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09/07/2017

Opéra: Carmen

Le 21 juillet, sera donné l'opéra Carmen en pleine nature, dans une environnement étonnant, le château de Linières, un logis du XVII° en rénovation longue. Toute la région y participe pour loger, nourrir, distraire les musiciens et chanteurs, dans une communion de bonne humeur et d'exaltation.

La représentation a lieu le vendredi 21 juillet à 20h00, à Ballée, 53340 en Mayenne. Si vous le pouvez, venez voir ce morceau de choix.

 

Un opéra dans la naturepoème,écriture,poésie,musique,opéra,chant,nature
Tel un moustique dans la chambre
Quelle incongruité !
Ce matin, arrivent les musiciens
Ils tirent derrière eux les chanteurs
L’un derrière l’autre, un contre deux
Une dernière côte et c’est là
La place est ensoleillée et verte
Enrobée des paillettes dorées du couchant
Sortant du carrosse, ils se déplient
Et crient de surprise, enchantés
C’est donc ici que nous allons vivre
Entourés de ronces et d’araignées
Nous pousserons nos voix au plus haut
Et courrons derrière les instruments
Quel tintamarre ébouillanté !
Le dernier soir, ils s’assemblent
Et marchent d’un seul pas traînant
Vers les derniers rayons d’un soleil épuisé
Oui, l’opéra est bien tel que nous l’imaginions
Suspendu au ciel par les bras de l’espoir
Comme une musique éternelle
Et les paroles de l’amour
Oiseau rebelle pour Carmen l’incorrigible
Qui meurt pour la liberté retrouvée

©  Loup Francart

02/10/2016

Le mariage secret, opéra de Domenico Cimarosa

« Il Matrimonio segreto » de Domenico Cimarosa, fut créé en 1792 et connut un grand succès au XIXe siècle.

Une troupe d’amateurs a repris l’opéra, l’a condensé en une heure trente, ajoutant  des parties parlées de façon à expliquer la progression de l’intrigue et l’a donné dans une petite église de campagne pour permettre la restauration de tableaux. Ce fut une belle réussite et un instant enchanté.

 

L’intrigue importe peu, elle fait vivre plus follement
Seules les voix impriment au texte son émotion
Puissante et noble, de rires et de pleurs mêlés

Le geste suit, ordonnant la mélodie, enfiévré
Un coup d’épée au cœur de rudes sonorités

Elle s’élève, seule, habillée de musicalité
Elle monte, légère, au-delà de sa voix
Et rien ne l’en fera descendre si ce n’est
Si ce n’est la rugosité mélodieuse
Des tressautements extasiés de son amant

Il tonne d’un timbre courroucé
Regarde méchamment son rival
Et ils finissent en enchevêtrements
De voix  qui s’échappent sans contrôle
Et qui vous font monter les larmes aux yeux

Oui, l’opéra c’est la vie résumée et vivante
De trilles et d’entrechats célestes
Qui ceint le chanteur de l’ombre du divin

 

 ©  Loup Francart

18/12/2015

A vous, fidèles dans le Christ Jésus

Un extrait des Épitres de Saint Paul, mis en musique pour un petit choeur à trois voix :

A vous, fidèles dans le Christ.jpg

08/07/2015

Journée européenne de l’opéra, le 7 mai 2010

 https://www.youtube.com/watch?v=NLjuGPBusxs#t=351

Quelle étrange et merveilleuse initiative que celle de l’opéra de Pampelune pour cette fête européenne de l’opéra. Le spectacle n’est plus sur la scène. Il est descendu vers les spectateurs, dans leur vie de tous les jours et cette vie quotidienne devient la scène, où se vivent des instants précieux, que l’on ne voit pas habituellement. Inversion des sensations, nous passons dans un monde où la musique devient la norme. Plus de paroles, des chants !

Depuis quelques temps, ces moments fleurissent et font chaud à l’âme. Les anges passent, chantant de tous leurs cœurs, semant la joie dans une assemblée quotidienne, là où personne ne les attend. Etonnement, confusion parfois, mais très vite tous applaudissent et souhaitent que cela ne s’arrête pas.

Alors vous aussi, chantez ! 

