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30/11/2017

Concupiscence

Surréaliste ce dessin ! Un monde imaginaire qui vogue dans la noosphère en mélangeant des notions différenciées à commencer par les règnes du minéral, du végétal, de l'animal et de l'humain. Est-ce possible? Oui, mais uniquement dans l'imagination qui transforme la réalité en un vaste champ de possibilités.

 

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Concupiscence
Encre de Chine
1969

22/10/2017

Homme assis et haïku

 

Assis, observant

Il juge et se révolte

Passe l'oiseau de paix

 

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06/03/2017

Retournement

                       La divine lumière réside dans l’âme. Dès lors que celle-ci consent à se défaire des voiles et des taches qu’impriment sur elle les objets créés, aussitôt elle se trouve illuminée et transformée en Dieu. Alors Dieu lui communique son Être divin et elle semble être Dieu lui-même; et tout ce que Dieu possède, elle le possède.

Saint Jean de la Croix, La montée du Carmel

 

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Premier temps : unification de l’être

Les personnages multiples qui composent la personnalité se fondent en un seul être. La conscience, la vraie, c’est-à-dire la possibilité de se maîtriser soi-même, apparaît. Non seulement il y a unification de nos différents moi, mais toutes ces tendances s’harmonisent. Il n’y a plus de conflits entre notre pensée rationnelle et nos sentiments, entre les sentiments et les émotions, entre les désirs et la volonté. En fait, l’instinct, les désirs, les émotions sont transcendées. La pensée, la parole et l’action sont une, la connaissance et le sentiment vont de pair.

 Deuxième temps : dissolution du moi

L’unification entraîne non pas un renforcement de notre idée de nous-mêmes, mais au contraire une dissolution de cette idée. Nous comprenant nous-mêmes, nous comprenons l’autre et nous entrons en communion avec lui. L’autre devient moi-même, les barrières créées par le moi tombent progressivement.

 Troisième temps : l’inconnaissance

L’appréhension globale de la vie et sa compréhension se fait au-delà de la pensée. C’est en effet le voile du mental qui nous empêche de comprendre.

¨  La connaissance du royaume est inconnaissance, parce qu’elle est toujours nouvelle. Le monde spirituel ne peut se découvrir par une méthode, car toute méthode est fondée sur des habitudes mémorisées. Or chaque approche du royaume est nouvelle, indéfinissable et ne peut être revécue. Le problème est de se détacher du mental qui cherche à renouer avec l’expérience vécue.

¨  La connaissance de la vie divine ne peut se faire qu’à travers un nouveau mode de pensée. Ainsi, dans le monde psychique, la liberté est la faculté que nous avons de pouvoir faire des choix. C’est effectivement vrai : Dieu nous a créés libres, dans le sens que nous pouvons choisir de voir ou de ne pas voir le monde comme expression de la volonté divine. Mais la vraie liberté, la liberté donnée par l’accession au royaume de Dieu, une liberté qui n’est pas un concept, mais une réalité vécue, c’est de n’avoir plus à choisir, d’être sans cesse immergé en Dieu et d’y trouver l’épanouissement total, la réalisation de la vie.

¨  La pensée, libérée de toute imagination, devient instrument de l’esprit. Constamment soumise, elle a alors deux fonctions :

.      une fonction d’action : agir dans le monde par la pensée autant que par l’activité physique ;

.      une fonction de communication : exprimer sans le langage habituel l’inexprimable.

14/02/2017

Inversion

Un autre monde, mais toujours aussi sauvage !

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15/01/2017

Bain de soleil

 

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 Dans le sable chaud
Elle s’étendit, silencieuse
Ouvrit son esprit et son corps
Et se laissa porter par la fournaise

07/12/2014

L’indécision

Il prit le parti d’en rire
Elle le laissa murir
Elle fut deux en un
Il devint inopportun

 

 

 

 

11/08/2013

Une goutte de pensée

Une goutte de pensée... Cela peut-il se dessiner et se peindre ? Probablement non, mais on aime se dire que la pensée n'est rien d'autre que cette poche emplie de fragments agglomérés qui s'échappent au dehors par une bouche moustachue. Et la pensée suit son cours dans le monde, au fil des lieux et des temps.

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25/07/2013

Le kouan

Le kouan, c’est la contemplation d’un être sur le monde, en prenant de la hauteur, comme s’il regardait du haut d’une tour. C’est une vision nouvelle qui donne le pouvoir de passer du matériel au spirituel.

