21/12/2019
Le rire du grand blessé, de Cécile Coulon
Pays : Inconnu
Régime : Totalitaire
Ennemi Public : La littérature
Numéro : 1075
Particularité : Analphabète
Seuls circulent les livres officiels. Le choix n’existe plus. Le « Grand », à la tête du Service National, a mis au point les « Manifestations A Haut Risque », lectures publiques qui ont lieu dans les stades afin de rassembler un maximum de consommateurs. Peuvent alors s’y déchaîner les passions des citoyens dociles. Des Agents de sécurité – impérativement analphabètes – sont engagés pour veiller au déroulement du spectacle et maîtriser les débordements qui troublent l’ordre public. 1075, compétiteur exceptionnel, issu de nulle part et incapable de déchiffrer la moindre lettre, est parfait dans ce rôle. Il devient le meilleur numéro ; riche, craint et respecté. Jusqu’au jour où un molosse – monstre loué pour pallier les défaillances des Agents – le mord.
Le livre n’est pas long (116 pages). Peu de dialogue. L’histoire est quelque peu abracadabrantesque. On s’y accroche en pensant que le suspense ou simplement l’intérêt va surgir au fil des pages. Oui ! 1075 transgresse et, ayant découvert dans l’hôpital où il est soigné un professeur qui enseigne la lecture, il apprend à lire tout seul en cachant les textes dans des tuyaux de sa salle de bain. Il n’est découvert qu’à la fin du livre par Lucie Nox, celle qui inventa le Programme Nox. Lucie avait trouvé un moyen de gérer les sensations des hommes, alors que ses confrères s’étaient toujours arrêtés au contexte social.
Le livre n’a plus pour objet d’apprendre ou de renseigner et encore moins d’élever le lecteur. Non. Il est produit en usine, il est la parole du Grand. Il divertit sur ordre comme les jeux du cirque.
C’est un exercice de style, brillant, une sorte de conte philosophique. Mais ce scénario ne suffit pas à faire un vrai livre dans lequel on entre vierge et dont on sort chargé d’impressions, de sensations, de sentiments et d’une plus grande compréhension de l’être humain. Le livre est à l’image de son histoire. Il prend le lecteur, mais ne le fait pas vibrer.
07:00 Publié dans 41. Impressions littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, société, étrangeté |
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20/12/2019
Auréolée de bonheur
Auréolée de bonheur, elle avançait lentement
Tout portait à croire qu’elle ne croyait plus à la vie
Elle avait tout quitté, son mari et sa maison
Et maintenant errait en quête d’inspiration
Le jour se levait et ses yeux s’ouvraient enfin
Sur un monde nouveau si dissemblable de l’ancien
Plus rien ne l’attachait au passé, ni même au présent
Auréolée de bonheur, elle avançait lentement
Elle allait sans savoir et même sans penser
Le gouffre devant ses pieds : « Où tes pas te mènent-ils ? »
Savait-elle ce qu’elle voulait et ce qu’elle était ?
Elle était belle comme les blés un jour d’orage
Ses cheveux poudrés de lumière flottaient au vent
Sa robe volait autour de ses jambes brunies
Un bracelet cliquetait sur son bras émouvant
Un sourire enfin dessinait son avenir
Auréolée de bonheur, elle avançait lentement
Arrivée à la porte, elle se retourna et dit :
« Me voici, Seigneur ! Je quitte une vie tracée
Pour te suivre sans savoir où je vais
Je n’ai qu’une certitude et qu’un seul espoir
Ta présence permanente au fond du cœur
Délestée des visions de l’humanité
Et qui devient tout, emplie de parfum suave
Qui me fait trembler de peur et m’attire néanmoins
Adieu, monde des hommes, j’entre dans le noir
Et entrevois déjà l’amour qui m’enflamme »
Auréolée de bonheur, elle avançait lentement
Elle ouvrit la porte, avança sans regarder
Sentit le silence et l’obscurité l’envahir
Elle entendit les ouvriers monter le mur
S’agenouilla et laissa son cœur s’épancher
Plus rien, sauf la mort, ne pourra désormais
L’empêcher de connaître le souffle de l’inconnu
Qui donne accès au tout !
© Loup Francart
07:16 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : reclus, hermite, silence, solitude |
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19/12/2019
L'habitude
S’éveiller, passer le trou de l’aiguille, c’est aussi ne plus avoir d’habitudes. C’est l’habitude qui peu à peu voile la réalité. Le monde extérieur et les êtres changent en permanence. L’habitude immobilise notre perception du monde extérieur et crée un décalage, car elle développe le moi.
