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09/04/2016

Un trompe l'oeil musical

Ecoutons ce Chœur des anges. Il fait penser à la musique méditative ou aux musiques de relaxation que l'on trouve en quantité sur You Tube.

https://www.youtube.com/watch?v=hOVdjxtnsH8

C'est en fait une technique qui permet de ralentir de 800% l'exécution de l'Ave Maria de Caccini, que nous pouvons entendre ci-dessous:

From : https://www.youtube.com/watch?v=bAULcisUEGw

 

dont voici une des multiples partitions :

 Afficher l'image d'origine

04/04/2016

L’hymne du Chérubin, de Piotr IllitchTchaikovsky (1840-1893)

https://www.youtube.com/watch?v=vyFkPd6fEuI

Même si l’enregistrement n’est pas de très bonne qualité, écoutons cet hymne construit sur quatre notes descendantes qui s’enchevêtrent avant de prendre leur indépendance dans une totale harmonie.

Le chant orthodoxe est d’une autre conception que le chant de l’église catholique. Il aide à entrer dans le mystère le plus profond pour l’homme, celui de son origine et de son devenir. Il comble de miel ce vide intense que laisse le déroulement d'une vie sans repère.

05/03/2016

J.S. Bach Fugue in G minor BMW 578

http://www.youtube.com/watch?v=0kc81fkeN28&feature=re...


Une Magnifique interprétation du quartet de llevant de llevant.

La musique, c’est la vie avec Jean-Sébastien Bach.

Promenade un matin d’été, descente vers la rivière et plongeon dans l’eau fraîche…

03/02/2016

Le chant du violoncelle

https://www.youtube.com/watch?v=Ry4BzonlVlw

L’interprétation de cette Suite pour violoncelle N°1 en Sol Majeur Bwv1007 de Jean-Sébastien Bach est osée et n’a pas dû être facile à enregistrer, mais n’est-elle pas enchanteresse.

Ajouter un accompagnement à la suite, il fallait y songer !

30/01/2016

Une prestation de l'Ensemble MultiPiano

https://www.youtube.com/watch?v=7OwQOb6bd1M


 

24/01/2016

Air de la 3ème suite pour orchestre de J-S Bach

https://www.youtube.com/watch?v=rrVDATvUitA

La beauté changera le monde. Y croyons-nous ?
Oui, certainement, lorsque l’on écoute cet air. Deux voix s’interrogent et se répondent sans cesse, dans un dialogue accompagné par la lente marche rythmée des violoncelles.
C’est un duo de bonheur inépuisable qui semble ne jamais finir, qui monte en vous, tourne autour de vous, vous emporte dans un autre monde, plus riche, plus puissant et plus tendre à la fois. Votre âme se dilate, s’élève hors de toute pensée, dans le simple frémissement de sa transparence. Vous ne connaissez plus le quotidien, seule la luminosité du présent vous attire.
Mais est-ce le présent ? Vous ne savez. Ce présent devient éternité et ces secondes éternelles se prolongent au delà de la conclusion de la pièce. Et vous comprenez tout à coup, avec certitude, que l’éternité ne peut être vécue seule, que c’est cette osmose entre toutes les parties de votre être qui vous permet de vous accomplir, symbolisée par ces trois voix, les deux airs enchevêtrés des violons et le lent martèlement de tendresse des violoncelles.
Et votre âme s’évade encore lorsque vous écoutez à nouveau cet air si plein de beauté miraculeuse, qui vous fait toucher votre miracle personnel, celui du monde et celui de l’infinie tendresse de Dieu.

15/01/2016

La mélodie, de Francesco Tristano et Carl Craig

https://www.youtube.com/watch?v=ZFHD9QpQDFA

Peut-on parler de mélodie? J’en doute. Mais cela n’empêche pas cette pièce d’avoir de la beauté. Elle commence comme une complainte ou une berceuse, puis se noie dans le rythme qui très vite se complique, se complète entre le piano et l’électronique. Rencontre de deux musiciens de formation totalement différente ; un pianiste classique, Francesco Tristano, et un branché de la techno aux machines analogiques, Carl Craig. Impressionnant !

