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16/01/2021

La musique sacrée : voie de purification (10)

L'harmonie

Le but ultime recherché dans la musique est alors atteint. L'âme devient réceptacle, vase transparent où les vibrations s'harmonisent et se complètent. L'invisible s'unifie au visible dans l'âme devenue vierge, le visible laisse entendre les sons de l'invisible. Chaque chose, chaque être exprime totalement l'amour divin avec lequel il a été créé.

Ainsi parle l'apôtre divin : "depuis la création du monde, les choses invisibles sont contemplées à travers les créatures". Si à travers les choses visibles les invisibles sont contemplées, dans une bien plus grande mesure les choses visibles sont approfondies à travers les invisibles par ceux qui s'adonnent à la contemplation. Car la contemplation symbolique des choses spirituelles à travers les visibles n'est autre que la compréhension dans l'Esprit des choses visibles à travers les invisibles. Maxime le Confesseur

En celui qui atteint cette harmonie inexprimable faite d'amour brûlant pour tous et tout, les deux aspects qui semblent parfois s'opposer dans la musique se réunissent. Celui qui écoute avec l'ouïe de l'âme rejoint pleinement celui qui joue ou qui chante. Le musicien entre dans la magie divine de la création, il devient créateur non dans l'effort et le travail, mais dans la co-naissance et le vécu. Il est unifié intérieurement et uni à l'univers et à Dieu.

Dans la connaissance, l'esprit offre les essences spirituelles de l'univers, comme autant de dons qu'il fait à Dieu. Dans l'existence, l'esprit reçoit des dons en explicitant par la vie toute la splendeur de la sagesse divine déposée invisiblement dans les êtres. Maxime le Confesseur

Le musicien, le chanteur, se laisse enivrer par l'Esprit qui s'exprime à travers son art. Ce n'est plus lui qui joue avec sa vision personnelle du monde, avec sa culture et ses connaissances musicales. Quelque chose, quelqu'un de plus grand que lui, joue en lui, chante en lui avec des gémissements ineffables, avec des cris de joie, avec la tendresse de l'amour, avec les larmes de la compassion.

La musique trouve alors sa véritable finalité. Elle dévoile l'harmonie qui existe entre le créé et l'incréé, le visible et l'invisible, le son et le silence. Elle conduit celui qui la pratique à s'harmoniser lui-même avec le visible et l'invisible. Elle participe à l'acte créateur, elle devient voie d'expression du Verbe.

Le but de la foi, c'est la vraie révélation de son objet. Et la vraie révélation de l'objet de la foi, c'est la communion indicible avec lui... Et cette communion est le retour des croyants à leur principe comme à leur fin... et donc le rassasiement du désir. Et le rassasiement du désir, c'est la stabilité éternellement en mouvement des désirants autour de l'objet désiré... et donc l'éternelle jouissance sans séparation... la participation aux choses divines. Et cette participation aux choses divines est la similitude du participé et des participants. Et cette similitude, c'est, selon l'énergie, l'identité des participants avec le participé... Cette identité, c'est la déification. Maxime le Confesseur

05/01/2021

La musique sacrée : voie de purification (8)

Enfin, la musique fait appel à l'intellect de deux manières : . Par le son et les rapports entre eux, elle est un phénomène mathématique, quantifiable. Déjà les grecs, il y a deux mille ans, étudiaient la musique pour y trouver les lois de l'univers. Le solfège, l'étude de l'harmonie et du contrepoint, sont une science exacte, une mathématique complexe faisant appel aux bases 7 et 12. C'est la mise au point de l'écriture musicale qui a transformé, en Occident, la conception de la musique. Le chant, par la lecture, s'est intellectualisé, est devenu plus savant, mais a perdu sa spontanéité, son jaillissement intérieur. . Par l'évolution progressive des possibilités musicales, la musique contemporaine est devenue un art d'intellectuel, réservé à une élite qui admire les constructions mathématiques, la technicité poussée à son maximum. Dans cette forme d'art, qu'on retrouve dans certaines œuvres cubistes, dans le Nouveau Roman, l'artiste se met en valeur et évacue souvent la dimension sacrée de l'art. En conclusion, le moi n'est pas permanent. Son aspect momentané dépend de la fonction activée du moment. Il évolue sans cesse. En quelques instants, je passe du raisonnement à l'émotion, du sentiment au désir. Généralement il y a une fonction qui prédomine en nous : la présence physique ou l'intellect est plus marquée chez l’homme ; la femme vit plus dans l'affectivité. Mais ce ne sont que des tendances générales. Notons également qu'à travers la musique, nous pouvons prendre conscience que chacun de ces centres existant en l'homme possède un aspect positif et un aspect négatif. Ainsi, la rêverie romantique recherchée dans la musique accentue l'aspect négatif de l'imagination qui n'est dirigée vers aucun but précis. L'oubli des pensées négatives que permettent certaines musiques constitue une utilisation instinctivement positive de la musique.

