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14/10/2019

Passions et détachement

 

Les passions sont cause de la fugacité du temps.

Sans passion, une heure pourrait être une minute ou un jour,

Mais cela suppose le détachement face aux événements et à leur contexte.

 

 

24/07/2019

Zéro

« Chaque nombre, jusqu'à l'infini, a jailli de 1 et, par conséquent, de 0. En ceci réside un profond mystère ».

Codex des moines de l'abbaye de Salem, fin du XIème siècle

 

 

Quel est le premier des nombres: le Un ou le Zéro ?

On pourrait penser bien sûr que c’est le Un. Le Un est un monde à lui seul. Il englobe une totalité. Il fait passer de la physique à la métaphysique, de l’individu à la personne, de la matière à l’esprit.

Le Zéro n’est rien. Il est vide, non qualifiable et non quantifiable puisqu’il n’existe pas. Pourtant l’homme l’a conçu, de même que l’infini qui est le tout du monde connu et inconnu, mais seulement materiel. Le monde spirituel n’est pas englobe dans cette comptabilité. Il est au-delà, dans la rencontre du moins et du plus, non pas par le zéro, mais par un nombre qui réunit les contraires en les conciliant et non en les opposant.

Alors, et alors seulement, le Zéro devient créateur du Un et du monde matériel, comme l’a démontré le mathématicien Cantor.

19/07/2019

Unique ?

Profondément dépendant du reste de l’humanité, de plus en plus dépendant de la matière ambiante, l’homme ne peut plus chercher à lutter en tant qu’individu unique, constituent un tout indépendant. Comme la matière a tendance à se complexifier en molécules plus élaborées, l’homme dans son ensemble est soumis à la même évolution. Il doit en prendre conscience, non pas sur le plan d’un savoir intellectuel, mais en lui-même et doit s’efforcer d’orienter sa volonté individuelle dans le sens d’une clairvoyance de la volonté collective.

07/07/2019

Sagesse et raison

 

La raison seule ne peut mener à la sagesse véritable,

car le propre de la raison et de se pencher sur elle-même.

 

09/06/2019

Franchir la porte

Tout homme ou toute femme, à un moment où à un autre de sa vie, connaît l'aspiration à franchir la porte du moi et à flotter dans cet espace inconnu qu’est l’absence de sa personne. Mais dans le même temps, il s’accroche à sa personnalité, parce qu’elle ne lui convient pas et qu’il désire, consciemment ou inconsciemment, en changer.

Instant de souffrance aiguë, mais nécessaire pour progresser sur le chemin de la vie. Certains ne peuvent le supporter et s’enfoncent dans la dépression ou l’addiction. D’autres persistent dans leur erreur, considèrent qu’ils n’ont rien à changer en eux et que ce qu’ils vivent est dû aux circonstances et aux faits des autres. Certains tentent la démarche de s’interroger sur eux-mêmes, mais restent bloqués par leur moi qui prend toute la place et qui l’empêche de voir au-delà de celui-ci. Enfin quelques-uns, à force d’attentions sur eux-mêmes, entrevoient la porte et la laissent s’ouvrir dans leurs moments de méditation qui va les transformer profondément. Encore faut-il qu’ils aient le courage de persévérer.

Que se passe-t-il en eux ? Comment empêcher les pensées d’affluer dans leur conscience et de les distraire de la tâche qu’ils se sont fixée ? Peut-être serait-il plus simple de substituer ces pensées encombrantes par d’autres moins bloquantes ? L’expérience de leurs prédécesseurs est alors utile : se concentrer sur la respiration, se regarder et se sentir respirer. Simple et efficace, oui, mais est-ce si facile à pratiquer ? Enfermé en lui-même, l’esprit, avec le corps, a du mal à se calmer. Il faut revenir à la tâche à chaque instant, ne pas se laisser distraire, s’alléger du poids de l’habitude et ne pas se décourager.

À un moment ou un autre, délicatement, vient le moment où la porte s’entrouvre. Vous flottez un instant hors de vous-mêmes sans en être conscient, vous vous êtes allégé de votre moi et vous sentez bien, ne serait-ce qu’une seconde. Le noir de vos pensées s’éclaircit, un voile de blancheur apparaît, la lumière est visible derrière la porte.

Il vous faudra de nombreuses autres tentatives pour avancer sur le chemin, mais au moins, vous aurez entrevu la porte et saurez qu’il existe autre chose derrière. Alors commence le voyage en esprit. Une autre vie est là. À vous d’en faire connaissance !