30/05/2015

O salutaris hostia

Un chant magnifique qui a l'avantage de pouvoir être chanté à une, deux trois ou quatre voix, en français et en latin :

O salutaris hostia.jpg

03/04/2015

Mes biens-aimés

Un chant composé à 4 voix qui proclame la demeure de Dieu  :

vendredi saint,liturgie,amour,pâques

14/10/2014

desideri

http://www.youtube.com/watch?v=nVjh-oY0hek


 

Quel chant ! Il ouvre le corps en deux et le projette dans l’espace et le temps et vous vous laissez écarteler, déchirer jusqu’à ne plus être que cette nostalgie délibérée qui vous agresse et vous conduit à l’absence. Vous êtes envoûté et seul un changement de ton, le son frêle du piano vous ramène à la vie tout en vous laissant un goût amère dans la bouche.

C’est un poème de Konstantinos Kavafis (1863-1933) que chante Kyriacoula Constantinou. Il s’éteint comme il est venu, avec insistance et bienfaisance et est remplacé par le silence non pas de l’oubli, mais de la mémoire qui se cherche sans parvenir à savoir d’où est sorti le chant.

22/09/2014

Vide-grenier et l'opéra è mobile

Hier, dimanche, jour d’errements insolites dans Paris, vide-grenier du 2ème arrondissement, rue de la Banque. Une mairie rue de la Banque, n’est-ce pas rassurant ! Une multitude gens vendaient jusqu’à leur chemise, en mal de partage. Mais de nombreux objets se pressaient sur le trottoir, abandonnés ou présentés avec art, avec le sourire enjôleur du propriétaire ou la face rebutante du vendeur. La mine y fait beaucoup dans l’achat d’un objet. Etre vendeur est un métier, mais plus vraisemblablement une passion, un instinct ou même une vocation.

Au loin nous voyons un rassemblement devant la mairie. Que se passe-t-il ? Nous approchons. Les gens sont figés, presque la bouche ouverte, attentifs, le sourire aux lèvres, à l’écoute du chant qui monte dans la rue avec force.

Mozart… Un opéra… La flute enchantée… Pamina dans tous ses états… Une Reine de la Nuit asiatique, intimidée, mais divine… Un Papageno noir comme du cirage, mais chantant merveilleusement… Tamino, petit, pas rasé, avec une voix d’or et un charme naturel… Un présentateur, également d’origine asiatique, mais parlant un français impeccable, accompagnant au piano les chanteurs et présentant en quelques mots très drôles, vifs, légers, le déroulement de l’opéra.

Quel bonheur que cette troupe des rues qui chante merveilleusement, avec naturel, pour des gens qui ne connaissent pas ce style de musique et qui finissent par être scotchés à leur jeu. Oui, ils étaient nombreux ces spectateurs, de petites filles assises aux pieds de leurs mamans, des mères s’asseyant dans la rue et écoutant avec béatitude, des hommes et des femmes immobiles, regardant ces chanteurs de moins de trente ans, écoutant leurs voix puissants et agiles et applaudissant à tout rompre devant les vocalises.

Subjugués, nous avons tous eu du mal à repartir vers les objets étalés. En dehors des flûtes, rien ne semblaient nous intéresser. La tête encore pleine de sons, nous étions shootés et sous l’emprise de la drogue : l’opéra chez nous, dans la rue, avec la fine fleur de la jeunesse française, qui, pourtant, n’en avait pas l’air. Mais que les airs de la Flute enchantée étaient émouvants !

Lorsqu'ils renouvelleront leurs exploits, nous y seront !

https://fr-fr.facebook.com/operaemobile 

19/08/2014

Miserere Mei Deus, de Gregorio allegri (The Choir of Claire College, Cambridge)

Pas de commentaire. La beauté ne se commente pas !

https://www.youtube.com/watch?v=IA88AS6Wy_4

Pourtant, une anecdote… ce chant a capella n’était chanté que pendant les matines des mercredi et vendredi de la semaine sainte, pour le Pape et quelques privilégiés. Il n’existait qu’une partition. Mais Mozart, à quatorze ans, eut la chance de l’entendre une seule fois. Il la retranscrivit aussitôt et la partition fit le tour du monde.

26/06/2014

Fête de la musique

Présent à Paris en raison de la grève des trains, nous décidâmes de participer pleinement à la fête de la musique.

Choisir le programme fut un long travail d’approche. Oscillation entre le classique ou le jazz. Les deux figurent sur la liste soigneusement sélectionnée dans l’Officiel des spectacles. Le rock, non ; le tam-tam, non plus ; la musique urbaine, qu’est-ce que c’est ? La variété ? Sa fréquence à la télévision nous suffit.

