoir voler
Et s’évader d’un monde raisonnable…
En avril, découvre-toi
de tous les fils de la raison
et entre dans la fournaise
de l'absolu chimérique
© Loup Francart
07:00 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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31/03/2014
Danse des esprits bienheureux, Orphée et Eurydice, de Christoph Willibald Gluck, au palais Garnier
http://www.youtube.com/watch?v=oou2ywIbRxc
Une danse fondée sur une seule série de gestes, très simple. La main droite vient toucher le sol, en signe d’allégeance, puis ayant puisée dans ce geste une force nouvelle, elle s’envole vers le cœur et entraîne le corps sur sa gauche en une courbe rapide avant d’être portée à son visage comme si celui-ci respirait une fleur qui lui faisait lever les bras au ciel de reconnaissance.
On se laisse prendre par ce ballet répétitif et la musique de l’opéra Orphée et Eurydice composée par Gluck. On pourrait parler d’harmonie entre cette musique et la danse elle-même. Cette harmonie se retrouve directement dans le mouvement entre le groupe des esprits et chacune des danseuses qui en sortent. Même simplicité, même félicité, un calme heureux et aimable. En un instant vous passez de la raison au cœur et vous vous envolez dans l’azur pur sans pensée. Plus rien dans la tête. Votre cœur suit les mouvements et vibre en harmonie avec eux. Décollage vertical obligatoire !
L’avancée en âge affine les sensations et l’émerveillement devant la beauté du monde et ce que produisent les hommes. Lorsqu’on est jeune, après les années de découverte de l’existence qui sont également une période enchantée, on traverse la vie comme blasé, ou plutôt, incapable de voir au-delà des apparences ordinaires. Puis, lorsque travail et famille deviennent moins pressants, on se prend à nouveau à rêver le monde et à y apercevoir les signes d’une magnificence qui vous fait dire : « Quel bonheur de vivre et de contempler le monde invisible derrière le monde visible ! »
07:10 Publié dans 51. Impressions musicales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : opéra, musique, danse, art |
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30/03/2014
Ida, film polonais de Paweł Pawlikowski (2013)
Deux femmes que tout semble séparer et qui vont se rencontrer et faire connaissance devant la mort. Anna est une jeune nonne que sa mère supérieure envoie, avant ses vœux, à Wanda, sa tante, ancienne juge rouge responsable de nombreuses condamnations. Elle apprend qu’elle est juive, qu’elle s’appelle Ida et que ses parents ont disparu pendant la guerre. Elles partent ensemble à leur recherche, dans une quête sinistre, mais qui devient une initiation à la vie pour Ida.
Elle s’ouvre à une vision différente de la vie religieuse, découvre l’amour filial, l’amitié, le désir et même le suicide de sa tante. Tout cela est vécu extérieurement de manière brutale, intérieurement presqu’au ralenti. L’art du metteur en scène accentue cette impression : de magnifiques images en noir, blanc et gris, des visages extatiques parfois, des paysages ouatés, des villes fantomatiques. Une atmosphère étrange et pesante, y compris lorsqu’enfin Ida fait son choix, le retour au couvent. On ne sait rien de ses réelles motivations, ni même des émotions qu’elle ressent à la découverte de son passé. Elle reste équilibrée, trop sage, même lorsqu’elle se donne au saxophoniste et que celui-ci lui dit :
– On pourrait se marier, avoir des enfants… »
– Et après ?
– Après on aurait des problèmes.
Un très beau film, mais on ne le voit qu’après la projection, en arrière-plan de la mémoire, lorsque les images reviennent dans le désordre, Ida ou Anna, Wanda. Pas de morale, pas d’enseignement, rien que la vie qui coule lentement dans les corps et la mémoire.

07:43 Publié dans 13. Cinéma et théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, film, pologne, religion, nationalisme |
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29/03/2014
Autre peinture
Elle se tient debout, perchée sur l’échelle. Rien ne saurait la déranger. Elle manie son pinceau avec sérieux, enduisant de noirceur le portail défraichi. Il la revoie jeune fille, riante, le regardant d’un air effronté, comme disant : « Moi aussi, je peux faire ! » Elle y met tout son cœur, décidée à aller jusqu’au bout, à ne pas abandonner son pinceau à la main secouriste. Il la regarde et admire cette volonté subite, ce retour pour éblouir et danser ensuite de joie à l’idée d’un enjolivement dû à elle seule.
Elle se tient debout, perchée sur l’échelle. Ses cheveux flottent autour de sa tête. Elle écarte d’un geste de l’avant-bras ceux qui lui tombent dans les yeux. Elle vient de voir un barreau sans peinture, avance une main agile et presse les poils barbouillés sur la partie encore vierge. Elle est comme un dentiste devant une bouche ouverte. Elle glisse son instrument entre les dents du portail et lui assène sa couche de noir luisant jusqu’à l’étouffement. « Voilà, c’est fini ! »
Alors elle le regarde et il voit sa souffrance dans son corps. Perchée sur l’échelle, elle s’est donnée sans retenue. La main ankylosée, les reins vrillés, les pieds compressés par la minceur des barreaux, elle réserve encore sa fatigue pour tout à l’heure, lorsque pinceaux nettoyés, bidon de peinture rangé, échelle remisée, elle pourra enfin se laisser tomber sur une chaise et contempler son œuvre qui la comblera de bonheur.
Elle se tient assise et il est debout devant elle, attendri de sa constance et de sa joie enfantine. Elle a les larmes aux yeux, de fatigue, de satisfaction, d’amour aussi. Quel beau cadeau lui a-t-elle fait ! Il lui prend la taille et l’entraine vers la maison. Qu’il est bon de rentrer chez soi, ensemble, après l’épreuve et les preuves d’un amour toujours vivant.
07:35 Publié dans 11. Considérations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amour, société, écriture, femme |
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28/03/2014
Quelle différence ?
– Je suis femme et donc lasse
De n’avoir que mes yeux
Pour parler à ceux qui m’ignorent
Tout en me contemplant
– Je suis homme et donc prêt
A toute tentative de charme
Quand déjà ses yeux me fixent
Et me disent : Oserez-vous ?
– Adolescente, je contemplais sans honte
Les efforts sportifs des jeunes hommes
Et riais de les voir, rougeauds
Encore pleins de force virile
– Enfant, je me taisais
A quoi pensais-je donc
Lorsque la cousine me serrait
Et me pressait contre ses seins
– Tu m’as charmé de tes chants
Tu m’as donné ta vigueur
Et je suis devenue un rêve
Que je poursuis toute seule
– Et maintenant, après ces années
Je me gonfle d’importance
Pour croire encore à la vie
Et me dresser malgré moi
Oui, la vie est ainsi faite
Rien ne peut la changer
Surtout pas cette différence
Entre douceur et force
© Loup Francart
07:39 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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27/03/2014
Enchevêtrement
Plus vous le regardez, moins vous comprenez l'enchevêtrement des volumes. Un véritable labyrinthe dans lequel même les rats se perdraient. C'est un cauchemar à l'image du monde et de la vie. Il y a toujours, et encore, des surprises. Où aller ?