Le lieu du moi

La voix humaine n'est pas seulement un moyen d'expression. Elle est aussi un instrument de connaissance, un indicateur de l'état d'être du moment et au-delà de notre véritable être. Chacun sait que la voix trahit l'émotion, que son débit, sa hauteur indique l'état émotionnel du moment. Les comédiens et les chanteurs apprennent à contrôler leur voix, en travaillent les inflexions et pratiquent l'imitation pour arriver à la maîtrise de l'émission. Dans le domaine spirituel, les maîtres se penchent sur l'origine physique de la voix : où le moi résonne-t-il en moi lorsque je dis moi?Expérience intéressante à pratiquer dans la solitude : je prononce moi à haute voix, je chante moi, et je tente de saisir où, en moi, résonne le mot, d'où part la vibration profonde de l'évocation du moi. Cela peut se situer dans la tête, dans le cœur, dans le ventre, ou encore entre deux. Cette sensation de lieu indique la fonction dans laquelle nous vivons le plus : l'intellect, l'affectivité, le centre moteur... Ce lieu se révèle dans la voix, car il est le point de naissance du verbe. Ainsi, au fond de lui, chaque être a sa propre harmonique, son propre son qui entre en vibration avec d'autres sons. Ce son n'est jamais pur. Son timbre est voilé par l'aspect négatif de chaque fonction (la crainte, le désir de raisonner, le contentement du moi, etc.). Sa hauteur dépend du lieu de l'être où se situe le moi. Sa profondeur dépend de l'harmonie qui existe ou non entre chaque fonction.

27/12/2020

La musique : voie de purification

La musique sacrée n’a pas seulement pour fonction d'exprimer le mystère divin et de faire percevoir à celui qui l'écoute le Verbe caché dans les êtres et les choses. Elle est aussi voie d'ascèse et de purification. Dans la musique et en particulier le chant, l'être s'oublie, s'ouvre, se purifie, se livre au mystère et le découvre par communion intime du corps, du cœur et de l'intellect. Celui qui s'engage sur cette voie a déjà été touché profondément par les deux autres aspects de la musique sacrée. Consciemment, il va chercher à progresser sur le chemin en plusieurs étapes : . prise de conscience de son absence d'unité, . perception de son état d'être, . purification du moi et unification, . harmonie. La musique devient ascèse. Elle n'est plus perçue de l'extérieur, elle devient son intérieur qui naît dans le silence de l'âme, prière purifiée de l'agitation du mental.

Prise de conscience de son absence d'unité

L'homme n'a pas de moi permanent et immuable. Chaque pensée, chaque humeur, chaque désir, chaque sensation dit "moi". Et chaque fois, on semble tenir pour assuré que ce "moi" appartient au Tout de l'homme, à l'homme entier, et qu'une pensée, un désir, une aversion sont l'expression de ce Tout. En fait, nulle preuve ne saurait être apportée à l'appui de cette affirmation... L'homme n'a pas de "moi" individuel. A sa place, il y a des centaines de petits "moi" séparés, qui le plus souvent s'ignorent, n'entretiennent aucune relation, ou, au contraire, sont hostiles les uns aux autres, exclusifs et incompatibles. A chaque minute, à chaque moment, l'homme dit ou pense "moi". Et chaque fois son "moi" est différent. A l'instant c'était une pensée, maintenant c'est un désir, puis une sensation, puis une autre pensée, et ainsi de suite, sans fin. L'homme est une pluralité, le nom de l'homme est légion. Il n'y a rien dans l'homme qui soit en état de contrôler ces changements des "moi", principalement parce que l'homme ne les remarque pas ou n'en a pas idée. Il vit toujours dans son dernier "moi".