Entrée par le côté dans l’église Saint Eustache : Quelle immense église ! On entend un vague timbre de piano, la hauteur des voûtes écrase le son au ras du sol. Arrivée dans la nef : les chaises sont tournées vers le buffet d’orgue, splendide, monumental, écrasant. On lève les yeux et on monte vers le ciel jusqu’à la rosace à demi-cachée par la majesté de l’instrument. Mais il est silencieux. Les auditeurs sont parqués à la croisée de la nef et du transept. Un grand espace les sépare du piano et de la chanteuse, dont on n’entend que faiblement la mélodie, sauf dans les aigus. Alors, je m’approche sur le côté et là se dévoile l’immense talent de ces femmes qui ont donné leur vie à l’art de l’opéra. Elles sont dans la force de l’âge, 25-35 ans, certaines sont intimidées, d’autres plus souriantes, mais toutes ont une voix superbe, ronde, usant de variations infinies qui font monter les larmes aux yeux. Regardant cette bouche ouverte, aux lèvres fines, je me demande comment une si petite ouverture peut produire de tels sons : l’esprit chante à sa place, je le vois s’envoler dans l’immensité de la voûte et danser dans l’air en disant : « Vois comme ma voix est belle, ressens mes sentiments et pleure devant tant de grâce ». On est suspendu à cette mélodie et le cœur s’emballe. Il ne pense plus, il ne cherche plus à comprendre. Il est et s’en trouve bien, attentif aux seuls sons qui sortent de cette bouche céleste.

Tuileries : un monde différent, en promenade digestive ou accompagnant les enfants qui bien sûr veulent aller jouer au jardin, se dépenser jusqu’au moment où ils s’écroulent de sommeil ou pleurent d’énervement. Sous un des arbres, un groupe de spectateurs attentifs au son d’un piano. Il est électronique et manque de puissance et de suavité, mais le public est bon enfant et applaudit aux prestations de qui veut bien jouer, des apprentis, des confirmés, des jazzmen, des classiques, des batteurs de bruit qui tapent sur l’instrument en pensant qu’il va déployer plus de force, des enfants qui ânonnent leur chansonnette, la jeune fille qui joue sans faiblesse une valse de Chopin, l’asiatique qui égraine son rythme avec lourdeur d’abord, puis de plus en plus souplement. Ils se succèdent avec un petit applaudissement d’estime, plus ou moins marqué. Quelques-uns déclenchent un vrai soutien, mais aucun ne salue, n’entre en contact avec la foule des badauds, par timidité, par dédain, par ignorance de l’art du spectacle. Au suivant… Même si, parfois, entre deux musiciens passe le temps, comme un instant de silence dans le bruit de la musique échevelée, mutine ou tambourinant.

Cathédrale Saint Volodymyr le Grand, rue des Saints Pères, à l’écoute du chœur ukrainien. Une heure et demie de chants liturgiques et de folklore traditionnel. Une merveille, si différente de ce qu’on a écouté auparavant. La musique liturgique orthodoxe des compositeurs des XVIIIème et XIXème siècles issue des musiques occidentales et principalement italiennes, avec ses modes, sa rythmique syllabique, ses ralentissements et accélérations calqués sur le texte, nous donne un air de paradis (voir Le chant orthodoxe slave en date du 28/07/2011). Hors du temps, nous errons attachés au seul chant qui enchante nos oreilles : Dans ce mystère, de Borniansky, La cène mystique de Lvov, sont de purs chefs-d’œuvre de musique sacrée. Le concert se finit avec des chants traditionnels et populaires : le rituel du printemps, interprété pour méditer sur la nature pendant la fête de la Saint Jean, Marousia qui fait ses adieux à un cosaque, harnaché du haut de son cheval partant pour la guerre. Chant national ukrainien, debout, pour terminer cet instant qui nous a dépaysé et enchanté.

Repus de musique, nous traversons la foule des parisiens qui écoutent les tambours des Africains, les guitares électriques et les trémolos de chanteurs sans voix. Rentré chez soi, on rêve dans un état second, bercé toujours par ces instants musicaux si revigorants. Oui cette année la fête de la musique est réussie. Le temps s’y prête, la bonne humeur vient et les sourires nous le disent.

