Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/09/2021

Boléro

Elle sortit par la porte de derrière
Elle ne voulait pas paraître vierge
Elle ne portait qu’un boléro
Laissant la peau nue et blanche
Elle se sentit prise par le bras
Qui donc voudrait la retenir
Dans l’enfer de la musique béante
Et lui forcer la main et les pieds
À danser sans cesse la polka
Derrière un bar louche et étroit
Il l’entraîna avec douceur
Lui caressant le bras dénudé
Elle fit un faux pas, riant
Et le regarda, gouailleuse
Remarquant son soudain intérêt
Et ses mains mobiles et moites
Elle avança encore d’un pas
Et tomba dans le piège grossier
Que sont doux ces bras velus
Fort comme un turc, dit-il
Oui, mais les Turcs n’ont plus
De domicile fixe et cherchent
La pièce où s’étend et dormir
Alors elle entrouvrit son corsage
Et lui montra l’ombre de ses seins
Qui flottaient entre le tissu
Elle lui prit la tête et le plaça
Comme un trophée
Entre les deux mamelons
Elle ria aux éclats, 
Puis se laissa prendre au jeu
Des plaisirs défendus
Rien pourtant ne la disposait
À devenir femme un soir d’automne

26/09/2021

Le renard et la belette

Le regard emporté du renard
Se porta sur la belette maligne
Qu’est donc cet animal si mouvant ?
Il haussa la tête, humant l’air 
Bien camouflé, avança prudemment 
Qu’est donc cet être mobile 
Qui danse de mille pattes 
Et chante à la lune sa gaité ?
Son œil prudent s’humecta 
La belette virevolte et s’amuse
Des mille précautions du renard
Qui ne voit qu’elle le voit
Elle disparut de la vue acerbe
Du tas de poils orangé et puant
Et se découvrit rayonnante
A quelques pas du curieux
« Qui donc, Monsieur, observez-vous
De cet œil plein d’appétit 
Ne serait-ce pas la conjoncture
De ma présence pleine et entière ? »
Retourné et surpris, le renard
N’osa saisir l’animal opportun
Alors celui-ci le prit par le cou
Lui passa la patte dans le dos
Et lui dit chaleureusement :
« C’est fini, amusons-nous
C’est plus qu’une opportunité
Cela devient une nécessité ! »
Depuis, dans plaine dénudée
Le renard et la belette
Égayent leurs amis, contant
Des faits inimaginables :
« La joie est le meilleur de l’être »

21/09/2021

xx (symphonie nippone : photos Gildas de La Monneraye)

 

© gildas de la monneraye - Symphonie Nippone - 0 - 4.jpeg

Derrière une apparente modernité 
Le Japon cultive ses traditions ancestrales
Tout d’abord, la terre nourricière
Qui encercle les immeubles citadins

Elle incite à la purification
Mais cernée par l’appel au changement
Elle perd son apaisant pouvoir
Malgré sa force naturelle et son humilité

L’homme penché sur la terre
Respirant la sagesse du temps
Contemple l’herbe et l’immensité
Purifié par l’eau et les ablutions

Puis, montant vers les cieux, la pierre ferme et solide
Érection de la volonté moderniste
Encerclant l’horizontal, envahissant
L’homme debout jusqu’à l’abaissement

Ainsi la lutte entre le Moi et le Soi
Règle la vie et la mort des Japonais
Une obsession : Comment trouver sa place
Dans un monde si mobile et si personnalisé ?

© gildas de la monneraye - Symphonie Nippone - 11.jpeg

20/09/2021

Voyage imaginaire

Nuit… Nue comme un courant d’air
Elle sortit du lit, fleur égarée
Et courut en tremblant
S’abriter sous les cris des enfants

Elle avait lu ces contes fantaisistes
Où l’âne devient roi et le roi maudit
Le noir lui avait porté conseil
Elle tentait une nouvelle approche

Comment se donner sans fard
Et dire aux sujets du royaume
Vous êtes le sel de la terre
Et les fleurs du ciel étoilé

Elle pleura longtemps son corps
Devenu solitaire et esseulé
Elle n’avait pas connu ce délabrement
Depuis les jours sans désir

Elle comprit alors l’engagement
Des consacrées dans l’absence
D’une vie sans poids ni mesure
Baignant dans la félicité

Où poursuit-elle maintenant et dans l’avenir
Le cœur transparent de lumière
Reposée, assagie et vierge
D’un bonheur d’infinitude 