Ouspensky, Fragments d'un enseignement inconnu

Percevoir cette absence d'unité que tous les spirituels décrivent, c'est prendre conscience de la fonction qui en nous prédomine sur les autres et nous empêche d'avoir une perception globale du monde.

23/12/2020

Arvo Pärt - Bogoroditse Devo "Ave Maria"

https://www.youtube.com/watch?v=s16VrkmEPVU


Créateur d'une musique épurée, d'inspiration profondément religieuse, Arvo Pärt a composé des œuvres jouées dans le monde entier et reprises dans plus de 80 disques compact. Inspiré par le chant grégorien et la polyphonie ancienne, le compositeur Estonien a développé son propre style appelé tintinnabuli. (From: https://www.francemusique.fr/personne/arvo-part)

Voir: http://regardssurunevissansfin.hautetfort.com/apps/search/?s=Arvo+Part 

 

 

 

13/12/2020

Osmose

Le chemin de la vie est long.

Il consiste, dans un premier temps, à connaître le monde et tout d’abord son environnement immédiat. C’est le rôle de la première enfance : trouver sa place parmi ses proches. Puis, s’étend votre connaissance de la vie et de la beauté du monde lors de la grande enfance et de l’adolescence qui va permettre de découvrir une vie intérieure, personnelle, par petites touches réalistes, comme un autre monde faisant irruption dans le monde habituel. On ne sait d’où viennent ces impulsions, impressions, désirs ou rejets, mais ils s’ancrent en nous et ressortiront plus tard. Ce sont des instants brefs, qui marquent au fer rouge l’écoulement du temps et la connaissance du soi. Alors, progressivement, apparaissent, sans vraiment y songer la question de ce que l’on faire de sa vie. Ce ne sont que des images qui, peu à peu, s’imbriquent les unes dans les autres, parfois de manière contradictoire, pour laisser des choix à prendre en compte consciemment jusqu’au choix de l’adolescence. On croit savoir alors ce que l’on veut faire de sa vie, mais ce n’est que la vie extérieure, le plongeon dans la machine à laver du monde.

Puis vient la découverte de la vie intérieure et de la connaissance de soi. Là aussi, ce ne sont que de petites touches : ses faiblesses, ses fausses certitudes, ses échecs, ses espérances d’autres choses. On a déjà construit sa vie extérieure et l'on découvre qu’il existe une nouvelle frontière, invisible, qui vous étouffe en raison des habitudes qu’elle entraîne et qui vous lient à votre destin d’homme dans le monde. Vous découvrez le monde intérieur, l’entrée en vous-même et l’infini de votre personne qui va bien au-delà de ce que vous-même et les autres connaissez. Vous faites alors connaissance de votre dualité, le moi, ce personnage intime que vous vous efforcez de mettre en avant et un soi, lointain, mais étrangement proche et plus vrai, que le personnage. Vous pouvez décider de partir ou non en exploration de ce nouveau monde, si différent de celui que vous connaissez. Mais il faut apprendre à franchir la frontière invisible et impalpable entre l’extérieur et l’intérieur, le moi et le soi, le mensonge à soi-même et la vérité à percer.

 C’est une nouvelle quête que cette entrée en soi-même qui vous fait découvrir et l’infini de votre être et par là même l’infini du monde et de sa réalité. Il faut alors apprendre à entrer en osmose avec vos deux vies, puis à les unir dans votre propre réalisation.

 

 

13/07/2020

L'observatoin de soi

Faire taire en soi celui qui s’observe. Il est toujours là à dire : « Je n’arrive pas à me quitter et à ne plus me voir pour être. » C’est le moi existentiel  qui ne veut pas céder, la matière qui ne veut pas lâcher, toute cette partie de nous-même qu’il faut abandonner pour être. Lutter contre le moi, s’abandonner au soi, c’est-à-dire à l’âme qui cherche à s’abandonner au divin.

Alors survient la nouvelle naissance, celle de l’esprit. Elle est perceptible et consciente comme une séparation qui se fait en nous, à la fois montée et descente vertigineuse, descente du matériel, montée vers le spirituel, sans rupture de l’être propre. C’est la perception  du monde spirituel, véritable univers immatériel, aux lois différentes de notre monde.

27/05/2020

Sentence

Regarde chacun comme étant l'image de Dieu,

puis regarde en toi cette image.

Tu te trouveras au bout du tunnel,

à ton instant ultime.

