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26/06/2020

Respiration

Travailler d’abord l’expiration, c’est-à-dire sortir l’agitation de son corps et de son moi.
Puis percevoir le moment entre l’expir et l’inspir, c’est-à-dire le temps mort permettant de saisir la mort de soi et le vide en soi.
Enfin, travailler l’aspiration jusqu’à l’inspiration, c’est-à-dire le moment où une présence s’empare de l’être.

Expiration ; lâcher prise, don de soi, abandon.
Inspiration : ouverture, visitation, plénitude.

22/06/2020

Être

« Je Suis celui qui Est », qui n’a ni passé, ni avenir.

L’être est intemporel, seule l’action a besoin de temps.

Être à l’image de Dieu, c’est penser que je suis

et non à ce que j’ai été ou ce que je veux être.

 

09/06/2020

Abandon de la conscience

On peut réellement, par expérience, distinguer en soi trois états différents : le mental qui tire son fonctionnement du corps, la conscience qui fait partie de l’âme et qui s’efforce d’élever le mental du concret à l’abstrait et enfin l’esprit, au-delà de la conscience et que l’on ne peut connaître que par expérience directe.

C’est par la conscience qui l’homme se tourne vers l’esprit. Mais il ne peut le recevoir que lorsqu’il ne cherche pas avec sa conscience. L’âme est l’instrument qui permet de se tourner vers le monde divin. Mais tant que l’âme veut rester consciente et dire je, elle ne peut trouver l’esprit.

Lorsque la conscience s’abandonne, c’est-à-dire lorsque la perception de soi se résume à un voile transparent entre le naturel et le surnaturel, l’univers se dévoile, la distance et le temps s’abolissent, chaque chose, chaque être peuvent être perçus intérieurement.

27/05/2020

Sentence

Regarde chacun comme étant l'image de Dieu,

puis regarde en toi cette image.

Tu te trouveras au bout du tunnel,

à ton instant ultime.

 

24/05/2020

L'attente

Entre dans le secret de ton cœur
Confie-toi à Dieu et attends
La connaissance vient avec la lumière
Tes propres pensées sont obscurité
C’est par l’œil que tu discerne la vérité
Veille à lui donner la divergence
Car l’œil ouvert perçoit la lumière

 

Dieu donne la vérité si nous savons l’attendre. C’est la seule chose qu’il nous demande : être capable d’attendre. Cette attente suppose l’abandon de la volonté égoïste. Elle est attente de la révélation qui est la connaissance :
 Révélation de Dieu au plus profond de nous-mêmes ;
 Révélation du monde ; sa connaissance nous est donné par Dieu et non par nos propres effort ;
 Révélation de notre réalité : je suis parce que Dieu Est.
 L’attente est nos pas une attitude, mais un état d’être physique, psychique, intellectuel qui rend l’homme spirituel. La vue habituellement convergente des choses du monde devient une vision divergente qui donne une perception d’ensemble. Là, amour et connaissance se rejoignent.

16/05/2020

Le monde et Dieu

Comment ne pas se sentir petit devant ce monde à aimer et ce Dieu qui ne demande que notre amour.

Une vie ne suffit pas pour apprendre à aimer le monde, mais dans le même temps elle ne suffit pas pour s’emplir de la déité.

Pourtant elle ne nous demande pas un choix. Elle veut l’un et l’autre. Sans doute parce qu’ils sont liés. On ne peut aimer pleinement le monde que grâce à l’amour porté à Dieu.

08/05/2020

Prière

Prier, ce n'est pas penser à Dieu,

ni même demander quelque chose à Dieu.

C'est vivre de Dieu,

c'est exulter Dieu.

19/04/2020

La déité

Il y a deux façons de se représenter la déité.

Dieu est un point pour celui qui le voit extérieur à lui parce qu’il ne l’a pas découvert. En fait, ce point c’est soi-même que l’on ne peut trouver parce qu’on ne le cherche pas vraiment.

Le point trouvé, on débouche sur l’infini. Mais dans cet infini, Dieu reste encore un point, bien qu’il soit tous les points de l’infini. Insaisissable, il est partout, mais est aussi autre et ailleurs.

 

12/04/2020

Résurrection

Le Christ est ressuscité !
Le poids du monde s’en est allé
L’esprit dépasse la pesanteur
Chaque atome devient poussière
Et promesse d’éternité…

En un instant, le monde se reconstruit
Et toi, comme un homme ivre
Tu contemplec la danse de la vie
Et te laisses lier par ta conviction
Il est la résurrection et la vie…

L’univers s’engendre à chaque instant
Dans le tourbillon de la vie et de la mort
L’esprit t’engendre au-delà de l’existence
D’un moment privilégié et unique pour tous
La vie humaine devient vie divine…

©  Loup Francart

10/04/2020

La connaissance

 

La connaissance, c'est connaître son ignorance et la vouloir.