Rompre avec les habitudes, c’est accepter le changement permanent, c’est voir à chaque instant avec un œil vierge et sans mémoire. C’est l’innocence de l’enfant, du nouveau-né.
06:34 Publié dans 61. Considérations spirituelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vie, perception du monde, changement |
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18/12/2019
Locédia, éphémère (44)
Un jour, tu me demandas si je voulais venir en vacances avec toi. Tu formulas ta demande de manière différée. Tu me dis d’abord que tu comptais partir pendant huit jours dans l’île de Caroubistre, sans me dire quand. Quelques jours plus tard, au cours d’une promenade le long du fleuve, tu exprimas le regret de partir seule, ton amie ne pouvant finalement t’accompagner. Puis tu me dis que serait sans doute très bien si tu pouvais me mettre dans ta poche pour m’appeler lorsque tu souhaiterais ma présence.
_ Quelle excellente idée, te répondis-je, mais attention, ne serres pas trop fort lorsque tu me sortiras de ta poche, j’ai les membres fragiles. Et puis, si je dors, prend garde de ne pas me réveiller trop brusquement. Je pourrai te mordre le gant ou même faire semblant de poursuivre mon songe, inerte dans ta main chaude. Enfin tu me convias à partir le lendemain, t’excusant de ne pas me laisser le temps de réfléchir.
Sur le ruban bleuté de l’autoroute, je mis la suite de Bach que nous affectionnions. Puis je te laissais le volant, écoutant le grésillement des roues usées sur le macadam, comme une sorte de plainte à peine audible, mais suffisamment perceptible pour provoquer en moi un long engourdissement proche du sommeil. Je rêvais peu à peu. J’étais sur un dromadaire haletant après une longue course. Je tenais les rênes d’un autre animal sur lequel tu étais penchée, courbée même, te tenant à pleines mains à la croix de bois qui se dressait entre tes jambes. Celles-ci étaient découvertes. Tu avais chaud, trop chaud pour prendre garde à ton attitude et je regardais sans les voir tes membres écartelés, rosis par la course. Ils semblaient une promesse, l’ouverture d’un laisser-aller volontaire pour me prouver une fidélité imaginaire. Un violent coup de frein vint mettre un terme à ce rêve et je posais la main sur ton bras nu, avec tendresse.
_ Pourrais-tu te garer. Il y a un autobar, là, à la sortie du bois. La voiture, docilement, freina et se mit sur la file de droite, s’engageant dans le tunnel sombre. Arrêt au compteur de voitures, puis tu repris la route en direction du bar, calant l’automobile dans son ascenseur et prenant à pleines mains les tuyaux de boissons qui sont disposés de part de d’autre des comptoirs. D’autres tuyaux, munis d’entonnoirs, permettaient d’évacuer le trop plein de breuvage. Dix minutes plus tard, nous repartions, rafraîchis, euphoriques. Tu me regardas, posas deux doigts sur tes lèvres et me fis un baiser fictif que tu prolongeas jusqu’à mon cou. Ce simple geste m’émut et fis monter des larmes qui obscurcirent les jumelles qui nous permettaient de voir la nuit. Je m’empressais de nettoyer les verres de façon à éviter un accident.
07:10 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman, amour, recherche de soi |
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17/12/2019
Mort ou vif
Vide… Consciencieusement, il fit le ménage
Mais pas un gramme de poussière
Plus rien ne reste de son passé
D’ailleurs a-t-il réellement un passé ?
Le passé n’existe que s’il détient un avenir
Sinon ce n’est qu’un décor sans motifs
Quant au présent, a-t-il une utilité ?
Oui, sûrement, cela justifie l’existence
Bien roulée sur elle-même
Confite dans sa justification
« Je suis, donc je pense », songea-t-il soudain
A l’instant même il mourût
Fort de n’avoir pu vivre !
© Loup Francart
03:50 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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16/12/2019
Oligarchie
La base au sommet
puissance de la tétrarchie
Que craint l'élite ?

© Loup Francart
02:58 Publié dans 22. Créations numériques, 46. Haïku | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, haïku, gouvernement, crainte, base |
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15/12/2019
Joie
C'est en passant d'un sommet à l'autre que se trouve la joie
et non en suivant les courbes de niveau de l'existence.