04/06/2019

Matière et esprit

Comment définir ce lien intime qui peut surgir entre un objet et la conscience, entre la matière et l’esprit ? Il ne s’agit pas d’un mouvement de va-et-vient partant de soi et réfléchi sur l’objet jusqu’à une intensification de la conscience en présence de l’objet. Il ne s’agit pas non plus d’une pénétration de l’objet par une perception plus vive et plus consciente jusqu’au fond de nous-mêmes. Peut-être s’agit-il d’une sorte d’entrée en phase de rayonnements émis entre les deux, créant un champ de vibrations concentriques. Ce champ aurait le pouvoir de nous sortir de nous-mêmes et de faire monter vers une conscience plus aiguë l’être dans son ensemble. Elle est à la fois connaissance (projection de l’univers vers l’homme) et amour (projection de l’homme vers l’univers).

Cette osmose supprime toute forme de dualité sujet-objet, créant non plus une harmonie de la pensée et l’être, de la pensée et de l’action, mais une unité d’être qui pourrait aussi constituer un nouvel humanisme.

13/05/2019

Faire le vide

Faire le vide en soi, ce n’est pas seulement faire le vide de sa pensée, mais aussi le vide du corps : faire disparaître toutes les envies, tous les désirs qui nous emprisonnent.

Alors l’esprit divin et avec lui l’univers dans les choses et les hommes nous pénètrera.

S’efforcer de se contenter de ce qu’il faut pour vivre et non pas chercher ce qu’il faut pour avoir du plaisir.

Prendre garde de ne pas confondre l’amour du plaisir avec la joie de l’amour.

 

Marathon de la Loire

Hier, marathon de la Loire : Marathon, semi-marathon et dix km.

En fait, je n'ai fait que les dix km.

Résultat :

Vétéran 4 : 1er

880 FRANCART Loup
Classement : 880ème
Course : Le DIX
Nom & prénom : FRANCART Loup
N° dossard : 816
Ville : 53340 Ballee
Année : 1943
Sexe : M
Temps Réel : 01:01:46
Catégorie : 1er V4
816 V4 BALLEE (53340) 1 01:01:46

Une petite victoire dans la douceur angevine !

From : https://www.marathon-loire.fr/participer-au-marathon-de-la-loire/resultats-du-marathon-de-la-loire

30/04/2019

Maxime

Faire taire en nous le désir pour que grandisse l'amour.

Ne pas faire de l'amour un globe de verre dans lequel la plupart finisse par se déchirer, mais dans l'amour des autres et du monde puiser la force vitale du nôtre.

28/04/2019

La connaissance

Co-naissance : naissance d'un lien inaltérable entre deux, c'est-à-dire entre l'objet (ou l'idée) et le moi.

Ainsi, la connaissance ne peut venir que d'une expérience vécue et ressentie et non d'une accumulation de savoir. Il y a un abîme entre le savoir et la connaissance. Celle-ci implique la conscience de soi par rapport au tout.

Connaître, c'est s'éveiller à la réalité universelle. Cela implique la compréhension, ce que le savoir, le plus souvent, n'implique pas (j'entends par compréhension une assimilation de l'objet ou de l'idée par l'être).

08/04/2019

Votre double

Accoutumée à se défier tout autant des sentiments qu’elle ressentait que de ceux qu’elle suscitait chez les autres, la jeune fille marqua devant moi un temps d’hésitation. (…)

Je ne dispose pourtant pas des mêmes qualités qu’elle. De vingt ans son aimée, sans prétention de beauté, vêtu comme un valet de ferme qui rentre les foins, aucun signe ne lui permettait de savoir qui j’étais ; je ne pouvais faire impression sur elle par aucun pouvoir ni artifice. Et pourtant, je le sais, elle a dans cet instant éprouvé un profond sentiment pour moi.  (…)  L’explication qu’elle m’a donnée n’a guère éclairci le mystère. Elle m’a, d’après ses dires, reconnu immédiatement  « comme son double ». C’est un mot bien étrange, je vous l’accorde, et jamais double ne fut plus dissemblable. Mais elle vivait dans un monde qui lui appartenait en propre et auquel le monde réel ne participait que peu. Sans doute était-ce le refuge qu’elle s’était créé pour se protéger des agressions de la vie. En tout cas, seuls entraient dans ce monde ceux qu’elle élisait en secret et j’eus le privilège douloureux d’y prendre une place éminente dès notre première rencontre.

Jean-Christophe Rufin, Le grand cœur, Gallimard, 2012, Folio p.322

 

C’est un sentiment violent que celui éprouvé en un instant pour quelqu’un que l’on n’a jamais vu et qui se révèle comme son double. Peut-être n’est-ce pas le mot juste. Mais existe-t-il un mot qui vous donne ce sentiment inconnu jusque là de connivence et d’aisance envers une personne de sexe opposé qui vous fait penser que vous la connaissez depuis toujours et qui vous attire avec autant de force et de mystère. Ce contact vous submerge de transparence. Vous changez d’être physiquement et moralement tout en ressentant l’impression de déjà vu, déjà entendu, déjà vécu avec cette personne, même si rien ne vous permet de dire quand et où vous pourriez l’avoir rencontré et aimé.