19/09/2021

Equitation (poème)

Equitation camille_carier_bergeron_acoeur.jpg

Camille Carier Bergeron et Acoeur/crédit photo Claude Ménard
 

podcast

18/09/2021

Perdue

Le retour des petits pains sans levain
Qui prennent l’autoroute sans péage
Ils vont ensemble ou chacun de leur côté
Aboyer contre ceux qui sautent et courent
Lui, là, qu’est-il à vouloir pondre un œuf
Au pied de la porte du paradis perdu
Dorénavant, les ombres sont à la lumière
Et le chat attrape la neige qui tombe
D’un ciel blond, tenace et ambigu
Quelle histoire que cette fille sans fard
Qui plonge sans vergogne dans un bain
Et mord ses genoux verts et asséchés
Rien n’est plus vrai que l’oiseau voleur
Chantant à voix haute son malheur
Sans pleurer un instant dans sa manche
Va, cours après elle et rattrape-la
Elle peut t’échapper et te mordre
Sans jamais oublier de boire le sang

16/09/2021

Existence

Que veut-il, l’homme sans corps ?
Il a traversé les ans sans voir les années
Il n’était pas là, on ne le voyait pas
Il méditait sur le monde sans relief

L’horizon plane, une feuille blanche
Un rien vêtu d’absence, sans volonté
Il rayonnait d’obscurité, de froid
Et clignait de ses yeux vides

Les gens passaient sans le voir
Peut-être ressentaient-ils un frisson
Qui secouait leur dos velu
Mais personne ne se plaignait

Ne sachant d’où venait cette sensation
Étrange est-elle, avançant sans bruit
Fermée sur elle-même, tel un courant d’air
Pleurant sur le rien qu’elle est
Espérant simplement, qu’un jour
Elle jouira d’une existence libre

14/09/2021

Le voile

Tu es là, derrière le voile
Il n’y a ni passé ni avenir
Le présent existe-t-il ? 
Je ne sais. Et pourtant tu es !

Au-delà de l’être
Se cache le non-être 
Qu’est-il ?

Sans question, y a-t-il une réponse ?
Le palpable est-il réponse ?
L’imaginaire n’est pas 
Et pourtant, en toi, il est vérité

Dans ton intériorité
Au plus profond de toi-même
Tu fouilles encore jusqu’à la lie
Qui jaillira un jour prochain

Jour de liesse et magnificence
Tout sera dévoilé
Et tu t’envoleras, léger
Dans un monde sans voile

12/09/2021

Lui

Cela la travaille sans cesse :
Où se trouve l’homme qui la connait ?
Il existe pourtant, il lui est apparu un jour
Et elle n’oublie plus rien 

C’était sans doute un rêve
Une ombre délaissée
Un filet d’air subtil
Comme un souvenir déjà présent

Puis cela a déclenché une tempête
Le rose aux joues, les larmes aux yeux
Le tremblement des mains, 
Jusqu’à l’anéantissement de l’être

Où est-il l’homme chéri
Celui qui me donne la vie
Je rêve à son image
Et m’envole vers l’au-delà 

11/09/2021

Une idée

L’univers ne serait-il qu’une idée ?
Pourrait-il n’être qu’un fétu 
Né ou rejeté dans la tête de Dieu,
Une simple idée sans consistance ? 

C’est un lieu où le temps ne s’écoule pas
C’est un lieu où l’espace est si réduit
Qu’il en devient introuvable
C’est un lieu sans objet : imaginaire !

Et pourtant ce lieu est et existe
On l’appelle « singularité initiale »
Il est le zéro absolu de l’espace et du temps
L’infini dans l’absence d’être !

Alors Dieu serait-il inexistant ?
Pourquoi chercher ce qui n’existe pas ?
On peut aussi penser, autre hypothèse
Dieu est tout, mais ce n’est qu’une idée 

Pourtant je suis puisque je pense
Mais je ne pense que dans ma boite
Y a-t-il une pensée au-dehors
Un univers sans existence ni consistance ?

Ludmina, la femme de rêve
Se révèle par son absence
Elle met au monde l’enfant
Sans que rien ne la désigne

Et depuis chaque seconde engendre les événements
Qui font de nous des êtres vivants
Vivants du rien, engendrés par personne
Marchant vers l’inexistence
Sous le regard d’un Dieu qui seul est

09/09/2021

Média

Vois l’ombre de ton arrogance
Qui perdure au-delà de ta présence
Tu te perds dans l’ignorance
Et ne connais plus la brillance 

Glisse sur l’image
Quel étrange voyage !
Caché sous les feuillages
Tu trace ton sillage 

Enfin vint le temps
D’un étrange étirement 
Où croises-tu l’océan
Sans voir un pénitent ?