Voici une autre version de La Mélodie, plus électronique, dans laquelle le piano est plus en sourdine, mystérieux, d’un charme différent, mais tout aussi sensuel.

https://www.youtube.com/watch?v=xKYAelOzf8s


 

 

04/01/2016

Le tabourin, de Jean-Philippe Rameau

https://www.youtube.com/watch?v=nshsFUN91Gc

Ceci est la pièce brute, très belle, simple, une petite merveille de composition.

Mais il existe des adaptations très savantes telles que celle-ci, de Godowsky, pianiste et compositeur polonais et américain (1870-1938) :

https://www.youtube.com/watch?v=cXl3CoKaoEg

Eh bien, je préfère la première dans toute sa simplicité et son élégance !

27/12/2015

2cellos

Un duo extraordinaire de violoncellistes. Ils sont slovène-croates et s'appellent Luka Šulić et Stjepan Hauser. Aussi à l'aise dans la musique classique que dans le rock ou la pop, ils manient leur archet avec virtuosité, sortant du violoncelle des sons insolites, mais envoûtants d'énergie condensée.

17/10/2015

Voix bulgares

https://www.youtube.com/watch?v=7gaQMUecZQc

Comment ne pas résister à ces voix qui nous disent la beauté des montagnes bulgares et le bien-être des rencontres humaines. Pourtant ces voix ne sont pas travaillées à la manière occidentale en utilisant la résonance du pharynx. Elles sortent le plus souvent directement de la gorge (exemple en 19:00), style de chant inacceptable en musique classique.

On pourrait penser au chant corse dans la manière d’improviser sur la note de départ, s’éloignant progressivement de celle-ci en commençant par des écarts d’un seul ton, forme inusitée également en musique classique. Celle-ci tourne autour de la voix principale, s’enroule comme un serpent autour de celle-ci, revenant souvent à l’accord de seconde, caractéristique du chant bulgare.

Le chant est souvent rompu par des changements de rythme, comme un vent de folie dans l’écoulement du temps et des choses.

Enfin, quatrième caractéristique, le chant est parfois rythmé par la parole, un peu à la manière du chant parlé (si l’on peut appeler ainsi ce genre) ou du spoken word ou encore du slam.

Cela peut devenir une véritable cacophonie comme en 39 :12. Mais même celle-ci est belle en ce sens qu’elle exprime la particularité du pays, la résonance des voix au travers des montagnes, le son des cloches se propageant dans la froideur de l’air.

 

16/09/2015

Campus Stellae, chants sacrés du XIIème siècle

https://www.youtube.com/watch?v=EX3-K-YPzu8


Apparition de la polyphonie. Elle est bien sûr différente de celle qui suivra, mais elle a sa beauté.

Tout d’abord pour les premiers chants vous entendez une seconde voix monotone, sur la même note, puis sur deux notes et parfois plus. Les Byzantins appelaient cet note d’accompagnement l’ison qui a pu naître soit d’un instinct harmonique primitif, soit simplement du besoin utilitaire de maintenir le ton. Cette teneur est le plus souvent la même note que la finale.

Puis le début d’une vraie polyphonie avec l’organum latin parallèle qui date de l’apparition de l’orgue importé de Byzance en Occident. Cette hétérophonie suit la mélodie principale en intervalles « parfaits », octave, quinte, quarte, note contre note.

Vint ensuite le déchant à partir du XIème siècle où la voix organale se chante plus haut que la voix principale. Apparaissent des éléments de contrepoint jusqu’à l’organum mélismatique ou à vocalises.  

Un magnifique disque de l'ensemble Discantus dirigé par Brigitte Lesne.

31/08/2015

La machine à écrire

https://www.youtube.com/watch?v=G4nX0Xrn-wo

Un peu d'humour avec un soliste encombrant !