Ce dessin fait à l’encre de Chine met en évidence le contraste entre la verticalité du pont représentant le matériel et l’horizontalité de l’eau et de la terre. La lune crée le lien entre les deux.

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16/07/2013

Poussière ou pensées

Les deux sans doute : des poussières de pensée flottant sur la matière brute. Ce n’est pas encore la canopée pensante ou la noosphère. C’est en toute liberté que l’homme exerce sa pensée. Et celle-ci s’essaime, s’accumule, se regroupe pour se consolider. Elle entoure la matière, lui donne sens et avenir. Quelle aventure !

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Dessin à l’encre de Chine.

 

 

23/06/2013

Danse au sommet du monde

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L'oeil toujours regarde le mouvement, même noyé dans la jungle urbaine. Quoi de plus commun qu'un tel immeuble ! En haut se joue la vie, la séduction et la continuité. Et l'oeil s'en repait : la tonicité de la danse submerge la verticalité du béton.

Encre de Chine et lavis, un beau moyen d'expression. 

19/06/2013

Foule

On est toujours un inconnu environné d’inconnus dans la foule. On croit encore exercer son esprit critique, voire son indépendance d’esprit. Mais en réalité on est déjà pris dans son mouvement, dans ses craintes et ses délires.

Retirez-vous ou cessez d’être ce que vous êtes, telle est la maxime !

 

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Dessin réalisé aux feutres

11/06/2013

Accident

La nuit. Un instant d’inattention. Un choc bruyant et traumatisant. Puis le silence et l’absence de mouvement…

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Dessin à l’encre de Chine fait une nuit de cafard.

 

07/06/2013

La solitude collective

C’est un pique-nique au bord de l’eau. Il fait beau. L’air est pur bien qu’au loin la fumée d’une usine trouble cet instant magique. Deux grâces s’exhibent ou se détendent aux chauds rayons du soleil. Elles papotent ensemble. L’homme se demande :

– Dieu, où donc es-tu dans ce monde sans âme ?

Et celui-ci ne répond pas.

 

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10/11/2012

L'écriture

Tout bouillonne en lui. Fébrilement installé devant sa table, il est transparent. Il crée par sa pensée. Et tout cela pour quoi ? Il ne le sait, mais il est persuadé que c’est utile. A quoi ? Il ne sait pas. Tel le pianiste qui fait ses gammes, il déverse ses lignes d’écriture qui s’effacent au fur et à mesure.

Mais qu’il est bon d’être ainsi suspendu entre ciel et terre aux heures où tous dorment pour le repos de leur corps et de leur âme.

Derrière le visible, l’invisible. Qu’est-il ?

 

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Dessin réalisé à l’encre de Chine. Bien sûr, en pleine nuit !

13/10/2012

Jérémiade

 

Il crie haut et fort son message. Personne ne l’entend ! Et il reste fidèle malgré les persécutions. Tel est Jérémie le prophète, serviteur de Dieu, qui lance ses lamentations sur Jérusalem et sa destruction.

« Pourquoi ma souffrance est-elle continuelle ? », crie Jérémie. Et il conclut : « Maudit soit le jour où je suis né ! »

Cette encre de Chine traduit la solitude de Jérémie et sa constante obstination à proclamer la nouvelle. Jérusalem brûle, mais il crie encore face à l’iniquité des hommes. 

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26/09/2012

La danse de l'esquive

Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Iéshoua, dit le messie ? »
Ils disent tous : « Il sera crucifié ! »
Mais il dit : « Quel mal a-t-il donc fait ? »
Alors ils crient très fort et disent : » Il sera crucifié ! »
Pilate voit que rien ne sert  mais que le tumulte grandit.
Il prend de l’eau, se lave les mains face à la foule et dit :
« Je suis innocent de ce sang. A vous de voir ! »
(La Bible traduite par André Chouraqui, Matyah 27,22-24)

L’homme danse devant la question précise
Il l’esquive et s’aveugle de sa propre vision
De même Pilate, qui sait l’innocence de Jésus
Esquive  sa responsabilité devant la foule
Et reporte cette innocence sur lui-même
Le fils de l’homme est face à l’homme

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Brûlure d’un soleil noir
Dans le désert de la conscience
Et ce désert est celui de la tentation
« Dis que ces pierres deviennent des pains. »

Dessin fait à l’encre de Chine.