Mort et disparu
Tu erres, incongru
Et empruntes la rue
Dont le passage est défendu

Adieu, le beau songe
Qui, d’un regard s’allonge
Et qui, encore, prolonge
Une impression de mensonge !

08/09/2021

Le pays des rêves

Toi-même, reprise du mal

Mal de vivre ou mal d’être
Cela t’arrive vers trois heures
Lorsque la nuit s’ouvre
Et te berce de sommeil ralenti

Alors, dans la quiétude
Du ralentissement précoce
Les vieux démons rejaillissent
Qu’es-tu toi-même ?

Prise au piège de ton humanité
Tu erres dans le noir de ton corps
Tu palpes ton cœur de pierre
Et tousses sèchement
De vagues brins de folie
Qui s’épanouissent autour de toi
Comme les fleurs des champs

Réveille-toi, réveille-toi
Ne laisse pas la vie
S’emparer de toi-même
Et emporter le meilleur

Redresse-toi, relève-toi
Et va, libre comme le vent
Qui souffle où il veut
Au pays des rêves et de l’amour

07/09/2021

Moi et Toi

Tu es la beauté profonde
Celles des paysages inconnus
Qui glace l’air ambiant 
Et dénature l’habitude

Certes, tu existes encore
Et t'épanouis dans la vie
Mais tu es aussi le songe
De toujours et d’un jour

Ton regard s’en va
Il se perd dans la brume
Au loin derrière la vision
Ouvert sur l’inconnu

Tu ne sais toi-même
Où il part et se perd
Vois-tu même quelque chose
Oui, l’espoir de l’osmose

Deux qui ne font qu’Un 
Un qui est hors du temps
Deux qui vivent en Un
Un sans être deux…

06/09/2021

Toi et moi

Toi, serait-ce toi ?
Es-tu celui qui vient 
Au long de nuits sans fin ?
Où se trouve donc ce moi ?

Tu le cherches dans tes poches
Et ne trouve que le vide
Tu n’es pourtant qu’un fantoche
Et ne peut rester impavide

Alors soulevant ta paupière
Tu regardes ton œuvre
Et ne vois que l’écuyère
Hors de toute manœuvre 

Rien n’existe donc, hormis toi
Et encore qu’es-tu toi-même
Sans ce brin de foi
Existerait-il lui-même ?

Il a vécu, et toi ?
La tête pleine d’absence
Tu cherches le soi
Sans magnificence

Baisse les yeux
Ouvre ton cœur 
Écoute les sons mélodieux
Et avance sans peur

26/08/2021

Attente

L’attente d’un fait connu est une épreuve
L’attente de l’inconnu te rend de glace
La première te plonge dans un fleuve
Malgré toi, la seconde te laisse en place

Attente, un horizon inatteignable
À ceux qui sont dans l’expectative
D’une nouvelle impitoyable
Qui restera pour toujours interrogative

Rien n’est moins explicite
Qu’une attente tacite
Qui endort la compréhension

Rien n’est plus implicite
Que les prévisions illicites
Pour qui court vers l’abnégation

23/08/2021

Le monde

Le vide est-il néant ?
Le néant existe-t-il ?
Sûrement pas.
Ce n’est qu’un mot sans consistance
Et sans le moindre bout de matière

Le néant n’est rien
On ne peut qu’énoncer sa non-existence
Le vide est un tout, petit certes 
Qui existe par son absence de matière

Je suis, et toi, es-tu ?
Tu n’es que parce que tu me vois
Mais moi, je ne me vois pas
Alors, je ne suis rien, un néant

Il m’arrive de passer devant une glace
Je vois un être sans consistance
Un long fil sans fin et sans membres
Qui divague dans l’air et la rosée

Le néant est-il vide.
Le vide est-il néant ?
Je ne sais plus
Rien ne va en ce bas monde

 

18/08/2021

Exposition à Sainte Suzanne les 1", 14 et 15 août

 

IMG_4642.JPG

 

IMG_4650.JPG

 

IMG_4651.JPG

 

IMG_4654.JPG

 

IMG_4696.JPG

un moulin ouvert

le noir des gouffres dans les yeux

le silence des poètes

14/08/2021

C'est aujourd'hui !