07:18 Publié dans 22. Créations numériques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art cinétique, peinture, optique art, dessin |
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26/03/2014
Concert par le chœur des deux vallées
« Créé par Annie Couture dans le cadre du Conservatoire intercommunal des 2 vallées, le chœur des 2 vallées se réunit chaque semaine depuis 1999. Les chanteurs ont exploré ensemble des répertoires variés (chants béarnais, corses et argentins, musique baroque et renaissance, madrigaux italiens…). Ces expériences ont doté le chœur d’une conscience aiguë de l’importance de la transmission orale et du dialogue des cultures. Outre des pièces du répertoire classique, l’ensemble propose ses propres adaptations de chants traditionnels, ainsi que des créations inspirées des nombreuses influences musicales qui ont jalonné sa pratique. »
Un concert exceptionnel, comme on en rencontre peu, même à Paris. Environ 15 filles et 15 garçons chantant d’une voix parfaite des chants d’une beauté sublime issus de répertoires traditionnels, mais peu connus, béarnais et corses.
"Ce petit chœur d’amateur fait preuve d’une exigence, d’une justesse et d’une expressivité très rares, même dans le milieu professionnel. Les choristes sont des jeunes chanteurs du milieu rural. Ils ont voyagé de par la France et de par le monde pour perfectionner leur technique et apprendre aux contacts des chanteurs autochtones la musique de leur pays. Ils ont ainsi rapporté de ces périples initiatiques des chants du Béarn, des chants Corses et des chants d’Argentine. Le résultat est saisissant. On est stupéfait par leur technique sans faille, par leur concentration, par une justesse mélodique sans aucun accroc, une synergie, une communion éblouissante."
Malheureusement, il y a peu d’enregistrements de ce chœur. Voici le Chant Des Oiseaux de Clément Janequin.
http://www.youtube.com/watch?v=qZpJLkNSc-I
Et maintenant un chant corse sur le battage du blé "Battez le blé, les bons bœufs, travaillons ensemble car le blé est pour nous mais la paille est pour vous".
http://www.youtube.com/watch?v=xhCniGe03bo
Oui, ce fut une belle après-midi, assis dans une église, parti en d’autres cieux, sous le charme de ces voix pures, justes, bouleversantes. Si vous voyez l’annonce d’un concert de ce chœur, allez-y , vous ne le regretterez pas.Ce ne fut pas beau, ce fut splendide et émouvant !
07:43 Publié dans 51. Impressions musicales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, chant, tradition, corse, moyen-age |
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25/03/2014
La petite ceinture, côté nord (2)
Chaque tag a sa particularité. Il peut être ordonné, global et coloré, incompréhensible, fleuri, pimpant.




Ils s’enchevêtrent, se marchent dessus. C’est à celui qui se réserve une place de choix. Certains sont presque des dessins contemporains, du design pur et dansant.

D'autres sont même des dessins. Peu, car la liberté est dans l’abstraction, dans la singularité de sa propre signature, dans sa marque de fabrique que l’on affiche glorieusement, comme un trophée.

