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03/09/2017

Le planétarium, de Nathalie Sarraute

Le planétarium, c’est cette immense grotte de la conscience où les mots des autres viennent raisonner avec une force incroyable, ébranlant la juste répartition des astres, l’équilibre méticuleusement échafaudé des orbites qui oblige à bien des concessions, à beaucoup de revirements. En avançant dans ces pages pleines d’ombres contradictoires, on découvre que c’est dans la nature même du planétarium d’être aussi fluctuant, aussi soumis à n’importe quel événement, à un mot, à un geste, un regard qui bouleverse entièrement l’équilibre qui venait à peine d’être rétabli.

Nathalie Sarraute, dans cette histoire qui n’en est pas une, dans cet épisode de la vie d’un jeune couple mi- bourgeois, mi- intellectuel et de ceux qui l’entourent (des parents snobs, une tante maniaque, un écrivain qui n’est qu’une femme comme les autres, mais dont la notoriété leur fait peur) n’a pas cherché à décrire directement un certain milieu, une certaine manière de vivre, mais plutôt la manière d’être intime de chaque personnage et, en particulier, sa manière d’être en face d’un autre. Elle traite de cet affrontement perpétuel dans la rencontre de deux êtres, des pensées brèves provoquées par cette rencontre et de leur camouflage en paroles, adoucies, amadouées, domptées, convenables et raisonnables.

L’analyse et excellente, mais l’homme ne serait-il qu’un spéculateur perpétuel dans ces rapports avec autrui ? Pas une ombre de spontanéité, et c’est pourtant elle seule qui fait le plaisir des rapports humains.

22/02/2017

La liberté

 

La liberté est une affaire collective et non individuelle.

C’est pourquoi elle ne peut être pure.

 

16/01/2017

Jeunesse

 

La jeunesse avoue plus facilement l’attirance du sexe que l’amour.
L’amour la fait rougir.
Elle a peur d’être vieux jeu.

 

28/12/2016

Maxime

Seuls les sages et les innocents peuvent imaginer le monde sans eux. La plupart des humains ne voient le monde qu’à travers la distance de leur regard d’abord, puis de leur vision. C’est pourquoi l’objectivité est une qualité inusitée.

13/12/2016

Humanité

L’histoire du vivant est l’histoire d’une complémentarité matinée d’opposition. Cette dichotomie ne concerne pas que le sexe, elle est à la base de la construction de l’univers. Le noyau d’un atome est constitué de protons, chargés positivement, et de neutrons, électriquement neutres autour duquel se distribuent des électrons, chargés négativement. Grâce à la théorie quantique, on a découvert que les protons et les neutrons contenaient des quarks (nommés up et down), tandis que les électrons sont pourvus de leptons. Ce sont eux qui sont maintenant considérés comme des particules élémentaires. Sans entrer dans les détails, la matière elle-même est sexuée, certes d’une manière différente, mais réellement, d’une part par le fait des charges, positive ou négative, des particules élémentaires, mais également par l’existence de l’antimatière, dont les charges sont inversées.

La perpétuation des espèces est passée assez vite de la reproduction asexuée, assimilable à un clonage naturel, à la reproduction sexuée, assurant le brassage génétique. Dichotomie, là aussi, permettant l’éclosion de la diversité. La vie implique donc l’existence de deux individus différenciés, partenaires en concurrence, mais obligatoirement complémentaires, qui disposent d’instincts, de sensations, et, in fine, de sentiments eux-mêmes différenciés. On ne regarde pas et on ne vit pas le monde de la même manière que l’on soit femme ou homme. C’est cette différence qui fait la richesse de l’humanité et lui permet d’aspirer à une autre vie, la vie surnaturelle qui elle est neutre, c’est-à-dire asexuée. Et on retrouve là l’organisation des particules élémentaires.

Imaginons maintenant un monde sans sexe, une humanité qui se reproduit automatiquement sans intervention de la volonté, c’est-à-dire sans attirance entre les individus selon qu’ils sont hommes et femmes. Est-ce possible ? Très probablement oui, mais quelle perte de richesse et que la vie serait morne sans cette grâce qui englobe les deux sexes. Hier, en regardant un film, m’est apparue cette suggestion. Plus de 90% des attraits de l’univers sont dus à cette dichotomie : homme et femme il les fit. Imaginez une humanité sans sexe : morne plaine, horizontal désert, encéphalogramme plat. Que pourraient-ils se raconter ?

Oui, pour notre plus grand bonheur, nous sommes différents et cette différence est notre richesse. Elle donne à la vie le piment indispensable à la réalisation de soi, jusqu’au moment où l’on dépasse cette exigence. Mais peu d’hommes ou de femmes y arrivent !

07/12/2016

L'équilibre des valeurs

Pour revenir sur les valeurs, seul compte l’équilibre des valeurs entre elles. Ne prôner qu’une valeur revient à s’asservir à elle et à asservir les autres valeurs à celle-ci. Alors la logique des valeurs s’écroule et devient prison.

Prenons le cas de la valeur travail. Dans son ouvrage, Condition de l’homme moderne, Hannah Arendt donne un exemple topique du renversement des valeurs autour d’une seule. Le travail est une nécessité, il permet d’acquérir une certaine liberté qui lui donnera l’accès à d’autres activités, telles que la création ou la réflexion. Or notre époque fait du travail l’activité de base de l’homme. Elle glorifie le travail tant du côté des capitalistes que du côté des socialistes et des marxistes. Dans les deux cas, l’homme devient une machine à produire. La société et chaque homme doivent sans cesse augmenter leur productivité sous peine de déchéance.

