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20/08/2018

La pensée

La sagesse et la folie sont les deux extrêmes de notre pensée dite normale. L’une et l’autre procèdent de la perte de l’habitude de pensée.

Dans le cas de la sagesse, cette perte d’habitude est volontaire, impliquant le parfait contrôle de soi alors que, pour la folie, la perte de l’habitude est involontaire et tourne autour d’une idée fixe.

L’une procède par intériorisation et conduit au plus être, l’autre appartient à l’évasion et aboutit au moins être. Entre les deux, évoluent différents types de conscience qui se rapprochent plus ou moins des deux extrêmes.

Ne pas se laisser tenter par l’imagination combleuse dont parle Simone Weil, car cette recherche ne peut conduire qu’à un manque d’être de plus en plus prégnant.

19/08/2018

Les petits gestes et paroles

Ce matin, je réveille après un rêve dans lequel je cherchais la profondeur d’une relation avec les autres. Et ce n’était que des petits gestes et paroles de tous les jours, anodins et sans intention, gestes faits sans y prendre garde et paroles dites sans y penser. Centaines de gestes faits et paroles dites sans même savoir qu’ils sont émis et surtout sans savoir pourquoi. J’ai ma manière personnelle de descendre de ma voiture, de me donner un coup de peigne, de me lever le matin, d’ouvrir la porte à un inconnu, de demander mon chemin à un passant, de m’installer au piano, de me laver les dents, de rire d’une plaisanterie. Et la somme de ces petits gestes et paroles, finalement, me représentent mieux auprès des autres que ceux que je dispense en connaissance de cause, avec attention.

Voilà le mot lâché : l’attention. Mais il lui manque son compagnon, l’intention. L’attention suppose l’intention. Lequel précède l’autre ? L’attention rappelle qu’il faut une intention pour agir. L’intention fait de l’être un humain et entraîne une attention dans l’exécution de l’action. Laquelle est première ? Tantôt l’une, tantôt l’autre, selon les circonstances. Ainsi, à chaque instant, je suis libre de devenir véritablement humain ou de vivre à côté de mon être. L’attention suppose un minimum de concentration. Penser à ce que je fais. Penser à ce que je fais suppose bien de  savoir pourquoi je le fais. Si je ne sais pourquoi je le fais, je ne fais pas attention ; mais si je ne fais pas attention, je n’ai pas d’intention.

Derrière ces deux mots se cache tout l’humain : je suis homme ou femme parce que je sais que je le suis. Si je l’oublie, je ne suis rien. Être homme ou femme suppose une double démarche : je suis dans le monde et y agis, mais je suis également hors du monde pour savoir pourquoi j’agis. Certes, il ne s’agit pas de devenir moine ou moniale, encore que ceux-ci agissent et parlent sans doute avec plus d’attention et d’intention, mais simplement d’introduire un dialogue avec soi-même qui instaure la conscience. Un troisième mot est lâché : la conscience. Certes, l’humain n’est pas seul à disposer d’une conscience. Le règne animal et probablement le règne végétal disposent d’une conscience. Comme l’homme, l’animal et, dans une moindre mesure, le végétal entretiennent la vie, leur vie, avec attention et intention. Mais la conscience humaine dispose d’un effet miroir supérieur à celui des autres règnes terrestres. J’agis dans un but immédiat et lié au maintien de ma place dans le monde, mais je peux aussi agir dans un but plus lointain dans lequel ma personne n’a plus la première place. La conscience se dédouble et produit un effet miroir qui fait de l’homme un être achevé ou, plutôt, s’achevant par cette démarche consciente qui lui permet de s’échapper de son moi immédiat. Il agit dans le monde, mais se voit également agissant le monde et s’interroge sur cette deuxième démarche. C’est ce deuxième temps de la conscience qui fait de l’homme un être à part, responsable pleinement de ses actes et paroles.

Alors, dans un instant, quand vous fermerez cet écrit, conservez attention et intention, et vivez pleinement cet effet miroir de la conscience qui fait de vous un être humain.

18/08/2018

Sentence

 

Critère de la laideur : une certaine indisposition d’être en face de l’objet considéré.

Critère de la beauté : une contemplation qui oublie tout.

Mais celle-ci implique la renonciation, y compris celle de l’imagination.