Elle avait quarante ans de moins, peut-être même un peu plus. Adolescente, elle n’était pas encore femme au plein sens du terme. Elle était vive comme l’éclair, discrète comme un poisson, indépendante comme un sauvage. Au premier coup d’œil, nous nous comprîmes, une étincelle au fond de l’être nous anima sans cependant qu’aucun n’ait un mouvement vers l’autre. Pas besoin de rapprochement, nous savions que l’autre était notre double intérieur : même sentiments, même réactions, même vision de son avenir, même respiration venant du cœur et de la pensée, même si notre vie extérieure est si profondément différente.

De telles intuitions sont rares. Elles n’arrivent qu’une ou deux fois dans la vie. Vous découvrez votre double qui vit une autre vie dans un autre contexte. Mais vous savez qu’il est vous-même. Quel choc ! Des années après vous vous en souvenez et ressentez un trou dans votre poitrine, un ouragan qui vous impressionne, vous dévaste et vous fait du bien malgré tout. Vous avez entrebâillé une porte inconnue et regardez ce que vous n’êtes pas normalement autorisé à connaître : le mystère de l’être avant la naissance et après la mort. Oui, vous n’êtes pas seul au monde. Des liens indéfinissables vous relient à d’autres dimensions dépassant vos capacités d’appréhension du mystère de la vie au-delà de la simple existence individuelle.

 

03/04/2019

La vertu

"La vertu est sans vertu, c’est pourquoi elle est la vertu", dit Lao-Tseu.

Ainsi la vertu est dans le renoncement à la vertu, car elle n’est pas un bien que l’on puisse acquérir. Comme tout ce qui appartient au monde divin, elle est, un point c’est tout.

Renoncer aux aspirations humaines pour accéder à la réalité divine qui est à l’origine de ces aspirations.

26/03/2019

Connaissance

Naissance d’un lien inaltérable entre l’objet et le moi.

La connaissance ne peut venir que d’une expérience vécue et non d’une accumulation de savoir. Elle implique la conscience de soi par rapport au tout.

Connaître, c’est s’éveiller à la réalité universelle. Cela implique la compréhension, ce que le savoir souvent n’implique pas (j’entends par compréhension une assimilation de l’objet ou de l’idée par l’être).

24/03/2019

3000 ème note

 

3000ème note…

blog commencé le 19 novembre 2010…

Aujourd’hui, enfin, je n’ai rien à dire…

Quel bonheur !

En es-tu si sûr ?

 

13/03/2019

Souffrance

 

Faire de la souffrance une source de sensations nouvelles enrichissant notre connaissance.

La souffrance peut devenir une délivrance de soi,
un moment de répit qui nous tourne vers les autres.

 

05/03/2019

Reveil au coeur de la nuit

Comme chaque nuit, je me levai environ trois heures après m’être une première fois endormi. J’ai pris cette habitude il y a déjà un certain nombre d’années. J’ai enfilé ma robe de chambre, une anglaise, ai bouclé le cordon orné de deux pompons et ai pris le petit escalier qui descend à la cuisine. Doucement, ne pas claquer la porte, rester la seule âme vivante dans la maison endormie. Cette descente me dégage des miasmes du premier sommeil. J’allume, prépare le café, mets en route la cafetière et progressivement prends de la distance. Je me regarde agir à un mètre de moi-même, au fond de mon être devenu limpide, tandis que mon personnage s’agite, agit de lui-même, dans l’habitude et l’inconscience. Dédoublé, oui, je suis dédoublé. Mais où suis-je ? Dans l’homme qui se meut sans conscience ou dans l’être qui regarde en pleine conscience ? Cela n’est pas apparu d’un coup. C’est une sorte de passage tranquille, imprévisible, comme un réveil d’une longue torpeur ou comme l’impression de me trouver derrière une glace soudain devenue propre, vierge de toute trace de vie et de regarder l’autre remuer et se démener, dans sa cage.L’âme sereine, je me regarde, quasi immobile, transparent tel une ombre indépendante. Marche, avance dans la pièce, laisse glisser sous toi le carrelage, la table, les chaises. Tu passes au travers, tu les regardes sans les voir, sans pouvoir les toucher, tu erres dans ta cuisine sans même savoir qu’elle est là. Tu regardes ton corps toucher les objets, trouver son chemin, mais tu ne sais où tu vas, ce que tu fais. Tu es dans le brouillard d’un monde parallèle et tu te détaches. Tu glisses sur le fer glacé de la réalité, tu sens la lame de ta vie qui caresse ton corps et tu vas, léger, inexistant, tu ne sais où.

