22/04/2020
Edward Hopper
https://www.youtube.com/watch?v=sWFewI_bfDA
La beauté derrière la banalité de la vie quotidienne.
Elle ne tient qu'à l'absence du décor social qui habituellement voile notre regard sur les choses.
La vie crue d'un homme du XX° siècle.
06:15 Publié dans 21. Impressions picturales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peintre, amérique, solitude, société |
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21/04/2020
L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (11)
Une fois dehors, Alexandro Barruez leva les yeux vers le ciel, puis se tourna vers la maison. Elle paraissait plus seyante que les autres avec sa porte centrale surmontée d’un linteau légèrement arrondi et ses fenêtres symétriques. Il se dit qu’ils avaient de la chance et qu’ils auraient pu plus mal tomber. Ajustant sa ceinture, il partit d’un pas vif vers la popote de la compagnie qui se trouvait à deux rues de là.
L’ambiance habituelle de ce premier jour d’un chef militaire dans une garnison battait son plein. Il entendit les hommes chanter avant d’arriver sur place. Cette tradition spécifique était propre à l’armée bolivienne. Curieuse tradition d’ailleurs. Les hommes appartenant à leur futur commandant pouvaient le jour de son arrivée, le considérer comme l’un des siens, avec tous les abus que permet une telle situation. Ils l’accueillaient par des chants, le tutoyaient, le faisait boire et pouvaient lui demander ce qu’ils voulaient. Celui-ci devait s’exécuter, bon gré mal gré. C’était, pour certains, un très mauvais moment à passer, et quelques commandants se vengeaient par la suite. Mais cela pouvait également être une agréable manière de faire connaissance et de créer des liens forts et durables. En fait tout dépendait des personnalités et du montage de ce jour par l’ancien commandant de compagnie. Dans le cas présent, celui-ci ne partait pas, mais restait aux ordres du capitaine comme lieutenant en premier. Il avait donc intérêt à ce que cette soirée se passe du mieux possible et que le capitaine en garde un excellent souvenir. Aussi Alexandro aborda-t-il cette veillée d’un œil bienveillant, sans aucun préjugé, ni crainte. Arrivé près de la porte d’entrée, dans la petite rue du village désertée par ses habitants qui connaissaient la coutume et ne voulaient pas y être mêlés, le silence se fit. Un guetteur devait probablement avoir prévenu la troupe de l’arrivée du capitaine. Celui-ci ouvrit la porte d’une poigne ferme et entra. La salle était vide, mais encombrée de meubles et de tonneaux, comme un entrepôt désaffecté. Il avança au milieu de la pièce, scrutant les interstices entre les tonneaux, cherchant les hommes de sa compagnie. Puis, il s’assit et attendit.
Un chant puissant monta des tonneaux, assourdi par leur couvercle dans un premier temps, puis plus distinct parce qu’ils furent relevés progressivement. Les hommes sortirent, un par un, pour se figer, solennels, déguisés en lépreux, dans des expressions d’horreur, de crainte ou de haine. Quelle étrange impression de voir ces hommes prenant des attitudes torturées. Le chant finit volontairement sur une note discordante. Puis se furent des cris, d’oiseaux, de fauves, une véritable ménagerie qui dura une minute au moins avant de s’arrêter nette, comme sur un coup de baguette magique. Un silence infini, long, sans pitié s’ensuivit, à faire trembler le corps et pleurer le cœur. L’un des hommes s’avança et pria le capitaine d’aller chercher ses femmes. L’idée avait dû leur venir en voyant la famille lors de son arrivée à l’entrée du bourg. Ils n’avaient pas prévus d’aussi charmantes compagnies et souhaitaient pouvoir prolonger ce moment. Ce n’était cependant pas l’habitude de ces soirées d’entrée en fonction qui se passaient généralement entre hommes. Interloqué, Alexandro eut un premier mouvement de refus. Mais il comprit très vite que cela serait maladroit. Après tout, elles ne risquaient rien et leur donneraient l’occasion d’un souvenir particulier. Il partit donc les chercher. Arrivé dans sa nouvelle maison, il leur expliqua la situation et leur demanda de s’habiller chaudement, car les nuits sont particulièrement froides dans ce pays désertique. Il revint avec sa femme et ses trois filles effrayées, se demandant ce qu’il allait leur arriver malgré les paroles rassurantes de leur père. Des cris de victoire les accueillirent. Des verres leur furent offerts, emplis de vin rouge, capiteux, qui laissait un arrière-goût de brûlure dans la gorge et un avant-goût d’ivresse dans la tête. Les filles durent boire au moins ce verre et se retrouvèrent grisées, mais conscientes de ce qui se passait. Alors un des hommes demanda au capitaine de leur raconter une histoire de guerre. Réticent, il fit semblant de ne pas entendre sous prétexte du vacarme qui envahissait la pièce. Sa femme le regardait et fut troublée de sa confusion. Mais il fut contraint par un ton autoritaire de s’exécuter.
07:46 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bolivie, chili, désert, guerre |
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20/04/2020
Clignotement
La longue main de mon regard au poing fermé dans la nuit noire
S’est avancée derrière la vitre pour se fermer sur l’obscure froideur
De la rue ouatée et transparente. À l’abri de l’enceinte linéaire
Du verre mobile et ondulé, j’ai tâté chaque recoin d’ombre
Comme un lac profond et frais dont on cherche vainement le fond.