Allez, un coup d’œil à la gare. Enfin… Ce qu’il en reste.
07:56 Publié dans 14. Promenades | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris intra-muros, street art, graffitis, tags, stalker, exploration |
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24/03/2014
L'heure sauvage
Trois heures trente, l’heure sauvage
Celle où rien ne pousse dans la tête…
Silence... On tourne autour de soi
Sans consistance et sans résultats…
C’est un autre monde, inédit
Qui ressort des pages bouleversantes
De cet entre-deux prenant la gorge…
Rien ne s’offre gratuitement…
Chaque nuit le même récit voilé
Le retournement des principes
Et la sûreté des geôles d’antan…
Un volcan sorti de la glace…
Mais toujours, simultanément
Vous prend cet immense désir
D’une évasion hors du monde
Jusqu’aux confins de vos songes…
A grandes enjambées vous parcourez
Les étendues désertiques de la pensée
Toujours plus loin, dans le lointain
Jusqu’au vide immuable de l’absence
Rien ne vous arrête… Un trou
Sans fin et sans parachute…
Vous fermez les yeux morts
Et ouvrez l’esprit au rêve…
© Loup Francart
07:05 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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23/03/2014
Le Mystère par excellence, d’Amélie Nothomb
Manuel est mon meilleur ami. C’est le meilleur des meilleurs amis. Nous nous sommes connus il y a dix ans, à la Faculté : nous avions dix-huit ans et nous avons vécu ce qu’il faut bien appeler le coup de foudre de l’amitié. Aussi, quand il m’annonça, il y a deux mois, qu’il venait d’éprouver son premier coup de foudre amoureux, cela me fit un choc.
– Elle s’appelle Hélène. Je l’aime, me dit-il avec ferveur.
Ainsi commence ce court récit, concentré de dialogues et de réparties à la manière, inimitable, d’Amélie Nothomb. Quel est ce mystère ? Celui de l’amour d’un homme envers une femme ? Quelle banalité. Tellement banal que la nouvelle s’enlise. On sait ce qui va se passer, on le devine et cela arrive, jusqu’à la fin : ils s’aiment et vivent heureux, envers et contre tout et surtout à la stupéfaction du narrateur. Ainsi finit cette très courte nouvelle : Manuel est toujours mon meilleur ami ; le meilleur des meilleurs amis. Et il a épousé
Hélène. Il respire le bonheur. C’est à rien y comprendre, mais c’est comme ça. La seule chose que j’ai comprise dans cette étrange et banale histoire, c’est la phrase de Chardonne : « Le bonheur des autres fait pitié. »
Entre les deux, des échanges mi-figue, mi-raisin entre la belle (tout à fait ordinaire) et l’ami de l’amoureux, ce narrateur éberlué qui n’arrive pas à comprendre. Il va même jusqu’à tromper son ami pour voir jusqu’où elle ira. Et c’est d’une platitude !
Alors de quel mystère parle-t-on ? Certes le mystère de l’amour. Mais, au-delà, le mystère par excellence de l’engouement pour un auteur, quel qu’il soit. Cette nouvelle, en dehors du fait qu’elle a été écrite par Amélie Nothomb, est faite de clichés, de scènes sans rebondissement, de dialogues pauvres entre personnages sans consistance. Et cela fait un livre, petit certes en épaisseur, mais d’une triste qualité, à l’image de la secrétaire de direction dont il est question. Une seule phrase résume le livre : « Le bonheur des autres fait pitié. »
07:36 Publié dans 41. Impressions littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, nouvelle, roman, amour |
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22/03/2014
La nuit en deux temps
Elle s’est levée au milieu de la nuit, réveillée parce que repue de sommeil. Elle est descendue à la cuisine, s’est fait un thé, est remontée, s’est laissée aller à la poésie. Quand tout fut fini, elle se tourne vers le lit où l’attend son autre moitié, celui qui donne au monde une autre chaleur, pleine de force et de paix.
Qu’il est bon de se laisser prendre dans ses bras et de refermer la vie dans ses filets. Elle se couche subrepticement, soulevant la couette d’une main agile, prenant garde à ne pas déplacer d’air. Il fait froid, ses cuisses découvertes recherchent le corps chaud. Encore un peu. La voici dans la bulle qui se forme et l’englobe de sa somnolence. Appuyée sur son épaule, elle entre dans son odeur personnelle et se laisse aller à la torpeur de ce miel chaleureux. La main gentiment se laisse aller dans le creux de la hanche, là où la courbe se fait plus tendre et creuse.
Elle caresse cette peau connue, aimée, jusqu’au moment où le sommeil s’empare d’elle. Sa main, inerte, l’a réveillé. Il se laisse bercer par la caresse, puis se rendort également. Ils se rencontrent dans leur rêve et se sourient.
Le lendemain, en ouvrant les yeux, ils lisent dans la page ouverte de l’autre l’amour qui les tient endormis, sûrs d’eux et de leur bonheur.
07:15 Publié dans 11. Considérations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amour, homme et femme, société, somnolence, insomnie |
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21/03/2014
La petite ceinture, côté nord (1)
Ils partirent en catimini, enfourchant leurs vélos, revêtus d’un jean, d’un pull camionneur et d’un anorak. Lampe de poche obligatoire ! L’un, jeune sur un vélo moderne (entendez par là qu’il n’a qu’un cadre, qu’un pignon, qu’un frein et que l’on est pratiquement couché sur cet assemblage), l’autre, plus âgé, plus droit sur un vélo allemand gris perle et pneus increvables. Près du boulevard circulaire, porte de Pantin, ils les attachèrent, se glissèrent entre deux clôtures et les voilà seuls dans un paysage à la Stalker, le film de film d’Andrei Tarkovski (1979, voir le 24 décembre 2011), les tags en plus.

La zone est un lieu interdit d’accès. Elle est devenue un lieu mythique. Au cœur de la zone, le tunnel. On l’atteint après une longue marche, difficile. Chaque pas est mesuré, différent, chaotique, à la distance différenciée de chaque traverse.
Ils sont environnés de tags, signatures originales, propres à chaque « artiste », difficilement lisibles, environnées d’autres tags, enchevêtrées dans un réseau de signatures, comme une pétition en plein ciel, cachée aux parisiens qui ne connaissent pas les secrets des couloirs de fer abandonnés.

Ils traversent des lieux mixtes, entre zone et ville où certains cultivent leur jardin, en toute innocence.

Voici le tunnel. Entrée dans le noir, la crasse, les détritus. Une odeur de renfermé, les pas soulèvent la poussière, pas un bruit ne vient troubler la marche. Ils tournent avec allégresse les moulins à éclairer (vous connaissez ces lampes de poche sans pile qu’une dynamo entraîne en tournant la manivelle). Parfois, un puits de lumière, tagué bien sûr, d’une statue sans relief, sorte de décor virtuel.
Après cinq minutes, ils débouchent dans une ancienne gare. Un chef d’œuvre de Street Art, brouillon certes, mais c’est sa caractéristique. Promenade dans une cathédrale de couleurs violentes, d’herbes, de fer et de pierres… Les graffitis en sont le décor baroque qui envahit tous les murs, quel qu’en soit la hauteur. Le cloître étire ses piliers, désert et silencieux. La méditation y est praticable, malgré les odeurs. Rien ne viendra troubler votre paix… Et vous contemplez des chefs d’œuvre.