Cela dure. Tu n’es plus et tu es là. Tu ne penses plus et tu vis. Tu flottes dans ton espace trop grand pour toi. Tu te tiens derrière cette bulle devenue indépendante. Tu respires la grandeur de l’univers hors de toute humanité, déjà enfoui dans le liquide amniotique de l’intemporalité et de l’infini. Cela te va bien. Tu te sens chez toi et tu contemples à travers la vitre celui qui est toi, mais déjà un autre toi-même. L’espace entre toi et Toi grandit. C’est une fente qui t’écartèle. Où te situes-tu ?

Tu respires le gaz hilarant de ta déconnexion, tâtes du doigt et du corps cet espace inconsidéré et te laisses flotter sans pensée ni volonté, fier d’une humanité et d’une divinité retrouvées.

 

02/03/2019

Solitude morale

Solitude morale : absence de certitude d’être.

Cette solitude ne disparaît que lorsqu’un autre nous écoute et prend garde à notre personne.

C’est pourquoi l’homme a besoin d’une femme et la femme d’un homme ou, à défaut, d’un ami. L’un écoute l’autre et incarne tout ce qu’il n’a pas.

 

18/02/2019

Méconnaissance

 

L’homme dans la contemplation intérieure de son propre corps peut accéder à la compréhension de sa grandeur et de sa misère. Il peut saisir sa grandeur par le fait que son corps est un univers à lui seul, qu’il constitue un tout indépendant par son physique et sa pensée par rapport au reste du monde ; mais cette vision le mène à la compréhension de sa misère par le fait même que ce tout serait néant sans le monde.

L’homme est l’exact intermédiaire entre le néant et l’infini et est en cela partagé entre le bien et le mal. Il est heureux pour lui qu’il n’ait pas connaissance de ce que sont le néant et l’infini, car seule cette méconnaissance lui permet de vivre. La difficulté d’être ne vient qu’avec l’intuition de ces deux extrêmes.

 

13/02/2019

Nature humaine

La nature féminine tient à deux choses : la douceur et la fragilité ; la nature masculine à la force et la détermination.

Longtemps il s'est demandé ce qui provoque la naissance de l’amour d’un homme pour une femme et d’une femme pour un homme. Il a mis beaucoup de temps à comprendre que ce qui attire une jeune femme vers un homme en particulier tient à l’idée de sa force. Il lui plaît et elle conjecture sur lui parce qu’il est fort. Il ne s'agit pas de la force physique, encore qu’elle joue bien sûr un rôle, mais de la force de caractère. Il est fort face à la vie et cette force saura la protéger. Elle sent que quoi qu’il arrive, elle pourra se fier à lui et s’appuyer sur lui. Inversement, par nature, le jeune homme rêvera à la douceur de la femme et se laissera porter vers celle qui incarne le mieux pour lui la douceur. C’est bien sûr un attrait physique en premier lieu, tel la douceur de sa peau ou de son regard, mais cette naissance de l’amour va bien au-delà de ce que peut donner la douceur physique. Il s’agit d’une douceur naturelle, qui englobe tout l’être, d’une douceur fondée sur la conception même de la vie, des sentiments et des idées et même de sa vision spirituelle.

Il a cru que ces caractéristiques du féminin et du masculin suffisaient à définir ce qui pouvait provoquer l’amour chez un homme ou une femme. Mais finalement, il prit conscience qu’il y avait un deuxième élément important et encore plus secret, qui est, pour une femme, la détermination de l’homme pour lequel elle pense ressentir quelque chose et, pour un homme, la fragilité de celle avec laquelle il peut envisager un avenir commun. Moi, homme, je t’aime parce que je sais ta fragilité devant la vie et je veux t’aider à construire une vie aimante et sans souci par le fait que je suis déterminé à te protéger quel que soit les événements. Moi, femme qui est fragile par essence, je t’aime parce que je sais ta détermination à faire face à la vie ensemble quoi qu’il arrive. En échange, je ferai de ma fragilité le miel de ton existence.

Certes, tout cela est le plus souvent inconscient, mais le ciment de l’amour durable tient à ces deux qualités contraires qui se complètent.

11/02/2019

Désir

 

Étrange comme le désir assouvi sans amour paraît à l'être humain une bassesse.

Sublimé par l'amour, il devient une révélation de soi, un agrandissement de sa personne.

 

09/02/2019

L'heure

Il y a des gens qui se targuent d’être toujours à l’heure. Ce sont généralement des craintifs qui arrivent au moins un quart d’heure en avance pour être certains d’être là au moment convenu. Pendant ce quart d’heure, ils tournent en rond, ne sachant que faire, sans cependant arriver à se préparer à ce qui les attend, plus occupé par l’heure que par l’objet même de la rencontre.