 

16/08/2018

L'incertitude

L’incertitude est cet épais brouillard
Qui vous prend à la gorge sans préambule
Et vous plonge dans une mélasse opaque
Alors que vous ne pensez qu’à elle

D’où vient-elle ? Vous ne savez
Vous ne connaissez que le dernier maillon
Celui d’une fausse origine de la frappe
Une cuillerée de confiture noire
Qui tombe dans votre gamelle
Sans crier gare ou même crier tout court

Elle est là, vous n’y prenez pas garde
Elle s’installe tranquillement dans votre tête
Puis produit sa première étincelle
Comme un caillou qui tombe à l’eau
Et qui éclabousse votre pré tranquille
Les ondes s’étalent avec lenteur
Débordant du cercle habituel
Et gagne peu à peu votre inconscient
Venant frapper le rivage obstinément
La plage s’élargit, découvrant le sable fin
De votre égo vulnérable et dénudé

Apparemment vous marchez normalement
Mais le feu est subtilement entré en vous
Et vous lèche la pointe des pieds
L’incertitude vous ronge et vous broie
Elle est entrée dans la place
Par où ? Vous ne savez
Pour combien de temps ? Ignorance
Avec quels dommages ? Tout s’écroule
A la place du cœur une épine
Le lac des pensées devient un torrent
Qui bouleverse tout sur son passage
Si encore vous saviez d’où cela vient
Qui s’introduit dans votre pré carré
Ce qu’il sait et ce qu’il ignore
Rien ! Le blanc opaque et propre
D’un drap qui sèche sur une corde

Parfois l’incertitude n’est pas méconnaissance
Elle est plus subtile et dangereuse
Et empêche la résolution attendue
Que faire ?
Penser l’ignorance est une chose
Décider d’agir est une autre
Vous vous réfugiez dans votre immobilisme
Vous vous y complaisez benoîtement
Et votre corps lui-même refuse toute avancée
Vous tendez le bras, mais jamais entièrement
Vous touchez l’objet de l’incertitude
Mais refusez de le serrer entre vos mains

Alors votre être dévoilé et pantelant
Offert à la vindicte populaire
S’offre en sacrifice suprême
Crucifié dans l’indifférence
Meurtri pour de longs mois

L’incertitude est un piège mortel
Qui entraîne aux confins de l’enfer
Mais qui peut devenir également  
Une étrange voie de guérison
Pour celui qui se laisse porter
Et plonge au-delà de l’égo

Dépouillez de vous-même
Vous errez dans un paysage sans décor
Quand, d’un mouvement impulsif
Le silence s’installe et vous broie
Le monde s’immobilise
Vous n’avez plus rien
Et ce rien devient tout
Vous n’êtes plus là
Puisque tout est là
La puissance créatrice
Vous rend inatteignable
Vous n’êtes rien
Et vous devenez tout

Va où t’entraîne l’incertitude
Mais reste droit et souple !

©  Loup Francart

15/08/2018

Après les moissons

Dans la nuit, j’ai vu
Des monstres d’acier
Avaler les champs de blé
Et laisser le chaume nu.

Comme des vers luisants
Ils allaient dans la nuit obscure
Chercher tout ce que procure
Les moissons du bon vieux temps.

De petites larves sombres
S’affairaient pour recevoir
Leur pitance en avoir.
Ils allaient tels des ombres.

Puis la pluie est venue
Comme la mort étend sa main
Et les rigoles du chemin
Se sont élargies, nues.

Il a plu tous les jours.
Il pleuvra toutes les nuits
Jusqu’à ce que s’ensuive
La naissance du blé, toujours.

Ainsi l’homme attend
Les monstres sont rangés
Pendant que les blés
Sont à la merci du temps.

Dans le ciel moutonnent
Quelques nuages irascibles
Qui, espérons-le, ne serviront pas de cible
Aux piétons qui randonnent.

Le temps s’est fait meilleur.
Souvenir des belles moissons d’antan
Où le ciel d’azur n’était jamais blanc
Et où les foudres de Zeus vont ailleurs.

©  Loup Francart

14/08/2018

Sentence

 

L’amour est le sable que les dieux jettent aux yeux des hommes

pour éblouir la longue peine des jours,

mais l’espoir est le grain de folie

qui leur permet de survivre à la froideur des nuits.