07:38 Publié dans 14. Promenades | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris intra-muros, street art, graffitis, tags, stalker, exploration |
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20/03/2014
Hiver ou été ?
L’astre vous bourre de ses rayons
Tourné vers lui le visage s’ouvre
Chaque pore dégorge son eau
Vous ruisselez dans le froid de l’hiver
Les cris des enfants du village
Entament comme une scie obscure
Le solo patient et quotidien
D’une journée écrasée de rouge
Le portail ouvert, béant de fureur
Dont on nettoie les dents noires
Laisse passer les géants de la route
Ombres parasites et fugitives
Oui, c’est une après-midi soft
Un air de déjà vu et si bon
Vos genoux dissous dans la poitrine
Vous baignez dans votre jus amer
Vous ne bougez plus, le front altier
Vous laissez le temps s’en aller
Et vous regardez sans les voir
Ces arbres aux doigts tendus
La nature vous donne sa foi
Laissez-vous faire, ignares
Laissez votre intelligence au placard
Et croulez de bons sentiments
Encore quelques temps
Quelques pas de danse
Pour profiter de cette huile
Que donne la lumière du soir
Tout à l’heure, refroidi
Roulé en boule, respirant
La morsure de la glace
Le feu du soir vous ravivera
© Loup Francart
07:53 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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19/03/2014
Le prix de mon âme, notes pour servir à la vie d’un sculpteur, de Vincent Batbedat (Editions Alain Gorius, 2012)
Un livre écrit par un sculpteur, pour les sculpteurs et… les autres, ceux qui s’intéressent à la sculpture. C’est son sang, son combat contre l’adversité, le manque d’argent, la fête malgré tout et la réflexion sur la vie d’artiste. Cela semble ennuyeux au début, il se répète, s’étend sur sa vie et celles de ces amis, sculpteurs évidemment. Mais, en se forçant un peu (il m’a fallu deux mois !), on découvre la destinée d’un sculpteur, sa hargne à sculpter envers et contre tous, sa peine, ses joies et le respect de l’œuvre, infinie.
Une anecdote nous raconte qu’un amateur (un amateur est pour nous : celui qui aime), dans l’atelier de Giacometti, remarqua une sculpture sous une table et demanda au Sculpteur pourquoi elle était placée là. En était-il moins satisfait que des autres ? Pourquoi la reléguer, la dissimuler presque ? Là ou ailleurs, dit Giacometti, cela n’a aucune importance. Si cette sculpture possède assez de pouvoir, elle trouvera bien le moyen de se faire remarquer et de sortir de là. Oui la sculpture pouvait attendre et même attendre longtemps dans la poussière sous la table. Mais elle était prête, accomplie, finie, définitive. Une laborieuse finition de venait son accomplissement. De corvée, l'acte s'anoblissait. Ce travail ingrat, qui pouvait être accompli par n’importe lequel des hypothétiques manœuvres ou assistants que je n’aurai jamais, devenait essentiel. Ce n’était plus du temps perdu, du talent perdu. Le vieux disait : « Le prix de ton âme », et je commençai à saisir le sens de sa boutade. Et la lime devint véritablement mon amie.
Et moi aussi, j’appris alors le sens du retour à la tâche, au geste simple, tel que reprendre un livre pour en extraire son âme. Et peu à peu, à force de reprendre ce livre par petites phrases, j’en vins à l’apprécier, à y trouver des perles de vie, de petites choses qui semblent sans intérêt, mais qui font une vie de sculpteur ou de tout métier. Les petits riens sont l’essentiel d’une vie. Ils répondent de manière directe (mais cela se fait indirectement) à la question : Que cherches-tu ? Cette question fut un des phénomènes étranges de mon existence. D’où venait-elle ? Qui ou quoi me l’avait insufflée ? Elle vint se ficher dans ma tête comme un piquet, depuis mon enfance, je crois. Mais dans ma jeunesse, je ne lui prêtais guère attention car je croyais avoir trouvé la réponse : la Sculpture.
(…) Que cherches-tu, sinon à transgresser les limites de ton esprit à travers le moment où, dans le travail, ta pensée se dilue dans l’œuvre ? Su tu limes, ta pensée devient lime (…) C’est le moment où l’homme et l’œuvre s’unifient et ne font qu’un, où celui qui fait et celui qui est fait ne se distinguent plus ? Mais en réalité tu ne transgresses rien car l’esprit n’a pas de limites et les obstacles que tu trouves, ce sont ceux que tu dresses toi-même au devant de toi, parce que tu crains de découvrir un pan d’inconnu. Et l’inconnu est ce qui effraie le plus l’homme. Mais la liberté n’est qu’au prix de ce dépassement-là.
07:48 Publié dans 41. Impressions littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, récit, littérature, sculpture, artiste leçons de vie, impression |
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18/03/2014
Arbres dénudés (3)
Tel un squelette de femme, il se pavane dans les champs, faisant admirer ses membres, étendant ses bras et ses jambes pour mettre en évidence son harmonie. Oui, il est beau de symétrie, de rondeur, d’aisance. Admirez cet épanouissement serein qui se laisse voir nu, sans complexe, trônant dans le désert, s’ouvrant de son ventre enchâssé pour dévoiler ses cheveux défaits.