À l’opposé, il y a d’autres personnes qui ne peuvent, malgré toute leur bonne volonté, être à l’heure. Ils s’apprêtent en toute bonne foi, pensant au rendez-vous, se préparant même mentalement à cette rencontre, quelle qu’elle soit. Mais au dernier moment, il y a toujours quelque chose qui le retarde, un coup de fil, un mail à envoyer, l’oubli d’un mouchoir au fond de sa poche, un lacet qui lâche, l’arrivée d’un colporteur. Vous savez qu’il arrivera avec un quart de retard, jamais plus, mais également jamais moins. Vous pouvez avancer d'un quart d’heure le rendez-vous, il trouvera le moyen cette fois-ci d’avoir une demi-heure de décalage.

On trouve plus rarement les opposés extrêmes : tout d'abord, ceux qui vivent avec une montre dans le ventre. Cela se manifeste au moment du repas. Il est midi. À midi moins le quart, discrètement, ils manifestent une faim dont l’origine remonte à ce qu’ils ont fait dans la matinée. À midi moins dix, ils demandent où se laver les mains pour revenir à midi moins cinq en proclamant que cela sent bon près de la cuisine. S’il est maître de maison, il crie haut et fort à sa femme qu’il est temps de passer à table et il s’assied tout en discutant de façon à ce que chacun se sente obligé d’en faire autant. Ces gens-là ne peuvent supporter une minute de retard. Ils vont presque chercher le plat principal tellement la faim les tenaille. Mais une fois installés à table, ils négligent leur assiette et font la conversation.

Autre type d’extrêmes, ceux qui oublient carrément leur rendez-vous ou qui n’arrivent qu’avec une heure de décalage. « Tiens, j’étais persuadé que l’on s’était dit treize heures trente. Pardonnez-moi ! » Ils font comme si de rien n’était alors que les autres participants bouillent d’impatience, certains même prétextant une course urgente pour fuir ce rendez-vous manqué. Certes, ces personnages ne sont pas les premiers venus. Ils ont un emploi du temps de ministre, se restaurent avec un élastique et n’ont le plus souvent pas le temps de dire au revoir. « Vous savez ce que c’est, c’est le seul moment où j’ai pu obtenir un rendez-vous avec le président de la Chambre à coucher. La prochaine fois, promis, je resterai plus longuement. »

Car il y a en effet, des gens qui arrivent à l’heure comme tout un chacun, mais qui repartent toujours avant les autres. Ils ne préviennent pas et tout à coup ils se lèvent et disent : « Je dois partir. Il faut que je laisse ma voiture chez le garagiste, elle a un bruit bizarre et j’en ai besoin demain pour… » Vous ne savez jamais s’ils ont réellement quelque chose à faire ou s’ils partent parce qu’ils sont las de votre conversation.

On rencontre enfin, assez rarement cependant, des gens qui n’ont pas de montre, donc pas d’heures du tout. Ce sont généralement des bavards. Invité chez eux, vous n’en sortez pas. Ils ont toujours une anecdote qu’ils font durer une fois que vous vous êtes levé pour vous retirer. Ils vous entreprennent, vous mettent un autre verre dans la main et racontent la dernière du préfet ou la bévue de Madame Untel. Ceux-là sont bien partout où qu’ils soient, à condition de pouvoir parler. S’ils sont deux, la rencontre est délicate. Pour une fois, l’un d’eux part sans difficulté, il a trouvé plus bavard que lui.

L’heure, comme le temps, est un sujet de conversation intéressant. Seuls les gens normaux, qui sont à l’heure sans se poser de questions, ne s’intéressent pas à ce genre d’échange verbal. Mais sont-ils si nombreux que cela ?

05/02/2019

La vraie réalité

Aujourd’hui, l’homme se rit de celui qui ne parle pas en termes d’utile et d’inutile, de bien ou de mal, de beau ou de laid. Pour lui, une chose est utile parce qu’elle lui permet d’accéder à un niveau supérieur en termes de rémunération, de notoriété ou d’amitié. Pour lui, une chose est belle parce qu’il a coutume de dire qu’elle est belle. Mais il est incapable de voir la beauté de ce qui est laid.

Pourtant, finalement, une chose n’est ni belle ni laide, elle est tout simplement. Plus nous en percevons l’essence intime, plus nous lui trouvons de la beauté. Pour l’homme d’aujourd’hui, la réalité se réduit à ce qu’il lit dans les journaux et l’aspiration à une communion avec le monde n’est pour lui qu’une fuite hors du réel.

27/01/2019

Caractère

Un homme paraît avoir du caractère beaucoup plus souvent parce qu’il suit toujours son tempérament, que parce qu’il suit toujours ses principes.

Nietzche, Humain, trop humain II, Denoël-Gonthier, 1910

 

Le tempérament résulte de la constitution physiologique d’un individu. Il en résulte, selon celui-ci, un caractère particulier. On peut dire que c’est la partie brute de l’être qui s’exprime sans la contrainte de son éducation. Une émotion, un choc psychologique, la colère peuvent l’amener à se montrer tel qu’il est au plus profond de lui-même, derrière la suavité de son éducation ou même de son expérience de la vie qui, assez fréquemment, l’amène à se policer. Il recherche ses fins en les dissimulant sous de faux idéaux. Lorsque l’homme brut apparaît, l’égoïsme reprend le dessus.

