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16/08/2022

Retour

Ils sont là, serrés les uns contre les autres
L’œil en voyage, égarés, fatigués, déconnectés
Plus rien ne les ferait bouger et repartir
Ils attendent, hagards, sans savoir quoi faire

Peu à peu, le temps se remet en route
Petit rire discret, recherche d’un livre déjà ouvert
Les trésors des jours précédents surgissent
Ramenés des lointaines contrées visitées

Cela se réveillent. Émergence de l’arrivée
La plus petite ouvre la bouche, béate
Le frère se moque et la regarde souriant
L’oiseau est passé, l’ange les recale

Ainsi l’arrivée prend son temps
Recalage des époques, saut dans l’inconnu
Franchir le fossé, rattraper les minutes
Et émerger dans ce monde nouveau 

Le retour des siens, 
Dans le salon
Émeut l’œil 
Et fait battre le cœur 

15/08/2022

Egarement

Elle est là cette pensée insolite
Comme un gaz inodore et tenace

Qu’aurais-je fait ? je ne sais pas
Mais les conséquences sont là

Rupture totale, coup de tonnerre
Qui suis-je ? Ce n’est pas possible 

Confit dans un saint aveuglement
J’ai laissé la proie pour la réalité

Suis-je ce rapace qui erre sans cesse
Pour satisfaire de faux besoins

Il l’ignore et n’a pas de souvenir
Mais quel égarement !
Est-ce possible ?

14/08/2022

Du rien naît le tout

Nos savants sont-ils réellement bien ?
Dernière recherche : du rien naît le tout
C’est-à-dire l’univers et… la vie
Le big-bang n’est qu’une étincelle
Faite à partir de zéro, c’est-à-dire rien
Est-ce possible ?
Le zéro, c’est-à-dire l’absence
Engendre la présence à partir de rien

Du rien naît le tout, c’est-à-dire le chiffre
Et plus particulièrement le Un
Mais le Un, qui l’a engendré ?
Aussi curieusement que cela paraisse
Nos savants n’ont trouvé que le Zéro
C’est-à-dire rien, rien de rien
Le zéro engendre l’infini
En passant par le Un

Oui, ils nous l’ont démontré :
Zéro à la puissance zéro
Est égal à Un
Et ce n’est pas une blague
C’est le big bang froid
Qui, par la magie des nombres
A engendre le big bang chaud
Et la totalité de l’univers
D’un grain d’information 
Naît un grain de matière
Puis l’infini de l’information
Puis le monde de matières

Ouf ! Est-ce vrai ?
Ce passage du Zéro au Un
Est-il dû au doigt de Dieu
Rappelant par-là l’image de Michel-Ange ?
Là intervient le temps imaginaire
Un temps non physique

Mon Dieu, que de pièges en ce bas-monde !

12/08/2022

Mort

Un monde figé, silencieux, sans âge
Il passe sous le chapiteau. Entrée…
Sûr de lui, il va même jusqu’à rire
Quelle délicatesse éperdue

La course toujours, éperdue    
Les pieds endoloris, la bouche pâteuse
Il voit et poursuit dans l’attente
Jusqu’au repos final, sans fin

Pleure l’homme déchu, étoilé
Pleure le compagnon de misère
Où est-il passé et que fait-il ?
Rien n’est plus pareil. Immobile

Ainsi il plonge dans l’extase
Il ouvre les yeux, regarde son visage
Expressif et envieux, mais mort
Poursuis ton chemin. Va plus loin…

… Attente du trou d’air…
Une si longue attente 

08/08/2022

Le monde tel qu'il est

Le monde tel qu’il est, qu’est-il ?
Une boule de vies grouillantes
Ou un désert sans mouvement
Le mouvement est-il même une preuve
D’existence d’un soi autre que le moi

Et d’abord, qu’en sait-tu toi 
Que le moi englobe de chair
Et qui se pavane parmi les autres
Jusqu’à ne plus ressembler
Qu’à un autre parmi les autres

Il traversa ces nuits comme un fantôme
Exclu du monde tel qu’il est
Il erra longuement parmi les spectres
Jusqu’à ce qu’il trouve la preuve
D’une existence entière
Derrière ces vies brisées

Il marche maintenant vers la fin
Elle vient au lointain, ivre d’ardeur
Et de passage sur le toit
Une autre coupure encore
Et la fin de l’exclusion
Plus d’époques ternes
Mais la brillance du soi
Et l’extinction du moi