29/04/2012

L'enlisement

 

L’homme et la femme s’enlisent peu à peu. L’homme assis les contemple, inquiet ; non, méditatif probablement. Le soleil tape sur ce désert. Ils semblent avoir marché jusque-là, puis s’être écroulés de fatigue. La route est encore longue et ils n’auront pas la force de poursuivre. L’amour se dessèche, comme l’arbre, il ne possède plus la verdeur de son feuillage. Jusqu’où va le couple qui ne s’entend plus ?

Peut-être est-ce l’inverse ? Ils ont marché jusque-là, ensemble, se soutenant l’un l’autre, et ils ont poursuivi leur chemin jusqu’au bout. Il semblait long, infini. Il s’arrête là. Au loin les montagnes du pays rêvé, frais, ombragé, qu’ils n’auront pas connu. Mais cette longue marche fut leur vie, et l’homme jeune qui les regarde s’interroge sur la constance qu’ils ont mise dans cette symétrie.

Chacun construit sa vie à sa manière, c’est toujours un sujet d’émerveillement.

 

 

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23/12/2011

Corrida

 

 La corrida : instant magique où l'homme et l'animal se retrouve face à face dans un combat à mort.

Les uns diront macho et crieront au scandale devant un tel spectacle.

Les autres s'exclameront : Quel art magnifique !

Cette encre de Chine à la manière de Picasso, dessinée il y a déjà un certain temps,  témoigne de ces après-midi au cours desquelles la brutalité, le courage, la force, la puissance côtoient la noblesse, l'esthétisme, la grâce féminine, le tout couronné par la mort, de l'un ou de l'autre, mas plus souvent de l'autre, c'est-à-dire du taureau.

 

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19/10/2011

Le grenier ou la schizophrénie

 

La schizophrénie se caractérise par (d'après le Dr Brigitte Blond)  

  • La diminution de l'élan vital ;
  • La dissociation mentale ou la discordance : c'est une rupture de l'unité psychique de la personne, qui aboutit à un bouleversement de la personnalité, à des réactions totalement inappropriées et à une indifférence devant des éléments porteurs d'une charge émotionnelle ;
  • Une inhibition de l'activité mentale (perte d'intérêt) qui favorise un repli sur soi, avec apparition de fantasmes délirants ou hallucinatoires.

Le grenier, dessin réalisé à l'encre de Chine, montre l'enfermement dans lequel cette maladie plonge les malades, avec ses idées délirantes et la désorganisation complète de la personnalité.

 

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    Ne suis-je pas moi-même un peu schizophrène de dessiner de tels sujets. Mais le délire fait parti de la vie d'artiste et en fait le charme !

     

     

22/09/2011

Création encre de Chine 2

 

Deuxième volet de l'encre de Chine publié le 24 février 2011: mariage de plume, rotring, feutre et lavis.

Magie de l'éphémère, instant de vie, comme un éclair dans l'éternité.

 

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21/08/2011

L'opération

 

Lumière et transparence. La simple humilité des gestes pour un malade. Ce qui est essentiel : la lumière, les instruments, la table, l’opérée, la volonté du chirurgien.

Un sujet amusant, dessiné en quelques instants, qui mêle le psychisme au physique. Qui est le plus fou : la malade ou le chirurgien ?

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25/07/2011

Sénescence

 

En biologie, la sénescence (du latin senex, "vieil homme" ou "grand âge") ou vieillissement est un processus physiologique qui entraîne une lente dégradation des fonctions de l'organisme.

Le vieillissement d'un organisme débute après la phase de maturité, et progresse alors de façon irréversible jusqu'à la mort. Il se caractérise le plus souvent par une dégradation des capacités générales de l'organisme. (Wikipedia)

 

       " Le vrai problème n’est pas de savoir si nous serons vivants après la mort, mais bien si nous serons vivants avant la mort... L’immortalité est une valeur, une dignité, une vocation, une exigence : comma la personnalité et comme la liberté. C’est pourquoi nous sommes des candidats à notre immortalité."

 

       "C’est pourquoi l’au delà n’est pas à situer après la mort, il est d’abord un au delà de la biologie et il est en réalité un au dedans. Rigoureusement parlant en effet, on ne peut parler d’après la mort, parce que le disque du temps tourne autour d’un centre immobile."      

Maurice Zundel

 

Ces deux faces de la réalité humaine apparaissent dans ce dessin à l’encre de chine que j’ai réalisé il y a déjà un certain temps. L’idée : l’élégance de l’homme malgré la sénescence, grâce à l’immortalité de l’âme.