07:15 Publié dans 45. Maximes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vie, joie, existence |
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14/12/2019
Locédia, éphémère (43)
Et j’attends, perdu dans cette perspective de m’évanouir en toi, de trouver la finitude des jours dans ton corps offert. J’attends dans l’espérance d’une vie nouvelle où deux ne fait plus qu’un et ou un se construit à deux. J’aurai pu entrer dans la salle de bain, te saisir dans mes bras et plonger dans l’eau parfumé, habillé, enivré, inconscient. J’aurai pu aussi frapper à la porte et te dire, sans te voir, ce que tu avais bouleversé en moi. J’aurais enfin pu m’enfuir comprenant subitement l’ensorcellement que je vivais. Rien de tout cela. J’attends, vide de ton désir.
tu ressors, fraiche, souriante, épanouie. Tes cheveux se balancent au bout de ton cou, au même rythme que tes boucles d’oreille. Tu me tends les lèvres, espiègle et mutine. Mais tu me dis que tu dois partir, sans explication, pressée de quitter cette atmosphère trop intime ou ces lieux trop personnels auxquels tu n’es pas habituée. Tu ramasses ton manteau et pars sans te retourner, me laissant seul, égaré, m’interrogeant sur cette volte-face incompréhensible.
07:19 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman, amour, recherche de soi |
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13/12/2019
Ecran
Un écran est avant tout protecteur
Ainsi tu mets des gants pour ne pas te brûler
Des lunettes pour regarder le soleil
Tu revêts un vêtement pour ne pas être nu
Parfois avec une épingle tu perces l’apparence
Et contemple l’abîme dans le tunnel
Tu vis une vie double derrière ta parure
Caché au regard de l’autre par feinte
Es-tu, toi ou celui qui se cache derrière ?
Tu glisses un doigt dans l’ouverture
Et tentes de divertir ta conscience innocemment
Mais tu ne peux toucher l’objet de tes convoitises
Tel le Graal nourricier, mais inaccessible
D’abord ignoré, tu sentis sa présence
Le jour où fut visible en toi l’amour
Désormais tu le portes en sautoir
Et ton cœur n’en rougit pas malgré l’obscurité
L’écran s’ouvre, écarte ses lèvres chéries
Et donne à voir ce qui semble inexpugnable
Le désespoir t’abandonne, la joie t’envahit
L’air entre dans tes poumons
Désormais plus rien ne te dérange
Tu es là, droit, le regard au loin
Et accomplit ton destin inconnu
Sans te poser la question du sens
Ni celle de l’absence
L’écran se dévoile et prend sa part
Que caches-t-il ? L’homme…
© Loup Francart
05:04 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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12/12/2019
Renoncement à soi
Le renoncement à soi consiste à placer l’action avant l’idée. Le vide étant comblé par l’amour de l’univers, d’autrui et de Dieu, l’action ne peut être orientée que vers le bien. Si l’idée vient avant l’action, celle-ci n’est qu’une imitation, une imposition de l’idée. L’action est alors l’esclave de l’idée et n’est qu’idéalisation qui est la drogue de notre temps.
Gide avait bien analysé cet esclavage de l’action par l’idée, mais sa solution de l’acte gratuit est fausse et mène à un idéalisme encore plus dangereux, car l’acte gratuit ne peut être vrai que dans le renoncement à soi. Un acte gratuit en vue de la possession de son être réel ne peut être que destructeur et nuisible, car il est uniquement tourné vers le sujet qui le pratique et est une manifestation exclusive du moi. La définition gidienne de l’acte gratuit est d’être un acte qui n’a pas de raison d’être (c’est-à-dire non soumis au principe de causalité). Malheureusement, il y a toujours une raison d’être qui est celle de ne pas en avoir. Il s’ensuit que l’acte gratuit n’est pas une preuve de notre liberté, mais plutôt de notre asservissement à nous-mêmes.
L’acte gratuit n’est dans la vérité que par le renoncement à soi. Il est l’acte gratuit au vrai sens du terme, c’est-à-dire un acte fait de reconnaissance à Dieu.
07:40 Publié dans 61. Considérations spirituelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : renoncement, idée, moi, soi |
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11/12/2019
Interstice
Un interstice
Besoins et rêves mêlés
A portée de main

07:37 Publié dans 22. Créations numériques, 46. Haïku | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pictoème, poésie, dessin, tableau |
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10/12/2019
Locédia, éphémère (42)
Et tu me poussas doucement dehors, avec un baiser envoyé de loin qui m’atteignit comme un coup de poing. Je me retrouvais hors de la salle de bain et descendis lentement les marches de l’escalier, envahi par un vide difficile à supporter. Je me réfugiais dans le salon, m’appliquant à nouveau sur la sonate de Mozart, sans toutefois trouver le jeu convenable, perdu dans mes pensées. Puis je m’arrêtais, revêtu de désir. Il enveloppait mon corps d’une chaleur glaciale. Je m’imaginais ouvrir la porte de la salle de bain et te contempler nue dans la baignoire, m’accueillant, offerte, ouverte, extatique. Tes seins parfaits, que tu as l’habitude de soupeser à deux mains, se dressent hors de l’eau, prisonnier de la légère buée du bain chaud que tu as laissé couler. Quelques gouttes de condensation glissent sur leur courbe. Je te contemple, revêtue d’amour inatteignable, fantôme pâle, jusqu’à refermer la porte, en proie aux tourments de mon imagination.