Pour installer une véritable société humaine, il convient donc non pas d’afficher telle ou telle valeur comme prioritaire, mais de trouver un équilibre le plus parfait, selon l’histoire et l’environnement de cette société, entre les différentes valeurs sur lesquelles elle prétend fonder son avenir. C’est cet équilibre seul qui garantit le développement de la société. Une société qui ne met l’accent que sur l’égalité supprime très vite toute liberté d’entreprendre et de vivre chacun à sa manière. La liberté est la garantie de l’épanouissement de chacun dans son être intérieur. Inversement, une liberté excessive détruit la société en appliquant la loi du plus fort.

Allons même plus loin. Toute recherche de valeurs fondée sur des pairs, telles qu’égalité et fraternité, entraîne inévitablement  des heurts sociétaux selon les opinions des uns et des autres. Il en est de même de la dichotomie entre le droit et le devoir. Une société qui ne met l’accent que sur le droit des uns et des autres à penser, à agir, à vivre à sa manière devient très vite totalitaire, car la plupart du temps un droit accordé à l’un peut empêcher le libre exercice d’un autre droit accordé à un autre.

C’est donc bien un équilibre entre plusieurs valeurs dans différents domaines qui crée une société stable. Il apparaît également que ce ne sont pas les valeurs qui seules comptent, mais l’équilibre de l’importance accordée entre les valeurs propres aux personnes et les valeurs de la société. Cet équilibre est toujours à trouver, à remettre en question entre la prédominance des personnes et la suprématie de la société sur l’individu. Prenons l’exemple du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Si l’on en fait une valeur fondamentale sur laquelle se construit la société, celle-ci a de grandes chances de ne pouvoir durer. La contestation devient très vite l’action fondamentale des personnes au détriment de la stabilité qui seule permet l’épanouissement des personnes.

Au fond, la seule règle sur l’emploi des valeurs est bien d’abord le développement d’un bien commun et la recherche par le politique de l’épanouissement de chacun en harmonie avec l’épanouissement des autres.

06/12/2016

Les valeurs

On n’a jamais autant parlé des valeurs que depuis qu’on ne sait plus ce que c’est. Tous s’en mêlent, à commencer par les politiques qui ne cessent de se justifier au nom des valeurs de la république ou de la démocratie. On s’échange les mots avec avidité, chacun étant considéré comme supérieur à l’autre. Mais ils sont devenus des mots creux, des étendards sans fondement, des fondements sans assise.

Alors qu’est-ce qu’une valeur ?

 Le mot vient du latin « valor », dérivé de « valere », valoir, avoir de la valeur, et, primitivement, « être fort, puissant, vigoureux ». La valeur est ce que représente quelqu'un ou quelque chose, quantitativement, financièrement, qualitativement ou symboliquement. Mais cette signification s’est élargie. Parler de valeur, c’est poser le fondement de l’action et sa légitimité. Certains comportements valent plus que d’autres. Ils s’organisent autour des concepts de bon et de mal. La valeur est donc le fondement d’un jugement critique vis-à-vis de tel ou tel comportement et des motifs pour lesquels ce jugement est considéré comme définitif, ou presque, par chacun.

Se pose alors la question du bien et du mal et aussitôt s’établit une différence entre ce que, au fond de moi, j’appelle bien ou mal et ce que les autres considèrent comme bon ou mauvais pour eux-mêmes. On constate alors que ces notions tournent autour de la personne qui juge par elle-même de ce qui est bien ou mal pour elle-même et, dans le même temps, autour de la société qui édicte des règles de comportement qui doivent être valables pour tous et qui constituent des fondements de vie commune, ce que l’on appelle le bien commun. La valeur permet donc de justifier l’action, l’attitude, le comportement, et donc d’exercer un jugement à la fois sur telle ou telle personne et sur telle ou telle société et, plus largement, sur telle ou telle civilisation. Appelée également axiologie (théorie de la valeur), elle s’occupe de toutes les façons dont on peut prendre position pour ou contre une chose, ou dont on peut la soumettre à un jugement critique. Choisir une chose plutôt qu’une autre, c’est se déterminer pour  ce que l’on choisit et contre  ce que l’on rejette. Ainsi le problème des valeurs tient principalement à un choix personnel et à un choix de société qui peuvent s’opposer ou, au contraire, s’harmoniser.

En fait la notion de valeur est dualiste. Elle peut être subjective ou objective selon le regard qu’on lui porte et qui se différencie par l’être en tant qu’individu et la personne en tant que membre d’une société. Ainsi, Spinoza écrit : « Nous ne désirons pas les choses parce qu’elles sont bonnes, mais elles sont bonnes parce que nous les désirons » et Aristote prétend que : « Nous désirons une chose parce qu’elle nous semble bonne, plutôt qu’elle ne nous semble bonne parce que nous la désirons ». Dans le premier cas, la valeur est estimée ou désirée par le sujet, elle a un prix personnel créé par la conscience, donc intérieur, immanent et temporel. Dans le second cas, la valeur est digne en soi d’estime et de désir, elle s’impose à la conscience, donc extérieure, transcendante et intemporelle.