J’ai caressé le velours frissonnant du halo de lumière,
Accroché en guirlandes éphémères sur les murs tièdes.
J’ai arrondi le creux de ma paume sur la boule de chaleur
Qui se creusait un nid douillet dans la courbe du globe oculaire,
Penchant la tête de côté pour bien me pénétrer de ce contact bienfaisant.
Et j’ai voulu aller plus loin, regarder les étoiles, les effleurer,
Comme, enfant, j’essayais vainement d’atteindre, à la surface du lac,
Les nombreuses lentilles d’eau qui dérivaient en étoiles marines.
Mais la joue écrasée, aplatie, sur le verre froid,
Je dus tellement tendre le bras, la main et les doigts,
Qu’ils tremblaient à l’instant de caresser la petite lueur.
Voilà pourquoi les étoiles clignotent à l’horizon.
02:34 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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19/04/2020
La déité
Il y a deux façons de se représenter la déité.
Dieu est un point pour celui qui le voit extérieur à lui parce qu’il ne l’a pas découvert. En fait, ce point c’est soi-même que l’on ne peut trouver parce qu’on ne le cherche pas vraiment.
Le point trouvé, on débouche sur l’infini. Mais dans cet infini, Dieu reste encore un point, bien qu’il soit tous les points de l’infini. Insaisissable, il est partout, mais est aussi autre et ailleurs.
09:04 Publié dans 61. Considérations spirituelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualité, déité, foi |
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18/04/2020
Distanciation
Il est deux heures. Je prends un café dans la cuisine après m’être levé dans le noir, avoir enfilé ma robe de chambre et être descendu par le petit escalier menant au rez de chaussée. Comme d’habitude, tout ceci se fait sans une véritable conscience de ce que je fais. Mes gestes sont machinaux, je ne pense à rien réellement, je cuits dans mon bouillon de pensée, sans savoir réellement ce que je fais. Mes gestes ne sont pas réellement vécu et soupesés, je me laisse aller dans la pesanteur de la nuit.
Et, brusquement, je me regarde faire, je contemple ce petit vieux qui semble radoter, qui se laisse aller dans ses attitudes mécaniques et ne voit pas son ridicule. Oui, je ne prends pas de distance entre moi et ce que je fais, la vie que je mène. Je ne vois pas mon esclavage et je vis dans l’habitude sans conscience des secondes qui passent, des minutes qui s’écoulent, des heures qui s’enchaînent, des jours accumulés dans un sommeil indécent, des mois sans distanciation par rapport à cette vie vécue, des années perdues par manque de concentration sur le don de la vie qui nous est donné.
Pourtant l’existence n’a pas d’âge, elle est tout simplement, immuable et grandiose, à condition d’y prendre garde, de ne pas s’endormir dans le brouillard du temps et de l’espace. Je vois maintenant le fond de l’existence comme un tableau qui défile, immobile, figé, dressé entre moi et la réalité. Je contemple la maison, la cuisine, les objets usuels qui m’appartiennent. Je vis au milieu d’eux, comme un autre objet, confondu avec eux, comme un décor de théâtre. Je ne suis qu’un élément du décor, sans dimension, sans aucune distanciation entre lui et moi. Tout s’écoule automatiquement, je ne suis qu’un objet parmi d’autres, qui remue un peu plus, mais la plupart du temps sans savoir ce qu’il fait, ce qu’il veut réellement, sans conscience de cette distance y intégrer entre son existence et son environnement.
Alors j’ouvre le dictionnaire et cherche le mot : distanciation, fait de créer une distance entre soi et la réalité. Il y a donc bien une réalité, bien réelle, qui est notre environnement, c’est-à-dire le monde qui nous entoure, que l’on observe et connaît par nos sens, et ce soi qui serait nous-même et que j’appelle moi. Je remarque aussitôt qu’il s’agit du « fait, pour un auteur, un metteur en scène, un acteur, de créer une certain distance entre le spectacle et le spectateur, afin de développer l’esprit critique de celui-ci, par le choix du sujet, par certaines techniques de mise en scène, par le jeu des acteurs[1] ». Mais ce n’est pas qu’un artifice de théâtre développé par Brecht pour désigner l'effet par lequel l'acteur se dissocie de son personnage . D’une manière générale, il s’agit du « recul pris vis-à-vis de ce qu’on dit, de ce qu’on fait, de ce qu’on montre ». Ainsi il y aurait mon personnage, celui que je regarde faire et moi, autre, prenant une distance par rapport à lui-même, s’observant agir et même penser d’une manière différente de ce qu’il fait habituellement. Je me regarde jouer ma vie sans y être impliqué pleinement, avec une distance entre ce moi qui me colle à la peau et un soi autre qui me fait vivre en relief, avec une troisième dimension qui ne lui est pas habituelle.
Mais je me demande aussitôt qui est vrai entre ces deux personnes, celui se fond dans le paysage ou celui qui se regarde vivre sans y mêler sensations, sentiments et raison. Cela suppose donc qu’il existe quelque chose d’autre en nous qui peut agir différemment et auquel on ne prend généralement pas garde. Celui-ci existe également. Mais qu’est-il ? Sans réponse immédiate à la question, je prends au jeu de la distanciation. Je voie le plan en deux dimensions dans lequel je vis, je me vois me voyant, comme la lentille d’une lunette qui réfléchit cette destinée et compare l’image à la réalité. Mais quel est le plus réel ?