Celui-ci est torturé. Il crie de désespoir et n’est pas entendu. Il se tord les bras et les mains pour marquer notre manque d’attention. Il se gonfle la poitrine pour dire son étonnement. Rien n’y fait. Reste tranquille, continue de couvrir la campagne de ton ombre, tu es beau de sacrifice inutile.
Le fantôme, les doigts levés, crie au monde sa solitude parmi ses frères. Il a mis ses mitaines et clame haut et fort sa différence. Mais rien n’y fait, il est là, levé dans une classe alignée, mais ne peut se faire entendre. Crie toujours, on ne sait jamais…

Solitaire, le vieil ours se montre à tous. Il ne craint pas le ridicule. Qui d’autre que lui peut se vanter de détenir une telle couverture ? Il se dresse debout et fait impression, quelle force compacte et majestueuse. Venez voir mes biceps, admirez ces pectoraux poilus. Rien ne me fera bouger !
07:05 Publié dans 14. Promenades | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nature, écologie, solitude, arbre |
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17/03/2014
La meilleure part
Qui se diminue grandira ;
Qui se grandit diminuera
(Tao-tö King XLII)
Quiconque s'élèvera sera abaissé,
Et quiconque s'abaissera sera élevé.
(Mathieu, 23.12)
Les mêmes paroles à quelques 600 ans et plusieurs milliers de kilomètres d’intervalle… C’est réconfortant, non ? Deux civilisations totalement différentes nous disent la même chose, n’est-ce pas interpellant ?
Et aujourd’hui, qu’en pense-t-on ?
Tous nous souhaitons grandir, nous élever. Tous nous tentons de le faire. Certains réussissent, d’autres non !
Grandir, s’abaisser, est lié au pouvoir. S’élever, c’est rechercher le pouvoir temporel. S’abaisser, c’est ne rien chercher, mais accepter le pouvoir spirituel. Non pour soi, mais pour le bien commun.
Chacun a un pouvoir particulier, sa vocation intime qui lui permettra de se réaliser.
Le pouvoir spirituel, c’est apporter aux autres la capacité de s’accomplir en réalisant sa vocation intime. Quel beau pouvoir !
07:51 Publié dans 61. Considérations spirituelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualité, religion, philosophie, pouvoir temporel, pouvoir spirituel |
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16/03/2014
Sa chambre est une gare
Sa chambre est une gare, une gare de province
Où l’on entre pour faire un long voyage
Aux pays ignorés de nouveaux princes
Qui règnent sur la géométrie de l’esprit de leurs pages.
On y voit des affiches couvertes de couleurs
Où l’Espagne s’ombre sur le sable des arènes d’or,
Où l’Escorial étale ses vertus de l’honneur
Dans la nuit des étoiles et des nébuleuses de la mort.
© Loup Francart
07:37 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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15/03/2014
Arbres dénudés (2)

De ce vieillard encore debout, que reste-t-il ? Quelques poils au menton, une béquille qui tient lieu de jambes, des bras noués et incontrôlables, un clin d’œil irraisonné au monde : « Voyez, je suis encore là ! Plus rien ne me retient, mais la vie coule en moi malgré mon âge et je ne renonce pas à quelques années supplémentaires ! »
Plus majestueux encore ce chêne invincible, fort comme un taureau. Il a souffert dans ses combats contre le vent, le soleil, l’eau, l’érosion, mais il est droit dans le ciel et semble régner sur le désert. C’est un quinquagénaire fort des Halles qui impose sa loi alentour. Ses membres tordus ne demandent qu’à vous prendre et vous enserrer dans ses mains immenses. Alors vous contemplerez du haut de sa majesté le paysage et pourrez dire : « Il n’est pas beau, manque d’harmonie, mais quelle force qui s’impose à tous. Il ne plie pas, mais ne cède pas non plus ! »

Celui-ci est enserré. Il a cédé à son environnement qui l’envahit. Mais il résiste. Ses pieds sont pris, mais ses bras s’agite encore librement et appelle au secours : « Je suis vivant, je n’en ai pas l’air, mais venez voir mon bois. Il peut encore vous chauffer et vous donner ce que vous recherchez. Alors, utilisez-moi. Ne suis-je pas beau, dans ce bleu du ciel voilé ! »
Quel contraste avec ce bébé joufflu qui s’épanouit au soleil. Jamais touché par la main de l’homme qui l’a planté là un jour, il nargue les vieux par une jeunesse insolente et pleine de vie. Il en est des arbres comme des humains, la sève monte plus vite dans l’impatience de la jeunesse, mais le bras pacificateur de l’homme mûr s’étend également sur eux.