C'était hier, c'est aujourd'hui et ce sera demain.

21-08-15 essais aff Expo.jpg

Laisse résonner en toi le monde

Laisse venir du fond de tes entrailles

Les bruits délicieux de l’immensité

Écoute, les yeux fermés et les oreilles closes

Les paroles de la nuit ouverte

07/08/2021

Errance 6

 

C’est fini, les filets de ton être sont engourdis
Laisse-toi aller vers cet être profond 
Qui ne se lasse pas de te déborder
Les yeux tournés vers la lumière
Ne soit plus pour être celui qui a toujours été !

 

06/08/2021

Errance 5

 

Lorsqu’il apparaît, plus rien n’existe
Ni la terre ni le ciel, ni même ce moi
Dans lequel tu te réfugies
Fuis loin de toi, cours à l’horizon
Et vaque à tes occupations
Soulagé de tes préoccupations !

 

05/08/2021

Errance 4

 

Quelle musique nous chantez-vous là ?
Est-ce vivre que de s’enfermer en soi
Tu meurs de ne plus t’entendre
Et de ne pouvoir être monde toi-même
Vis ta vie et chante sur les toits
Que rien ne s’oppose plus à toi
Pour profiter pleinement de ton être !

 

 

 

04/08/2021

Errance 3

Ah ? qu’il est bon de marcher dans la boue
De boire l’eau dans le creux des chemins
De se voir à la surface des mares
D’errer dans la forêt l’après-midi 
Et de rentrer le soir, les jambes lourdes
D’avoir trop couru après les papillons
Ou crié du haut de la montagne
Ou écouté l’écho de sa voix
Alors… Vivons encore quelques heures poétiques 
Dans ce monde si vivant !

03/08/2021

Errance 2

Écoute ton intuition d’un cœur d’enfant
Laisse aller en toi tes élans et tes pleurs
Regarde voler les pigeons et tes rêves
Et ris de bon cœur aux signes de l’inconnu
Brise cette frontière qui t’empêche d’être

02/08/2021

Errance 1

Ce soir, nous marchons sur la lune
Comme Tintin et Milou, nous entrons
Dans un nouveau monde
Celui des rêves pour les uns
Celui de la folie des hommes pour d’autres
Celui du monde véritable pour quelques-uns
Mais au lieu de quitter celui-ci
Laissons-nous bercer par l’écho
De la poésie et embarquer sur le vaisseau
D’une réalité implacable
Celle du destin de l’homme

 

01/08/2021

Exposition de peinture du 13 au 15 août et après-midi poétique le 14 août 2021

 

21-08-15 essais aff Expo.jpg

« Au cours de l’après-midi poétique, on tentera de comprendre comment l’homme face à lui-même, s’interroge sur son être en laissant résonner en lui le monde et façonne ainsi son destin pour saisir l’inexprimable dans le vol d’oiseau, la grâce d’une danse, la joie d’une rencontre, bref dans le retournement de circonstances habituellement banales, mais qui claquent comme un fouet sur la tête. Une poésie riante où émotions, convictions, explications, réflexions et beaucoup d’exclamations permettre à chacun s’y trouver son compte. »

 

Gilles Raab et Loup Francart déclameront les poèmes,  accompagnés à la guitare par Patricio Cadena Perez, interprète  et compositeur, et soutenus par Dimitri Francart, baladin. »

 

 

 

 

 

29/07/2021

Le lieu du moi (10)

10-    Ah ! Sentir la vie couler en toi
Implorer la goutte d’eau de nourrir ton corps
Broyer le pain de tes dents saines
Et attendre béatement les effets
De ton inaction dans l’agitation du monde
Ne plus laisser partir de toi-même
Les bienfaits de l’inappétence
Et te retrouver nu devant l’autre
Mais invincible à son regard
Seul sous la prunelle bienveillante
D’un destin inoubliable
D’un inconnu qui te berce de bonheur
Et qui s’avère à l’origine
D’une destinée perdue pour l’autre

Es-tu encore quelqu’un ?
As-tu une existence auprès des autres ?
Sous ton toit pentu rêves-tu encore
À l’existence que tu menais auparavant 
Plus rien de tout cela n’est
Tout se résume à un tas de poussière fine
Le long d’une porte à moitié ouverte
Qu’une souris enchantée
Peut goûter du bout des lèvres
En s’extasiant devant ses congénères
De la qualité de sa finesse
Ainsi va ton destin réduit au minimum
Avant le grand plongeon final
Dans les portes de l’existence