Nous en reparlerons, bien que je n’aie pour l’instant pas de solution claire à ce défi : le moi ou le soi ?
[1] CNRTL, https://cnrtl.fr/definition/distanciation//0
03:32 Publié dans 11. Considérations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moi, soi, réel, penser, imaginaire |
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17/04/2020
L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (10)
La cuisine était une vraie cuisine, suffisamment grande pour cuisiner à plusieurs comme ils aimaient le faire le dimanche soir lorsqu’il n’y avait rien à faire que de préparer de bons petits plats. Ils s’engouffrèrent dans le couloir partant du salon qui donnait sur quatre portes vis-à-vis. Celle de gauche s’ouvrit sur une chambre spacieuse, vraisemblablement réservée aux parents. Elle possédait un lit double revêtu d’un dessus de lit en coton avec des motifs à fleurs. La cheminée était de petite taille, mais pratique. Une grande armoire de bois foncé munie d’une clé se tenait près de la porte. En face, à côté de la fenêtre, il y avait une petite table avec une chaise, permettant de travailler. Une lampe à huile, dorée, avec son demi-globe plein de liquide, la surmontait. Mais les enfants étaient déjà partis vers les trois autres portes. En face de la porte des parents s’ouvraient une chambre aussi grande, avec deux lits, puis une autre chambre plus petite, où se tenaient un lit, une table de nuit et une chaise. La dernière porte, dans le prolongement de la chambre des parents, donnait sur une salle de bain qui comportait un meuble de toilette avec un broc et une bassine en faïence à décor imprimé et, dans un coin, une baignoire vétuste en zinc. Toutes les chambres, ainsi que le couloir, étaient revêtus de papier peint à fleurs de couleurs différentes.
Le cœur d’Emma était quelque peu serré. La maison manquait de personnalité. En réalité, elle regrettait l’ancienne garnison, ses amies, l’école des enfants. Ici, ce n’était qu’un village, avec peu d’habitants et des gens simples. Où trouverait-elle de quoi s’occuper ? De plus, ce village se trouvait près de la frontière convoitée par les Chiliens. Bien que le capitaine n’en ait pas parlé, elle sentait une certaine tension en lui. Il restait calme, semblable à lui-même, mais néanmoins au ton de sa voix, elle comprenait l’inquiétude qui l’avait pris dès l’instant où il avait su qu’il était affecté à San Pedro. Elle ne s’était cependant pas inquiétée, sachant sa rigueur et la sûreté de son jugement. S’il est venu, c’est qu’il pouvait venir avec eux, sans problème.
– Je suis invité au mess ce soir, comme à chaque entrée en garnison. Je rentrerai probablement tard, alors couchez-vous et ne m’attendez pas. Il prit son arme de service, l’ajusta dans son étui, mit son chapeau et sortit.
03:39 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bolivie, chili, désert, guerre |
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16/04/2020
Maxime
Le rôle de la raison n'est pas de contraindre l'amour, mais de l'aider à s'épanouir.
03:39 Publié dans 11. Considérations diverses, 45. Maximes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sagesse, réflexion, maxime |
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15/04/2020
Remparts d’argile, film de Jean-Louis bertucelli
Des remparts d’argile, tels sont en effet les seules défenses du village de Tchouda en Algérie, où les
hommes n’ont, pour se défendre contre l’oppression de la ville que la grève sur le tas et l’attente. L’attente est probablement le thème du film : attente au sens musulman du terme, c’est-à-dire soumission aux évènements ou opposition passive, soumission à la vie quotidienne, dure et austère, opposition passive à l’oppression et au destin. Cependant le visage nouveau de ces pays apparaît avec la révolte de Leila qui quitte son village et refuse l’esclavage traditionnel de la femme.
C’est un vieux film, sobre, très poétique dans son expression silencieuse et les images du pays sont saisissantes de beauté.
03:05 Publié dans 13. Cinéma et théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, maghreb, rapport femme-homme |
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14/04/2020
L'intention
Ce qui compte n’est pas ce que l’on fait,
mais avec quelle intention on le fait.
Essaye-toi à tous les métiers,
Fouille toutes tes possibilités d’action,
Mais avant tout contente-toi simplement d’agir
Sans jamais t’enorgueillir de ce que tu fais.
Sois détaché, dédouble-toi,
Regarde ton moi agir, mais reste dans le soi.
© Loup Francart
03:32 Publié dans 45. Maximes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spirutalité, action, méditation |
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13/04/2020
L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (9)
Quelques applaudissements saluèrent ce discours, puis tous de mirent à parler de leurs impressions de ce premier contact. Les hommes admirèrent la résolution du capitaine. Les femmes s’extasiaient sur la famille et, en particulier sur Emma qui paraissait sereine. Certains enfants avançaient déjà vers les trois sœurs, tendant la main à la moins intimidante, c’est-à-dire la plus jeune. Mais Alexandro fit gentiment signe qu’ils souhaitaient faire connaissance avec leur maison et pouvoir se reposer. Tout ceci se passa simplement, sans aucune fausse note, au grand soulagement à la fois de la famille Barruez et des notables.