07:30 Publié dans 14. Promenades | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nature, écologie, solitude, arbre |
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14/03/2014
Réunion
Vous entrez dans la salle. Une salle polyvalente, tellement polyvalente que vous la connaissez par cœur sans y être une seule fois entré. Elle tient de la salle de volley-handball-tennis, voire football et de la salle des fêtes, cinéma, voire théâtre amateur. Nous sommes peu nombreux. Mais peu à peu les participants à la réunion arrivent. On ne les entend pas. Sons étouffés et inaudibles, brouhahas dispendieux. Le président s’essaie à faire le calme et prend la parole. Tour de table habituel : XX, secrétaire de l’Association YY ; BB, « professeure » de l’école Machin ; PP, policier municipal, etc. Hétéroclite me direz-vous. Oui, ce sont les réunions fraiches de la campagne où chacun apporte l’odeur de son village et de sa spécialité. Après quelques mots de remerciement pour les présents et de regret pour les absents excusés, le président passe la parole à l’intervenant. La table est en U. Quinze mètres séparent les deux bras levés du U. Il parle. On voit sa bouche remuer. On entend un petit grésillement, comme les pas d’une souris dans le foin du grenier. Tous se regardent. Enfin, quelqu’un ose dire qu’il n’entend rien. L’intervenant reprend de sa voix de ténor exacerbée qui sort de la gorge sans passer par le masque. L’ordinateur est là, le vidéoprojecteur également. Les images apparaissent. Heureusement. Si on ne comprend pas les paroles, on peut lire les images.
Une dame lève la main. Elle parle d’un filet de voix si ténue que cette fois-ci tous réclament de passer d’un dialogue à deux à un échange plus convivial entre tous les participants. Elle fait un effort. Ses paroles sont maigres, mais presqu’audibles. La question est brève, la réponse dure. On revient trois diapos en arrière, on rebascule deux diapos en avant. La démonstration est refaite. La dame est rassérénée. On ne sait si elle a compris ou si elle abandonne par timidité.
Le temps des questions semble une détente, presqu’une récréation. Un peu de bruits : on change le croisement des jambes, on sort son mouchoir, on déplace son stylo sur la table, bref milles petits gestes qui traduisent l’impatience, un ennui dissimulé, un vague à l’âme d’être enfermé dans cette salle malodorante alors qu’il fait si beau dehors. La joute verbale commence. Les questions se font plus précises, les réponses plus embrouillées. Les représentants de l’administration en rajoutent. Pas d’explication, des impératifs sortis tout droit des arrêtés pondus quelques mois auparavant par une administration délirante qui ne songe qu’à réglementer, réglementer encore, réglementer toujours. Protestation de la part de certains. Réponse : « Nous ne faisons qu’appliquer les règles et ne sommes pas responsables de leur contenu ». Dans notre pays de fonctionnaires tranquilles, personne n’est responsable d’une situation complexe, embrouillée parce que les responsabilités sont diluées, noyées entre diverses couches hiérarchiques, techniques, juridiques, organisationnelles, communicationnelles. Qui fait quoi ? Il est difficile de le trouver. Qui est responsable de quoi ? Impossible d’approcher la vérité.
Vingt minutes plus tard, le président redonne la parole à l’intervenant qui reprend son discours toujours aussi persuasif et inaudible. Nouvelle récréation, nouveaux débats. Intervention du président. Celui-ci cette fois-ci, prend un ton raide et comminatoire. Il se tient sur sa chaise très droit, tendu vers la salle, un doigt sur la joue pour donner du poids à ses remarques : elles sont réfléchies et doivent faire preuve d’autorité. Quelqu’un ouvre la bouche. Rien n’y fait. Le président a parlé. Plus personne ne parle, même pour dire quelque chose d’intéressant. C’est la démocratie participative dans laquelle la seule participation est la présence à la réunion.
Trois heures plus tard, épuisés de devoir tendre l’oreille, les participants se lèvent après la conclusion du président. On se dérouille les jambes, on se permet de parler d’une voix forte, on échange sur quelques points, on parle de la pluie et du beau temps, des champs gorgés d’eau, des routes encombrées de boue et de mille autres potins qui façonnent bien sûr une conversation entre gens d’un même lieu, mais qui se connaissent peu.
Vous montez dans votre voiture. Quelques gouttes de pluie s’écrasent sur le parebrise. Vous vous demandez ce que vous êtes venu faire à cette réunion. Dire que vous auriez pu courir la campagne et cueillir ce qui vous tombe sous la main, en toute simplicité.
07:32 Publié dans 11. Considérations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société, réunionite, participation, information |
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13/03/2014
Sutra du coeur
Le Sutra du cœur est le plus bref texte du corpus du Sutra de la Perfection de la sagesse. Il est récité quotidiennement dans les monastères zen :
« Sariputra (l’un des principaux disciples du Bouddha), la forme est vide et le vide est forme. Et vides sont les sensations, les perceptions, l’imagination et la conscience. Là où se trouve le vide, il n’y a ni apparence, ni sensation, ni perception, ni imagination, ni conscience. (…)
Il se termine par cette recommandation :
« Et voici le mantra du cœur de la perfection de la sagesse : Aller, aller, aller au-delà, au-delà du par-delà, que l'éveil soit réalisé! ».
Ce texte est à rapprocher de la notion de vacuité chère à la pratique du Zen. Le vide n’est pas l’absence de plein. Le vide est la condition nécessaire pour que le plein existe. Le plein a besoin du vide pour exister et le vide a besoin du plein pour être. Qu’est-ce que le vide ? C’est la non existence. Peut-on dire que le vide est le néant, au sens qu’il n’y a rien. Il y a le vide qui emplit tout, qui enveloppe tout, qui donne forme à tout.
C’est en cela que le sculpteur doit faire autant attention au vide qui entoure sa statue qu’au plein qui la définit. Sa perception du vide agit sur la forme qu’il donne. 
De même les astrophysiciens s’interrogent sur ce vide sidéral à l’origine (ou non) du Big Bang. Comment le vide peut-il engendrer la nature des choses ?
De même également les mathématiciens s’interrogent sur les rapports entre le zéro et l’infini, car le zéro est un nombre entier naturel bien qu’il soit dans le même temps un nombre à part : 0 n’est le successeur d’aucun nombre, alors que tout nombre différent de 0 est le successeur d’un autre nombre.
Enfin, on peut aussi rapprocher cette expérience de l’expérience mystique de Saint Jean de la Croix : la foi est nuit, mais elle est le seul moyen de connaissance de Dieu.
La lumière existerait-elle s’il n’y avait pas l’obscurité du vide ? Elle ne serait pas visible, tout étant lumière. Le rapprochement des contraires est une des clés de la compréhension du monde.
07:05 Publié dans 61. Considérations spirituelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualité, vide, lumière, dieu, connaissance, vacuité |
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12/03/2014
Les formes
Les formes lui courraient dans la tête
Carrés noirs, ronds blancs, lignes
Points, rien… Quel mélange…
Une symphonie muette et colorée
Qui danse pour lui seul !
Dans son sommeil il les voit
Elles se dressent au pied du lit
Elles envahissent ses songes
Et ne lui accordent aucun repos…
Il les assemble au gré de la pensée
Du crayon sur le papier quadrillé
Elles se gonflent en trois dimensions
Prennent leur aise… Elles enflent…
Parfois elles détonnent… Douleur…
Comme une explosion dans la tête
Un vaisseau qui éclate…
Alors le sommeil vient
Il s’ouvre à l’esprit dérangé
Il balaye tout sur son passage
Et le vide s’installe, bienfaisant…
L’artiste flotte entre deux nuages
Eperdu de reconnaissance
Avant de retomber sur terre
Se cognant aux formes et aux couleurs…
© Loup Francart
07:53 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature, forme, peinture, couleurs |
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11/03/2014
Les arbre dénudés (1)
Un arbre en hiver, c’est comme un poulet sans plumes. Il est mort… Mais il leur reste leur orgueil, leur allure ou leur pauvreté naturelle : Pierre le Grand ou Saint François d’Assise !
Seuls, isolés dans les champs, ils se tiennent debout contre le vent et le froid, offrant au ciel leurs bras immenses et pleurant des gouttes de pluie en abondance.
En voici un, mutilé, manchot. Il lève son seul bras droit vers les cieux comme pour protester. Têtu, il se sait seul face à tous. Il ne se rase plus. Il attend… quoi ? Il ne sait. Il contemple son ombre et dit : « Je suis fier d’être là envers et contre tous. Admirez mon courage. Je veille sur l’herbe, sur les bois alentour, dressé dans le bleu de l’azur jusqu’à ne plus sentir mon bras ». Tel les stylistes, il dresse son membre et le laisse se dessécher. Il mourra ainsi, le doigt en l’air, couché dans la boue.