Maintenant parlons concrètement. C’est quoi ces valeurs dont on nous rebat les oreilles ?

On constate qu’il est difficile de les hiérarchiser et quelles se distinguent plutôt selon l’angle sous lequel on les regarde. On différencie ainsi des valeurs humanitaires (la dignité humaine, la justice, la solidarité, la responsabilité, la tolérance, le respect des différences, l’intégrité de la personne), qui mettent l’accent sur la personne, et des valeurs communautaires (le respect des civilisations et des cultures, l’histoire commune, le territoire commun, l’égalité des races et des ethnies), qui mettent l’accent sur la société. On distingue également des valeurs internationales (la notion de nation et de souveraineté,  droit des peuples à disposer d’eux-mêmes), des valeurs sociales et politiques (le droit, l’ordre, la justice, le progrès, la liberté, la démocratie, le pluralisme), des valeurs économiques (la propriété, le travail, l’échange des biens, la liberté d’entreprise). On constate également que ces notions peuvent se différencier dans leur acceptation. Ainsi la notion de justice variera selon le point de vue de celui qui l’utilise ou la subit, de même la notion du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Et cela est vrai pour chaque notion.

Alors y a-t-il des notions sur lesquelles tous peuvent s’accorder, des valeurs universelles ?

Oui et non. Oui, certaines valeurs éthiques, en particulier les cinq valeurs que l’individu comme la société reconnaissent, c’est-à-dire le bien, le bon, le vrai, le beau, le juste, peuvent être considérées comme universelles. Mais derrière ces mots qu’appelle-t-on réellement bien, bon, vrai, beau, juste ? Tous y mettront des acceptions différentes qui les opposeront dans l’action comme dans le concept lui-même de chacune d’entre elles.

Est-ce à dire qu’il n’y a pas de valeurs ou qu’elles ne servent à rien ou qu’à opposer les hommes plutôt qu’à les rassembler ?

Sûrement pas ! Les valeurs sont nécessaires et justifient chaque homme comme chaque société. Elles sont donc un bien commun inaltérable qui caractérise l’humanité, sans que l’on puisse cependant les énoncer comme inaltérables et effectives pour tous, même les valeurs éthiques.

Alors plutôt que de parler et de s’échanger des valeurs considérées comme supérieures à celles des autres, il conviendrait plutôt de faire preuve de juste milieu sans vouloir placer l’une ou l’autre valeur en prééminence par rapport aux autres, telle que la notion d’égalité par rapport à la notion de liberté ou la notion de travail par rapport à la notion de propriété. De même la même notion peut avoir une valeur véritablement différente selon ce sur quoi elle s'applique. La valeur, sous prétexte qu'elle est mise en avant, ne peut excuser tout. Ainsi de la liberté de faire ce que l'on veut de son corps, liberté de se droguer ou de se suicider. La valeur ne peut justifier un droit, en opposition à une autre valeur. Toute valeur a ses limites et, encore une fois, le juste milieu est la meilleure norme.

05/12/2016

Vivre le présent

Vivre le présent.

L'homme d'aujourd'hui ne sait vivre le présent que dans le mouvement. S'il s'arrête, c'est pour mieux reconsidérer le passé et construire l'avenir.

Si nous savions vivre le silence et l'inertie...

04/12/2016

Fleurs

Les femmes aiment qu’on leur offre des fleurs. Les hommes s’y plient, mais sans comprendre. Il ne trouve la plupart du temps que deux explications. D’une part, les femmes aiment les fleurs parce qu’elles aiment se parer et s’entourer de belles choses. D’autre part, socialement, c’est une coutume et une forme de politesse auxquelles ils doivent sacrifier pour rendre hommage aux femmes.

Mais ces deux explications n’expliquent rien. Elles ne sont qu’extérieures. Derrière se cachent des raisons intérieures qui sont à l’origine de ce qui est devenu une coutume.

Tout d’abord, les fleurs déclenchent chez une femme une sensation physique, écho de la sensation d’éveiller et de laisser s’épanouir en elle quelque chose de plus grand qui s’impose à elle. C’est la même sensation que celle de porter un enfant.

Plus profondément encore, les fleurs réveillent en elle un sentiment d’épanouissement, de plénitude face à la vie, d’ouverture et de fraîcheur intuitive que l’homme, plus conceptuel, ne perçoit plus en lui. Les fleurs sont symboles de jeunesse et d’étonnement du monde face à la grandeur et la beauté du divin qui créent et entretiennent la vie à chaque instant.

29/11/2016

Moderne ?

Dans ce monde où tous se piquent de modernisme, d’ouverture et d’évolution des mœurs, la France des gens simples et travailleurs vient de prendre sa revanche. Son leader n’est ni ultra-traditionnaliste, ni ultra-libéral. Il a fait un tour de France et constaté le désir des Français qu’on leur foute la paix, plutôt que de vouloir en permanence leur dire ce qu’ils doivent penser, ce qu’ils doivent faire, ce qu’ils ne doivent surtout pas penser, ce qu’ils ne doivent surtout pas faire. Ils recherchent la liberté de vivre et non une égalité emprisonnant dans des schémas rétrogrades et mensongers.