Tu es des éléments la terre et l’eau
Prêtresse du feu que tu entretiens
Nécessaire à la vie comme l’air
Centre de l’humain, indissociable du divin
Tu es l’essence des réalités ambigües
A la fois plus haute et plus basse
Sainte et pécheresse, ange et démon
Vouée à l’état de ta féminité
Tu es l’inspiratrice et la compassion
Étrangère à l’histoire qui ne serait pas sans toi
Héroïque dans la peine de tous les jours
Modèle du repos et de l’immobilité
Tu es l’ordonnatrice des mystères familiers
Régnant sur les enfants et les vieillards
Occupée sans cesse de ce lieu de l’être
Où tu est chez toi, où je ne suis que par toi
Tu es l’attente et la réponse
L’habitante des profondeurs
Celle qui est et qui n’apparaît pas
La souffrance, le silence et la joie
Tu es la plante fragile, mais éternelle
Calme et fraiche, enracinée et mortelle
Présence de l’éternité dans le temps
Immobile dans l’inévitable mouvement cosmique
Je suis ce que tu n’es pas, l’histoire
Attentif à l’existence dynamique des objets
Utilisateur du temps sans pouvoir en jouir
Je suis l’acte, tu es la nature
07:35 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman, amour, recherche de soi |
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09/12/2019
Je ne sais pourquoi
Je ne sais pourquoi
D’un si divin espoir
Occuper tous les soirs
Puis tomber en désarroi.
Je ne sais pourquoi
D’un si fol désespoir
Nourrir le morne couloir
Des pensées de mon choix.
Je ne sais pourquoi
D’un si ardent vouloir
Tirailler mon devoir
Pour mourir de bon aloi.
© LF (écrit le 30 08 63)
06:03 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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07/12/2019
Puissance
"Dieu est puissant, mais il ne rejette personne." (Job 35-5)
La véritable puissance consiste à agir en se laissant ignorer. Elle est dans la force de l'âme et non dans celle du corps ou de l'intelligence. On ne la remarque pas, mais on l'imite inconsciemment. Elle s'impose par sa seule existence, sans autres moyens intermédiaires.
La puissance est protection et n'a rien à voir avec la crainte qu'elle inspire.
07:29 Publié dans 45. Maximes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : force, foi |
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06/12/2019
Naïf
Naïf ou trop habile
Qui donc le saurait mieux que toi ?
Le naïf est confiant
Il te prête ses pensées
Elles défilent sous ton nez
Parfois tu attrapes le bonheur
Un bon mot qui part tout seul
Et te comble sans savoir pourquoi
Un malheur est toujours possible
Lorsque tu dédaignes l’avertissement
Ainsi sont morts l’oiseau sans ailes
Et le chanteur sans voix
Le naïf est-il dupe ou niais ?
L’un d’eux me dit un jour
Pourquoi sortir puisqu’il faudra entrer
Un autre me susurra
Pourquoi entrer puisqu’il faudra sortir
Ils restèrent entre deux
Un pied sur chaque partie
Sans même pouvoir se séparer
Va voir, ils y sont encore !