Celui-ci n’est qu’un champignon, une sorte de bolet au corps charnu que l’on rencontre sous les feuilles, à l’automne. Mais lui se tient là, dans sa puissance ramassée, ayant perdu ses membres, poilu et désossé. Il veille lui aussi. Regardez sa force contenue, son extrême concentration, ton front buté et ses poils hirsutes. Rien ne saurait le faire bouger. « Je suis là, et j’y reste ! »

La vieille garde, embarrassée de parasites qui l’encombrent tels les balanes sur le corps des baleines. Immobilisé par ce réseau envahissant, il tente de crier au secours, mais sa voix se perd dans l’air sec et ne suffit plus pour résonner. Alors il se tient là, tranquille, extatique, pathétique même, ouvrant ses doigts au monde, avant de mourir étouffé.

07:51 Publié dans 14. Promenades | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nature, écologie, solitude, arbre |
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10/03/2014
Politiquement correct !
Le politiquement correct exige le non discernement. Toute distinction entre citoyens de la république est interdite. Le philosophe Alain Finkielkraut en a fait l’expérience après avoir dit : « Et puis il y a aussi une place en France pour les Français de souche ! Il ne faut pas complètement les oublier ! ».
Naïma Charaï, présidente de l'agence nationale Acsé (Agence pour la cohésion sociale et l'égalité des chances) explique qu’il « est inacceptable que ces propos soient tenus librement à la télévision sur une chaîne publique et qu'aucun des représentants du service public présents sur le plateau n'ait jugé opportun de relever ni de contredire ces affirmations que je trouve particulièrement choquantes. L'expression « Français de souche » est directement empruntée au vocabulaire de l'extrême droite, et elle est en totale contradiction avec l'article premier de la Constitution qui dispose : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion."
Comme déjà sont retirées du vocabulaire politiquement correct les notions de race, d’origine et même de sexe, que va-t-il nous rester pour nous distinguer les uns des autres ? Les noms ? Non, les CV doivent être anonymes. Le lieu d’habitation ? Non, c’est discriminer les banlieues. L’âge ? On parle d’abaisser la majorité à seize ans. Le mérite ? Les quotas imposent que certains citoyens accèdent à certaines grandes écoles sans concours.
Méfiance ! Ai-je le droit de parler de politiquement correct ? Rien que le fait d’en parler met en évidence le fait qu’il y a du non politiquement correct, interdit sur la place publique.
Que de clones de la citoyenneté et du bien penser républicain !
07:40 Publié dans 11. Considérations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société, politique, discrimination, république |
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09/03/2014
Dominique Christian, un peintre français de tradition chinoise
Il y a quelques jours, rentrant d’un vernissage près des grands boulevards, nous sommes passés rue de Trévise. Nous parlions de peinture et passions devant une boutique encore éclairée (il était neuf heures du soir). Je remarquais un vieil homme consultant une tablette et entouré de nombreux tableaux de style oriental. Il était occupé, concentré sur l’écran, sans attention à ce qui se passait autour. Une jeune femme sortit d’une porte latérale, belle, orientale elle aussi, vêtue d’une sorte de kimono, vivante comme un poisson émergeant de l’eau. Elle nous fit un grand sourire et indiqua notre présence au vieil homme. Celui-ci nous fit aussitôt signe d’entrer et se leva pour nous ouvrir. La jeune femme fut la première à la porte et s’effaça d’un sourire discret, tenant le battant pour nous laisser pénétrer. L’homme se contenta de dire : "Regardez… Vous ne trouverez pas à Paris d’autres peintres qui pratique ce style de peinture."

Etudiant, j’ai eu comme professeur Louis Marin, un grand spécialiste de l’art et de Nicolas Poussin en particulier. Grâce à lui je compris les cascades d’émotion qui envahissent ces œuvres classiques. Dans ces paysages à l’antique s’affichent des humains en proie aux passions, rapts, meurtres, orgies… C’est près de cinquante ans plus tard, après avoir appris la maîtrise des paysages chinois, que j’ai décidé de suivre le même chemin, c’est-à-dire l’envie de confronter la sérénité d’une nature au rythme mesuré avec les excès passionnels des êtres vivants.
Il est également philosophe, écrivain, manager et coach. Il explique : « Le paysage chinois présente la rencontre entre l'encre et le trait, entre l'ordre et le désordre. Il résonne de façon étonnante avec un des derniers textes de Platon, fondateur de la philosophie européenne qui, au quatrième siècle avant JC, décrivait comment le défini, "l'être", provient de l'illimité, le "non être". »

Parmi les techniques utilisées (frottage, estampage, tampons...), la plus spécifique est la peinture au doigt seul ; Originaire du Liaoning, elle donne à l'encre une liberté rare. D. Christian est sans doute le seul peintre occidental à maîtriser cette technique.