 

24/05/2020

L'attente

Entre dans le secret de ton cœur
Confie-toi à Dieu et attends
La connaissance vient avec la lumière
Tes propres pensées sont obscurité
C’est par l’œil que tu discerne la vérité
Veille à lui donner la divergence
Car l’œil ouvert perçoit la lumière

 

Dieu donne la vérité si nous savons l’attendre. C’est la seule chose qu’il nous demande : être capable d’attendre. Cette attente suppose l’abandon de la volonté égoïste. Elle est attente de la révélation qui est la connaissance :
 Révélation de Dieu au plus profond de nous-mêmes ;
 Révélation du monde ; sa connaissance nous est donné par Dieu et non par nos propres effort ;
 Révélation de notre réalité : je suis parce que Dieu Est.
 L’attente est nos pas une attitude, mais un état d’être physique, psychique, intellectuel qui rend l’homme spirituel. La vue habituellement convergente des choses du monde devient une vision divergente qui donne une perception d’ensemble. Là, amour et connaissance se rejoignent.

08/05/2020

Prière

Prier, ce n'est pas penser à Dieu,

ni même demander quelque chose à Dieu.

C'est vivre de Dieu,

c'est exulter Dieu.

19/04/2020

La déité

Il y a deux façons de se représenter la déité.

Dieu est un point pour celui qui le voit extérieur à lui parce qu’il ne l’a pas découvert. En fait, ce point c’est soi-même que l’on ne peut trouver parce qu’on ne le cherche pas vraiment.

Le point trouvé, on débouche sur l’infini. Mais dans cet infini, Dieu reste encore un point, bien qu’il soit tous les points de l’infini. Insaisissable, il est partout, mais est aussi autre et ailleurs.

 

10/04/2020

La connaissance

 

La connaissance, c'est connaître son ignorance et la vouloir.

 

06/04/2020

Chercher ou non ?

Plus on cherche Dieu, moins on le trouve. Mais si on ne cherche pas, on ne le trouve pas.

Dieu ne se cherche pas, ne se trouve pas. Il Est. Il vient quand il veut et l’homme ne peut rien y faire, sinon se persuader qu’il n’est rien et ne peut rien.

28/02/2020

Jugement

Ne me demandez pas de régler  vos affaires.

 

S’abstenir de tout jugement, car l’amour est au-delà du jugement.

De fait, juger un homme ne peut le changer. C’est en prenant conscience qu’il est aimé malgré ses défauts qu’il changera de lui-même.

27/11/2019

Locédia, éphémère (39)

Alors, comme mu par un irrésistible besoin de chaleur, je te passais le bras derrière les épaules, prenant délicatement l’attache de ton bras dans ma main gauche et te pressant légèrement contre mon corps devenu insensible. Nous n’étions qu’un déjà sans possibilité de séparation. Et pourtant, si j’avais su alors ce qui nous attendait.

Doucement, tu te tournas vers mon visage, offrant tes yeux et tes lèvres, vestale offerte. Je te regardais, incrédule, et ton innocence inespérée m’inclina à te rendre cet abandon, cette lente respiration du corps et de l’esprit qui progressivement s’harmonisait. Je me penchais vers toi, effleurais le duvet au dessus de tes lèvres, respirant le souffle de ton existence comme l’unique bien de ce monde. Je posais mes lèvres sur les tiennes, avec lenteur, goûtant chaque frémissement de tes paroles muettes, leur ouverture impalpable vers d’autres promesses. Tu pris mon visage entre tes mains, comme une offrande que tu te faisais à toi-même et tu me rendis mon baiser, sereinement, dans une sorte de ralenti sans parole, avec une assurance séculaire. Je te contemplais alors, souriante, paisible, le regard clair, les paupières légèrement chargée de larmes, redevenue enfant, jeune fille, femme amoureuse, me semblait-il, jusqu’au plus profond de toi-même. J’essuyais lentement avec mes lèvres tes paupières mi-closes, aspirant cet aveu d’abandon avec ravissement. Irrésistiblement, je revins vers ta bouche, éprouvant le besoin de fraicheur qu’elle exhalait, l’irrésistible envie de mêler nos souffles dans un même cheminement comme une lente montée vers plus de félicité, vers une situation inconnue et profondément humaine. Merci, Locédia, de ces instants magiques, quand tu te livrais sans réticence et que je croyais te tenir, te détenir, te contenir dans les flots d’un amour irréalisable.