 

06/04/2020

Chercher ou non ?

Plus on cherche Dieu, moins on le trouve. Mais si on ne cherche pas, on ne le trouve pas.

Dieu ne se cherche pas, ne se trouve pas. Il Est. Il vient quand il veut et l’homme ne peut rien y faire, sinon se persuader qu’il n’est rien et ne peut rien.

29/03/2020

Vie collective

Vie collective, une plaisanterie subie : Chaque homme, seul, au milieu de tous. Et chacun se referme sur son monde comme un enfant abandonné.

Trouver l’amour au-delà des visages.

28/02/2020

Jugement

Ne me demandez pas de régler  vos affaires.

 

S’abstenir de tout jugement, car l’amour est au-delà du jugement.

De fait, juger un homme ne peut le changer. C’est en prenant conscience qu’il est aimé malgré ses défauts qu’il changera de lui-même.

20/02/2020

La vérité

- Qu’est-ce que la vérité ?

- Le contraire du mensonge, dirait un enfant.

Si notre vie n’était pas mensonge, nous connaîtrions la vérité et serions vrais.

Il faut bien prendre conscience que si je mens aux autres, c’est parce que, plus intimement, je me mens à moi-même.

 

01/02/2020

Intériorité... Notre liberté

Le plus souvent, l’homme vit à l’extérieur de lui-même. Mais dans le même temps, il est incapable de se voir de l’extérieur, son moi le préoccupe trop. Alors, où est-il ?

Il convient tout d’abord de se poser la question du « Qui suis-je ? ». C’est le premier pas vers une réflexion qui se cherche. Distinguer le Moi, tourné vers l’extérieur, du Soi faisant émerger son intérieur. La frontière est certes floue, surtout dès l’instant où l’on tente de la définir. Un pas, je suis le Moi. Un autre pas, je plonge dans le vide et je deviens le Soi. Entre les deux, un blanc sans couleurs, une absence de sol, une chute mystérieuse impossible à définir parce que la plupart du temps sans qualificatif rationnel.

C’est le mystère de l’homme, l’approche de sa part de divinité, l’absence de lui-même qui est plus que lui-même. Comme l’énonce Maurice Zundel, (Hymne à la joie, Association des amis de Maurice Zundel, 1987) « Dieu ne peut nous toucher autrement qu’en suscitant notre intériorité, qu’en faisant murir notre liberté, parce qu’Il est ce qu’Il est : un pur dedans. »

09/01/2020

Impossible

Tout est impossible, même la possibilité de concevoir l’impossible. Le possible n’est qu’une illusion qui aide à porter le poids de la vie.

Encore plus impossible est de monter au-delà du tout et du rien, au-delà de l’impossible. Le concevoir même dans la totalité de son être est impossible.

 

31/12/2019

Où mettre son bonheur ?

Injurie-toi, injurie-toi, ô mon âme ! Tu n’auras plus l’occasion de t’honorer toi-même. Brève, en effet, est la vie pour chacun. La tienne est presque achevée, et tu n’as pas de respect pour toi-même, car tu mets ton bonheur dans les âmes des autres.

Marc-Aurèle, pensées pour moi-même, 1963, Grenier-Frères, Paris, p.45

 

 

Car tu mets ton bonheur dans les âmes des autres…

On peut très certainement s’attacher au bonheur des autres. C’est même une preuve de sagesse.

Mais ce que Marc-Aurèle explicite est plus profond et plus difficile à réaliser : ne pas mettre son bonheur dans ce que pensent les autres de soi-même. C’est-à-dire être libre de toute opinion sur soi-même venant d’autrui.

Et par retournement, se rendre libre de toute opinion de soi-même sur les autres. Alors commence la vraie liberté.

 

28/12/2019

Le mal comme le bien

Le mal pour le mal : voilà qui est contraire à la nature humaine. Grâce au progrès de la psychanalyse, on considère maintenant ce fait comme une maladie, une tare du cerveau. Sans doute est-ce bien le cas : désir de domination exacerbé jusqu’au sadisme physique ou moral. Il est des êtres pour qui l’amour est un mot qui n’a pas de signification, mais ces êtres sont malades.

Le mal fait pour l’amour d’un être, d’une idée ou d’une chose est naturel et inscrit dans la nature humaine. Le mal pour le mal est une anomalie psychique.

Mais ne peut-on pas dire l’inverse ? Le bien pour le bien peut également sembler contraire à la nature humaine. L’homme ne cherche qu’une chose : le bien pour son moi. C’est le moi qui emprisonne l’homme dans sa nature humaine. Sort de ton moi et le bien te semblera naturel ! Alors, tu seras délivré.