 

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07/07/2011

Esprit et matière

 

Y a-t-il réellement d’un côté la matière et de l’autre l’esprit ? C’est ce que pensait Descartes. L’opposition reste d’actualité, mais la recherche récente introduit le doute.

Déjà Spinoza avançait que l’esprit et la manière ne sont que deux attributs d’une seule et même réalité considérée sous deux angles différents (Ethique III, 2). Mais qu’est-ce que la réalité ?

On a séparé irrémédiablement la conception religieuse de l’homme et une conception scientifique. Cependant, les scientifiques, qu’ils étudient l’infiniment petit ou l’infiniment grand, constatent que la matière est un amas d’énergie en transformation constante. Le Père Teilhard de Chardin est un des rares penseurs religieux à adopter de son côté une vision conciliant l’esprit et la matière. La noosphère, pellicule de pensée faite de relations qui se forment, se combinent, et se superposent, détermine ainsi la trame d’un ensemble en perpétuelle transformation, l’homme ajoutant de l’esprit à la matière. L’univers apparaît alors comme une véritable toile cosmique où tous les événements seraient interconnectés les uns aux autres.

Cette encre de Chine tente de mettre en évidence cette fausse opposition : d’un côté la matière, froide, lunaire pourrait-on dire, mais façonnée par l’homme qui crée une « matière » artificielle dans la ville et de l’autre l’esprit, transparent, diaphane, s’élevant au dessus de la matière, mais en résonnance avec elle. Certes, je ne le compris qu’après avoir fait le dessin.

 

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11/06/2011

Foule

 

Toute affluence de personnes amène deux attitudes : l’immersion qui entraîne l’adhésion et la participation à l’action de la foule en perdant le contrôle d’une partie de soi-même ou le retrait qui, par la distance psychologique que l’on garde vis-à-vis des autres, permet de rester soi-même. Ces deux attitudes peuvent varier à chaque instant selon les circonstances extérieures et la nature de l’affluence : multitude de personnes ayant leurs objectifs propres sans contact les uns avec les autres, telles les artères des grandes villes un jour d’affluence ; cohue comme cela peut être le cas dans le métro à certains horaires (l’objectif est d’arriver à prendre le métro) ; attroupement où déjà se manifeste un intérêt ou une excitation collective ; enfin foule devenant une entité vivante, devant laquelle l’individu s’efface au profit de la masse.

 

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C’est un passage de l’anonymat à la reconnaissance mutuelle, voire l’action.

Avant toute réflexion sur la notion d’affluence, il y a l’impression d’anonymat collectif, expression contradictoire, mais qui montre la difficulté de choisir son attitude. Je suis moi-même, je regarde mes voisins que je ne connais pas, mais avec lesquels je peux échanger, puis très vite, en raison de la distance, ces voisins deviennent des individus, puis des corps anonymes qui s’agitent et font du bruit. Immuable, le soleil éclaire la scène comme chaque jour que le monde fait.

Quelle surchauffe !

 

 

 

04/05/2011

Désespoir

 

Désespéré, nous le sommes tous à un moment ou un autre dans la vie. Le désespoir est dû bien souvent à un évènement que l’on ne maîtrise pas. C’est un sentiment d’impuissance, que celle-ci soit réelle ou qu’elle soit de découragement devant ce qu’il faut accomplir. Il s’accompagne de révolte, de rage, puis d’abattement ou même de résignation. A chacun de nous d’en faire une possibilité de rebond ou de déchéance.

C’est le mystère de la résilience, ce phénomène psychologique conduisant à un renouvellement de soi malgré la dépression qui serait une réaction normale face à l’adversité. Elle est capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit des épreuves.

 

L'habitude du désespoir est plus terrible que le désespoir lui-même.

Albert Camus

 

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16/04/2011

L'aleph

 

Aleph : Lieu où se trouvent, sans se confondre, tous les lieux de l’univers, vus de tous les angles.