Alors, vive la liberté, même si elle est dure à conquérir, au grand dam des élites et des médias.

27/11/2016

Rupture ou glissement ?

Chaque période de vie se démarque de la précédente par une rupture ou un glissement ; rupture par la cessation brutale d’une activité qui a été au centre de votre vie pendant un certain temps ou glissement par un désintérêt psychologique de cette activité.

La rupture a l’avantage de vous obliger à vous poser la question de ce pour quoi vous vous passionnez. C’est une période de gestation difficile, car elle est le plus souvent due à un événement indépendant de votre volonté. La vie vous coupe de votre intérêt et même de votre passion pour quelque chose que vous avez pratiqué à fond, en y mettant le meilleur de vous-même. En un instant, rupture. Votre élan est cassé par la volonté d’un homme ou d’un système qui ne vous permettent plus de pratiquer ce que vous avez considéré comme une des clés de votre attention à la vie. Il faut alors avoir le courage de vous reconstruire, de rebâtir une nouvelle vie, différente, autre, dont vous ne savez bien sûr si cela va marcher, c’est-à-dire vous remplir pleinement d’une même passion que celle que vous aviez précédemment. Il faut que vous repassiez par toutes les étapes de la rage, puis de la dépression, puis de la remise en cause et enfin de la naissance d’un autre pôle d’intérêt en vous-même. Cela peut durer, de quelques semaines à plusieurs mois, voire même plusieurs années. En fait, tout dépend de votre aptitude psychologique, intellectuelle et physique à changer de vie. Vous êtes devant un vide qu’il vous faut combler par une nouveauté dont vous ignorez tout. C’est en fait une période magnifique, une renaissance de votre être, l’ouverture d’une nouvelle porte qui, par le seul fait d’être totalement à construire, devrait vous motiver au mieux. Mais il faut dans le même temps vous départir de votre ancienne passion, vous désolidariser de vos connaissances, vous ouvrir à l’inconnu et y trouver une place, ce qui demande effort et ténacité. Pendant longtemps vous demeurez abasourdi devant le vide de votre cerveau qui n’est plus asservi par des préoccupations quotidiennes. Rien. Le blanc et parfois le noir. Pas de couleurs, pas de joie et pas de montée cardiaque. La vie devient un long fleuve, pas tranquille du tout. Vous êtes sur votre radeau de survie et vous vous en allez au fil du courant, sans contrôle aucun. Vous regardez la rive qui défile devant vous sans pouvoir vous arrêter et y participer.

Dans d’autres circonstances, l’ancienne vie, qui était rassurante, s’efface peu à peu par un changement plus subtil des conditions qui vous environnent. Vous continuez à vous accrocher à vos habitudes, mais le paysage change subtilement. Vous le déplorez bien sûr, mais peu à peu vous constatez l’inanité de vos efforts pour poursuivre ce qui vous a passionné pendant un temps. C’est le cas, par exemple, de votre vie de parent. Il vient un moment où les enfants ont droit à votre respect de les laisser vivre leur vie, même si, éventuellement, ils le regretteront plus tard. Vous passez du rôle de conseiller (pour les aider à choisir) à celui d’assistant (pour faciliter la mise en œuvre de leur choix). Rien n’a changé. Vous êtes toujours parent, respecté par vos enfants. Mais une nouvelle étape se met en marche, dans laquelle votre attitude doit devenir différente sous peine d’entraîner des difficultés qui n’existaient pas jusqu’à maintenant. Ces glissements sont essentiels à la compréhension de la vie et à son bon déroulement. Là aussi, la cécité peut vous prendre. Vous ne voyez pas cette évolution impérative et vous cherchez à vous maintenir dans cet état de bien-être dont la facilité est la caractéristique première. Vous risquez alors, à force d’attendre, une rupture qui sera finalement plus dure que celle dont nous avons parlé précédemment, parce que due à votre propre inconscience des évolutions. Il arrive également que vous-même vous désintéressez progressivement de ce qui vous passionnait auparavant. Lassitude, train-train, impossibilité d’aller plus loin, manque de motivation. Oui tout cela peut vous conduire, un jour ou l’autre, à vous poser la question d’un changement que vous retardez bien sûr, car le confort intellectuel ou même physique est prégnant.

Finalement, loin d’être un long fleuve tranquille, la vie est une remise en cause permanente de ce qui vous y attache. Elle est pleine de pics et de faux plats. Il faut du temps pour en prendre conscience. Ils sont d’abord subis difficilement, qu’ils viennent d’une rupture ou d’un glissement. Puis il vous appartient de les prévoir, voire de les anticiper. Ce n’est qu’alors que vous prenez votre vie en main. Oui, la vie est à construire en permanence, d’abord volontairement en se donnant un projet et en tentant de le mettre à exécution pour se donner une certaine stabilité, puis en le faisant évoluer non pour maintenir cette stabilité, mais pour vous faire évoluer vous-même et non votre environnement. Cette deuxième étape est plus dure et plus incertaine, mais vous en tirerez toujours des bénéfices si vous le faites consciemment.

16/11/2016

Etre

« Il y a trente ans, participant à un colloque, je séjournai à Royaumont. Dans un environnement si propice à l’entente, nous étions sensibles au fait que, devenus des êtres de langage, nous avions naturellement vocation au dialogue.