Les principes sont le résultat avant tout de l’éducation, c’est-à-dire d’un travail patient de la famille envers l’individu pour l’amener à se plier aux contraintes de la vie en société. C’est un travail de longue haleine, à recommencer mille fois, patiemment, plus ou moins difficile selon l’enfant. Inculquer des principes nécessite doigté et quasiment de l’amour. Il arrive également que cette éducation devienne inquisitrice et tourne au cauchemar pour l’enfant.Au lieu de lui donner des bases de comportement, il reçoit la raideur des faibles qui ne savent plus ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire. Les principes sous les règles de base qui définissent une manière type d’agir et correspondent à une prise de position morale qui permet l’organisation de la société et en régit le fonctionnement. Elle est certes plus noble que le tempérament, mais peut également être une véritable prison. Certains ont vécu mai 68 comme une libération, mais d’autres l’ont expérimenté comme la fin d’une certaine société encore policée.

Alors, là aussi, le juste milieu est la meilleure attitude personnelle à adopter : suivre ses principes tout en laissant parfois parler son tempérament. La véritable finesse, et même sagesse, d’un être humain est de savoir à quel moment user de l’un ou l’autre.

 

25/01/2019

Humain

Une belle histoire qui montre que l'humain est plus que l'intelligence...

 https://youtu.be/ftugbci9ohg


 

24/12/2018

Pensée et action

C’est le faible qui parle de la force. C’est l’’homme mou qui parle de la volonté. L’homme fort ne parle pas, il vit. D’où cette éternelle contradiction entre la pensée et l’action, car ceux qui, par la pensée, prône l’action, n’agissent pas et ceux qui, par l’action, recherche la pensée, n’en parle pas.

C’est dans l’action que tu trouveras la joie, mais tu ne trouveras cette dernière que grâce à la pensée.

08/12/2018

Gilets jaunes

Nous sommes dans la quatrième semaine de la révolte des gilets jaunes : les sans voix s’expriment plus forts que les sans dent, expression curieuse consacrée par notre ex-président. C’est « le camp des pauvres, des humiliés et des opprimés », annonce Jean-Luc Mélanchon. En face, le camp des écologistes idéologues et des politiciens financiers, pour lesquels il est impératif de taxer pour sauver la planète qui étouffe. Mais peu de gens s’étonnent que moins de 20% des fonds récoltés aillent à l’écologie.

L’encyclopédie libre, Wikipédia, explique que « Sans-dent » est une expression populaire, vieille de plus de cinq siècles et dont la signification a fortement évolué, passant de « sans force », à « vieux » et enfin à « pauvre ». L’expression est citée par notre grand conteur Jean de la Fontaine, dans Les lunettes, écrit en 1674 :

Qu’entend ce rustre, et que nous veut-il dire ?
S’écria lors une de nos sans-dents.
Quoi tu n'es pas notre faiseur d'enfants ?
Tant pis pour toi, tu paieras pour le sire.

Wikidictionnaire nous dit également qu’il s’agit d’une « expression révolutionnaire : nom usuel des brassiers (ou manouvriers) des villes et des campagnes, des vagabonds et des mendiants (Petit peuple) sous la révolution française ».

Préférons donc encore parler de sans voix. Ceux-ci l’ont maintenant fait entendre. Mais nos sociologues et nos politiques parlent dorénavant de manière plus large, de la France périphérique par opposition à la France des villes. Expression contestée bien sûr par les uns et les autres. La périphérie désigne, en urbanisme, le boulevard qui entoure une grosse agglomération. De manière imagée, cela signifie que la France se résume à un ensemble de grandes villes, le noyau dur, privilégié, et la périphérie qui n’a pas droit à la parole et qui subit sans être écoutée. Bien sûr, tout cela est imagé. Mais retenons cependant que la France rurale n’est pas plus à l’honneur dans cette dernière expression que dans les autres. Or c’est celle-ci, en particulier, qui est sans voix. Elle a enfin trouvé le moyen de s’exprimer grâce aux gilets jaunes, ce bout de tissu nécessaire à sa survie, parce qu’on le voit bien, lorsqu’on est en panne sur une route. Alors montrons-le, voyons-le et hurlons. C’est le seul moyen de ceux à qui on ne donne jamais la parole de s’exprimer. Mais ce qu’ils veulent est au-delà de cela. Ils veulent être compris et retrouver leur dignité d’hommes et de femmes. Ainsi ce bout de tissu est devenu un symbole, celui des sans voix devant l’inflexibilité des pourvus. Malheureusement, le port du gilet n’a pas suffi. La descente dans la rue non plus. Le mouvement tant qu’il fut un tant soit peu pacifique ne fit frémir personne. Alors les gilets jaunes ont suivi les casseurs. A qui la faute. Certes d’abord à ces derniers, mais plus profondément aux gouvernants qui ont cru à l’inefficacité du mouvement et donc à son épuisement.