Nous sortîmes du cinésens, égarés, perdus chacun dans un bonheur inexprimable, séparés par la violence de nos sentiments et une attente irrésistible des événements à venir.

_ Si nous allions chez toi, me dit-elle joyeusement. Je crois que tu habites à côté.

26/11/2019

Grâce

 

La grâce te conduit au-delà des contradictions.

 

20/11/2019

Religion et spiritualité

La religion est le politique, le social et l’économie de la spiritualité.

La religion est le corps, seule la spiritualité est l'âme.

Ne te laisse pas berner !

 

19/08/2019

Faire le vide

Faire le vide en soi, ce n’est pas seulement faire le vide de la pensée, mais aussi le vide du corps : faire disparaître toutes les envies, tous les désirs qui nous emprisonnent. Alors l’univers dans les choses et les hommes, nous pénètrera, puis la déité se révèlera.

S’efforcer de se contenter de ce qu’il faut pour vivre et non pas chercher ce qu’il faut pour avoir du plaisir. Attentions à ne pas confondre l’amour du plaisir avec la joie de l’amour.

 

14/08/2019

Spiritualité ou religion ?

Il y a deux voies pour un même but : devenir Soi, au-delà du moi.

Le choix de la spiritualité, c’est le désir de liberté, mais c’est aussi celui du risque. La voie est pleine d'embûches. Le choix de la religion, c’est le désir d’ordre, il donne des garanties dans la conduite de sa vie, mais enferme dans les dogmes et les règles.

Deux démarches qui semblent opposées pour un même but : trouver celui qui est, en moi et hors de moi, dans le monde de la matière, dans le monde des idées et dans le monde de l’esprit.

Le but ultime : l’union des contraires, l’unification de Soi. C'est une dépossession de son personnage et une retrouvaille au même moment en un lieu unique qui s'impose : l'intérieur et l'extérieur ne font plus qu'un.

Je suis parce qu'il Est, mais aussi il est parce que je Suis. Comprenne qui peut !

28/06/2019

Paradoxe de la sainteté

Paradoxe de la sainteté : elle apporte une insatisfaction de soi de plus en plus grande et comble l’homme de la présence de Dieu parce que son amour est au-delà des fautes.

29/05/2019

Les contraires

Dieu : contraires assimilés. Il est à la fois ce que la femme aime en l'homme (la force, la volonté, la gloire) et ce que l'homme aime dans la femme (l'amour, la tendresse, la douceur, la maternité).

L'homme et la femme aime Dieu chacun à leur manière, souvent dans leur contraire.

Mais Dieu est au-delà de ces contradictions apparents et même de ces assimilations réconfortantes.

 

15/05/2019

Les hommes (et les femmes)

Il y a trois sortes d’hommes :

    1. Ceux qui sont dans l’ignorance totale et naturelle. Ceux-là sont les simples et ne troublent pas le monde.
    2. Ceux qui savent quelques bribes de sciences sans les connaître véritablement. Ceux-là parlent et croient savoir. Ils sont les plus nombreux et prétendent diriger le monde. C’est pourquoi celui-ci ne va pas bien.
    3. Ceux qui savent, ont fait le tour de la connaissance et voient qu’ils ignorent tout. Ceux-là sont simples et ne troublent pas le monde, car ils se savent ignorants malgré leur connaissance. Telle est la véritable simplicité à attendre. Mais s’il n’est pas possible d’atteindre le troisième stade, mieux vaut en rester au premier que prétendre au second.

"Heureux les humbles", c’est-à-dire heureux ceux qui disent ne pas savoir.

03/04/2019

La vertu

"La vertu est sans vertu, c’est pourquoi elle est la vertu", dit Lao-Tseu.

Ainsi la vertu est dans le renoncement à la vertu, car elle n’est pas un bien que l’on puisse acquérir. Comme tout ce qui appartient au monde divin, elle est, un point c’est tout.

Renoncer aux aspirations humaines pour accéder à la réalité divine qui est à l’origine de ces aspirations.