Finie cette course effrénée
Les derniers fils s’évadent
Tu sors ton couteau
Et tranche d’un coup
Ce qui te retenait là
Où tu n’es plus
Et ne sera plus jamais

A bientôt…

07/08/2022

La famille

La famille disparait à tes yeux
Elle se contente de monter dans une voiture
De faire quelques signes de la main
De se cacher derrière les vitres de celle-ci
De rire en sous-main en levant le bras

Et puis, en instant, le train démarre
Le paysage file, certains n’attendent rien
Dans la douleur de l’absence qui prend corps
Il est seul face à lui-même sur le quai

Délivré ? Oui et non… Le sait-il ?
Il se voit avec eux, se tassant sur les sièges
Laissant l’inconnu l’envahir progressivement
Bercé par le martèlement des roues
Les yeux dans le vague du manque
Le cœur encore attaché à ceux-là
Qu’ils ont laissé sur le sol fuyant

Délivré ? Bienheureux ? Assoiffé de nouveauté ?
Il ne sait pas encore le mal qui s’insinue 
L’absence ne devient présence
Qu’en coupure instantanée 

Le passage sur les coupures du rail
Lui tient lieu de requiem
Ils sont bien partis
Et rien ne les fera revenir

06/08/2022

Retour

Ils sont là, serrés les uns contre les autres
L’œil en voyage, égarés, fatigués, déconnectés
Plus rien ne les ferait bouger et repartir
Ils attendent, hagards, sans savoir quoi faire

Peu à peu, le temps se remet en route
Petit rire discret, recherche d’un livre déjà ouvert
Les trésors des jours précédents surgissent
Ramenés des lointaines contrées visitées

Cela se réveillent. Émergence de l’arrivée
La plus petite ouvre la bouche, béate
Le frère se moque et la regarde souriant
L’oiseau est passé, l’ange les recale

Ainsi l’arrivée prend son temps
Recalage des époques, saut dans l’inconnu
Franchir le fossé, rattraper les minutes
Et émerger dans ce monde nouveau

Le retour des siens,
Dans le salon
Émeut l’œil
Et fait battre le cœur

05/08/2022

Le retour des âmes errantes

Quel retour ! Les âmes peinent et gémissent
Elles errent depuis des années, des siècles
Elles ne disent rien, n’ont rien qu’elles-mêmes
Et Dieu, dans tout cela, que fait-il ?

Elles arrivent, sans bruit, sans forfanterie
Le regard las, sur terre et dans les airs
On les voit de loin, elles sont ternes :
De la poussière et du sang, rouge

Où sont-elles allées, cet hiver, dans la lande
Elles gardent un air doucereux, alangui
Leurs besaces sont vides et molles
Plus rien ne donne fierté et magnificence 

Elles ont couru comme des folles, extasiées
Le rire aux lèvres, l’œil pétillant
Essoufflées de leur hardiesse, riantes
Quelle est belle la vie de la jeunesse
    
Mais en ont-elles conscience, les petites
L’âme réjouie, le cœur enturbanné
Elles crient de joie, s’époumonent
Et repartent en jacassant. Disparues…

04/08/2022

Rien et Tout

Suite à une panne due à la fibre, j'ai dû interrompre mes propos pendant une semaine. Je reprends en espérance que les lecteurs ne seront pas lassés. Bonne lecture.

 

Qu’es-tu toi qui n’es rien ?

Si tu n’es rien, tu n’es pas
A la question pas de réponse
La question ne peut d’ailleurs pas être posée
Car elle suppose une existence quelque part
L’existence d’un poids de paroles au moins
Qui fait vivre une question inutile
Puisqu’il n’y a rien derrière l’absence de plein

Tiens, qu’est-ce drôle ce plein qui rime avec rien
Mieux même, qui rime avec bien
Le bien va-t-il avec le rien
Ou est-il plein de tout ?

L’inverse est-il vrai ?
Est-il sien ce rien qui vient
 Et qui prend la place du bien
Ah, je n’y comprends rien
S’il n’y a rien, il n’y a qu’un trou
Et ce trou ne peut être le tout
Sinon il n’est rien de rien
Il est plein du tout
Qui fuit vers le bas
Et monte en haut en s’allégeant

Au fond, y a-t-il haut et bas ?
Il n’y a rien de plein 
Parce qu’il n’y a rien de vide

Le mot n’existe pas, d’où sort-il ?
Nous ne sommes qu’un rêve
Qui dure tant que les hommes
Continuerons à se croire vivants !