 

13/08/2018

Perspective

 

art cinétique, visual art, dessin, peinture abstraite

Une étrange construction

pourtant bien géométrique

mais qui ne correspond à rien

12/08/2018

Sentence

 

Écarter toute passion,

C’est-à-dire ne pas s’identifier à ce que l’on fait,

Car la passion naît de l’attachement

Et de l’attachement surgit l’égoïsme.

 

11/08/2018

L'ignorance du savoir

Noires ou pas, elles sont…
Et nous ne savons rien sur elles :
68% d’énergie et 27% de matière.
Il ne reste que 5% de connu,
Et encore, pas tant que cela,
Dans cet univers qui s’accroit sans cesse.

Elles ne sont pas noires par opposition au blanc,
Pas non plus parce qu’elles sont en deuil.
Elles sont et nous ne savons rien sur elles,
Sinon qu’elles sont, invisibles,
Donc noires de connaissance.
Une matière invisible et agissante,
Une énergie débordante et repoussante,
Qui soumettent le normal
À des comportements anormaux.

Dieu, quelle nuit !

Au fait, le créateur serait-il caché
Dans cette noirceur invisible ?
Tenterait-il d’écarter les murs
D’une normalité minimale
Pour dévoiler, au-delà du visible,
L’immensité de l’inconnu ?

N’oublions pas non plus
Que les pensées sont réelles,
Sans cependant avoir du poids.
Y a-t-il une noosphère
Qui éclairerait le noir ?
Ce noir permettra-t-il de savoir ?

Le Big Bang fut un éclair de lumière.
Et l’on découvre, sacrilège,
Qu’il engendra le mystère
De 95% de notre univers.

©  Loup Francart

10/08/2018

L'échappée, dictionnaire poétique 3

 

Voici la vidéo de présentation du dictionnaire poétique 3, édité chez Sydney Laurent, en juillet 2018 (voir le 19/07/2018 parution de "L’Échappée") :

 

https://youtu.be/vYXbNtLojSM

 


 

envoyez-la à vos amis !

et envoyez-moi un commentaire qui me sera utile pour améliorer la présentation.

Bonne vidéo... Puis, bonne lecture.

09/08/2018

L'indescriptible

Décrire l’indescriptible, quelle ambition ! Mais de quel indescriptible parle-t-on ? 

Certes pas de l’horreur qui est indescriptible lorsqu’elle atteint un certain degré d’insupportable. Ce n’est pas l’indescriptible qui est en cause, mais la capacité émotionnelle à voir, lire, écouter des faits horribles. De nos jours, l’espace de l’indescriptible a largement diminué par le fait du cinéma (capacité à produire) et de la communication informatique (capacité à diffuser).

La psychologie entre dans cette zone difficile à décrire où les relations entre les mots et les concepts restent difficiles à cerner. Approfondir les relations entre les hommes est une ambition complexe qui frôle l’indescriptible, mais plus par manque de clarté du sujet que de son opacité réelle.

De même la science se fait fort de réduire le champ de l’indescriptible par sa capacité à investiguer à la limite du connu. Elle invente même de nouveaux langages permettant de décrire l’indescriptible, élargissant ainsi la connaissance du monde.

Mais alors de quoi parlons-nous ?

L’indescriptible est au-delà de l’image, du son, du toucher, au-delà de la description des sens. Mieux même, l’indescriptible est au-delà de la pensée. Ne plus savoir comment penser conduit obligatoirement à ne plus pouvoir décrire. L’humain peut-il mettre un pas dans cet espace qui n'en est plus un ? Et d’abord, comment décrire ce qu’on ne peut concevoir. Ce serait mettre la charrue avant les boeufs que de pouvoir le faire.

Et pour ajouter à la confusion, citons cette phrase de Miller Levy, l’artiste qui se définit comme un artiste de “variétés” en raison de la multitude des supports de ses productions (peinture, sculpture, vidéo, dessin, installation, design, photo) :

"Les choses qui n’existent pas n’existent pas pour rien."

Comprenne qui pourra !

 

08/08/2018

Prière

 

La prière naturelle est :

un combat de la volonté,

une aspiration du coeur,

une ouverture du mental.

La prière surnaturelle est communion de l'esprit.

 

07/08/2018

Trésor

Il est lourd et rond.

Il se cache comme un voleur...

Au doigt d'une femme !