Pourtant, au cours de ce colloque dont le thème était l’échange interculturel, j’ai pu mesurer combien un vrai dialogue entre les êtres et, a fortiori, entre les cultures est difficile. S’il ne se contente pas de propos superficiels, un dialogue exige des intervenants qu’ils dépassent les apparences et qu’ils acceptent de plonger dans la profondeur de leur être, là où résident les quelques questions fondamentales, donc universelles, qui se posent aux humains. La sincérité de la réponse en constitue l’intérêt. A  charge pour les interlocuteurs de constater, si possible avec humilité, la part d’identité ou de différence entre ces réponses, et d’en tirer profit. »

(François Cheng, L’éternité n’est pas de trop, Albin Michel 2002)

 

Tout d’abord, sommes-nous des êtres de langage, c’est-à-dire des êtres suffisamment ouverts pour participer à un dialogue ? Apparemment oui. Nous devisons facilement avec les gens dont nous avons fait connaissance et n’hésitons pas à engager une conversation avec des inconnus, même si les femmes sont plus douées que les hommes à ce genre d’exercice.

Comment cela marche-t-il ? Le corps de l’homme a une peau qui protège ses organes internes de toute atteinte et constitue une enveloppe permettant d’identifier aussitôt la personne grâce à son apparence. De même, l’être pensant dispose d'une protection, le moi, qui lui aussi permet d’identifier la personne facilement à travers un certain nombre de caractéristiques. Ce moi, selon sa force et son étendue culturelle et psychologique, lui donne sa personnalité. Fréquemment, plus celui-ci est développé, plus il est difficile de percer cette protection psychique et d’accéder à la profondeur de leur être. L’homme s’enorgueillit de ce qu’il a développé avec tant de difficulté et de volonté. Son moi est sa richesse et ne veut pas en démordre. Mais cette richesse constitue un grave handicap pour se lier intimement avec un autre être et établir un véritable dialogue. A toute interrogation de l’autre, il oppose sa vision des choses qui peut être travaillée ou toute faite. Mais rarement il accepte d’entrer en véritable dialogue pour tenter de comprendre l’autre, car cela suppose de se défaire de ce moi pour se laisser atteindre non pas par le moi de l’autre, mais par ce qui se cache derrière, c’est-à-dire cet infini insondable constituant l’être véritable. Alors le dialogue devient possible. Mais, vous le savez bien, la plupart des personnes refusent de se mettre dans cet état d’être d’ouverture parce qu’ils se sentent trop vulnérables. Ils mettent nus devant l’autre et cela le gène, de même que se mettre nu physiquement devant un autre, est une intimité inacceptable pour la plupart d’entre nous. Le maître-mot de cette attitude : la pudeur. La pudeur a du bon, elle protège l’être de son environnement et lui permet de survivre dans le bouillonnement des échanges. Mais l’excès de pudeur devient vite un obstacle pour celui qui cherche atteindre l’autre dans sa réalité profonde. Je me souviens d’une personne avec laquelle j’avais engagé un dialogue sur la littérature. Elle m’avait qu’il était impossible à la plupart des gens d’écrire avec le fond de l’âme, car c’est effectivement se mettre nu. Ainsi la poésie lui était interdite, parce que, par son style de langage, elle impliquait trop fortement l’être tout entier.

Heureusement, il y a des circonstances qui facilitent cet état d’être. La première est l’amour. « L'amour est patient, il est plein de bonté; l'amour n'est point envieux, il ne se vante point, il ne s'enfle pas d'orgueil. [...] Il se réjouit de la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. » (1 Corinthiens 13:4-7) La plupart des êtres humains expérimentent cet état dans lequel nous nous mettons à nu. Cela leur tombe dessus et ne peut s’y opposer. Au contraire, ils s’en réjouissent et découvrent l’autre comme un autre lui-même et pourtant ô combien différent, physiquement et psychiquement. De même, certaines personnes, en voyage dans un autre pays, sont capables d’entrer psychologiquement en osmose avec la culture du lieu. Certes beaucoup moins profondément, mais suffisamment pour éprouver les mêmes sentiments de bonheur dus à la perte momentanée de ce moi si encombrant.

Ainsi, ce qui permet cet échange nouveau, plus profond, plus intime entre les êtres, ce n’est le plus souvent pas la volonté délibérée d’établir un vrai dialogue, car cette volonté vient du moi qui s’y oppose. Ce sont plutôt des circonstances insolites qui vous y poussent. Autre exemple, l’émotion artistique ou esthétique, ou une peur suite à un accident dans lequel il y avait risque de perdre la vie. Alors l’être se met à nu, s’ouvre et communie avec l’autre pour lui communiquer sa peine ou sa joie.

Alors ne résistons pas à l’inconnu, ne cherchons pas l’indolence de l’habitude. Au contraire, recherchons les extrêmes, les circonstances qui vont dévoiler le soi derrière ce moi encombrant. Dans ce vide aspirant, on découvre notre être véritable, comme une bouffée d’oxygène respirée dans une cave toute noire.