19/01/2019

Retournement

Ce n’est qu’un courant d’air
Fuir cette forteresse
Où l’on ne sait où aller
Enfermés dans nos contradictions

Cette nuit, en douceur
Nous nous sommes levés
Avons pris des chemins détournés
Nous n’avons pas posé de questions
Nous n’attendions pas de réponses

Le courant d’air nous a pris sous son aile
Et nous a mis en marche
Nous avons suivi sans savoir où aller
Même pas une intuition

Non, un simple courant d’air
Nous a mis en marche

Nous sommes sortis sur la terrasse
Délivrés du poids des pierres
Affranchis des habitudes

Il était moi et j’étais lui
Nous étions nous et lui et moi
Les pleurs nous étouffaient
Nous nous jetions dans les bras d’inconnus
Et pleurions ensemble de contritions
Délivrés de notre misère sociétale

Le cœur en tempête
Nous fûmes pris dans l’ouragan
Qui emporte tout sur son passage
Et ne laisse qu’un trou
Où il suffit de plonger
Pour baigner d’amour
Et pleurer de délivrance

 

©  Loup Francart

09/01/2019

Considération

La difficulté chez Teilhard de Chardin est de concilier le point Oméga avec Dieu. Il situe son analyse d’un point de vue strictement scientifique, c’est-à-dire du côté de l’homme en tant qu’associé à l’univers matériel en évolution.

Le point Oméga, ce n’est pas la déification de l’homme, mais son accession à l’esprit divin grâce à l’amour de Dieu.

08/08/2018

Prière

 

La prière naturelle est :

un combat de la volonté,

une aspiration du coeur,

une ouverture du mental.

La prière surnaturelle est communion de l'esprit.

 

05/08/2018

L'intention

 Ce ne sont pas nos actes, mais nos intentions qui comptent vraiment.
Bahrâm Elâhi,
La voie de la perfection, éditions Seghers, 1976.

 

L’homme vivant et pensant dans le monde n’a pas l’habitude de différencier l’action et l’intention de cette action. Pourquoi fais-je cela ?

Le plus souvent, son intention est limitée dans le temps, l’espace et les circonstances de la vie qu’il mène. Plus encore, il ne recherche que son bien propre lié à ces trois limites. Il ne prend donc pas en compte, le plus souvent, la durabilité de son action, son universalité et son désintéressement.

Toute action s’inscrit tant dans le monde matériel que dans le monde spirituel. Dans le premier, l’action prime et donne un résultat qui influence le monde matériel, visant le plus souvent à apporter un bienfait salutaire à l’être agissant. Dans le second, seule l’intention importe. Cette intention est personnelle et ne concerne que la personne qui agit, son avenir spirituel. Elle s’inscrit durablement, universellement et est fonction de son abnégation.

On peut agir apparemment de manière désintéressée alors que l’intention reste personnelle et vise un avantage matériel et terrestre. Certes, c’est un pas en avant que de vouloir dépasser l'intention immédiate et de rechercher un bien tendant vers le spirituel. Mais la plupart du temps, l’action reste attachée à la mise en avant de sa personne, c’est-à-dire de son égo. Il reste à franchir le second stade de l’accomplissement : se détacher du résultat personnel recherché par l’action entreprise. Ce deuxième stade nécessite l’acquisition du détachement vis-à-vis de soi-même.

Agir sans intention personnelle. Alors seulement, le résultat de l’action est durable, universel et totalement altruiste.

 

Bahrâm Elâhi est le fils du maître Elâhi, né au Kurdistan iranien en 1895 et mort en 1974. Ce dernier a exercé la fonction de magistrat dans différentes villes d'Iran, puis, progressivement, les chercheurs spirituels vinrent à lui et suivirent son enseignement. Son fils Bahrâm a poursuivi sur la lancée de son père et les a transcrits dans deux livres : Le chemin de la lumière et La voie de la perfection.

11/07/2018

Néant et vide

 

Contrairement à ce que l’on a tendance à croire, le néant est le contraire du vide.

Le néant est rempli de tous les désirs de l’homme, de tous ses actes faits de  désir. Pour sortir de son néant, L'homme doit tendre à faire le vide en lui-même, c’est-à-dire renoncer à tous ses désirs.

Selon son attitude, le monde peut être source de joie et de bonheur parce qu’il a su y renoncer, source de déception et de malheur parce qu’il y est attaché.