24/04/2014

La maza, de Patricio Cadena Pérez

http://www.youtube.com/watch?v=5YT_dlWw5q8&list=UUCXpMqfV5bos-JTzm1iONpg


 

On pense à une danse magique alors que ce n’est qu’une complainte, la complainte du carrier qui frappe de sa masse le roc de la carrière.

Et l’on est pris par ce chant surgi des ans. Il secoue l’émotion et conduit à l’amnésie. Alors on écoute sans penser. On se laisse guider par la complainte et l’on passe un moment inédit, un moment hors du temps et peut-être même de l’espace.

Une fois de plus Patricio Cadena Pérez nous séduit par son authenticité.

26/03/2014

Concert par le chœur des deux vallées

 « Créé par Annie Couture dans le cadre du Conservatoire intercommunal des 2 vallées, le chœur des 2 vallées se réunit chaque semaine depuis 1999. Les chanteurs ont exploré ensemble des répertoires variés (chants béarnais, corses et argentins, musique baroque et renaissance, madrigaux italiens…). Ces expériences ont doté le chœur d’une conscience aiguë de l’importance de la transmission orale et du dialogue des cultures. Outre des pièces du répertoire classique, l’ensemble propose ses propres adaptations de chants traditionnels, ainsi que des créations inspirées des nombreuses influences musicales qui ont jalonné sa pratique. »

Un concert exceptionnel, comme on en rencontre peu, même à Paris. Environ 15 filles et 15 garçons chantant d’une voix parfaite des chants d’une beauté sublime issus de répertoires traditionnels, mais peu connus, béarnais et corses.

"Ce petit chœur d’amateur fait preuve d’une exigence, d’une justesse et d’une expressivité très rares, même dans le milieu professionnel. Les choristes sont des jeunes chanteurs du milieu rural. Ils ont voyagé de par la France et de par le monde pour perfectionner leur technique et apprendre aux contacts des chanteurs autochtones la musique de leur pays. Ils ont ainsi rapporté de ces périples initiatiques des chants du Béarn, des chants Corses et des chants d’Argentine. Le résultat est saisissant. On est stupéfait par leur technique sans faille, par leur concentration, par une justesse mélodique sans aucun accroc, une synergie, une communion éblouissante."

Malheureusement, il y a peu d’enregistrements de ce chœur. Voici le Chant Des Oiseaux de Clément Janequin. 

http://www.youtube.com/watch?v=qZpJLkNSc-I

 

Et maintenant un chant corse sur le battage du blé "Battez le blé, les bons bœufs, travaillons ensemble car le blé est pour nous mais la paille est pour vous".

http://www.youtube.com/watch?v=xhCniGe03bo

 

Oui, ce fut une belle après-midi, assis dans une église, parti en d’autres cieux, sous le charme de ces voix pures, justes, bouleversantes. Si vous voyez l’annonce d’un concert de ce chœur, allez-y , vous ne le regretterez pas.Ce ne fut pas beau, ce fut splendide et émouvant !

26/10/2013

Jesu, meine Freude (Motet BWV 227) de Jean-Sébastien Bach par le Vocalconsort Berlin

http://www.youtube.com/watch?v=a4SKrGYMp7A

 

 

Un moment de pleine paix, un acte d’abandon, l’homme face à l’amour divin, l’agapè, un amour pur qui s’exprime sobrement, à plusieurs voix qui met en évidence son amplitude. L’harmonie chantante n’est perceptible qu’à certains moments, laissant sur d’autres mesures chaque voix indépendante, comme détachée des autres. Et cette succession de passage font du motet un morceau singulier, plein d’inattendus et de variations. L’accompagnement très discret de l’orgue renforce les voix sans jamais les écraser comme c’est souvent le cas.

Alors laissons-nous porter par ce chant magnifique dont les paroles,même si elles sont quelque peu désuètes, oscillent entre l’abandon amoureux et l’impératif moral :

 

Jésus, ma joie, la prairie de mon cœur,

Jésus, mon ornement,

depuis longtemps, ce (mon) cœur est anxieux

et te réclame !

 

Agneau de Dieu, mon fiancé,

hors toi, sur la Terre,

rien ne doit m'être plus cher

17/05/2013

Raga Flamenco

http://www.youtube.com/watch?v=YbhF3g4wI_w

 

Un tel mariage des genres semblent impossible. Et pourtant, pour notre plus grande joie, il est réalisé par Anoushka Shankar, fille de Ravi Shankar et un groupe flamenco qui n’est pas nommé, ce qui est dommage pour la chanteuse. L’Inde et l’Espagne réunies dans la musique et c’est une vraie fête !