Comment cela va-t-il se terminer ? Je ne tenterai pas une réponse. L’intéressant est le déclencheur de la crise et son développement. La loi des grands nombres fonctionne jusqu’à un certain point, accumulons, accumulons ; mais l’ajout inodore d’une mesure minime crée l’explosion qui met alors beaucoup de temps et de concessions pour se calmer.

Un gilet jaune, c’est la rage et un sourire. La rage contre un système qui étouffe, un sourire pour une solidarité qui soutient. Un rassemblement de gilets jaunes, sur les Champs-Élysées, ou ailleurs, c’est, selon le point de vue sous lequel on se place, les flammes dorées de la révolte entourées de pavés gris ou une prairie verte ensoleillée de boutons jaunes. On cherche à les classer, mais ils refusent toute identification. Cet air de liberté devant le sort qui leur est fait, c’est la volupté de l’espérance accompagnée de la pesanteur de la vie.

27/10/2018

Faire de la vie une symphonie

https://www.youtube.com/watch?v=4uX-5HOx2Wc


 

L’amour  au-delà de la compréhension logique : alors la vie devient une symphonie qui se passe de chef d’orchestre. Nous cherchons trop souvent à être le chef d’orchestre, nous agitons notre petite baguette, tapotant le pupitre, battant l’air de gestes démesurés et avides qui n’arrivent pas régler l’harmonie des sons. L'orchestre se dérègle et pendant que l’on s’attache au jeu d’un instrument, nous ignorons les autres.

Sentir les choses dans leur ensemble, c’est déjà transformer leur potentiel d’harmonie simultanée en symphonie. Faire de la vie ce que sont les fugues de Bach qui se déroulent sans heurt, dont la mélodie s’enroule peu à peu sur elle-même, chacune des voix s’harmonisant parfaitement avec les autres parce qu’elles savent reprendre des premières leur ligne mélodique et la parer de nouvelles aptitudes sonores, jusqu’à ce qu’éclatent un final majestueux où s’enchevêtrent  tous les instants précédents en un point d’orgue vertical brisant la fuite du temps et accédant à l’éternité.

23/10/2018

La recherche du bonheur

 

Notre époque a le bonheur de s’apercevoir de l’insuffisance de la satisfaction du corps et de l’esprit. Elle redécouvre l’ascèse. Elle cherche la plénitude de l’être au-delà de la possession, dans l’accès à la beauté du monde.

Son malheur est de croire que cette plénitude est un état second, une sorte de rêve éveillé que l’homme peut atteindre par des moyens artificiels.

 

04/10/2018

Le mode d'habiter

Hier, dans une soirée du « Cercle du sens » que nous organisons tous les mois nous avons parlé du mode d’habiter. Le Cercle du sens a pour but de réfléchir ensemble à ce qui nous motive et nous renouvelle. Aussi, plutôt que de travailler directement à l’évolution de notre société, nous cherchons plutôt à nous poser la question du sens de notre vie pour améliorer notre propre compréhension de nos buts de vie dans la société et notre environnement. Ainsi c’est tout naturellement posé la question du mode d’habiter, concept surgi récemment dans les recherches en géographie.

 

La notion de mode d’habiter a fait peu à peu son apparition chez les universitaires, dont en particulier les géographes. De manière grossière, on peut dire que les lieux, d’un côté,  et les personnes, de l’autre, s’influencent les uns les autres et constituent ainsi une manière unique et locale de vivre, créant de nouveaux rapports entre les êtres et les lieux. Si, comme le dit Heidegger, « habiter est un trait fondamental de l’être humain », on constate des habitudes différentes dans la vie de tous les jours et même des façons de bâtir et d’utiliser l’espace également différenciées. Ceci est vrai tant pour les sociétés que pour les personnes individuelles et leur lieu de vie, de travail, de loisirs, bref de tout lieu utilisé. L’homme des grandes métropoles a évidemment des modes d’habiter très différents de l’homme de la terre, l’homme de régions froides se distingue de l’homme de pays chauds, etc. Mais pour sortir d’un contexte trop théorique, interrogeons-nous plus profondément sur le concept et son intérêt.

Le mode vie concerne les lieux qui nous marquent et que nous marquons, c’est-à-dire les lieux  qui permettent d’initier des relations et des échanges entre les personnes et les lieux qu’ils habitent, et de créer ainsi une fusion entre l’homme et le lieu qui donne à cet ensemble des particularités propres géographiquement, socialement, professionnellement, intimement pourrait-on ajouter. Le mode d’habiter permet le passage d’une conception géographique trop objective et scientifique à une vision plus humaine et personnelle à définir, entretenir, développer pour se sentir à l’aide dans son environnement. L’idée de mode d’habitat n’a de valeur que parce qu’il permet de développer un contexte d’amélioration des rapports entre l’homme  et ses lieux de vie.