Le naïf ou le rusé
Prendre l’un pour l’autre
C’est courir à sa perte
Ou recevoir la fortune
Sur un damier noir et blanc
Sans laisser d’alternatives
Le naïf serait-il un simple
Telle la fleur verte
Qui trompe son monde et meurt
De sa plaisanterie colorée
Mieux même, il peint les visages
De ses trois doigts triangulés
Et vend ses tableaux aux pauvres
Le naïf te croît, toi l’insaisissable
Tu apparais distant et nu
Tu cours à l’ombre des oliviers
Embrassant les belles femmes
Riant des enfants bavards
Pleurant avec les vieillards
Certes, tu es naïf, mais si simple
Qu’on repart le cœur nettoyé
© Loup Francart
01:38 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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05/12/2019
Locédia, éphémère (41)
Tu te levas alors pour explorer l’appartement, curieuse de ce nouvel espace que ton ignorance rendait extravagant. Je t’accompagnais dans chaque pièce, écoutant ton babillage, commentaires pleins de drôleries sur les objets journaliers que je ne voyais plus. Cette exploration me dépouillait progressivement de mes réticences à me livrer à tes manipulations enchanteresses. Nous revînmes au salon et tu me donnas tes lèvres pleines, entières, gonflées d’une volonté nouvelle que je n’arrivais pas à cerner. Après quelques instants d’une intimité inexprimable, tu rompis l’ensorcellement en me demandant si tu pouvais prendre un bain. J’avoue avoir été surpris par cette demande, inhabituelle pour quelqu’un qui vient pour la première fois dans l’espace d’intimité de la vie quotidienne d’un être qu’il connaît peu. Je t’accompagnais à travers les couloirs et escaliers menant à cette salle donnant sur une cour intérieure. Elle était encombrée, biscornue, avec une baignoire légèrement écaillée par nos jeux d’enfants, lorsque notre mère nous faisait attendre pour aller dans la cuisine surveiller l’ébullition d’une casserole. Je te donnais une serviette de bain, t’embrassais à nouveau, pensant que ton corps allait être offert à la grande glace qui permettait aux coutumiers de la maison de s’habiller de pied en cap et de se voir dans la totalité de leur densité. Avant que je ne te quitte, tu avais regardé le luminator qui se trouvait dans un autre recoin de la salle de bain. Il dispensait une douche de lumière étincelante, tombant en pluie sur le corps dévêtu, le revêtant d’optimisme pour la journée. Avant d’y pénétrer, il fallait prendre soin de se laver entièrement, puis de se sécher soigneusement sous peine de brûlures graves. Mais lorsqu’on se donnait aux éclats coupants et crus des jets propagés par les milliers de petits trous pratiqués dans la poignée, on oubliait la tiédeur habituelle d’un quotidien insipide pour plonger dans un vide rafraîchissant. Je vis ton regard sur la machine, je vis la brève étincelle d’envie qu’il contenait et te dis que tu pouvais t’en servir, à condition que tu respecte bien les consignes écrites suspendues au dessus de la porte d’entrée en verre opaque.
Tu avais déjà commencé à te déshabiller, relevant ta robe après avoir posé ton pied sur la baignoire. Je te regardais remonter tes mains jusqu’au creux de ta cuisse pour saisir la naissance du bas et l’enrouler autour de ta jambe, lentement, avec application. Et progressivement se dévoilait l’intimité de tes mouvements, de ce qui te permettait de courir et de danser sans souci, tes cuisses fermes et légères, tes genoux fragiles, émouvants, libérés du tissu bouffant du bas de ta tenue, et ton pied, discret, menu et animé. Tu me regardas, sans rien dire, un sourire aux lèvres et me dis :
_ Vas. Je me fais belle pour toi, pour que ton regard soit plus sûr et que tes gestes se libèrent. Je te veux pour moi seule, pure, peut-être pas vierge, mais soumise à mon étonnement devant ton assiduité. Je te veux, présent d’une consistance réelle, comme le pain à table ou la cigarette fumante sur le rebord du cendrier.
07:05 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman, amour, recherche de soi |
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04/12/2019
Beauté
La beauté est le parfum de l’univers
Si subtile est son pouvoir
Qu’on ne peut la saisir directement
Pourtant elle tranche au sabre
Au-delà du désir de l’intelligence
Infime part du réel
Elle te plonge dans l’infini du monde
Une goutte de senteur
Qui te fait exsuder le meilleur de toi-même
Ombre des sens
Caresse de l’ineffable qui agite la chevelure
Mâle silence
Frémissant des signes du printemps
Tendre douceur
De l’émotion des corps rapprochés
Bref aperçu
De l’innocence de l’enfance dévoilée
La beauté seule
Donne le goût de la naissance du cosmos
Tu ne sais ce qu’elle est
Mais tu sais sa présence
Recueillie dans le calice de tes mains jointes
Tu t’incline sans bruit
Et rend grâce, environné de l’inexprimable
© Loup Francart
07:44 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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03/12/2019
Le silence de l'âme
Celui qui sait ne parle pas
Celui qui parle ne sait pas
Lao Tseu
La connaissance suprême accessible à l’homme est une connaissance qui vient de l’âme. L’homme qui possède cette connaissance s’aperçoit qu’il ne sait rien au sens de la connaissance intellectuelle. Il n’a donc rien à dire parce que ce qu’il sait est inexprimable avec les mots et parce que les autres ne le comprennent pas. C’est un vide comblé par la compréhension directe alors que la connaissance intellectuelle est un savoir dans le vide.