Le maire du village leur proposa de les accompagner jusqu’à la maison mise à leur disposition. Traversant la place, ils s’engagèrent dans la rue principale pour s’arrêter assez vite devant une maison plus grande que la plupart, dont il ouvrit la porte avec une clé qu’il remit à la femme du capitaine, s’effaçant pour les laisser entrer. Le lieutenant major choisi ce moment pour dire au capitaine que lui et ses hommes l’attendaient pour la soirée à leur popote, comme c’est de tradition le premier jour d’une arrivée. Puis il salua, fit un demi-tour réglementaire et partit. Le maire en profita pour prendre congé avec les deux autres notables qui s’étaient maintenus discrètement en arrière.
– Allez, je ne vous retiens pas, leur dit Alexandro Barruez. Tous nos remerciements pour votre accueil et pour cette charmante maison dans laquelle nous nous plairons, j’en suis sûr.
Ne restaient plus que les trois soldats qui débarrassaient le chariot des bagages de la famille et les entassaient dans l’entrée, tant bien que mal. Lorsqu’ils eurent finis, ils saluèrent, acceptèrent le pourboire que leur tendait la femme du capitaine et sortirent.
– Ma chère Emma, ce n’est pas ce que nous avions souhaité, mais cette maison me semble fort sympathique. Venez les filles, faisons le tour du propriétaire. Le capitaine entra d’abord dans le salon, suffisamment grand pour la famille, dont les meubles, bien que modestes, n’avait rien à envier avec ceux dans lesquels ils vivaient auparavant.
– Oh, regardez, le tableau sur la cheminée, quel air prétentieux ! dit Ernestina en tendant le doigt vers le portrait d’un vieil homme à l’air solennel.
– Ma foi, tu as raison, il ne paraît guère engageant. J’avoue que je ne sais de qui il s’agit, répondit le père. La dernière fille, Libertad, se mit devant le tableau et fit une grimace au personnage, lui signifiant par là qu’elle se moquait bien de son air pincé. Sa mère sourit, mais lui fit cependant la remarque de se tenir correctement. Ils passèrent dans la pièce suivante, la salle à manger, probablement. Celle-ci était meublée de chaises revêtues de cuir noir avec des clous dorés et travaillés. La cheminée était ici surmontée d’une glace et ils se virent tous, un peu fatigués, dans cette pièce nouvelle, inconnue. Un large buffet se tenait dans un coin, deux fauteuils complétaient l’ameublement qui, somme toute, pouvait convenir. Le capitaine tenait à ce que ses femmes se sentent à l’aise, sachant trop bien combien de temps il passait au dehors pour s’occuper de la troupe.
03:53 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bolivie, chili, désert, guerre |
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12/04/2020
Résurrection
Le Christ est ressuscité !
Le poids du monde s’en est allé
L’esprit dépasse la pesanteur
Chaque atome devient poussière
Et promesse d’éternité…
En un instant, le monde se reconstruit
Et toi, comme un homme ivre
Tu contemplec la danse de la vie
Et te laisses lier par ta conviction
Il est la résurrection et la vie…
L’univers s’engendre à chaque instant
Dans le tourbillon de la vie et de la mort
L’esprit t’engendre au-delà de l’existence
D’un moment privilégié et unique pour tous
La vie humaine devient vie divine…
© Loup Francart
04:41 Publié dans 61. Considérations spirituelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pâque, vie spirituelle, foi |
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11/04/2020
Le coco confiné
L’avez-vous vu ?
Il est arrivé il y a quelques jours
Le co… Le coco… le corona…
La nana… Non , la carina…
Oui, la cocotte l’a cuite…
Mais, de cui s’agit-il ?
Ben quoi, du cocu…
Cui nous a été refilé par les cornistes
Celui qui a des corps aux pieds
Et des trompes dans les oreilles…
Non, je parle du coco…
Du corona … du cornard
Celui qui cocotte des pieds
Et qui m’a filé son virus
Au dernier virage de l’hiver
Tous nous avons fui
Dans notre boite à puces
Et le puceau a tourné en rond
Pour chopper les retardataires
Alors les comptables s’y sont mis :
Quelques dizaines contaminées
Qui proliférèrent comme des lapins
Et devinrent quelques centaines hospitalisées
Et, malheureusement quelques milliers décédés
Non, c’est l’inverse, les décidés sont moins de dix
Seuls, les centaines sont en hostilité
Non en hôtellerie… heu… sûrement en hôpitaux
Et les milliers restent chez eux, cons finis
Non, confits… heu… confinés…
La grande majorité n’a rien, rien de rien
On ne les voit plus
Juste un peu de fumée sur leur cheminée
Certains disent qu’Il faut se tenir chaud dehors
Pour qu’il meurt dedans
Enfin quelques-uns grelottent
En attendant les têtes… Heu, les tests
Non, le testament de la vieille tante…
Ah, je ne sais plus, tous parlent
Les compatis attendent la fin les confettis
Non, du boniment sur le confinement
Enfin, bref, des vacances dehors
En laissant leurs virus dedans
Hum… Je crois plutôt que c’est l’inverse
Virons le dedans et confiez-nous le dehors
Ou… plutôt… prenons les vacances sans lui
Le covid n’a rien puisqu’il est vide
Le corona est couronné et vaut de l’or
Mieux vaut mourir du corona
Qui pèse son poids d’homme
Que flotter dans l’absence de vêtement
Même s’il arbore le 19
07:01 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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10/04/2020
La connaissance
La connaissance, c'est connaître son ignorance et la vouloir.