24/07/2022

Finitude

Efface-toi…
Que ta conscience descende en elle-même
Et s’amenuise en un centre
L’univers est ce point

La nuit, regarde le ciel d’été
Passe du voyageur palpable
Au vivant sans matière
Exhale ta vie matérielle

Anéantis-toi
Mais garde ton souffle de vie
Et ouvre ton être entier
Pour qu’il devienne

Devenir quoi ?
Ce point de conscience
Qui dévoile ton être
Et te fait tendre les bras

Un infime point de lumière
Un infini rayonnement
Le fini ultime de l’être
Une finitude libre de tout ce qui est

Chacun est l’être unique
Devenu libre par le souffle
Tu n’existes plus, tu es
Tu es l’univers et tu es là

Ici et maintenant
Rien ne te rattache
Le temps et l’espace
Et ce point devenu le tout

20/07/2022

Le chemin

Seigneur, qui sommes-nous ?

Est-il besoin de parler, d’écouter

Ou ne serait-ce que te regarder ?

Tu es le chemin, la vérité et la vie !

18/07/2022

Errance

Errance permanente de l’être

Que de contorsions et d’impasses

Un jeu de voitures tamponneuses

Derrière tout cela, le vide

Un blanc ou un noir gouffre

Dans lequel s’engloutit la misère

De l’homme absolu

Plus rien ne sera comme avant

Cet être devenu autre que lui-même

N’est plus. Et rien ne le remplace

S’efforcer d’être en étant plus

Il faut bien vivre et faire comme si

Mais où as-tu mal ?

15/07/2022

L'impasse

Est-ce possible ?
Il ne se reconnaît plus
Cela lui semble impossible
Il fouille dans sa mémoire 
Et ne recueille que le vide
Mieux, c’est un néant absolu

L’être est-il dorénavant ?
Il n’y a plus qu’un individu
Errant dans ses pensées
Sans trouver la sortie
Englué dans une vaine recherche

Il n’est plus. Il était
Et tout est mort en lui
Tout est mort dans ce présupposé
Qui raye de sa carte mentale
Un moment désespéré et abjecte

Non, ce n’est pas possible
Il existe surement une explication
Une raison logique à cet imbroglio
L’avancé, puis le trou
Rien devant, rien derrière
Et les côtés ne sont que des murs
Enfermé dans cet espace irréel
Il cherche en lui l’erreur
Et ne trouve que le vide et l’horreur

Une telle souffrance est-elle possible ?
Rien, un mur, vide, sans visage
Et la vie continue, imperturbablement
Deux personnages en quête d’écho
Qui ne peuvent se rencontrer 

La souffrance est l’écho du déchu
De la part de deux êtres
L’un souffre en silence
L’autre ne comprend pas ce qui est
Du moins le pense-t-il
Quelle est donc cette porte fermée
Qui est apparue soudainement
Et révèle l’inconnu ?

14/07/2022

Présence

Le divin est en nous
Il se cache, mais Il Est
Il est d’abord inconnu
Mais il te questionne
Dans tes impressions
Les événements étranges
Les prémonitions de l’enfance
C’est la vie à fleur de peau
Une liberté sauvage

Peu à peu, les impressions
Deviennent raisons
Qui me gratte ainsi les pieds
Jusqu’à me mettre en route
Et me contraindre à dire à tous
Il est là, l’immortel non vu
Il m’a caressé et enjôlé
Il m’a pris un jour
Et ne m’a plus lâché

Depuis j’erre et je cours
Derrière l’inconnu
Dont je sais l’existence
Mais dont j’ignore la présence
Si, parfois, entre deux portes
S’ouvre le gouffre du dissimulé
Que je finis par connaître
Sans toutefois pouvoir le toucher
Le humer, l’entendre
Il reste l’inconnu
Mais il est là, au creux de la main
Et me dit : 

« Viens, mais ne te presse pas 
Tu as encore à apprendre
Ne t’impatiente pas… »

11/07/2022

Le nom de Dieu

Seul Dieu n’a pas de nom
Il est et nous, nous existons
    
L’existence suppose naissance, vie et mort
Le Je Suis n’a pas d’histoire    
Dieu n’a ni commencement ni fin
Il est le temps, l’espace et la matière
Et bien d’autres choses encore
Nous, nous sommes le produit de l’existence
Nous nous nommons et portons un nom

Seul Dieu n’a pas de nom
Il est le nom de tous parce qu’il n’a pas de nom

 