La connaissance de l’âme ne s’acquiert pas par la volonté, car l’effort de l’âme et un effort de passivité attentive. La volonté n’atteint pas l’âme, étant un phénomène actif et physique.
L’attention étant un phénomène passif, elle peut intéresser le corps, l’intellect et l’âme, car elle rejette toute distraction, tout conditionnement.
04:01 Publié dans 61. Considérations spirituelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : silence, parole, connaissance, compréhension |
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02/12/2019
Reine d'un jour
Tu es morte et éprise de vie
Tout bouillonne en toi
Mais tu n’es pas servi
Par ton petit doigt
Qui compte le plus pour toi
Serait-ce ta peau de requin
Ou la sortie des bois
En te tenant par la main
J’ai pris ta plainte
Et ta lampe s’allume
T’exclames-tu, en conjointe
Fidèle dans la brume
Avance au large
Plonge dans l’arène
Mais sans surcharge
Ô toi, ma reine
© Loup Francart
07:44 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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01/12/2019
Locédia, éphémère (40)
Effectivement, je logeais provisoirement dans l’appartement familial, libre en ces jours de vacances scolaires. Nous nous y rendîmes en marchant étroitement enlacés, nous racontant les pensées qui nous passaient par la tête, sans y attacher d’importance, concentrés sur ce qui devait se passer par la suite lorsque nous pénétrerions dans le refuge de mon enfance.
Entrée de ton inconstance dans la quiétude de mes sentiments. En ouvrant la porte de l’appartement, je t’ouvrais le fil de mon existence, un monde inconnu de toi, inaccessible directement à moi-même, plein de contradictions, d’épanchement des sens, de questions soulevées et de rationnelles rêveries. Tu découvrais ma personnalité par l’intérieur, hors de mes paroles, en touchant les objets familiers parmi lesquels je vivais. Ta première impression était importante, je l’attendais, suspendu à tes attitudes. Je te fis entrer dans le salon, ce que nous appelions le salon, pièce énigmatique contenant un piano, des fauteuils Empire accompagnés de quelques meubles de la même facture. Tu t’assieds sur le divan et me demande de te jouer quelque chose. Mozart l’ensorceleur… La sonate n°11 dont l’andante grazioso correspondait bien à cette sensation irréelle de te découvrir dans l’intimité de mon existence, comme un charme supplémentaire engendrant un surplus de vie, une aération de l’esprit dans la quotidienneté des jours et une vacuité enrichissante dans la solitude des nuits. Je te regardais parfois, à demi allongée sur le divan, l’œil perdu dans la rêverie suscitée par les notes. A quoi pensais-tu ? Tu m’attiras à toi, avec douceur, me regardant profondément, avec sérieux, comme t’apprêtant à faire un engagement nouveau. Mais peut-on dire que ce regard était amoureux ? Non, il s’agissait plutôt d’une interrogation qui signifiait ta difficulté existentielle à t’abandonner totalement ne serait-ce que quelques heures. Et pourtant les jours que nous avions passé ensemble jusqu’à présent me laissaient espérer ce rapprochement inexprimé. Avec émotion, j’embrassais ta lèvre supérieure, frémissante, légèrement salée des quelques gouttes de transpiration que la musique avait inoculé en toi. Tu me rendis ce baiser, avec retenue, caressant mon visage de tes lèvres entrouvertes, mais sans jamais se rapprocher de la naissance de ma bouche qui pourtant te recherchait.
07:10 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman, amour, recherche de soi |
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30/11/2019
Séduction
L’adolescente se pare de brouillard.
Quel est son lot dans cette cohue ?
Cachée par le maquillage, elle reluque
Les autres femmes dans leur transparence.
Que font ces filles au long bec acide ?
Ont-elles la vertu hasardeuse des pickpockets ?
Elles se couvrent de voiles épais
Pour cacher leur beauté translucide.
Dieu, quelle engeance et quel fardeau
Que ces mirages environnés de soleil !
Elles rient en groupes serrés,
Ricanant de leurs lèvres peintes,
Tournant leurs yeux de biche
Ouverts comme des soucoupes solitaires
Et filent sous la nappe de lin frais
Des coups de genoux aux plus offrants.
Plus rien ne viendra à vous, mes belles,
Sans un engagement de votre part.
Oubliez-vous et vous resplendirez
De bonheur fluidifiant sans préavis !
Mais déjà le disque d’or ferme la marche,
Envahissant de noirceur subtile
Le front des hommes égarés
Qui contemplent étonnés la manœuvre
De ces filles encore jeunes
Mais déjà rouées, dindes volatiles
Dans la basse-cour de la séduction.