27/08/2015

Miserere, de Gregorio Allegri

https://www.youtube.com/watch?v=IA88AS6Wy_4


Ce miserere comporte quatre formes différentes :

* Un chœur à cinq voix (deux sopranes, alto, ténor, basse) ;

* Une monodie chantée par les hommes d’abord ;

* puis reprise par le chœur  en polyphonie ;

* et se terminant par un contrepoint ornementé chanté par deux sopranes.

C’est donc une musique très construite, mais respectant intégralement la liturgie. Il n’était chanté que lors de la semaine sainte, uniquement à la chapelle Sixtine, à la fin de l’office des Ténèbres.

Les paroles sont bien sûr en latin, mais sa traduction permet de mesurer sa beauté :

Pitié pour moi, mon Dieu, dans Ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.
Contre Toi, et Toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
Ainsi, Tu peux parler et montrer Ta justice, être juge et montrer Ta victoire.
Moi, je suis né dans la faute, j’étais pécheur dès le sein de ma mère.
Mais Tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, Tu m’apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Fais que j’entende les chants et la fête : ils danseront, les os que Tu broyais.
Détourne Ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés.
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de Ta face, ne me reprends pas Ton Esprit Saint.
Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera Ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera Ta louange.
Si j’offre un sacrifice, Tu n’en veux pas, Tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.
Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem.
Alors Tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur Ton autel.

Enfin, ce chant était réservé au service du Pape et donc interdit de reproduction. Mozart, après deux auditions réussit à le retranscrire. Publié en 1771, l’interdiction du Pape tomba.

Magnifiquement interprété par le chœur du Claire College de Cambridge, il est dirigé par Timothy Brown, avec la maîtrise bien connue des maîtres anglais.

20/08/2015

Chants juifs, interprétés par Sonia Wieder Atherton

 https://www.youtube.com/watch?v=Yui3LRh-CIc

Inexprimable ! On peut ainsi qualifier ce chant dans lequel l’âme se perd.

La Cabale distingue l’univers relatif et l’univers absolu. L’absolu se situe au-delà de l’éternité elle-même. Intemporel, informel, insubstantiel, il transcende l’existence. A la fois rien et tout, non changeant et non immuable, il est. L’univers relatif est la manifestation de la Création, le déroulement d’une impulsion divine : croissance, floraison, fructification, puis déclin, mort, retour à la source d’une nouvelle naissance[1].

L’existence négative est au-delà de l’espace-temps. Un seul point de contact possible : la lumière illimitée, l’Aïn Soph Aur. Au-delà l’Aïn Soph qui est l’infini, enfin l’Aïn, le vide. Seul le premier voile donne un aperçu de cette existence négative, indispensable à l’existence. C’est une zone intermédiaire entre la divinité et sa création.

C’est ce que tentent d’exprimer ces chants. Nostalgie d’un monde inaccessible, mais dont on entrevoit l’existence parce que l’on vient de lui et que l’on va vers lui. Alors l’âme s’ouvre et pleure de ne pouvoir accéder à son achèvement.


[1]Z’ev ben Shimon Halevi, L’arbre de vie, introduction à la Cabale, Albin Michel, 1985.

15/08/2015

Arabesques sur les Flutes de l’orgue Cavaillé Coll de Saint Ouen, de Louis Vierne, interprétée par Marie Andrée Morisset Balier

https://www.youtube.com/watch?v=o2DpgRCebUs


 

Peu de choses, une basse continue et un son parfait de flutes qui monte dans la nef, entame la pierre et la rend transparente. Vous passez au paradis, dans l’immensité du cosmos, et reposez, en lévitation, au sein des galaxies et des trous noirs. Et vous vous sentez bien, à l’aise avec tous ces astres qui vous environnent.

Est-ce de la musique ? Vous ne savez plus. Cela peut être le glissement de cristaux de glace sur la banquise ou encore le propre son de votre corps et de sa mécanique qui tourne sans bruit, avec ce léger tremblement de l’air qui produit des ondes sonores imperceptibles. Louis Vierne a bien inventé une nouvelle manière d’utiliser l’orgue : non plus une construction cathédrale à la manière de Bach, mais des sensations qui font entrer dans l’invisible par la porte des oreilles, les yeux fermés, en vibration. 