07:02 Publié dans 61. Considérations spirituelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : connaissance, inconaissance, spiritualité |
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09/04/2020
Premiers rayons... de confinement
L’herbe se replie,
Les hannetons font des loopings,
Les rayons du soleil t’assomment,
L’eau coule dans ton cou,
Les dieux te réchauffent
De leurs ailes protectrices
Sentiment d’irresponsabilité
L’air devient transparent
Je vois l’ombre des filaments
S’entortiller autour des portes
Empêchant leur ouverture
Adieu la vie, tout devient blanc
Seule la tête fonctionne encore
Cahin-caha, à la va-comme-je-te-pousse
Pour le bonheur des vers de terre
Qui s’inclinent dans le crépuscule
Oui, le confinement est finement rond
Il t’englobe de nuages fiévreux
Et t’encourage à dire à tous :
« Les monts sont comme les fleuves
Des outres pleines d’absence
Que les enfants percent d’un coup d’épingle… »
© Loup Francart
05:36 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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08/04/2020
L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (9)
Le capitaine Barruez s’engagea sous le portail, salua le drapeau bolivien qui flottait au vent, et se dirigea vers le lieutenant major avec lequel il échangea un salut réglementaire suivi d’une longue poignée de main. Ensemble, ils passèrent en revue la section d’honneur. Don Domingo Carrienga n’avait pas l’air particulièrement réjoui de voir le capitaine. Il allait perdre sa prestance auprès des habitants du village et le commandement provisoire de la compagnie. Mais il allait gagner en liberté et en tranquillité. Il ne savait s’il devait se réjouir ou s’attrister. Aussi prit-il un air déférent, sans autre attitude particulière.
Le capitaine vit alors le maire avancer d’un pas, inclina légèrement la tête et se présenta : « Rodrigo Podeglia, maire du bourg depuis 8 ans, très honoré de recevoir un défenseur de la patrie ! » Puis ce fut le tour du juge, engoncé dans sa dignité, et du jeune commissaire, intimidé par la franchise du regard du capitaine. Celui-ci serra également les mains des propriétaires terriens et de quelques autres hommes qui se pressaient autour de lui. Voyant qu’il ne pourrait saluer chacun, il monta sur une petite borne et dit un mot à l’usage de tous :
– Nous sommes heureux d’être arrivés. Le voyage fut long et fatigant, mais quel bonheur d’arriver dans une ville où tous vous attendent et vous saluent avec tant de chaleur. Merci pour votre accueil si vivant qui nous va droit au cœur. Je vous présente ma femme, Emma, que vous apprendrez à mieux connaître, et mes trois filles, Abigaël, Ernestina et Libertad.
Celles-ci firent une sorte de petite révérence devant les autorités, puis vers la foule qui souriait. On entendit quelques murmures admiratifs :
– Quelles sont mignonnes !
Mais le capitaine poursuivait :
– Je sais que pour vous tous la situation est difficile. Vous êtes en première ligne dans notre conflit avec le Chili. Le gouvernement m’a nommé à ce poste pour vous protéger et préserver l’intégrité de la nation. Je le ferai en tout lieu et à tout moment, quelles que soient les circonstances. Moi et la compagnie qui vous défend y veilleront à toute heure du jour et de la nuit. Cela n’implique de votre part qu’une obéissance aux consignes et une capacité à observer tout ce qui peut vous paraître anormal. Sur ce, pardonnez-moi, mais nous sommes fatigués et devons encore nous installer. Alors, bonne soirée à tous !
07:37 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bolivie, chili, désert, guerre |
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07/04/2020
Parution de "Divagations japonaises" (pictaïkus)
Il est paru ! Ce fut long à préparer, mais il est maintenant accessible sur Amazon et sur ma chaîne YouTube.
Un haïku est un petit poème extrêmement bref visant à dire et célébrer l'évanescence des choses.
(https://fr.wikipedia.org/wiki/Ha%C3%AFku)
Cependant, dans cet ouvrage, Le pictaïku associe la forme poétique particulière des haïkus à l’art pictural abstrait, ce qui entraîne une certaine distance par rapport aux règles japonaises du haïku et introduit une approche différente du haïku utilisé seul. Souvenez-vous des pictoèmes, association d’un poème et d’une image, que celle-ci soit dessin, tableau ou photo[1]. Le poème est incomplet sans cette image et inversement celle-ci éclaire le poème. Les deux forment un ensemble indissociable évoquant un instant, une émotion, un sentiment, voire une histoire ou même un concept.
Alors, ne soyez pas surpris. Foin des règles, inventons. Ce qui compte est la surprise de l’association et l’émotion qu’elle procure.
Pour visionner la vidéo de présentation de l’ouvrage :
https://www.youtube.com/watch?v=phUFKpPVtD4
ou encore sur la chaîne YouTube :
https://www.youtube.com/results?search_query=loup+francart
Pour voir quelques extraits du livre et le commander :
https://www.amazon.fr/Divagations-japonaises-Picta%C3%AFk...
Nous vous souhaitons un bon visionnage et une bonne lecture et surtout, si l’idée du livre vous plaît, n’oubliez pas de cliquer sur "J’aime" (le poing bleu au doigt tendu).
Bon confinement.