Le sitar indien au diapason avec la guitare, dans un rythme qui convient aux deux civilisations. Plus de deux minutes de pure musique indienne, puis brusquement le chant flamenco, enfin l’accompagnement de guitares. Quelle surprise, déroutante, mais qui peu à peu, vous fait entrer dans une atmosphère particulière : un raga indou agrémenté au chant plein d’émotions du flamenco. Les deux adorent l’ornement et les variations instrumentaux ou vocaux. Alors le mariage est finalement réalisable.

Un voyage, les yeux fermés : défilent à la fois les fleuves indiens et les bodega ibériques.

19/03/2013

Litanie pour la baleine, de John Cage (1980)

https://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&v=ZJYkJxGPLao&NR=1

 
Source : Ressources-IRCAM du 22 mars 2012

"Né à Los Angeles le 5 septembre 1912, John Cage est à la fois musicien, écrivain, peintre, mycologue, penseur, artisan d’une vie considérée comme processus continu, au-delà de toute catégorie.

Son premier contact avec la musique se fait par l’apprentissage, enfant, du piano. Plus tard lassé par un système scolaire fondé sur la répétition et l’uniformité, il part en 1930 pour l’Europe à la recherche de nouvelles expériences. De retour en Californie l’année suivante, il entreprend des études de composition avec Richard Buhlig et Henry Cowell, puis prend des cours particuliers avec Adolph Weiss. En 1935 il se marie avec Xenia Andreyevna Kashevaroff dont il se séparera dix ans plus tard. De 1934 à 1936 il étude l’analyse, la composition, l’harmonie et le contrepoint avec Arnold Schoenberg, et comprend à cette occasion son peu d’inclination pour la pensée harmonique. Entre 1938 et 1940, il travaille à la Cornish School de Seattle et y rencontre Merce Cunningham – qui devient son compagnon et collaborateur. Dans cette période, il écrit son manifeste sur la musique « The Future of Music : Credo » ; invente le water gong et le piano préparé, et enfin compose Imaginary Landscape No.1 (1939), une des premières œuvres utilisant les moyens électroniques.

L’activité plastique de John Cage débute avec l’exposition de ses partitions en 1958 dans la Stable Gallery et, malgré des incursions régulières dans le champ des arts visuels, c’est avec les « gravats » réalisés à Crown Point Press à l’instigation de Kathan Brown que cette activité devient essentielle, avec la production de quelques neuf cents gravats, aquarelles et dessins jusqu’à sa mort. Dans ces œuvres – comme dans ses mesostics commencés après l’écriture d’Empty Words en 1976 –, Cage suit les mêmes principes de travail que dans sa musique, (…), où il fait usage de ce qu’il appelle des « parenthèses de temps ». Dans cette dernière période, apparaissent des processus d’automatisation de l’écriture, basée sur des programmes informatiques réalisés par son assistant Andrew Culver. Les dernières années viennent couvrir de reconnaissance et de prix prestigieux, comme le Kyoto Prize (1989), une vie placée sous le signe de l’expérimentation et de la liberté.

John Cage meurt à New York le 12 août 1992. "

Pour deux voix égales, la Litany for the Whale ou litanie de la baleine est une composition écrite en 1980. Elle reproduit les sons du monde sous-marin et, bien sûr, le langage des baleines. Son écoute est saisissante par le fait du chant a capella et des silences voulus qui ponctue l’œuvre. Celle-ci, aussi curieux que cela puisse paraître, semble un chant sacré médiéval. C’est une méditation sur le monde chantée en répons constituée de voyelles sans signification autre que le rappel des sons venant des profondeurs de l'océan.

Ajoutons que John Cage est un fervent utilisateur de ce qu'il appelle le piano préparé, c'est-à-dire un piano sur les cordes duquel sont placés des vis, pièces de monnaie et autres possibilités d'interférence des sons.