10/07/2022

Réveil

Réveillé par des cris et des rires
Noir pourtant, nuit toujours
Juste une lueur violette ou verte
Qui change au fil de la respiration
Je dors pourtant dans mon lit
Je sens le drap sur mon corps
J’entends la respiration de la bien-aimée
Rien ne trouble la paix qui m’entoure

Ah, un cri, puis deux, puis trois
Et des lueurs sur le plafond
Un véritable arc-en-ciel
Les voix sont lentes, mais jaillissantes
Et percent le noir sans faille
Jusqu’au creux de l’oreille
Je suis réveillé, totalement
Les vibrations des cris
Me percent les tympans
Je finis par me lever

C’est bien vrai, ce sont eux
Il est une heure ou deux
Les corps se remuent sans relâche 
Plongeant dans le halo
Sortant des eaux flambant neufs
D’autre se reposent les flancs immergés
Riant à gorge déployée, innocents
Ne pensant qu’à s’amuser
Les cheveux collés aux visages
Sans froid ni loi, emplis d’eux-mêmes

Le rire est le propre de l’homme
Et de la jeunesse

la piscine dans la nuit...

09/07/2022

Pensée

Il le vit, marchant à petits pas menus
Appuyé sur son engin, roulant lentement
S’arrêtant toutes les dix foulées
Respirant par brefs à-coups

Surgit alors de ses pensées les mots
« Voici celui qu’il faut aider »
Mais comment faire, se dit-il
Le cœur gros, il poursuivit son chemin

05/07/2022

Culte

Dieu n’a pas de religion, dit Gandhi
Mais l’homme a besoin de solennité
Pour se rappeler la présence éternelle
Et vivre empli de l’Esprit du divin

Alors le monde apparaît dans sa vérité
Il est présent à chaque instant
Empli-toi de lumière et de paix
Et marche vers la fin comme un commencement

03/07/2022

Repos sans fin

Au bord de l’étendue bleue
L’œil levé sur les hauteurs
Le corps enfoui dans la pesanteur
Ils regardaient passer les demi-dieux

Les autres, les sans-faces, marchaient
Les yeux clos, fermés sur leur vision
Passant devant leurs frères et s’alarmaient
Par crainte de subtiles divisions

Oui, l’homme est ainsi fait
Qu’il espère toujours la contrition
Pour ceux pris sur les faits
Et rendus à la vie sans transition

Il est passé le temps des peines
Elle s’échappe de ses pensées
Et prescrit à toutes les hautaines
De ne plus jamais danser    

Plus rien ne sera comme avant
L’ombre s’efface devant le soleil
Ils resplendissent de bonheur extravagant    
Et tombent dans un large sommeil

02/07/2022

La tenacité

Tenace, est-il ?
Avec quelle opinion ou raisonnement ?

L’un saute à pieds joints 
Dans le piège tendu
L’autre s’insurge de la réaction
Sans explication.

Le silence n’est-il pas absence ?
Rien ne se révèle ou même n’apparaît
L’autre monde n’est pas là
Et le présent n’est plus

Entre deux, que choisir ?

Son regard le trahit
quand osera-t-il devenir transparent ?

01/07/2022

Nouveau jour

Première lueur de l’aube
Il ouvre un demi-œil, petitement
Quelle heure peut-il être ?
Ah, c’est vrai, il a oublié sa montre
Dans le salon ou la salle de bain
Ce n’est plus la langueur du sommeil
Mais pas non plus l’aiguillon réel
D’un désir de nouveauté attirant
Entre les deux, qu’y a-t-il ?
Une bande de sensations inconnues
Des sautes instantanées d’humeur
Je me lève ou je m’évanouis à nouveau
Dans un néant qui tend les bras ?
Il ne sait pas. Il n’envisage rien.
Quel brouillard vague et attirant
Il le prolonge et le caresse
Comme il tend la main vers elle
Où se concentrer ?
En un instant, il se lève, éveillé
Il est, plein et entier
Dans ce nouveau jour qui commence
Je suis parce que je vis
Envers et contre tout    
Ce matin, commence une autre vie…

27/06/2022

Absence et présence

Tout et rien, ensemble, est-ce possible ?
La notion même d’être n’est plus
Un gouffre s’ouvre sur ses pas
La chute devient la cause finale

Quelle absence, quelle chute…
Où t’enfonces-tu ?
Oublies jusqu’à ton ombre
Plus rien ne t’accompagne !