12/11/2016

Simple en esprit

 

Être simple en esprit et non simple d’esprit

Avoir l’esprit d’enfance et non l’esprit d’enfantillage

 

 ©  Loup Francart

09/11/2016

Ecologie

"Pourquoi l’écologie ne réussit-elle pas à percer et à emporter les convictions ? Parce qu’elle s’obstine à rester dans le domaine factuel alors que son champ d’action est aussi celui de la beauté et qu’elle l’ignore. Elle est restée fermée à la résonance esthétique et spirituelle des choses, à l’exaltation de l’absolu et de l’infini. Préserver la nature est un impératif parce que nous avons aussi besoin d’une nature belle qui évacue les miasmes et les nuisances du monde humain."

Pierre Rabhi, La convergence des consciences, Paris, le Passeur, p.58

 

C’est vrai, l’écologie qui est, à l’origine, la science qui étudie les relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent, est devenue une véritable idéologie. Alors peut-être vaut-il mieux la définir comme l’étude des relations réciproques entre l'homme et son environnement moral, social, économique. Cette définition correspond mieux à l’idée de ce que maintenant la société appelle écologie parce qu’elle implique une vision morale, sociale, économique et surtout politique. Mais elle a totalement perdu le point de vue éthique et spirituel qui devrait constituer son fondement et les bases de sa morale. Si bien que l’écologie introduit le scepticisme de la part des citoyens et l’affrontement de la part des politiques. Elle produit ses propres anathèmes et parle une langue de bois qui exclut toute idée non écologique et toute expression qui ne va pas dans son sens. Ainsi, les écologistes estiment qu’ils doivent imposer au peuple ce qui fera leur bonheur, à l’égal du communisme. C’est à la société d’apprendre à l’homme ce qui est bon pour lui.

C’est pourquoi Claude Allègre, l’ancien ministre de l’éducation nationale, se permet de déclarer : « L'objectif de la secte verte, c'est pour l'homme la punition, la vie dure ; pour la société, c'est la contrainte, la règlementation. La méthode, c'est la peur. » (Claude Allègre, Ma vérité sur la planète, 2007).

Oui pour une écologie qui aide l’homme à admirer son milieu naturel, non pour une écologie idéologue « qui pensent que la seule chose qui cloche dans ce pays est qu'il n'y a pas assez de pistes cyclables » (Georges Carlin, humoriste, acteur et scénariste américain).

26/10/2016

Simple, c'est tout

 

Être simple par inconscience n'est pas une qualité

plus difficile est d'être simple par innocence

 

©  Loup Francart 

15/10/2016

Aveugles et sourds, ils vont…

Aveugles et sourds, ils vont sans savoir où, ou encore, inversement, ils s’arrêtent n’importe où. Ils portent à la main un rectangle plat, affublé de fils qui leur montent jusqu’aux oreilles. Ils le regardent sans cesse et ne voient que lui… Et rien d’autre, même pas les autres humains qu’ils croisent sans les voir. Ils ne vous entendent pas, ils n’écoutent que la musique qui déborde des petites boules qu’ils se mettent dans les oreilles. D’ailleurs, la plupart du temps, vous l’entendez alors qu’elle ne vous est pas destinée. Si vous voulez leur demander quelque chose, il faut vous mettre en travers de leur chemin, leur faire signe (encore faut-il qu’ils vous regardent) de dégager leur conduit auditif de façon à leur susurrer ce qui vous paraît important.

Le plus ennuyeux est leur absence totale de logique dans leurs déplacements et leurs arrêts. Commençons par les arrêts intempestifs, programmés par la machine suite à un rappel sonore ou visuel (oui, ça marche, car ils ont toujours le nez sur leur boitier). Dès la première sonnerie ou le premier flash, ils sursautent, se jettent sur leur écran, arrêtent leur addiction en cours pour zapper un changement non programmé. Ils s’arrêtent où ils sont, car eux, ne le savent pas, ne le voient pas, ne le sentent pas. Ils peuvent être au milieu de la chaussée, entre les voitures, dans un ascenseur où ils resteront jusqu’à la fin de leur conversation sans comprendre qu’ils montent et qu’ils descendent, ni même se souvenir où ils vont. Lorsqu’ils sont sur un trottoir, le plus souvent étroit, ils s’arrêtent au milieu et rien ne les fera bouger. Ils écoutent et ce qu’ils entendent est urgent, ils parlent et cette parole est sacrée. La queue se forme derrière eux, mais ils ne la voient pas. Quelqu’un tente de leur dire de s’écarter, mais c’est peine perdue. Enfin, un homme, plus fort que les autres, pousse la file qui contraint l’homme à s’écarter. Ils ne se rendent compte de rien, tout à leur conversation plus importante que celle d’un ministre.

Ces personnes, qui ne peuvent se déplacer qu’avec leur prothèse, atteignent le maximum de dangerosité lorsqu’ils se déplacent en regardant leur écran. Ils ne peuvent plus marcher droit, ils suivent des sinusoïdes compliquées et incalculables que vous tentez bien de prévoir, mais en vain. Si vous le croisez, vous arrivez à deviner plus ou moins sa tendance, droite ou gauche. Mais si vous le doublez, c’est autrement plus complexe. Vous esquissez un doublement par la droite, il bifurque à droite, vous changez et commencez un dépassement en pleine voie, et le voilà qui redresse et part en travers là où vous voulez aller. Vous finissez par le pousser fortement, mais ce n’est pas grave, il ne s’en rend pas compte.