07:19 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouveau livre, haïkus, poèmes, poésie, art cinétique, art abstrait, art visuel |
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06/04/2020
Chercher ou non ?
Plus on cherche Dieu, moins on le trouve. Mais si on ne cherche pas, on ne le trouve pas.
Dieu ne se cherche pas, ne se trouve pas. Il Est. Il vient quand il veut et l’homme ne peut rien y faire, sinon se persuader qu’il n’est rien et ne peut rien.
05:15 Publié dans 61. Considérations spirituelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualité, sagesse, philosophie |
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05/04/2020
La vie
Une vie, quelle aventure !
Au début, toujours chercher ce que l’on n’a pas,
Gloire, amour, richesse, beauté, notoriété,
Records, créativité, connaissance ou paix,
Sans jamais se lasser ni se laisser éconduire ;
Ensuite jouir quelques temps, de satisfaction, puis d’ennui ;
Enfin chercher toujours, au-delà de nous-même,
Dans les plis du temps et l’espace des pensées,
Un autre moi que l’on appelle le soi
Qui, un jour, deviendra le Tout ou le Rien,
Selon la façon dont on a vécu sa vie.
© Loup Francart
07:05 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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04/04/2020
L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (8)
Celles-ci se sentaient bien dans leur peau. Joyeuses, guillerettes, parfois malicieuses, attendant tout de la vie, prêtes à la manger à pleines dents. Elles n’avaient pas rechignées lorsqu’ils avaient fallu partir subitement de leur dernière garnison. Certes, elles regrettaient leurs camarades, leur maison et surtout une vraie ville pourvue de nombreux habitants. Mais elles avaient l’habitude de changer de résidence pour des endroits inconnus et plutôt que de regretter le passé, elles se tournaient vers l’avenir : qu’allons-nous trouver à San Pedro ? Y aura-t-il des garçons intéressants ? Aurons-nous chacune notre chambre ? Comment allons-nous occuper nos journées ? Bref, toutes les questions que se posent des jeunes filles lorsqu’elles arrivent en un lieu nouveau. Alexandro se félicitait de sa famille qui lui donnait plus que des satisfactions, un bonheur intense. Aussi s’était-il juré de prendre soin de sa femme et de ses filles, de ne rien risquer qui puisse les mettre en danger. Mais ces réflexions ne sont plus de mise. Ils étaient là, à la porte de leur nouvelle garnison, et ils devaient faire bonne figure.
Entretemps, le lieutenant major, Don Domingo Carrienga, avait rassemblé une section, l’avait fait mettre en grand uniforme et l’avait fait rassembler, aux ordres du chef de section, sur deux rangs de part et d’autre de la lourde porte d’entrée. De même, les notables avaient eu le temps de revêtir leur habit de cérémonie et de se rassembler au-delà de la section. Il y avait là le maire, Rodrigo Podeglia, un homme replet, vêtu d’une redingote gris foncé, coiffé d’un semblant de haut de forme, satisfait de se montrer sous son meilleur jour ; le juge de paix, fonction plus honorifique que réelle, car il ne s’agissait que d’un bourg d’environ 2000 habitants, qui portait le bas de sa robe sous son bras avec une dignité assurée ; enfin un tout jeune commissaire de police sortant de l’école, la tête étonnée, surmontée de cheveux blonds, donc très remarquable. Les rares propriétaires terriens les entouraient, certains encore dans leurs vêtements de travail, d’autres ayant eu le temps de revêtir leur poncho en laine de mouton et de se coiffer de leur chapeau feutré. Enfin, la population se pressait derrière eux, chuchotant à voix basse, le chapeau à la main, à la fois réjouie et inquiète. Les femmes, enveloppées pour la plupart de jupes rouges jusqu’aux chevilles, se tenaient légèrement en retrait, certaines portant leur bébé, d’autres des besaces en laine, emplies d’objets. Seuls les soldats qui montaient la garde regardaient au loin, selon les consignes données par leur chef de section.
07:05 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bolivie, chili, désert, guerre |
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03/04/2020
Le lac des grenouilles
https://www.youtube.com/watch?v=nWXmHEwtreY
07:58 Publié dans 12. Trouvailles diverses | Lien permanent | Commentaires (0) |
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02/04/2020
Avenir personnel
A vingt ans, le nombre de possibilités heureuses ouvertes devant soi paraissent infinies. Peu à peu, cette ouverture se resserre. On imagine plus facilement l’avenir, il semble de plus en plus tracé. Pour certains, il devient même inexorable et oppressant.
Il y a pour chacun un équilibre à réaliser : garder une certaine ouverture, mais avoir une direction d’avenir ; avoir un but, mais ne pas en être prisonnier.
04:21 Publié dans 11. Considérations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avenir, philosophie, intimité, volonté |
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01/04/2020
Premier avril
Comme un poisson dans son bocal
L’être s’étouffe du peu d’air frais
Que lui offrent les thaumaturges
Comment pousser ces murs de verre
Et dévoiler la fraîcheur de la nuit ?