Qu’est-il cet homme qui pense et peint dans Paris comme s’il se trouvait dans les montagnes de Chine ? Il est beau de pensées limpides que son regard voit au-delà de nous. La jeune chinoise l'observe. Ils se connaissent bien. Qu’est-elle pour lui ? Elle rit de tous ces yeux qui réfléchissent son désir d’apprendre.

Il a une bizarrerie. Dans ses tableaux peints à la chinoise, il insère des images de peintres occidentaux. C’est curieux, irréel, inqualifiable.
Et il ajoute : Comme un récit, le monde se déploie à partir de l'énergie que procure une tension forte, un potentiel. Récit, peinture, musique ou érotisme tout est affaire de tension et de détente, de mesure et de démesure. Peindre le vivant c'est aussi peindre la mort, la disparition, l'absence.
Il expose principalement en Chine :
2012 exposition à LIJIAN (Yunnan)
2013 exposition à TIELING (Liaoning)
2013 exposition à XI'An (Shaanxi)
2013 à YAN'AN (Shaanxi)
2014 exposition à DALI (Yunnan)
2014 exposition à SHIDAO (Shandong)
2014 exposition à PEKIN
Un voyage en Chine d’une heure qui nous parut trois jours. Quel dépaysement !
07:39 Publié dans 21. Impressions picturales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, orientalisme, chine, philosophie, paysage |
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08/03/2014
Elle s’élevait haut sur la scène
Elle s’élevait haut sur la scène
La danseuse aux pieds agiles.
Elle ne manifestait pas de gène
Seule, perdue sur cette île.
Parfois d’un saut plus truculent
Avant de redescendre d’un geste ample,
Elle dévoilait ses pauvres flancs
Et même un blanc triangle.
Sais-tu pourquoi les hommes
Se pressent au premier rang ?
Ils contemplent ses pommes
Et rêvent au noir sang.
© Loup Francart
07:14 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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07/03/2014
Nyckelharpa et bagpipes: Anna Rynefors and Erik Ask-Upmark - Dråm
http://www.youtube.com/watch?v=BKuCe5Of6rY
Le nyckelharpa est un instrument traditionnel suédois dont on retrouve la trace dès le XIV° siècle (cf histoire). Instrument à cordes (“harpa” étant sans doute le terme générique pour ceux-ci) et à touches (“nyckel”), il fait partie de la famille des vièles. Sa particularité est de posséder un clavier muni, selon la période de laquelle il date, d’une, deux, trois, ou quatre rangées de touches, comme la vielle à roue (“hurdy gurdy” des anglais). Comme sur celle-ci, chaque touche dispose d’un sautereau (petite pièce de bois perpendiculaire à la touche) qui vient s’appuyer sur la corde pour en limiter la longueur vibrante. L’autre particularité du nyckelharpa est d’avoir des cordes sympathiques (12 sur les versions modernes). Ces cordes se trouvent en dessous des cordes mélodiques (celles que l’on frotte avec l’archet) et n’entrent en vibration qu’en fonction des notes jouées, par résonnance (par “sympathie”). Ces cordes donnent au son du nyckelharpa une certaine “ampleur”, proche de la réverbération de certains lieux. Il existe, dans le monde (et notamment en Inde) beaucoup d’instruments à cordes sympathiques (sitar, sarangî, rubab, vielle à roue, .....). En France, on parlait, à l’époque, d’’instruments “d’amour” (violon, quinton, viole,...) pour désigner ces instruments à cordes sympathiques. (http://www.nyckelharpa.fr/)
Après l’accord, le réconfort avec une gigue guillerette qui fait tomber les béquilles et entraîne même les infirmes. Et nos grands-mères (arrière-arrière…) dansaient cela avec chapeau, bas et sabots. Oui, c’est vrai, il nous manque ce piétinement des pas savamment entretenus, cette sauvage expression d’une liberté retrouvée dans le rythme, le pas et la chaleur humaine. Mais qu’importe refrain et couplets sont les bienvenus en ces jours tristes.
Ah, enfin, une vraie danse piquée et tressautée. Une harmonie retrouvée entre instruments, un véritable concert qui finit en queue de poisson. Quel bonheur que cette virée dans le passé.
Le folklore mérite une part dans l’histoire de la musique, car il est accessible à tous.
07:04 Publié dans 51. Impressions musicales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique folklorique, danse, passé |
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06/03/2014
Le mercredi des Cendres
Dans le Carême, l'homme fait l'expérience intérieure de la purification du moi :
|
1° temps |
pénitence que le moi s'impose |
Le moi se coupe de ses attachements et réalise alors l'obscurité qui règne en lui. Il découvre l'intérieur de lui-même, n'ayant jusqu'alors vécu qu'à l'extérieur. |
|
2° temps |
purification du moi |
Coupé de ses attachements, le moi se purifie peu à peu. La bulle de l'être se nettoie par nos efforts et devient transparente. C'est alors que par moments la lumière divine pénètre en nous. |
|
3° temps |
mort à nous-mêmes |
Le moi s'est purifié. La bulle est propre, mais se noircit de nouveau à chaque instant. Il faut sans cesse la nettoyer. |
|
4° temps |
illumination |
L'esprit devient miroir de la lumière divine. Le moi devenu transparent laisse Dieu agir à travers lui dans le monde et offre le monde à Dieu. |
Les textes de la liturgie du Carême sont là justement pour montrer la difficulté de cette quête de Dieu dans laquelle les contraires se rejoignent :
"Qui s'abaisse sera élevé",
"Qui perd sa vie gagnera la vie éternelle".
07:09 Publié dans 62. Liturgie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualité, christianisme, carême, méditation |
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