21/02/2013

Stabat Mater, de Pergolèse

http://www.youtube.com/watch?v=9mrVZHPikqM

 

 

Le Stabat Mater évoque la souffrance humaine de Marie devant son fils crucifié et la souffrance du chrétien devant l’approche de sa mort. Il constitue une séquence, pièce liturgique chantée le 15 septembre, jour de Notre-Dame des Douleurs. C’est un chant de méditation par excellence. Composé au XIIIème siècle par le franciscain italien Jacopone da Todi, il dit la douleur de Marie :

Debout, la Mère, pleine de douleur,
Se tenait en larmes, près de la croix ,
Tandis que son Fils subissait son calvaire.
Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive transperça.
Qu'elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !
Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.

Il évoque le croyant qui ne peut que partager cette peine, conscient que c’est en partie par ses fautes que Marie souffre :

Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?
Qui pourrait dans l'indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?
Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.
Elle vit l'Enfant bien-aimé
Mourant seul, abandonné,
Et soudain rendre l'esprit.

La prière demande à Marie le partage de cette souffrance. C’est une longue plainte à la fois sur le sang du Christ et l’affliction de sa mère devenue mère de tous les hommes :

Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.
Fais que mon âme soit de feu
Dans l'amour du Seigneur mon Dieu :
Que je Lui plaise avec toi.
Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.
Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de Ses tourments.
Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du Crucifié,
Tant que je vivrai !
Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.
Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.
Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.
Fais que Ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l'ivresse
Du Sang versé par ton Fils.

Enfin, la méditation porte sur la propre mort du croyant et demande à Marie son soutien et la gloire du Paradis :

Je crains les flammes éternelles;
Ô Vierge, assure ma tutelle
À l'heure de la justice.
Ô Christ, à l'heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.
À l'heure où mon corps va mourir,
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.

Le Stabat Mater a été l’objet de nombreuses inspirations tant de la part de musiciens (Vivaldi, Palestrina, Scarlatti, entre autres, et, plus récemment, Poulenc, Arvo Pärt) que de peintres (par exemple : Rogier van der Weyden, Hubert van Eyck, Matthias Grünewald, jusqu’à Picasso).

Stabat mater 5.JPG

Pablo Picasso - La crucifixion 6.jpg

 En 29:48 – Magnifique duo pour la conclusion :

Quando corpus morietur,
fac ut animæ donetur
Paradisi gloria.

C’est-à-dire :

À l'heure où mon corps va mourir,
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.

Et la séquence finit bien en envolée dans la gloire du Paradis pour les siècle des siècles.

19/08/2012

In furore justissimae irae, d’Antonio Vivaldi

Interprété par Debora York :

http://www.youtube.com/watch?v=vrGqE_uCAg4

 Interprété par Maria Grazia Schiavo :

http://www.youtube.com/watch?v=QBXluA53LQ0

 

Vivaldi, vivace, aérien, le cœur soulevé, sans poids.

Vous vous promenez dans le ciel parmi les anges et la fureur. Quel contraste, mais si beau.

Une introduction scandée par les violons, enlevée, avant que ne s’élève le chant, l’exclamation, l’explosion d’un feu d’artifice. Crainte et tremblements devant Dieu tout puissant, mais si désiré, d’un amour fougueux, comme une rage de vivre éternellement.

Et suit une conversation en tête à tête avec le divin, charmeuse, amoureuse, avant que ne reprenne l’acidité de la confrontation. Quelle audace ce chant, mais quelle espérance, l’homme qui est fait Dieu par grâce.

 

 

 

15/08/2012

O Jésus, vivant en Marie

Né en 1608, Jean-Jacques Olier fait ses études à Paris où il joue les prédicateurs mondains. A l'âge de trente ans, il éprouve l'obscurité spirituelle et n'en sort qu'en 1641. Il crée alors une communauté de prêtres au sein de la paroisse de Saint Sulpice et il fait preuve d'une grande activité paroissiale tout en consacrant du temps à la confession et la direction spirituelle. Il meurt à 48 ans, mais déjà les Sulpiciens débarquaient au Canada pour assurer le service de la colonie.

Il est l'auteur de recommandations spirituelles et de prières telle celle-ci. Mise en musique sur un mode éclésial, elle se double d'une deuxième voix et d'un accompagnement en ison, à deux voix. Prière de méditation, elle calme l'esprit et le corps. 

Une bonne manière de fêter le 15 août.

 

 

chant,musique,spiritualité

 

24/07/2012

Psaume de David, d'Heinrich Schutz

 

Le paume 150 ''alleluja lobet den herren'' est chanté par l'ensemble "La chapelle Rhénane", sous la direction de Benoit Haller, pendant les folles journées de Nantes en 2009.