– Mais qu’a-t-il donc ce petit rectangle ?
– Je suis en communication avec le monde !
– Malheureux, vous avez rompu toute conversation avec l’autre, votre voisin.
– Peu importe, je suis dans mon monde qui n’est pas le vôtre
Je communique, donc je suis !

14/10/2016

Perception (maxime)

 

Dégage les données de la perception

Celles qui viennent de la perception directe

Et celles que construit l’intelligence

Seules les premières t’élèvent

Parce qu’elles s’imposent à toi

Et t’ouvrent à l’univers

 

©  Loup Francart

 

21/09/2016

Maxime

 

Ton œil est l’accès à l’âme.

Soigne sa brillance

En te vidant de ton moi.

 

Éclairci, il reflète le soi

Et chacun y voit son âme

Telle qu’elle est, belle ou insignifiante.

 

 ©  Loup Francart

14/09/2016

C'est mon homme

C’est mon homme !
Il a l’humour ardent
Et pas mal aux dents

C’est mon homme !
Il me prend aux aisselles
Et je vois trente-six chandelles

C’est mon homme !
Il a du poil au nombril
C’est qu’il fut sans-abri

C’est mon homme !
Il rougit de colère
Mais c’est un bon père

C’est mon homme !
Il travaille jour et nuit
Et jamais il ne fuit

C’est mon homme !
Je lui caresse l’oreille
Il se retrouve sans appareil

C’est mon homme !
Il a horreur des baisers
Mais penche pour la nuitée

C’est mon homme !
Il me caresse aussi
Je l’aime ainsi
 
C’est mon homme !
Je me sens bien chez lui
C’est comme un parapluie

C’est mon homme !
Je l’aime tout entier
Sans pouvoir m’arrêter

Oui, C’est mon homme !
Quel drôle de bonhomme !

©  Loup Francart

08/09/2016

Rêve ou réalité

 

Par la lecture on vit plusieurs vies
Jusqu’au jour où la vie est enlevée
Elle rejoint les vies lues et rêvées

Beaucoup pensent vivre alors qu’ils ne font que rêver.

03/09/2016

Jeux para-olympiques

 Une belle présentation des jeux para-olympiques.

https://www.youtube.com/watch?v=IocLkk3aYlk&app=desktop

02/09/2016

Maxime

 

L’amour est un feu qui couve

Lorsqu’il explose, il est trop tard

Tu ne fais plus partie du monde des hommes

Mais de celui des dieux ou des diables

Alors prends garde à ne pas tomber

Entretiens sa chaleur et continue de monter

 

©  Loup Francart

21/08/2016

Maxime

 

« Tout voir, mais ne rien entendre. »

 

 C’est la maxime du sage :

Observer le monde d’un œil impartial,

Sans écouter la parole de quiconque,

Surtout lorsqu’il parle à un autre.

 

17/08/2016

Savoir être vieux

Peu de gens savent être vieux.

(La Rochefoucauld)

 

Oui, c’est vrai, et pourquoi ? Il n’y a pas une réponse, ni même deux, mais une multitude. Pourquoi ? Parce que chaque homme a son histoire secrète et que celle-ci est ce qui conduit à la vieillesse.

Tout d’abord, de nombreux hommes arrivent à un âge avancé sans se savoir vieux. Ils font des projets, poursuivent ce qu’ils ont commencé sans qu’il leur vienne une seconde l’idée d’arrêter. Ce sont des actifs qui poursuivent sur leur lancée leur rêve de vie et n’ont jamais eu l’idée de faire autre chose que ce qu’ils ont toujours fait. Ils le font bien, à leur manière ; mais ne savent faire que cela et s’enlisent dans ce rêve sans comprendre l’’importance d’en sortir. Savent-ils vieillir ? Non, ils ne savent pas ce que vieillir veut dire.

Pourquoi les hommes plus que les femmes ? Parce qu’une femme a la sagesse du corps. Elle a connu l’amour humain sous toutes ses formes : chaste (plus que les hommes en général), fou (éros, matrimonial ou autre), maternel (ce qu’aucun homme ne connaît), familial (storgê, la femme étant la préservatrice de la famille), sociétal (philia en tant que lien social) et souvent, par ce fait, l’amour inconditionnel (Agapè, proche de l’amour divin). Alors une femme sait vieillir, cela lui vient naturellement, au travers des enfants et petits-enfants qu’elle choie comme s’ils étaient ses propres enfants, même s'ils ne lui appartiennent pas.

Inversement un certain  nombre se sentent vieux avant même d’arriver à la vieillesse. Leur phrase favorite : « Comme les vieux… » Ils sont perclus de maux, ne vivent que dans leur passé qui est généralement pauvre et c’est pour cela qu’ils n’ont jamais rêvé le poursuivre à un âge avancé. Ils écoutent leur corps, à la recherche du moindre grincement des bielles et consultent le médecin avec une régularité d’obsédé.

Plus rares sont ceux qui, lorsque la vieillesse arrive, se disent qu’il est temps de changer de vie et de s’intéresser à ce dont leur jeunesse a rêvé ou ce qu’ils ont entrevu à ce moment sans avoir eu le temps de l’approfondir. Ils se découvrent un hobby qui les maintient en activité jusqu’à un âge avancé. Il peut être futile ou tout ce qu’il y a de plus sérieux. Il peut être exercé en amateur, mais aussi en professionnel et conduire à une nouvelle carrière. Mais si c’est le cas, ils se classent alors dans la catégorie des gens qui deviennent vieux sans le savoir.