 

06/07/2018

Voyage en pleine conscience, film documentaire

Ils méditent, marchent, mangent, font zazen, bref vivent. Ils appartiennent à la communauté du village des Pruniers, situé dans le sud-ouest de la France. Le film est construit sous forme de voyage initiatique sur les pas du maître bouddhiste zen Thich Nhat Hanh, dans la candeur des journées d’initiation à la méditation en pleine conscience. On suit l’entrée dans la communauté, la signification de la tête rasée, les chants sacrés à la sonorité curieuse pour les Occidenta7_830530.jpgux, les petites joies comme celles de la cuisine, les lents regards sur soi-même et les autres dans la paix mentale. De belles images campagnardes, une ambiance communautaire détendue, un retour sur soi-même initiatique. Cela dure, patiemment, dans cette méditation de l’instant présent, seule consigne permanente. Puis on assiste à un séjour à New York de la communauté. Éclairant ces instants en ville sous le regard des New Yorkais, cela fait penser à Alice au pays des merveilles. Que cherchent-ils ? « Trouver la vérité est différent de trouver le bonheur ! », proclame le maître. Le film ne dit pas ce qui est cherché.

Le film est intéressant parce qu’il vous sort des enseignements habituels des religions : règles, croyances, rites, obligations (même s’il y en a). Et si l’on se laisse porter, on constate que la réalité vécue au-delà de cela est semblable, quelles que soient les religions. Les chants de méditation rappellent, avec des sonorités différentes bien sûr, les chants de nos monastères, souvent émis de manière mécanique.

Cependant, le film reste à la périphérie du problème de la méditation. Il ne rend pas compte de ce qu’elle est réellement. Il ne montre que les apparences, mais ne permet pas d’entrer dans la peau du méditant et d’en faire l’expérience dure et amère avant qu’elle devienne un havre de paix. Qu’est-ce que la méditation ? On ne sait. On n’en voit que les gestes, mais pas la pratique et ses difficultés. Même les explications données par les disciples n’éclairent pas. Ce sont de petits cailloux déposés le long du chemin, mais ils ne constituent pas une allée de sérénité.

Peut-être est-ce le seul moyen d’initier : montrer et simplement donner envie d’essayer. Mais comment faire ensuite, c’est le mystère, en pleine conscience ou non.

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« Le “Village des Pruniers”, fondé en 1982 par le Vénérable moine Thich Nhât Hanh, comprend quatre hameaux principaux (deux pour les moines et deux pour les nonnes) et quatre autres petits hameaux “satellites”, tous répartis sur trois départements limitrophes: la Dordogne(24), la Gironde(33) et le Lot-et-Garonne(47). Ce nom provient des 1250 pruniers de la Communauté dont plus de la moitié fut offerte par des enfants, et dont la production est vendue au bénéfice des enfants qui ont faim au Vietnam. Les Enseignements de Thây (Thich Nhât Hanh) sont dispensés par plusieurs centres dans le monde.

Le Village des Pruniers est un lieu où l’on peut se ressourcer, respirer, sourire, et prendre le temps de poser un regard profond sur nos actes quotidiens : s’asseoir, marcher, parler, écouter, laver la vaisselle, répondre au téléphone… Mais c’est aussi plusieurs centaines de Sanghas dans le monde entier, qui pratiquent en groupes la Pleine Conscience et mettent en application les Enseignements de Thây. »

From : https://villagedespruniers.net/

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24/04/2018

Le nombre manquant (52)

Ne sachant que faire, nous reprîmes le tableau élaboré à Paris chez Mathias. Que pouvait-il nous apprendre suite aux événements de la nuit ? Il leur était à peu près sûr qu’en ce qui concernait les ravisseurs, il ne pouvait s’agir que d’un seul individu. Enlever deux personnes en une nuit en des lieux différents semblait irréaliste. De plus, pourquoi enlever ces personnes ? Pour l’argent ? Nous aurions déjà reçu une demande de rançon puisqu’ils connaissaient l’adresse de l’hôtel et vraisemblablement notre existence. Ils avaient été capables de faire le lien entre Claire et notre petit groupe et l’existence du professeur et, probablement également, de sa confrérie. Il s’agissait donc forcément de personnes ayant une connaissance de nos recherches et intéressées par celle-ci. Ce qui nous semblait le plus probable étaient soit une organisation religieuse ou idéologique, voire en mal de connaissance, soit un État dominant cherchant à tout prix à maintenir son omniprésence.

– Et si nous cherchions ce qui peut intéresser ces organisations ou ces États dans nos recherches, me dit Mathias. Cela nous permettrait peut-être d’éliminer ou d’infirmer certaines hypothèses.