18/09/2018

L'arbre des possibles (2/2)

Et au fond, peut-on prétendre que l’une ou l’autre hypothèse (le séquoia ou le chêne touffu) est préférable, plus noble, plus humaine même ? Qui peut dire quelle est la meilleure part : persévérer jusqu’au triomphe (atteindre la place la plus élevée en fonction de son aptitude préférée) ou développer le maximum de possibilités en abandonnant la montée par lassitude ou envie de changement ?

Notons tout d’abord que, d’une manière générale, les attendus d’un homme ou d’une femme sont différents selon son âge. Il est possible de distinguer trois grands temps dans la vie d’un humain. Tout d’abord le temps de l’aventure, celui qui correspond à l’adolescence et au jeune adulte (16-35 ans). C’est le temps de la folie, où l’homme veut se distinguer des autres, accomplir son rêve quel qu’il soit. Cette aventure peut être orientée vers le sport, l’exploration, la mystique, la conduite des hommes et bien d’autres choses encore. Ce qui compte, c’est avant tout la passion que la jeunesse met à cet engagement. Il veut montrer de quoi il est capable. Cela marche ou non. Il s’est fait les dents aux dures réalités de la vie, mais il a pu s’exprimer et donner libre cours à ses envies. Progressivement vient le temps de la méthode, qui correspond à l’âge mûr (environ 35-60 ans). L’acquisition de la réflexion et d’une certaine connaissance conduit l’adulte à évoluer dans sa façon d’aborder le monde et de s’y distinguer. Il ne s’agit plus d’imposer sa fougue, mais de mettre en évidence sa méthode pour conduire vers une meilleure société, quel que soit son domaine d’activités. Cela lui permet de s’imposer socialement et familialement, de fabriquer son personnage social et de tisser des liens qui l’aideront à monter dans l’échelle sociale. Enfin, doit venir, plus tard, le temps de la créativité personnelle, mieux même, celui de la réalisation personnelle, c’est-à-dire le ou les grand(s) projet(s) qui ont muri progressivement au cours des temps précédents. Ce temps arrive vers 55-65 ans, peut m’être qu’un passe-temps, un hobby, la mise en valeur d’une vocation cachée, dans tous les cas un type d’engagement personnel et non plus sociétal, dans lequel l’homme exprime son être intime et le pose comme étant sa marque sur le monde. Les uns se mettent au service de leurs semblables, les autres au contraire s’enferment dans leur projet en se désintéressant de la société dans laquelle ils vivent. Ils peuvent se lancer dans des activités artistiques, des engagements dans des associations, se mettre au service d’activités familiales. C’est un monde très ouvert où il se réalise personnellement dans un domaine qui l’attire, l’occupe et lui donne un but dans sa nouvelle vie dégagée de la construction de son avenir dans la société.

Remarquons qu’il en est différemment pour la plupart des femmes pour lesquelles la nature s’impose plus vite que les hommes. Oui, de nos jours, elles vivent plus ou moins le temps de l’aventure, elles attendent et vivent avec intensité le temps de la méthode (jusque vers 45 ans) dans laquelle la réalisation sociétale passe le plus souvent par la construction d’une famille, le temps de la réalisation personnelle ne venant que lorsque les enfants ont également trouvé leur voie et se sont lancés dans leurs premières aventures individuelles.

Chaque homme et chaque femme vivent plus ou moins ces trois temps. Certains ne vivent que le premier, engagés dans leur fougue et l’aventure. D’autres esquissent ou même zappent le premier temps, s’engageant au plus vite dans le second, par manque d’intérêt pour le premier ou poussés par leur environnement social ; enfin, le troisième temps ne peut être vécu que par une préparation personnelle, encouragée au cours des deux temps précédents. Combien de personnes à la retraite voit-on démunies d’intérêts intimes qui les conduisent à une fin à la fois sociétale, sociale et personnelle.

Vivre ces trois temps à leur rythme, sans impatience ni excès, accepter le passage de l’un à l’autre comme faisant partie d’une vie bien remplie, se préparer même à ces changements en les anticipant sans cependant les déclencher en avance et choisir le moment du passage de l’un à l’autre en toute quiétude, telles doivent être la sagesse et finalement la joie d’une vie humaine bien remplie. Peu importe le barreau atteint dans l’échelle permettant de comparer les vies entre elles. Ce qui compte, c’est notre capacité à s’enrichir intérieurement de tous ces temps qui nous sont donnés pour devenir pleinement homme ou femme accompli(e).