25/12/2019

Noël et liturgie

C’était un dimanche. J’avais quinze ans. Ce jour-là, j’entrais au Val de Grâce pour assister à la messe. Seul, contrairement aux habitudes familiales, peut-être pour y échapper. Dans cette chapelle, en une heure qui me parut cinq minutes, je fis l’expérience du mystère : mystère de la liturgie intérieure, mystère de l’embrasement cosmique, découverte intime de l’Esprit au-delà de la fine pointe de l’âme. Cette heure fut pour moi une des grandes expériences spirituelles que chaque être fait dans sa vie, consciemment ou non. Expérience qui donne la perception de l’infinie valeur que chaque homme a aux yeux de Dieu ; expérience qui, en même temps, permet de saisir notre pauvreté et petitesse, quand manque en nous le souffle décapant de l’Esprit.

Ensuite, les chemins de la vie m’égarèrent vers d’autres directions, m’enracinèrent dans d’autres ambitions. Le monde resserre ses doigts sur ceux qui doivent trouver leur place dans la vie active. Il presse ceux qui se concentrent sur le visible en oubliant l’invisible. Même lorsque l’infini se dévoile de nouveau au détour d’un sentier, ceux-ci poursuivent leur chemin sans lever les yeux. Et pourtant, toujours au fond de mon être, cette aspiration intense, cette espérance lancinante d’une beauté ineffable qui nettoie, qui purifie, qui éclaire le regard dans les larmes de l’émerveillement. Attente rarement comblée par les liturgies vécues au fil des déménagements, liturgies tristes où le visible fait semblant et d’où l’invisible a disparu. La liturgie terrestre n’est l’écho de l’éternelle liturgie céleste que lorsque louange et beauté ouvrent le voile de l’humain et font percevoir le vrai. La beauté manifeste la splendeur du vrai (Platon), le rayonnement de cet infini qui travaille l’âme et l’ouvre à l’Esprit.

            Malgré l’avertissement visionnaire de Dostoïevski (la beauté sauvera le monde), notre siècle a longtemps pensé que la science sauverait le monde et donnerait un sens à la vie humaine. Pourtant, notre société étouffe du manque de sens. Elle le cherche dans le bruit et la fureur des spectacles, dans les combinaisons rationnelles de l’informatique, dans l’exaltation de l’aventure aux extrêmes, elle ne le trouve pas dans le discours « politiquement correct » de nombreux responsables, dans l’aride réalisme des courbes économiques ou dans la fraternité sur commande des cérémonies religieuses ou civiques. Elle aspire au feu divin sans oser le nommer. Cependant, la science, comme auparavant la théologie spirituelle, a mis en évidence ce « nuage d’inconnaissance » au-delà de la connaissance et a fait des vrais savants les êtres les moins dogmatiques qui soient parce qu’ils communient avec l’infinie beauté du mystère de l’univers. Il nous appartient, dès maintenant, d’œuvrer ensemble pour que ce XXI° siècle naissant soit spirituel, pour que l’essence même de la religion se dévoile au-delà de ses manifestations visibles, pour que l’être humain devienne liturgie vivante, c’est-à-dire prenne part à l’œuvre de Dieu.

C’est une aventure difficile. Elle constitue l’enjeu des vingt cinq prochaines années. Elle est difficile, car il faut affronter l’inertie et la pesanteur d’une intelligentsia au pouvoir dont l’autorité se fonde sur un consensus de circonstance. Elle est enivrante parce qu’elle oblige à dépasser le vieil homme, à puiser son énergie dans le souffle de l’Esprit. Elle est visionnaire, car elle croit à la capacité pour chaque homme de s’accomplir au-delà d’un accroissement du quotient intellectuel ou d’un formalisme religieux et moralisant.

Expression essentielle du christianisme, renouvelant sans cesse le don du Christ, la liturgie devrait constituer le fondement de notre sens de la vie. Puisant aux sources même de notre être, elle existe pour nous renouveler, nous faire passer du vieil homme à l’homme nouveau, nous faire pénétrer dans le royaume auquel nous aspirons. « Seigneur, je crie vers toi », chante le psalmiste, et la réponse se trouve dans le cantique des cantiques : « Lève-toi, ma bien aimée, viens ! »

23/12/2019

Liberté

On ne peut mourir à soi-même sans avoir découvert le lieu où le moi n’est plus. Le moi ne peut se combattre lui-même. Pour le combattre, il faut être dans l’autre lieu, celui où la lumière remplace l’obscurité du moi, celui où l’unique remplace le flot des sollicitations.

Mourir à soi-même, c’est vivre dans le centre d’où tout part, cette vibration constante de chaleur et de lumière qui donne la transparence de l’être. Ce n’est que par une constante attention portée à cette source qui se trouve au plus profond de nous que se réalise la vraie vie, celle où l’homme, oubliant son moi, est totalement libre.