© Loup Francart
05:07 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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29/11/2019
La véritable joie
La véritable joie est dans l'acte de donner et non dans celui de recevoir,
car c'est une joie durable.
06:58 Publié dans 45. Maximes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : joie, don, vie |
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28/11/2019
Pourboire
Vêtu d’un filet d’eau, elle glisse entre toi
Et l’ombre de l’effort, offert aux plus vaillants
Son dos courbé de gloire te laissera pantois
Qui donc pourrait te dire qu’il te voit mécréant
Son doigt fin aspire tes larmes d’innocent
La douche est ambiguë et tu trembles d’horreur
A l’idée de la pluie sur le corps pâlissant
Et, douceur, pénétrant au fond de ton aigreur
Dans son ambiguïté, elle va plus loin encore
Elle ouvre ses jambes et déploie ses charmes
L’eau devient limon, requiert ton accord
Elle dérive et coule dans l’extase d’un soir
Riante de ses dents et mêlant ses larmes
Avec pour seul espoir obtenir un pourboire
© Loup Francart
07:21 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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27/11/2019
Locédia, éphémère (39)
Alors, comme mu par un irrésistible besoin de chaleur, je te passais le bras derrière les épaules, prenant délicatement l’attache de ton bras dans ma main gauche et te pressant légèrement contre mon corps devenu insensible. Nous n’étions qu’un déjà sans possibilité de séparation. Et pourtant, si j’avais su alors ce qui nous attendait.
Doucement, tu te tournas vers mon visage, offrant tes yeux et tes lèvres, vestale offerte. Je te regardais, incrédule, et ton innocence inespérée m’inclina à te rendre cet abandon, cette lente respiration du corps et de l’esprit qui progressivement s’harmonisait. Je me penchais vers toi, effleurais le duvet au dessus de tes lèvres, respirant le souffle de ton existence comme l’unique bien de ce monde. Je posais mes lèvres sur les tiennes, avec lenteur, goûtant chaque frémissement de tes paroles muettes, leur ouverture impalpable vers d’autres promesses. Tu pris mon visage entre tes mains, comme une offrande que tu te faisais à toi-même et tu me rendis mon baiser, sereinement, dans une sorte de ralenti sans parole, avec une assurance séculaire. Je te contemplais alors, souriante, paisible, le regard clair, les paupières légèrement chargée de larmes, redevenue enfant, jeune fille, femme amoureuse, me semblait-il, jusqu’au plus profond de toi-même. J’essuyais lentement avec mes lèvres tes paupières mi-closes, aspirant cet aveu d’abandon avec ravissement. Irrésistiblement, je revins vers ta bouche, éprouvant le besoin de fraicheur qu’elle exhalait, l’irrésistible envie de mêler nos souffles dans un même cheminement comme une lente montée vers plus de félicité, vers une situation inconnue et profondément humaine. Merci, Locédia, de ces instants magiques, quand tu te livrais sans réticence et que je croyais te tenir, te détenir, te contenir dans les flots d’un amour irréalisable.
Nous sortîmes du cinésens, égarés, perdus chacun dans un bonheur inexprimable, séparés par la violence de nos sentiments et une attente irrésistible des événements à venir.
_ Si nous allions chez toi, me dit-elle joyeusement. Je crois que tu habites à côté.
07:28 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : religion, spiritualité, corps, coeur, homme | |
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26/11/2019
Grâce
La grâce te conduit au-delà des contradictions.
07:38 Publié dans 61. Considérations spirituelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : union des contraires, spiritualité |
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25/11/2019
Lumière et ombre
Vue de la plage
Le soleil suit son ombre
Derrière les barreaux

07:36 Publié dans 31. Pictoème, 46. Haïku | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : contraste, dérision, inversion |
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24/11/2019
Une seule vie
Douce comme toi jusqu’où iras-tu
Pour être aiguë comme lui ?
Le cœur tendre ou la peau dure
Tu ne sais que choisir
Où se trouve celui que j’aimais
Et qui me chérissait plus que tout ?
Je n’ai en face de moi
Qu’un modèle de bienfaisance
Qui n’est autre que la souffrance
Et l’aiguillon du paraître
Où se trouve le vrai ?
Où se trouve la vie
Lorsque la nuit monte
Et les bruits croissent ?
Cherches-tu toujours l’universel ?
Vois-tu toujours la bonté
Qui court le long des rues
Et grimpe dans les jambes
Des passants, même des assassins ?
Oui, l’homme est ainsi fait
Rien ne vient conforter l’espoir
Tous meurent de ne plus pouvoir vivre !