 

18-08-07 Trésor3.jpg

06/08/2018

Jour et nuit

Noir et silence…
La nuit envahit l’horizon
Et dévale la pente du souvenir…
Combien de nuits a-t-il vécu ?
Combien de jours se sont glissés
Entre les fentes d’obscurité ?
En faire un bilan actif
C’est se donner un défi
Impossible à tenir

Il a aimé les premiers repos
Si longs que les nuits mangeaient les jours
Puis il a détesté ces nuits
Qui interrompaient le jour
Et préféraient au matin manger le jour
Certains même font de la nuit le jour
Et deviennent veilleurs impénitents

Parfois même, le créateur lui-même
Trompe réellement son monde
Et provoque une nuit en plein jour
Mais, pour l’instant, nous n’avons pas vu
Le jour en pleine nuit, même par pleine lune

Enfin, vient le temps où les yeux se ferment
De manière inopinée, involontairement
La machine s’enraye et crée de fausses alarmes
La nuit envahit les jours de longues trainées
Et fonctionne sans attention ni repos
Hors contrôle, en déconnexion
Jusqu’au moment où la nuit gagne définitivement
« Il s’est endormi dans la nuit sans fin »
Entendons-nous autour de nous

Pourtant cette nouvelle nuit est lumineuse
Elle éclaire une vie d’espérance
La vraie lumière est là, présente continuellement
Et réchauffe le cœur de ceux qui sont partis
Dans la nuit sans fin
Le jour devient nuit
Mais la nuit devient jour
C’est le retournement
Donné par l’éternité

 

05/08/2018

L'intention

 Ce ne sont pas nos actes, mais nos intentions qui comptent vraiment.
Bahrâm Elâhi,
La voie de la perfection, éditions Seghers, 1976.

 

L’homme vivant et pensant dans le monde n’a pas l’habitude de différencier l’action et l’intention de cette action. Pourquoi fais-je cela ?

Le plus souvent, son intention est limitée dans le temps, l’espace et les circonstances de la vie qu’il mène. Plus encore, il ne recherche que son bien propre lié à ces trois limites. Il ne prend donc pas en compte, le plus souvent, la durabilité de son action, son universalité et son désintéressement.

Toute action s’inscrit tant dans le monde matériel que dans le monde spirituel. Dans le premier, l’action prime et donne un résultat qui influence le monde matériel, visant le plus souvent à apporter un bienfait salutaire à l’être agissant. Dans le second, seule l’intention importe. Cette intention est personnelle et ne concerne que la personne qui agit, son avenir spirituel. Elle s’inscrit durablement, universellement et est fonction de son abnégation.

On peut agir apparemment de manière désintéressée alors que l’intention reste personnelle et vise un avantage matériel et terrestre. Certes, c’est un pas en avant que de vouloir dépasser l'intention immédiate et de rechercher un bien tendant vers le spirituel. Mais la plupart du temps, l’action reste attachée à la mise en avant de sa personne, c’est-à-dire de son égo. Il reste à franchir le second stade de l’accomplissement : se détacher du résultat personnel recherché par l’action entreprise. Ce deuxième stade nécessite l’acquisition du détachement vis-à-vis de soi-même.

Agir sans intention personnelle. Alors seulement, le résultat de l’action est durable, universel et totalement altruiste.

 

Bahrâm Elâhi est le fils du maître Elâhi, né au Kurdistan iranien en 1895 et mort en 1974. Ce dernier a exercé la fonction de magistrat dans différentes villes d'Iran, puis, progressivement, les chercheurs spirituels vinrent à lui et suivirent son enseignement. Son fils Bahrâm a poursuivi sur la lancée de son père et les a transcrits dans deux livres : Le chemin de la lumière et La voie de la perfection.

04/08/2018

Sentence

 

Tu es ce que tu penses.

Maîtrise ta pensée,

Tu connaîtras le bonheur.

 

03/08/2018

Bain de boue à Chatelaillon

 

La boue… Noire… Collante… Visqueuse…
Ils reviennent en hommes grenouilles
Vêtus d’une combinaison noire…
Ils ont nagé dans la mélasse chaude
Ils ont crié sans respirer
Ils se sont couchés dans la fange
Et en sortent guillerets
Ils passent devant nous, méconnaissables
Un sourire aux dents blanches
Seuls les cheveux restent blonds
Et les yeux brillants de malice
Quel bain !