La nouvelle de Jorge Luis Borges, auteur argentin, intitulée l’Aleph, décrit une histoire banale entre l’auteur et un écrivain présomptueux et vain dont le seul travail n’est pas dans la poésie, mais dans l’invention de motifs pour rendre la poésie admirable. Celui-ci prétend détenir sa brillance d’une maison lui appartenant qui doit être démolie. Dans la cave de celle-ci se trouve un Aleph qui lui donne l’inspiration, une sphère dont le centre est partout et la circonférence nulle part. « L’aleph est la première lettre de l’alphabet de la langue sacrée. Pour la Cabale, cette lettre signifie le En Soph, la divinité illimitée et pure. »

Le dessin représente Borges, installé dans la cave par Carlos Argentino Daneri, le bibliothécaire-écrivain, et sa vision de l’Aleph, petite sphère aux couleurs chatoyantes qui répand un éclat presqu’insurmontable. Les yeux entassés à droite de l’auteur, suggère que chaque chose est vue de tous les points de l’univers.

 

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Borgès est avant tout un métaphysicien. En tant que poète, il tend vers le but principal de toute poésie, c’est-à-dire la transmutation de la réalité palpable en réalité intérieure et émotionnelle. Mais sa métaphysique n’est pas que littérature. Elle est d’abord expérience de l’angoisse, angoisse de l’irréalité du monde des apparences.

De poète, Borgès devint auteur de nouvelles métaphysiques, avec trois grands sujets : le dédoublement (non d’une personne par un double identique, mais de deux personnes opposées ou complémentaires), le voyage dans le temps et la propagation du rêve dans la réalité.

« Sous les métaphores de ces récits se cache finalement une conception idéaliste de la réalité, une métaphysique profondément enracinée dans les expériences obsessives de l’écrivain en tant qu’homme. La multiplicité des masques ramène ici à l’unité d’un seul être, l’auteur. » (E.R. Monegal, Borgès par lui-même, 1970, éditions du Seuil)

 

 

10/04/2011

Gisant

 

On a tort de sourire du héros qui git en scène, blessé à mort et qui chante un air au théâtre. Nous passons des années à chanter en gisant.

Frantz Kafka, Lettres à Milena (Posthume, 1952)

 

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04/04/2011

Prânâyâma

 

Prânâyâma est un terme sanskrit constitué des deux mots énergie (prana) et vitalité (ayama). Il signifie retenue du souffle de la respiration pour contrôler sa santé physique, émotionnelle et mentale. Le souffle lave le corps des impuretés accumulées dans la vie quotidienne. Il atténue l'impact émotionnel par la prise de recul. Il vide le mental de ses pensées permanentes qui s'entrechoquent. Il révèle l'esprit qui signifie souffle (spiritus) et donne accès à l'invisible.

Ce dessin à l'encre de Chine tente de mettre en évidence la réalité du prânâyâma : allégement du corps et du mental par la pratique contrôlée de la respiration sous la conduite d'un maître.

 

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28/03/2011

Alcools

Certains jours, l'envie vous prend de dessiner n'importe quoi, pour le seul plaisir de dessiner. On ne parle plus de beauté et d'harmonie, mais d'un trop plein de vitalité qui entraîne l'imagination, à la manière de ces personnages qui errent au petit matin, dans les rues sombres d'une ville.

 

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07/03/2011

Jethsémani

Dans le désert des sentiments humains, Jésus accueille Judas, "mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il aurait mieux valu pour lui qu'il ne fut pas né, cet homme-là!"

Peu de temps après, un de ceux qui entouraient Jésus, coupe l'oreille d'un serviteur du Grand Prêtre. Mais Jésus prit la parole : "Laissez faire, même ceci", dit-il, et lui touchant l'oreille, il le guérit.

 "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font." Et cette parole était vraie tant pour les soldats que pour la foule, deux groupes distincts, qui ne se reconnaissent pas, mais qui sont complices de ce qui se passe.

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Ils sont non seulement complices de sa mort innocente, mais également acteurs collectifs, et Jésus devient le médiateur du désir mimétique, qui est désir d'être, comme le démontre très justement René Girard. Cette découverte l'amène à méditer sur la violence, dénouement d'une imitation qui développe les conflits pour s'appropier les objets du désir. Dans "La violence et le sacré", René Girard montre que cette violence, arrivée à son paroxysme,  se focalise sur une victime arbitraire et fait l’unanimité  contre elle. Alors, l’élimination de la victime fait retomber brutalement la fièvre et laisse le groupe apaisé et hébété. La victime apparait à la fois comme origine de la crise et de la paix retrouvée. Elle devient sacrée.

Sortir de cet enchaînement involontaire de cause à effet nécessite un courage individuel qui transforme l'homme et le fait passer de la condition de bête humaine à celle d'homme fait dieu, grâce à la médiation intemporelle de celui qui a expié sur la croix.