On trouve aussi des gens, plus rares il est vrai, qui ont passé leur vie à s’exercer à de nouvelles approches de la vie, passant d’un métier gagne-pain à un métier hobby sans jamais se fixer, dévoreurs d’activités sans pouvoir choisir ou échouant à chaque nouvelle proposition apportée par le destin. Ce sont des indécis, des girouettes et ils aiment cette incertitude de l’avenir comme étant une ouverture permanente sur la vie et les autres. Ce peut être également de gens qui ne savent se fixer et qui en sont extrêmement malheureux, même s’ils ne le disent pas.

Enfin, il y a des personnes qui choisissent une activité (et pas forcément un métier), qui l’exercent à fond, puis choisissent de changer parce qu’ils en ont fait le tour et n’ont plus rien à apprendre. Ils exerceront ainsi trois ou quatre passions, voire plus, et sauront le moment venu en changer avant d’en être totalement lassés. Malheureusement, ceux-là ne savent pas non plus vieillir. Ils sont comme les premiers, dévorés par l’activisme.

Alors, effectivement, peu de gens savent vieillir, donc être vieux. Ils se retrouvent vieux, dans la peau d’un autre, mal à l’aise et amoindri par cette infirmité plus psychologique que physique, sans savoir se comporter comme leur âge le laisse supposer. Généralement, leurs défauts s’accentuent, leurs qualités s’amenuisent, mais aucun fait nouveau ne vient modifier leur façon d’être.

Mais au fond, qu’est-ce qu’être vieux ?

C’est avoir découvert ce qu'on a toujours pressenti au fond de soi-même, cette essence de l’homme derrière l’existence, l’invisible derrière le visible et le donner aux autres à travers ce qu’on fait, crée, produit, engendre, pense. Et c’est un secret différent pour chacun de nous qu’il nous faut découvrir et cultiver pour le partager.

08/08/2016

Maxime

 

Avant de voir de l’insolence dans la conduite d’autrui,

Vérifie donc s’il ne s’agit pas de timidité.

 

30/07/2016

Maxime

Le jugement sûr passe inaperçu.

Il conduit toute chose

à un achèvement naturel et sans histoire.

 

23/07/2016

Maxime

La bonté est timide. 

Elle agit sans dire mot

et se cache derrière la vie quotidienne.

 

18/06/2016

L'amour conjugal

L’amour conjugal est un rêve délicatement entretenu qui toujours ramène à la première rencontre et au premier baiser. C'est cet instant ineffable pour celui ou celle tenant dans ses bras celui ou celle qui est sa vie, qui devient la seule image à laquelle tout se rattache.

Alors, toujours, l’amant ou l’amante contemple le monde avec les yeux de l’amour et sublime la réalité. Ils ont atteint l’ultime vérité du mariage et la vie les comblera quoi qu'il arrive.

Cet amour est au-delà de l'entente amicale, il est en deçà de l'amour passion, il est la vaste plaine où l'on marche sans jamais se lasser, contemplant l'horizon et n'en voyant jamais le bout. Et cette marche enchante à tel point qu'elle devient danse, la danse de l'entente éternelle.

26/05/2016

Maxime

La vérité n’est pas toujours bonne à dire,

mais combien nous nous réjouissons de l'énoncer

pour le seul désir de paraître vrai.

 

20/05/2016

La saison des femmes

Elle est vendue et toutes se réjouissent. Elle va être mariée à un inconnu. Elle ne dit rien, a un16-05-20 La saison des femmes.jpg regard effarouché et attend. Elle est femme, c’est-à-dire soumise à sa famille. Elle se retrouve dans un nouveau foyer, entre un jeune homme, Gulab, difficile à marier parce qu’alcoolique et amateur de prostituées, et sa mère, veuve, belle et soumise aux traditions. Elle s’appelle Janaki, elle a quinze ans, elle a honte et ne peut rien faire ni dire.

C’est une description sans complaisance de la société indienne, patriarcale et  misogyne. Le film est violent, les femmes s’accommodent de ces brutalités tant bien que mal, les hommes sont odieux et la vie continue, vaille que vaille. Que faire : subir, sans mot dire. Chacun joue son rôle traditionnel : le mari, Gulab, un freluquet tout puissant à l'image des autres hommes ; la belle-mère, Rani, qui le protège et est méprisante envers sa bru ; la prostituée, Bijli, qui est détrônée par une nouvelle plus jeune ; la femme stérile, Lajjo, qui se fait faire un enfant et que son mari bat parce qu’il la disait stérile alors qu’il se savait impuissant. Seuls deux hommes mettent en évidence les changements possibles : une sorte de gourou qui montre que l’on peut s’aimer divinement et un homme moderne qui chercher à changer la société et qui doit fuir le village, laissé pour mort, battu par les autres hommes.

C’est un beau film, dur, impitoyable, tendre aussi parfois, dans lequel la prostituée à le meilleur rôle jusqu’à son déclin, la belle-mère devient mère tout à coup, la jeune femme découvre l’amitié féminine, toutes femmes qui finissent par fuir cet univers lourd de menaces et de violence masculine. Les hommes n’y ont pas le beau rôle, contrairement à ce qu’ils continuent à penser.