 ©  Loup Francart

30/07/2018

Mégère

L’homme la regarda, étonné
Quelle femme !

Elle portait des frisettes
Se maquillait de rouge
Chantait comme un oiseau
Et riait aux éclats
Rien ne lui donnera
Le maintien des vierges
La prestance et le charme
La modestie des jeunes filles

Il la suivit derechef
Ce flambeau dans la nuit
Tenait lieu de lumière
Aux plus incompétents
Rien ne sera comme avant
Quand la douceur émérite
Flottait sur le jardin
Et embaumait les chambres

La voici, cinglante
La voix pointue et noble
S’élevant en supplication
Et mourant de se voir ignorée
Rien ne la fera venir à toi
Si tu ne cours pas plus vite
Derrière sa traine blanche
Et son sourire muet

Il ne céda pas
Ouvrit ses bras
Se délesta de tout
Et partit sans un regard

Elle se contempla dans l’eau
Et se voyant déjouée
Sauta à pieds joints
Dans la boue de son passé

 ©  Loup Francart

29/07/2018

Réflexion et action

En chacun de nous, il y a deux tendances : une tendance à la réflexion et une tendance à l’action. Chacun les possède, plus ou moins fortes, l’une prédominant l’autre, l’étouffant parfois.

Ces deux tendances, l’homme les utilise d’abord à des fins personnelles et matérielles : réflexion sur ses actes, sur le monde, sur soi ; action sur l’autre ou sur soi, le plus souvent pour soi, moins souvent pour l’autre. Si l’homme prend conscience du divin, la réflexion devient méditation, puis contemplation du divin et l’action devient accomplissement de la volonté divine dans le sacrifice de soi. En prenant conscience de cela, l’homme peut relier sa vie extérieure et sa vie intérieure, aller au-delà des contradictions qui restent, mais qui ne s’opposent plus, et atteindre l’unité. Peu importe l’action et le lieu de l’action, ce qui compte, c’est son intention.

Ainsi chacun peut réaliser là où il est le but ultime de l’homme : accomplir en lui-même le royaume.

"Le royaume de Dieu est en vous."

 

28/07/2018

Insuffisance

 

La suffisance est sœur de l’insuffisance
Elle dérive couramment de la pauvreté
De sa propre approche de la vie et du monde
Ouvre les yeux et laisse tomber tes lunettes !

Ignorant de ce qui manque à ton destin
Tu l’imagine grand sans en faire le tour
Tu l’enfle démesurément au regard des autres
Jusqu’à l’éclatement de ton euphorie

Alors tu découvres tes déficiences
Et la grandeur insoupçonnée de tes proches
A genoux devant tes déceptions
Modestement, tu contemples ton ignorance  

Tu descends les escaliers glaciaux
Et te revêts d’une fraîcheur nouvelle
Celle de ton insuffisance enfin dévoilée
Qui te dresse la couronne du sage

Alors le jour se lève sur toi-même
Ta transparence se révèle en liberté
Ta suffisance passe aux oubliettes
Et tu deviens toi, sans comparaison

Mets ton mètre dans ta poche
Et pars sur la voie de l’incomparable !

 ©  Loup Francart

 

27/07/2018

L'espérance

 

L’espérance est le ballon d’oxygène
Auquel s’accroche l’homme avec confiance
Et qui le ramène à la surface de la vie
Dans le désordre des bulles du destin

Elle est au-delà de l’espoir aveugle
En deçà de l’imagination délirante
Certitude absolue d’un bien à venir
Qui dépasse entendement et raison

L’espérance est bien plus que désir
Elle est fin supérieure à l’attente
Elle ne cherche rien de précis
Et ouvre à une assurance infinie

Elle n’est cependant pas fuite
Ni même refuge des incapables
Elle vous tire du marais quotidien
Et fait tomber le ciel sur la tête

Tout devient quiétude et verticalité
L’horizon ne fuit plus devant le regard
Ce n’est ni le rose de l’espoir
Ni le gris d’un triste ruminement

C’est une disposition de l’âme
L’ascenseur direct vers la joie
Qui vous donne la bouffée d’air
Et conduit l’être au bonheur

 ©  Loup Francart

26/07/2018

Le divin

 

L’esprit ne peut mener qu’à un entendement du divin.

Le corps, aidé par l’esprit, conduit à l’amour du divin.