L’ange passe par là et tend la main
L’être part sens dessus-dessous
Dans une valse lente et pimentée
D’étoiles et d’astres tourbillonnants
C’est le premier avril, jour des poissonniers
De papier et d’amour des enfants
Pour dire aux adultes leurs rires
03:32 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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31/03/2020
L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (7)
L’ensemble prenait son temps, le capitaine et sa femme ne se répartissant jamais de leur calme. Ils passaient devant les défenses de la ville avec indifférence et modestie, sans volonté de se montrer, de se faire admirer, comme s’ils poursuivaient leur chemin et qu’arrivés à l’entrée du bourg, ils allaient repartir vers l’endroit d’où ils venaient. Et pourtant, ce ne fut pas ainsi que cela se passa. Parvenu devant la porte d’entrée, le seul passage pour franchir les remparts de bois, l’attelage s’arrêta ; le capitaine, passa la jambe droite par-dessus l’encolure, mit pied à terre, lâchant les rênes sans que le cheval ne bouge, s’approcha du chariot et tendit la main droite à sa femme qui descendit avec grâce. Ensemble, ils se dirigèrent derrière le fourgon et aidèrent trois adolescentes à descendre. Un murmure accompagna cette apparition. Vêtues de robes rouges, elles regardaient ce village qui allait devenir leur décor pendant une année au moins. L’une d’entre elles se pencha vers les deux autres, dit brièvement quelque chose qui les fit sourire. Une autre leva la main comme pour un signe de reconnaissance, l’agitant pour dire sa joie d’être arrivée. Mais très vite, elle reprit un maintien irréprochable. Ensemble ils se dirigèrent vers la porte grande ouverte, encombrée des curieux qui s’y pressaient. Quelle entrée ! Les notables, déjà descendus des remparts, se précipitèrent et se mirent en rang pour les accueillir. Les habitants du village se bousculèrent un peu pour avoir une place qui leur permettait de voir la femme et ses filles, avides de connaître celles qui allaient désormais habiter avec eux.
L’intention du capitaine Barruez en faisant cette manœuvre inattendue n’était pas de se faire valoir inutilement auprès des habitants de San Pedro, mais de montrer sa sérénité et sa tranquillité d’esprit à une population qu’il supposait inquiète. Ce premier objectif qu’il s’était fixé lui semblait indispensable pour pouvoir par la suite enlever les doutes, interrogations, questions à ses ordres en cours de bataille. Il lui fallait emporter l’adhésion des habitants d’un simple mot, voire d’un seul coup d’œil. Il avait imaginé ce stratagème lors de sa dernière étape entre Calama et San Pedro, en examinant le plan du bourg. Certes, un tel comportement risquait de laisser croire aux habitants San Pedro que le nouveau capitaine les dédaignait et paradait devant eux pour montrer qu’il était le maître. Mais même la peur peut être utilisée pour obtenir l’adhésion si, dans le même temps, on fait preuve de respect envers chacun et chacune. Aussi lorsqu’il eut fini son tour de la ville malgré la chaleur et l’attente du réconfort d’une pièce fraîche, il fut soulagé de constater que la majorité de la population était là, dans le but de faire sa connaissance.
N’allez pas croire qu’Alexandro Barruez était un homme calculateur et sans sentiments. Il ne cessait dans le même temps de penser à sa famille. Sa chère Emma, en premier lieu. Cette frêle jeune femme faisait son admiration. Jamais un mot de reproche, de crainte, de lassitude. Elle le regardait avec ses yeux clairs, ouverts sur le monde, et il ne voyait en eux que cette transparence que seuls les êtres purs savent transmettre. Il fermait les yeux et aussitôt sentait monter en lui cette envie de la toucher, de l’embrasser, de lui parler, de se réjouir avec elle de la vie, éventuellement de pleurer et de se consoler ensemble. Elle ne prétendait rien d’autre que de le rendre heureux. Sa seule ambition : fonder une vraie famille. Ils avaient eu trois filles et avaient dû renoncer à avoir un autre enfant car, depuis son dernier accouchement, elle ne pouvait plus enfanter. Elle avait bien pris cette fatalité et s’était consacrée amoureusement à ses trois filles, sans cependant les couver et les inhiber.
04:13 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bolivie, chili, désert, guerre |
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30/03/2020
Sombre
La barbe fournie
humant la folie marine
voyait-il le ciel ?
03:05 Publié dans 31. Pictoème | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pictoème, poème; poésie, paysage |
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29/03/2020
Vie collective
Vie collective, une plaisanterie subie : Chaque homme, seul, au milieu de tous. Et chacun se referme sur son monde comme un enfant abandonné.
Trouver l’amour au-delà des visages.