Peut-on parler de musique sacrée ? Non, pas au sens liturgique du terme. Mais très certainement, on évoque une musique spirituelle, qui ouvre à l’invisible. Mais Louis Vierne ne fut pas seulement un des détenteurs des clés du paradis, il sut aussi traduire les doutes et sentiments de l’homme face à la grandeur du monde divin : peur, tremblements, interrogations, saisissements. Une nouvelle manière d’aborder les rapports entre l’homme et Dieu.

13/08/2015

Pages poétiques

Dimanche dernier, pages poétiques au château de Bourgon dans la grande salle.

Au menu, introduction des textes (poèmes ou récits) par quelques morceaux de musique :

* une improvisation sur les touches noires, suivis du poème « Absurde » ;

* une improvisation de jazz suivi d’un texte humoristique « Les hérons » ;

* le poème « Désir » :

* la valse n°2 de Beethoven suivie du texte « Musique et émotion » ;

* le poème « Instant » ;

* La sonate n°  de Mozart, suivie de l’ « Eté » ;

* le poème « Loup » ;

* Le texte « La dernière traque » ;

* une improvisation classique andante, suivie du poème « Enfant » ;

* le texte « Homme et femme » ;

* le poème « Nuit » ;

* le texte « Le chat » ;

* l’Aria des variations Goldberg de JS Bach, suivie du poème « Ame » ;

* le texte « Le pianiste » ;

* Le poème « Un instant d’éternité »

* la valse n°3 de Beethoven, suivie du poème « Merci ».

 

Quelques photos :

 

 

05/08/2015

Pages poétiques, invitation

Vous êtes conviés à une lecture à deux des pages poétiques de Loup Francart tirées de ces livres « Dictionnaire poétique » et « Petits bouts de rien » et agrémentées de partitions de piano préparant chaque lecture. Tout ceci dans le cadre du château de Bourgon, un splendide château du XIIIème siècle, obligeamment mis à disposition par Alain et Isabelle Ducatillon, ses propriétaires.

En espérant vous voir nombreux lors de cet après-midi rêver et se laisser engourdir l’âme par la magie du lieu, de la musique et des poèmes.

08/07/2015

Journée européenne de l’opéra, le 7 mai 2010

 https://www.youtube.com/watch?v=NLjuGPBusxs#t=351

Quelle étrange et merveilleuse initiative que celle de l’opéra de Pampelune pour cette fête européenne de l’opéra. Le spectacle n’est plus sur la scène. Il est descendu vers les spectateurs, dans leur vie de tous les jours et cette vie quotidienne devient la scène, où se vivent des instants précieux, que l’on ne voit pas habituellement. Inversion des sensations, nous passons dans un monde où la musique devient la norme. Plus de paroles, des chants !

Depuis quelques temps, ces moments fleurissent et font chaud à l’âme. Les anges passent, chantant de tous leurs cœurs, semant la joie dans une assemblée quotidienne, là où personne ne les attend. Etonnement, confusion parfois, mais très vite tous applaudissent et souhaitent que cela ne s’arrête pas.

Alors vous aussi, chantez ! 

01/07/2015

Chant corse : A Paghjella di l'impiccati (Le chant des pendus)

http://www.youtube.com/watch?v=FU-wBJ4r3f0&feature=related


Le groupe A Filetta est véritablement impressionnant de professionnalisme. Il transmet l’émotion sur le fil du chant dans ce tremblement imperceptible de la voix et les harmonies discrètes qu’il détache du chant principal en longs filaments. C’est un peu comme le lent déplacement d’une pieuvre dans une eau claire, entourée de quelques bulles d’air qui montent lentement vers la surface.