Voir et entendre le surnaturel tout en restant naturel.

 

25/07/2018

Le lac (Annecy)

 

Le lac comme un ciel scintillant d’étoiles
Le ciel pâle et tendre d’un Watteau
La profondeur mi-obscure des sous-bois
Et la glissade verdoyante des rives vers l’eau

Passent les humains, êtres étranges
Courent les enfants, vifs et pétillants
Avancent à petits pas les vieillards empesés
Rêvent les yeux ouverts les jeunes filles aux lèvres roses

Les canards pédalent dans l’eau comme des sénateurs
Les oies abordent en majesté le rivage opulent
Le corbeau se perche sur le dossier du banc
Un rouge-gorge babille dans l’arbre qui fait de l’ombre

La nature se dénude au soleil comme l’enfant sauvage
L’arbre dresse ses doigts encombrés de feuillages
De blanc vêtus les arbustes se penchent vers l’eau tiède
L’herbe claire agite ses poils dans la bise rafraichissante

Mais au loin on entend le grondement des montres d’acier
Et les deux notes aiguës et affolantes des voitures rouges

©  Loup Francart

 

24/07/2018

Sentence

 

Les robots, êtres hybrides et sans trêve

Ne sauront jamais que l’espoir et le rêve

Sont les vrais moteurs de l’humanité

Et conduisent au-delà de la rationalité

 

23/07/2018

Le monde merveilleux de l’opéra

FMA-aida-linieres.jpg

Vendredi et samedi nous avons assisté à l’opéra Aïda, de Verdi, dans une cour de ferme. Et nous avons apprécié cette vision de l’opéra qui n’a rien à voir avec les représentions guindées des grands théâtres nationaux. Nous avons vécu le merveilleux minute par minute, seconde par seconde.

Tout se conjuguait pour sortir de la normalité :

* le lieu : le logis de Linières est situé en Mayenne. Demeure seigneuriale, le logis était il y aLinières 1.jpg encore quatre anLinières 2.jpgs une ferme tombant progressivement en ruine. Racheté par la famille Ostini, le logis vit maintenant des heures heureuses et artistiques. Julien est metteur en scène d’opéra et nous fait partager sa passion.

* le temps : la première représentation devait avoir lieu le jeudi 19 soir. Mais l’orage a tout brouillé. En direct des événements, nous avons mesuré le poids de la nature. Le direct spatial et temporel a des exigences que n’a pas Internet et la télévision. La première représentation fut reportée au vendredi, imposant aux chanteurs deux jours consécutifs de représentation.

* la chaleur humaine : montée par plus d’une centaine de bénévoles, ce fut un travail ardu pour mener à terme le spectacle : 5000 repas à préparer, plus d’une centaine de personnes à loger, fabriquer les décors, monter et mettre en œuvre la lumière, préparer la scène, etc. Le tout dans la bonne humeur et l’enchantement.

*  la musique : de grands chanteurs professionnels ont participé bénévolement au spectacle auprès de la multitude de chanteurs et danseurs désintéressés, en particulier Chrystelle Dif39f57f3db45434eac9360fa6ca65747-la-soprano-et-le-tenor-repetent-aida.jpg Marco, soprano, avec Papuna Tchuradze, ténor, les deux personnages principaux de l’opéra. Les membres de l’orchestre, dirigé par Benoît Willmann, ont fait de même. Ils nous ont donné un spectacle merveilleux qui nous a fait monter les larmes aux yeux.

* Les décors : imaginés par le metteur en scène ils furent réalisés par Fabrice Gilod, artiste peintre et sculpteur, habitant de Ballée, et contribuèrent au succès de la représentation.

* La lumière : les éclairages ont toujours une importance prioritaire dans les spectacles de plein air, de nuit. Conclusion : les yeux sortaient des orbites.

* Les costumes: dessinés par Justine Bougeant et fait par les habitants de Ballée, ils nous ont permis de voyager sur les bords du Nil.

Alors, bravo à Julien et Véronique Ostini qui nous ont fait vivre en direct le merveilleux dans une bonne humeur permanente !


 


L’an prochain, ils monteront Le Trouvère de Verdi, les jeudi 25 et samedi 27 juillet 2019. Venez nombreux.