19/12/2019

L'habitude

S’éveiller, passer le trou de l’aiguille, c’est aussi ne plus avoir d’habitudes. C’est l’habitude qui peu à peu voile la réalité. Le monde extérieur et les êtres changent en permanence. L’habitude immobilise notre perception du monde extérieur et crée un décalage, car elle développe le moi.

Rompre avec les habitudes, c’est accepter le changement permanent, c’est voir à chaque instant avec un œil vierge et sans mémoire. C’est l’innocence de l’enfant, du nouveau-né.

12/12/2019

Renoncement à soi

Le renoncement à soi consiste à placer l’action avant l’idée. Le vide étant comblé par l’amour de l’univers, d’autrui et de Dieu, l’action ne peut être orientée que vers le bien. Si l’idée vient avant l’action, celle-ci  n’est qu’une imitation, une imposition de l’idée. L’action est alors l’esclave de l’idée et n’est qu’idéalisation qui est la drogue de notre temps.

Gide avait bien analysé cet esclavage de l’action par l’idée, mais sa solution de l’acte gratuit est fausse et mène à un idéalisme encore plus dangereux, car l’acte gratuit ne peut être vrai que dans le renoncement à soi. Un acte gratuit en vue de la possession de son être réel ne peut être que destructeur et nuisible, car il est uniquement tourné vers le sujet qui le pratique et est une manifestation exclusive du moi. La définition gidienne de l’acte gratuit est d’être un acte qui n’a pas de raison d’être (c’est-à-dire non soumis au principe de causalité). Malheureusement, il y a toujours une raison d’être qui est celle de ne pas en avoir. Il s’ensuit que l’acte gratuit n’est pas une preuve de notre liberté, mais plutôt de notre asservissement à nous-mêmes.

L’acte gratuit n’est dans la vérité que par le renoncement à soi. Il est l’acte gratuit au vrai sens du terme, c’est-à-dire un acte fait de reconnaissance à Dieu.

03/12/2019

Le silence de l'âme

Celui qui sait ne parle pas
Celui qui parle ne sait pas
Lao Tseu

La connaissance suprême accessible à l’homme est une connaissance qui vient de l’âme. L’homme qui possède cette connaissance s’aperçoit qu’il ne sait rien au sens de la connaissance intellectuelle. Il n’a donc rien à dire parce que ce qu’il sait est inexprimable avec les mots et parce que les autres ne le comprennent pas. C’est un vide comblé par la compréhension directe alors que la connaissance intellectuelle est un savoir dans le vide.

La connaissance de l’âme ne s’acquiert pas par la volonté, car l’effort de l’âme et un effort de passivité attentive. La volonté n’atteint pas l’âme, étant un phénomène actif et physique.

L’attention étant un phénomène passif, elle peut intéresser le corps, l’intellect et l’âme, car elle rejette toute distraction, tout conditionnement.

26/11/2019

Grâce

 

La grâce te conduit au-delà des contradictions.

 

20/11/2019

Religion et spiritualité

La religion est le politique, le social et l’économie de la spiritualité.

La religion est le corps, seule la spiritualité est l'âme.

Ne te laisse pas berner !

 

10/11/2019

Foi

Il y a trois formes de foi :

* la première est la foi pratique, celle du charbonnier. C’est la foi de celui qui croit parce qu’il désire croire sans avoir à se poser des questions. Elle établit un marché avec le monde divin : sauvé au prix d'un sacrifice.

* La deuxième est la foi logique, étayée par la théologie et un raisonnement intellectuel. Elle n’est pas forcément meilleure que la première et s'attache aux preuves de l'existence de Dieu. Là aussi l'amour n'est pas don.

* La troisième est la foi mystique. Elle est exigeante, car c’est la foi du renoncement et de l'amour.

Renoncer, oui, non par ignorance, non par connaissance, mais accepter le nuage d'inconnaissance et se laisser bercer.

27/10/2019

Habitude

 

Le monde vit d’habitudes.
Il a pris l’habitude de l’habitude.
Toi, tu dois désapprendre l’habitude !
Jette-toi dans le chaos de l’existence
sans y chercher le renoncement de l’habitude.

 

14/10/2019

Passions et détachement

 

Les passions sont cause de la fugacité du temps.

Sans passion, une heure pourrait être une minute ou un jour,

Mais cela suppose le détachement face aux événements et à leur contexte.

 

 

11/10/2019

Notre Père

 


L'enregistrement mériterait une meilleure prise de son, mais, malgré tout, la beauté reste là, présente, et envahie l'être.

09/10/2019

Sens cosmique

 

Le sens cosmique, c’est le sens de l’affinité des éléments entre eux et par Dieu.

C’est le sens de l’amour universel à travers l’amour des particuliers.