Sur le tranchant de la vie
Apparaît le guide du passage
Une mince ligne droite
Qui se fissure à l’approche de l’épreuve

La vois-tu dans le lointain
Un blanc perclus, dissous
Qui dérive à ton approche
Et se cache derrière son trait

Quelques points poursuivent
Parcourent encore quelques mètres
La clarté s’en empare, aveugle
Que voit-il au-delà : il suffoque…

Chaque grain disparaît
Le solide se liquéfie
Plus rien où s’appuyer
Sinon cette chaleur qui t’envahit

Tu t’échauffe de silence
Le chuintement de la pression
Excite l’absence d’être
Rien n’est sans toi !  

26/06/2022

Message

Le regard est l’appel de l’âme
Il ne dit mot, il ne touche pas
Il tend la main et attend…

Humble, il donne la vie
A celui qui l’accepte
Et répond à cet appel

Dans le silence des âmes
Circule alors le message
Je suis, tu es, nous sommes

La vie n’est-elle qu’un échange
Que ne comble aucun mot
Sinon ce coup d’œil devenu mystère

 

25/06/2022

suis-je ?

Encore une fois, devant la page vide
Elle va se livrer à son jeu favori :
Qu’ai-je à dire sur ce que je vis
Qu’ai-je à dire sur ce que j’ai vécu
Qu’ai-je à dire sur ce que je vais vivre ?

Longue réflexion, brouillonne
Emplie de trous, de vides et d’obstacles
Est-ce lié à ma personnalité, à mon sexe
À mon histoire, à ma famille
Plus j’avance, plus cela me semble faux

Suis-je même quelqu’un ?
Un de ces bougres que l’on voit de la rue
Assis sur le trottoir, l’œil vague
Même plus capable de rêver
Juste de continuer à vivre

Je suis cependant femme,
Le cœur sur la main, pleurant
Regrettant les jours passés
Attendant des jours à venir
Mais rien ne vient. Suis-je encore ?

 

24/06/2022

Stratégie

Un mot devenu magique :
Le stratège marche à la victoire
Le combattant s’aplatit dans la boue
Il y a de nos jours des stratégies pour tout
Comment avec un balai ouvrir un œuf à la coque ?
Comment ne pas tomber amoureux d’une femme ?
Comment ne pas rester idiot ?

Le stratège ne dit mot : il réfléchit
Silence, l’homme va parler !
Il donne de vulgaires coups d’épée
Dans une eau trouble dictionnarisée
Et prétend avoir la lumière divine
Qui pourfend la pensée adverse
Flop…

À d’autres moments, il s'en prend à son ombre
Ouvrant de grandes échappées
Aux badauds qui le regardent bouche bée :
Attaque du centre de gravité
Mouvements larges et tournants
Se prendre par la queue
Et autres fariboles excentriques

Quant aux approches, elles sont à tout vent
Approche directe par le combat des armes
Approche indirecte par toutes les voies possibles
L’espace, le temps, la matière, les idées
Et même la bêtise, ouvertement
Il n’y a qu’une impossibilité l’esprit d’enfance
Qui surprend même les plus crédibles
Qui d’autres qu’un enfant, pourrait
Troubler ces grands cerveaux
Qui prévoient tout avec plusieurs temps d’avance
Trois, quatre, cinq fois et même plus
Jusqu’au gouffre de l’anéantissement
Quand les vents font sauter le bouchon

Oui, c’est vrai, que d’efforts vains
Transpercent notre imagination
Pour nous faire découvrir le b à ba
Qui résoudra l’affrontement des volontés
Jusqu’à la mort de l’homme et de la femme
Toujours les nerfs à vif, en opposition permanente
Jusqu’au moment où a lieu la rencontre
De deux êtres seuls et morts de solitude

La stratégie n’est qu’une épreuve parmi d’autres
Celle des penseurs échevelés, en mal de vengeance
Qui courent après leurs idées
Sans pouvoir les rattraper

22/06/2022

Rétropédalage

Il n’eut qu’un mot : derrière…
Que cherchait-il, cet homme ?
Il marchait d’un pas vif
Balançant grandement les bras
L’œil exalté, ouvrant la bouche
Comme un enfant furieux
Regardant la campagne
Jusqu’à la rencontre avec la femme
Elle se tenait dans l’ombre
Les cheveux sur le visage
Bouclés et épais
L’air fermé et absente
Elle le vit, atteinte dans son intérieur
Rien ne pouvait l’en faire démordre
C’est lui, l’homme du scandale
Celui par qui tout est arrivé
Elle avança d’un pas, puis deux
Regardant le parjure
Avançant le doigt pour dénonciation
Mais rien ne sortit de sa bouche
Les images se bousculaient
Engendrant douleur et colère
Une plainte s’échappa, aigüe 
Faible d’abord, puis plus ferme
Jusqu’au cri de vérité
C’est lui !
Hélas, personne n’entendit
Tous regardaient ailleurs
Préoccupés de leur propre égo
Ainsi commença la désolation
Des premiers jours
Rien n’est à voir 
Tout est à imaginer
Rien ne se passe
Dans l’ombre de la nuit