22/07/2018

Homme ou dieu

 

Croire au présent

Se souvenir du passé

Créer l’avenir

 

21/07/2018

Délire

 

Il partit de rien

Il ne put aller plus loin

Cela fit un tout

18-07-21 Cubes impossibles.jpg

 ©  Loup Francart

20/07/2018

Au-delà

Cette barre d’or fin, ruisselante
Qui pénètre l’être de transparence
Et invite tout un chacun au repos
Est-elle ouverture ou limite ?
Comment vous y rendez-vous ?
Certains s’invente la perpendiculaire
Et en font un chemin infaillible
D’autres prennent des voies détournées
Allant de ci de là au gré des passions
Quelques-uns s’embourbent volontairement
Laissant au hasard leur devenir
Un ou deux restent sur place
Les yeux baissés, l’air buté

Vu de la mer, la barre trompe
Elle engendre ses propres mirages
Des îles luxuriantes et prolifiques
Où il fait bon s’étendre et reposer
Remettant à plus tard la quête
Repartir devient un poids trop lourd
Aux maigres épaules de l’humain
Affaissé sur le sol, il s’esclaffe
Pour fuir ainsi sa vigilante tension

Tend les doigts vers l’aiguille brulante
Brûle tes yeux à son éclat
Entend le tonnerre  silencieux
Goûte sa saveur ineffable
Tu ne sais ce qu’elle cache
Mais elle t’attire, elle t’attire
Et un jour ou l’autre
Tu te brûleras à son feu
Et franchiras la frontière
Vers l’au-delà inimaginable

©  Loup Francart

19/07/2018

L'échappée, dictionnaire poétique 3

Ce nouveau recueil de poésies s'appelle L'échappée...

Il est publié aux éditions Sydney Laurent.

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Aspire au vide pour être plein

Car le plein n’est que vide

Dans l’âme qui se cherche

 

L’échappée est le troisième recueil d’une série appelée Dictionnaire poétique. Comme les précédents ouvrages (Dictionnaire poétique et Le souffle des jours),  il est conçu comme un dictionnaire tentant d'éclairer la signification d'un mot ou d'une situation. Certains poèmes sont cocasses, d’autres étonnent, d’autres encore interrogent. Ils parlent de situations quotidiennes, de la connaissance du monde, d’un au-delà du moi, de la nature et du surnaturel, de femmes et d’enfants, bref de tout ce qui fait la beauté de la vie. Un mot, une phrase suffisent pour entrer en poésie, puis poursuivre, à la découverte de ce qui se cache derrière l’expression.

Livre broché : 18,90 € TTC
E-book : 7.99 €
198 pages
ISBN 979-10-326-1094-7

 Les commandes peuvent être passées :
- Sur le site internet de l'éditeur : http://editions-sydney-laurent.fr/livre/lechappee-dictionnaire-poetique-3/         
- Sur Amazon : http://www.amazon.fr/
- A la FNAC : http://livre.fnac.com/

Alors, bonne lecture à tous, quel que soit le moment, le lieu et votre humeur !

 

18/07/2018

L'ambiguïté

L’ambiguïté est la racine mère du doute…
Biais cognitif en présence d’incertitude
Ou paradoxe d’Ellsberg, sa préférence
Pour le connu reste la seule certitude

L’inconnu est un vide non rationnel
Il introduit dans le raisonnement
Le connu comme préférence subliminale
A l’ambiguïté subjective de l’ignorance

La plongée dans la familiarité quotidienne
Conduit à la défaillance cognitive
L’homme aveugle se laisse guider
Dans l’obscurité par sa connaissance

Alors face à l’ambiguïté de l’existence
Il cajole sa voisine sans aller de l’avant
Et préfère au familier la médiocrité
Plutôt que l’éclair de lucidité évaporée

Il  privilégie la préférence éclairée
Plutôt que l’obscure équivoque
D’interprétations sans préalable
Où l’on saute sans justification

La frontière elle-même est inquiétante
Elle est obscurité tenace et tendue
Comment marcher vers la victoire
Sans savoir où se trouve l’ennemi

La vérité peut-elle être ambigüe ?
Les cadres de pensée sont ouverts
Et seul celui qui arrive à en sortir
Porte la lumière de l’inconnaissance

La vraie ambiguïté de l’existence
Devient cette plongée dans l’inconnue
Qui ouvrira à un autre monde
Celui de la plénitude du vide

©  Loup Francart