 

http://www.youtube.com/watch?v=mWbIpX6osFo&feature=related

Le psaume éclate : alléluia, alléluia ! On ne s’attend pas à une telle vigueur.

Alléluia ! Louez Dieu dans son temple saint, louez-le au ciel de sa puissance ;
louez-le pour ses actions éclatantes, louez-le selon sa grandeur !
Louez-le en sonnant du cor, louez-le sur la harpe et la cithare ;
louez-le par les cordes et les flûtes, louez-le par la danse et le tambour !
Louez-le par les cymbales sonores, louez-le par les cymbales triomphantes !
Et que tout être vivant chante louange au Seigneur ! Alléluia !

Et Dieu est loué par la voix, ces voix chantant chacune sa partition, en parfaite harmonie, avec la même vigueur, le même entrain. Chacune d’entre elles résonne avec sa particularité, son timbre, sa compréhension du texte.

Un accompagnement musical assez extraordinaire qui ne masque pas le chant par ses cuivres, qui sonnent avec dynamisme, mais sans exagération.

 

Quelle belle louange du Seigneur, chaque verset fait l’objet d’un véritable tableau musical, dans lequel chaque chanteur peut s’exprimer en toute liberté, chacun en harmonie avec les autres. Puis reprise du chœur, le tout dans une verve qui ne se dément jamais.

Bravo au chef, Benoit Haller, car il est toujours difficile d’atteindre une telle harmonie dans la préservation des individualités, qu’elles soient des chanteurs ou des instruments.

 

Oui, la musique baroque est une musique envoûtante, toujours inattendue, vigoureuse, remise à l’honneur depuis quelques temps pour le bonheur de nos oreilles, grâce à quelques découvreurs de nouveaux manuscrits, mais surtout au talent de nouveaux chefs qui apportent leur fougue au service d’une musique éblouissante de santé et de joie de la vie.

 

30/12/2011

La diphonie, voix de l’outre terre

 

La diphonie est l’émission simultanée de deux sons différents. Le chant diphonique émet un son fondamental, de hauteur constante, et un son harmonique que le chanteur fait varier.

 http://www.youtube.com/watch?v=qNFSB4PnVPI&feature=related

 

Voix extra-terrestre semble-t-il qui vous projette dans l’univers sans rapportmusique, chanson, chant avec les sons habituels produits par la voix. Est-ce du chant, est-ce une technique, est-ce un concours de souffle, est-ce une farce ? C’est beau, mais d’une beauté incompréhensible. C’est harmonieux, mais l’harmonie reste factice ; C’est mystérieux comme une grotte mi-marine, mi-terrestre dans laquelle les flots créent des sons inhabituels. Est-ce de la musique, sont-ce des bruits ? Tout dépend de l’art du chanteur et de son souffle, car il en faut.

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=8Y4SCDzNwUY&feature=endscreen&NR=1

Un exemple d’utilisation du chant diphonique dans la musique mongole. C’est une véritable symphonie, certes lassante, mais tellement inusité à nos oreilles qu’on peut l’écouter sans se lasser. Bien qu’étant au centre Pompidou, on est projeté à mille lieues de Paris, de la société occidentale et de la musique savante. Retour à la nature, au corps, à ses résonnances naturelles.

 

http://www.youtube.com/watch?v=0M3YFK3sJ54&feature=related

 

La diphonie se mêle au chant normal pour évoquer toute l’horizontalité de la terre mongole et toute la verticalité de leur vision de la vie. Rencontre opportune entre la vie quotidienne, difficile, et une aspiration magique vers d’autres vies, plus secrètes, cachées dans les replis du chant comme dans une couverture aux plis immenses.

 

http://www.youtube.com/watch?v=NNVrmW0VL2I&feature=related

Sans explication technique, voici les différentes manières de produire la diphonie. Passionnante leçon de choses qui montre la diversité de l’homme et son ingéniosité.

 

 

Vous pouvez aussi écouter des démonstrations intéressantes de chant diphonique qui met en évidence les différents styles d’obtention de la diphonie.

http://www.alashensemble.com/French/demos.htm

 

 

Si vous êtes intéressés par cette technique vocale, lisez l’article très bien documenté de Wikipedia sur le chant diphonique :

http://dictionnaire.sensagent.com/chant+diphonique/fr-fr/