© Loup Francart
07:45 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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23/11/2019
Locédia, éphémère (38)
Je me souviens avec émotion du jour où j’ai cru te prendre dans les filets de notre amour. Tu m’avais téléphoné la veille d’une voix claire, différente, sûre de toi. Tu m’avais donné rendez-vous devant un cinésens, me disant ton besoin de me voir. J’avais deviné que ton attitude envers moi changerait ce jour là. Aussi est-ce avec excitation que j’ai attendu le lendemain. Je me souviens du titre du film : L’interprète désœuvrée. Par contre, je n’ai aucun souvenir de l’histoire du film, juste quelques images qui passent devant mes yeux, sans que je sois capable d’en reconstituer la logique. Je te reconnus, silhouette frêle à l’entrée de la salle de spectacle, dans une pose détendue sans être alanguie. Tu semblais parfaitement maitresse de toi, sans réserve, comme libérée de tes soucis quotidiens et du poids de la vie.
_ Bonjour, me dis-tu en me tendant la main. Je la pris entre les deux miennes, avec douceur, ému de ce contact simple, normal, mais annonciateur d’autres effleurements. Du moins était-ce ainsi que je voyais l’avenir. Tu me regardas avec douceur, sans espièglerie, comme délivrée de tes blocages intérieurs.
_ J’avais besoin de toi, de ta voix dans le creux de mon oreille, de ton rire incertain sur mes pitreries, de ta main sur mon épaule, rafraichissante et sereine. Viens, c’est l’heure, allons nous rejoindre en pensée devant l’écran tiède.
Nous entrâmes dans la salle, nous installant au milieu, dans l’obscurité ou plutôt au travers des éclairs de lumière diffusés par le film, émus déjà par une incompréhensible expectative. Tu retiras ton manteau, nous les posâmes sur le siège à côté de toi. Tu t’assis et te penchas vers moi, reposant sereinement ta tête sur mon épaule. Ton parfum m’envahit, capiteux, envoûtant, me pénétrant de toute part, m’ensorcelant de ta présence. C’était la première fois que tu m’accordais cet abandon de ton être, comme une aile de papillon effleurant mon épaule sans toutefois s’y poser. Nous commencions une nouvelle histoire, engagés dans un processus insolite. J’éprouvais un grand vide intérieur, une lente descente au plus profond de moi-même, dans le secret du nœud vital situé sous la gorge. L’air que je respirais devint transparent. Je le sentais s’écouler et envahir mes poumons, les délivrant de leur lourdeur habituelle. Je discernais en moi-même l’enveloppe fragile de mon corps, mince pellicule de matière impalpable, semblable à celle des bulles de chewing-gum que je faisais étant enfant. Au-dedans plus rien que ta présence, ton parfum, ta beauté, ta tendresse et ton abandon miraculeux. Je ne distinguais plus rien au dehors, englouti dans la danse de tes cheveux sur mon épaule, dans la tendresse exprimée sans un mot d’une attitude qui ne t’était pas familière. Toi aussi, tu étais devenue inconsistante. Je ne sentais plus le repos de ton buste contre moi. Nous étions deux enfants redevenus virtuels, en devenir l’un envers l’autre, sans autre futur que notre attirance mutuelle.
07:24 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, roman, amour, recherche de soi |
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22/11/2019
été
Bouquet de baisers
Sens la chaleur de l’été
Plus rien n’existe
07:26 Publié dans 31. Pictoème, 46. Haïku | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haïku, pictoème, nature |
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21/11/2019
Chine immuable
https://www.youtube.com/watch?v=Tlsev6ZepqE
Voyage en Chine impériale. Chaque note se détache dans l’air. La note vibre, puis s’éteint remplacée par une autre. L’eau s’écoule dans la pensée et l’étouffe.
Le guzheng est un instrument de musique à cordes pincées traditionnel chinois de la famille des cithares sur table, dont les plus anciennes traces datent du IIIe siècle avant notre ère.
Il comporte généralement 21 cordes placées sur 21 chevalets mobiles utilisés pour accorder l'instrument; le nombre de cordes diffère selon le type de zheng (certains ont plus d'une trentaine de cordes).
Dans le cas le plus courant (21 cordes), l'instrument est accordé selon une gamme pentatonique, fréquemment en ré majeur (ré - mi - fa# - la - si). La tessiture de l'instrument est de quatre octaves (généralement du ré1 au ré5). L'instrument comporte souvent quatre cordes de la vertes, pour aider l'instrumentiste à se repérer visuellement.
(From = https://fr.wikipedia.org/wiki/Guzheng )
07:25 Publié dans 51. Impressions musicales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique chinoise, gamme pentatonique |
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