– Nous avons principalement, jusqu’à présent, et sans doute par manque de compétences, axés nos approfondissements sur la cosmologie et ses investigations par les nombres. Très peu en ce qui concerne les aspects philosophiques et religieux. On pourrait peut-être éliminer les églises, non ?

– Je ne crois pas. Les églises ont toujours été les premières à être bien renseignées et à s’intéresser à tout ce qui concerne l’origine du monde et aux lois de son évolution. Elle a condamné de grands savants, mais elle a également laissé des ecclésiastiques faire des recherches. Deux exemples : le Père Teilhard de Chardin, paléontologue et philosophe, pour qui matière et esprit sont deux faces d'une même réalité, et le chanoine Georges Lemaître, physicien et astronome, qui élabora sa théorie de l’atome primitif, début temporel de l’univers. Pour moi, les églises sont tout à fait susceptibles d’intervenir dans nos recherches si celles-ci s’avèrent innovantes ou risquent de remettre en question l’existence de Dieu.

– Soit, gardons-les présentes à l’esprit, accordais-je à Mathias.

– Tu ne crois pas si bien dire. Pour elles, l’Esprit, avec un grand E, est le moteur essentiel de l’univers et de la vie. La matière n’est que la manifestation de la divinité. Étonnant d’ailleurs de constater que certains scientifiques, tel Jean E. Charon, énoncent que chaque grain de matière possède une part de mémoire et donc de possibilité de choix, donc de liberté. Pour ces physiciens, l’esprit ne serait pas le propre de l’homme. La spiritualité serait ainsi contenue à l‘intérieur de certaines particules de "matière". La matière et l’esprit seraient deux aspects d’une même réalité, la matière étant l’endroit et l’esprit l’envers.

– C’est bien l’objet de notre entreprise, concilier la physique et la philosophie, la cosmologie et la théologie. Nous avons donc des précurseurs, scientifiques et visionnaires, voire mystiques.

– Oui, mais ils ne sont malheureusement pas écoutés.

15/04/2018

Le nombre manquant (51)

En début d’après-midi, nous prîmes rendez-vous avec le Commissari capo du rione[1] où se trouve l’hôtel. Celui-ci, après avoir écouté et posé quelques questions, désigna un ispettori superiori[2] qui parlait français pour l’enquête. Il leur déclara que c’est parce qu’ils avaient reçu un appel téléphonique désignant un enlèvement qu’ils pouvaient bénéficier d’une enquête. Une simple disparition ne suscite pas l’ouverture de recherche pour un adulte, comme en France, ajouta-t-il. Ils avaient convenu de ne pas s’étendre sur leurs recherches et de se présenter comme de simples touristes en visite à Rome. Mais ils durent bientôt entrer dans les détails.

L'inspecteur fut étonné d’apprendre que Claire était partie sans toucher à sa chambre, vêtue telle qu’elle y était arrivée. Serait-elle partie volontairement, comme si elle avait été appelée, probablement par l’intermédiaire de son téléphone portable ? Ce qui signifierait que la ou les personnes qui s’étaient emparées d’elle la connaissaient et connaissaient son numéro.

– Connaissez-vous l’adresse du professeur ? Nous demanda l’inspecteur.

– Nous ne connaissons que son lieu de travail qui est la villa Médicis où il est en charge des relations entre la ville de Rome et les résidents.

– Savez-vous s’il y habite ?

– Je ne crois pas, mais je n’en suis pas certain. Seule Claire pourrait nous le dire, remarquais-je.

– Demain matin, j’irai à l’Académie de France pour en savoir un peu plus. Cela va être une enquête longue et difficile, car, pour des raisons diplomatiques, il faut être discret et ne rien laisser apprendre à la presse. Vous connaissez la presse romaine, elle est à peu près semblable à celle de la France, surtout depuis l’apparition d’internet. Ne vous attendez pas à des résultats immédiats, sauf si bien sûr les ravisseurs se manifestent.

– Oui, mais d’un autre côté, je ne vois pas pourquoi ils les ont enlevés s’ils n’ont rien à nous demander.

– N’oubliez pas qu’ils détiennent déjà deux membres de votre groupe. Cela peut leur suffire. Là-dessus, il prit congé non sans nous rappeler de garder le contact et l’appeler si nous disposions d’éléments nouveaux.

 

[1] Les Rioni sont les quartiers situés dans le centre historique de Rome.

[2] L’équivalent d’un commandant de police en France.