21/06/2022

égarée

Elle ouvrit la porte, curieuse
Qu’y avait-il derrière ?
Elle connaissait son monde
Mais quoi au-delà ?
Elle avança dans l’inconnu
Pas un bruit, pas un geste
Pas même un grattement 
Sur le sol lisse et froid
La blancheur se mêlait
Au brouillard dense
A peine voyait-il ses mains
Juste une touffeur blanchâtre
Imprégnant l’air de frissons
Elle avançait précautionneusement
Cherchant un appui extérieur
Un pas, puis un autre
Encore un de plus, plus léger
Elle s’enfonçait dans une boue liquide
Et ne ressentait rien
Juste une sensation d’étouffer lentement 
Plus  rien ne la motive
Qu’y a-t-il de nouveau
Bizarre…
Elle respira bruyamment
Mais manqua d’air
Quelle glu
Ne reste que la pensée
Toujours aussi mobile
Résistant à toute manœuvre
S’évadant sans peine du cadre
Et débordant des effets physiques
Du lait de l’environnement

Je suis sans voir, sans savoir, sans pouvoir
Seul Édouard est présent
Derrière moi, devant également
Il me guide dans ce glacial couloir
Qui me tient et m’enlace
M’entraînant où ?
Je ne sais…

20/06/2022

Encore un jour

Chaque jour, encore un jour

L’un après l’autre, ils se déroulent
Levés tôt, couchés tard
Ils passent du fond de l’horizon
À l’expectatif questionnement
D’un instant de repos
Lors d’un moment de faiblesse

En milieu de jour
Le découragement n’est qu’une question
D’appréciation et de choix
Que peut-il y avoir d’autre à faire
Au cours des secondes qui s’égrainent
Dans la chaleur du jour
Et la rupture des nuits ?

Le créateur fatigue
Il s’emploie à tenir avec exactitude
Un calendrier qui déroule seul
En l’absence de tout soutien
Et de toute volonté

Allez, mes frères, encore un jour
Éclairez notre lanterne
Et qu’aille au loin cette détestable habitude
De toujours vouloir connaître
Où se trouve la césure ?

19/06/2022

Réveil

Pas un grondement
Pas même une porte claquée
Mais juste un froid qui s’empare
Des bras et expire sur les pieds
Elle se réveille, pas très ferme
Se rêvant dans une piscine
Plongée dans une eau marbrée
Tantôt chaude, tantôt glacée

Elle se rapprocha de lui
Juste un peu de chaleur
Pour poursuivre la nuit épaisse
Non, pas maintenant… dormir...
Encore un peu de chaleur
Encore un peu de protection
Enfin… 
Qu’on est bien ensemble

Elle s’’accroche au navire
Qui vogue au large des vents
Dans le brouillard noir
D’une vie enfouie d'inertie

Ah ! Un coup de vent, glacé
Attaquant le corps à sa merci
Et pourtant le silence de la nuit
Encourageant de douceur
Où es-tu ? se demanda-t-elle

Du bout des doigts
Précautionneusement
Elle reconstitua l’environnement
Le lit, la fenêtre, l’espace réduit
Des bruits de pas dans la rue
Lointains, étouffés, mais réels

L’immersion dans l’aube
Une sortie d’apnée
Un reste d’enfance retrouvé

Hum ! Endors-toi…

18/06/2022

Chaud

Aujourd’hui le soleil, hier la pluie
Le ciel obscur de ses larmes matinales
Avait les paupières closes des nuits

Puis vint le sommeil, le repos et l’oubli
Comme un lac au creux d’une montagne
Et le jour renait lentement à la vie

Un oiseau ce matin m’a revigoré
Il m’a dit la joie d’un jour serein
L’herbe qui pousse et les feuilles tombantes 

Et la forêt à son tour s’éveilla
Les arbres étirant leur carcasse majestueuse
Avec de petits craquements imprévisibles

Aujourd’hui la lumière, hier la nuit