01:37 Publié dans 61. Considérations spirituelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société, collectivité, solitude, amour |
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27/03/2020
En toute liberté
Les animaux sont en vacances
De mémoire d’homme, cela fait longtemps
Qu’une telle chose ne leur est pas arrivée
Hier même, je courais dans la campagne
Lorsque je vis un chevreuil curieux
Sortir la tête d’un champ de colza
Me narguer à deux longueurs d’humain
Puis décider de bondir au-dessus de la route
D’un envol majestueux et puissant
Pour gambader dans un pré à l’herbe rase
Et poursuivre sa route paisiblement
Sautillant du derrière comme un elfe
Semblant me dire à voix basse :
« Ne bouge pas, le virus est près de toi ! »
Ce matin, au lever du soleil
Un étourneau est venu nous réveiller
En cognant au carreau effrontément
Nous crûmes d’abord qu’il dormait encore
Mais il recommença plusieurs fois sa demande
Montrant sa tête environnée de plumes
Dans une effervescence de bon aloi
Osant même, d'un clin d’œil espiègle
Nous dire avec douceur : « Viens, viens
Il est temps de se lever, le soleil est là ! »
Alors nous nous sommes redressés et il partit
À tire d’ailes dans le froid de l’aurore
Même les vaches n’ont plus le même regard
Nous ne les intéressons plus
Elles ne vous jettent pas un demi-œil
Ne s’intéressant qu’aux pissenlits doucereux
Trempant leur museau dans l’eau sale
Du chemin boueux sur lequel vous vous trouvez
Il y a trois jours, je longeais le chemin
Autorisé par un papier plié dans ma poche
Lorsqu’une belette se précipita sous mes pieds
Soit elle ne m’avait pas vu ou entendu
Soit elle montrait son peu d’attention
Aux humains inoffensifs en ces jours de vacances
Elle disparut prestement lorsqu’elle comprit
Qu’une chaussure est portée par un homme
Oui, c’est la grande décontraction
Chez les animaux de toute taille
Étonnés du silence impressionnant
Qui règne sur une campagne déserte
Laissant libre cours aux espiègleries
Dans le dos des humains qui ne disent mot
© Loup Francart
07:22 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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25/03/2020
L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (6)
Ils virent le cavalier étriller les chevaux, puis se raser et enfin revêtir un uniforme d’apparat. Dans le même temps, des formes s’agitaient à l’intérieur du chariot. Puis l’attelage repartit, solennel, au pas, comme pour une lente procession, et se dirigea vers la porte. Mais arrivé à cinq cent mètres de l’entrée, l’ensemble tourna à gauche, rejoignit le chemin qui longe le rio Puritama et, suivant son lit, revint vers l’entrée le long des défenses en bois derrière lesquelles quelques habitants les observaient. Le cheval gris de l’officier avançait d’un pas lent, une sorte de pas d’école qui rendait plus majestueux encore ce défilé improvisé et surprenant. Les militaires observaient, curieux, certains riant et se moquant de cette mascarade. Mais peu à peu, un certain respect se lut dans leurs yeux. Leurs commentaires se calmèrent et ils regardaient, médusés, cet attelage se diriger vers la porte d’entrée. Les habitants s’étaient mêlés aux soldats, jusqu’aux notables, c’est-à-dire le juge de paix, le commissaire de police et le maire. Tous se demandaient ce que signifiait ce lent cheminement, ce petit tour d’honneur, gratuit, entamé par le capitaine, dont ils commençaient à entrevoir la silhouette. L’homme semblait bien fait, grand, mince, dominant sa monture qu’il dirigeait d’une seule main. Celle-ci était de velours, semblait ne rien faire et pourtant ce cheval avançait majestueusement, levant les antérieurs plus haut qu’un simple pas et accompagnant cette démarche d’un déhanchement qui lui donnait encore plus de puissance.
Le chariot attelé de deux chevaux alezans était conduit par une femme, son épouse sans doute, qui se tenait assise bien droite, mais pas figée, naturellement à l’aise comme si personne ne l’observait. Elle regardait au loin, faisant de l’horizon sa destination. Sa robe bleu clair brillait au soleil couchant, tranchant sur la poussière qui avait envahi l’attelage durant les jours de marche. Ses cheveux blonds flottaient sous la légère brise du soir, lui donnant un air provoquant de satiété et d’indépendance. sur ses lèvres, un léger sourire se dessinait, non de défi, mais de bien-être, comme si elle faisait le tour du bois dans une ville de province un soir d’été pour se détendre d’une journée chargée de milles projets menés à bien. On devinait vaguement trois jeunes filles qui se tenaient sous les montants de toile.
03:18 Publié dans 44. Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bolivie, chili, désert, guerre |
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24/03/2020
Confinement
Plus un mouvement
Le temps s’est arrêté
L’humain n’ose bouger
Seule la nature poursuit
Sa ronde, impavide
Plus un bruit
Les mouvements ont cessé
L’homme ne se déplace que dans sa boite
Seuls les animaux vivent
Leur vie, étonnés
Plus un chat
La guerre a mis fin
A la lutte finale
Seuls les enfants rient
et impriment des mots, réjouis
Plus de caresses
L’apathie s’est installée
Le cerveau est embué
Seul le silence règne
Sur la campagne, étouffant
Plus même un regard
Chacun contemple le vide
Et rêve au temps bénit
Ou seules les paroles emplissaient la rue
Et courraient entre les maisons, libres
Aujourd’hui, plus rien n’atteint
L’humain cloitré dans sa boite
Il n’ouvre plus la bouche
Seul, il regarde le ciel et murmure :
Qu’avons-nous fait au Bon Dieu ?
06:01 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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23/03/2020
L'inconscience
03:44 Publié dans 32. Pictoème musical | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, dessin, musique = pictoème |
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22/03/2020
Entends-tu ?
Qu’ouïs-je ?
Non, je ne ouïs rien.
Je n’ouïs que le silence.
Et l’autre, me ouït-il ?
Jouis-je ?
Oui, je jouis de tout.
Je jouis de l’absence.
Et l’autre jouit-il ?
Ouïs-je la jouissance
Qui coule dans mes veines ?
Oui, je m’épanouis
Sans même m’évanouir.
Mais non, le béni-oui-oui
Ne peut jouir sans ouïr.
C’est inouï ; il se réjouit
Et… S’enf(o)uit…
© Loup Francart
03:54 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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