28/07/2021

Le lieu du moi (9)

9-    Délivré, tu es délivré de la vie
De cette vie où tu cours après toi-même
Le couvercle de ton moi n’est plus
Tu es sorti du tunnel étroit et enserrant 
Enfin tu respires l’air pur des montagnes
Et te fais de ta pauvreté une parure
Mais attention cette prise de conscience
N’est pas sans danger ni pièges
Tu ne peux regarder devant toi
Seulement sur les côtés, les yeux plissés
Comme un aveugle en goguette 
Distrait des attirances mirifiques
D’un soleil trop tôt levé
Modère-toi, fuis le spectacle de ta jeunesse
Sois inébranlable et transparent

Alors du bout de ta solitude 
La poitrine dénudée et sereine
Tu goutes le gouffre de ton être
Et l’immensité de ton existence
Chaque jour tu nettoies ton enveloppe
Tu n’es rien et tu es tout 
N’agis plus, laisse-toi aller
Laisse faire celui qui te berce
Hérisse tes poils de velours
Caresse ta manche de lustrine
Et travaille sans cesse à ton accomplissement
Sans jamais penser à lui
L’être se gonfle d’importance et ne sait pourquoi
Oui, la vie est ainsi faite, émerveille-toi
Et va les mains vides vers ta destinée

 

27/07/2021

Le lieu du moi (8)

8-    Et, non seulement, toi-même n’es rien
Mais tu vois également que les autres 
Ne sont pas ce que tu croyais qu’ils sont
Tu découvres la surprise de savoir
Ce qu’est réellement l’autre
Comme si des lunettes te donnaient
Une vue ajustée et correcte
Un courant d’air est passé par là
Enfin tu vois la réalité des vies !

L’innocent se tient devant toi
Et se montre dans toute sa puissance
D’être en devenir et en action
Silencieux et paisible
L’important n’est qu’une baudruche
Qui fait briller ses fanfreluches
Sans avancer sur le chemin de la vie
Transparent, tu avances vers la lumière
Sans toutefois pouvoir la toucher
Elle éclaire ta route, sans te dire
Où tu peux mettre les pieds
Les yeux ouverts sur ton destin
Tu avances malgré toi
Et perds de ta consistance
Pour flotter, inconnu
Parmi les vivants et les morts

25/07/2021

Le lieu du moi (7)

7-    Alors, que me reste-t-il ?
Je m’assieds au pied d’un arbre
Je tourne mon regard vers moi-même
Et ne vois plus que le blanc des yeux
Marchant vers un lointain avenir
Que je ne connais pas ou peu
Avance encore plus loin dans le lointain
Et quitte ta robe d’interrogation
Marche sans vergogne et va sans crainte
Tes pieds te porteront vers l’inconnu

Entre en toi-même et veille
Sans un regard en arrière
Calme ton impatience
Et va serein vers d’autres paysages
Où l’intérieur est l’extérieur
D’un monde inconnu
Pourtant rien n’a changé en toi
Tu t’es allégé et retourné
L’envers devient l’endroit
L’endroit est derrière toi
Et tu laisses quelque part
Une part de toi-même
Soulagé, tu deviens plus léger
Et monte sur le nuage rosé
Qui sent l’ignorance sereine
Qu’es-tu, toi qui n’es rien ?

24/07/2021

Le lieu du moi (6)

6-    Et maintenant, que faire ?
Je n’ai rien, plus rien, qui me satisfasse 
J’erre sans peine dans le brouillard
Regardant encore les demoiselles
Avec leurs robes allongées
Je me promène, seul, dans les rues délaissées
Jetant un œil encourageant sur les devantures
Avançant vers la vie ouverte
Avides de bonheur ou d’outrages 

Je regarde les enfants déboutonnés
Se battre entre eux pour une cuisse de poulet  
J’ouvre une porte ou deux 
Sans savoir où aller
Je m’arrête au bistrot
Regardant les dames en chapeau
Et les hommes en chemise
Je vois les chiens dressés
L’œil aux aguets, la patte levée
Et j’entends dans le lointain
Le cri des femmes outragées
De s’être montrées sans beauté
Devant les êtres de lumière 
Et maintenant, que faire ?