Ce chant des pendus est splendide d'émotion contenue :

 

Sè vo ghjunghjite in Niolu
Si vous passez par le Niolu
Ci viderete un cunventu
Vous y verrez un couvent
Di u tempu u tagliolu
Les pleurs qui encore l'entourent
Ùn ci n'hà sguassatu pientu
N'ont pu être effacés par le temps
Eranu una sessantina
Ils étaient près de soixante
Chjosi in pettu à u spaventu
Pris au cœur de l'épouvante.

Dopu stati straziati
Après avoir été torturés
Da i boia o chì macellu
Par les bourreaux, quel massacre !
Parechji funu impiccati
Plusieurs furent pendus
Ci n'era unu zitellu
Il en était un tout jeune
L'anu tuttu sfracillatu
Son corps fut mis en lambeaux
E' di rota è di cultellu
Par la roue, par le couteau

Oghje chi hè oghje in Corsica
Aujourd'hui encore a Corsica
Fateci casu una cria
Si vous y prêtez attention
Si pate sempre l'angoscia
L'angoisse est encore palpable
Intesu dì Marcu Maria
A la seule évocation de son nom (1)
Era quessu lu so nome
Cet enfant s'appelait Marcu Maria (1)
Mancu quindeci anni avia
Il n'avait même pas quinze ans.

(1) En français, pour une meilleure compréhension, on devra inverser ces deux lignes.

 

Traditionnellement le chant corse s’appuie sur trois tessitures de voix :
• La voix principale, a seconda ;
• La voix basse, u bassu ;
• La voix haute, a terza.
Les voix s’agencent par tuilage et mélismes.
Le tuilage est le déplacement irrégulier des voix qui par leurs mouvements conjoints ou contraires par rapport au chant principal, provoque des échos. Le mélisme et une inflexion mélodique autour de notes dites de passage qui permet aux voix d’entrer dans le chant.
(From : http://www.lacoccinelle.net/257544.html)

26/06/2015

Chant juif : Prière, interprétée par Sonia Wieder Atherton

https://www.youtube.com/watch?v=suAwiZ0y4Pk 


Mode traditionnel, un écart de quarte avec un demi-ton entre les deux, ce qui laisse un ton et demi au milieu. C’est l’usage en Orient. Cela peut-être vulgaire dans la ripaille, mais cela aussi peut-être poignant et nostalgique. Ici, c’est une prière qui monte en colonne droit vers le ciel. Mais cet usage est ici employé d’une manière plus complexe avec des tonalités tantôt mineures, tantôt majeures, ce qui donne une ouverture : de l’émotion vers le sentiment.

Autre est le duo Seraphim-Claudio Monteverdi. Toute la sensibilité occidentale dans un tremblement léger des cordes qui ouvre le cœur en une mélodie sur trois notes sol, la, si bémol, donc mineure, et qui s’achève sur une pirouette, une note ascendante majeure, un si triomphant de simplicité.

22/06/2015

Max mon amour, de Michel Portal

http://www.youtube.com/watch?v=fycg2BAeuGI&feature=related


 

Un sol dièse descendant d’un ton, un silence, renouvellement mais un ton plus bas, fa dièse, fa, un demi-ton seulement. Quelle étrange mélodie. Le frôlement des vagues à leur arrivée sur le sable d’une plage pendant que l’on contemple le coucher de soleil sur le trait imperceptible de l’horizon. C’est l’heure où plus rien ne bouge, où l’homme se fige dans le sommeil. Et vous êtes là, sans pensée, sans sentiment, une simple sensation qui s’échappe de vous et court sur les flots.

Pas de changement de rythme, quelques notes de plus, puis un retour à la détresse de l’heure avant que ne s’échappe la dissonance voulue, espérée, recherchée, avant qu’elle ne vous éclate au visage. De la surface de l’océan surgissent de nouvelles images, des feux d’artifice qui papillonnent devant vos yeux avant de s’éteindre pour le retour à l’accompagnement : un ton, puis un demi-ton descendant. Une complainte terne en apparence, un leitmotiv obsédant qui vous rappelle à vous-même. Et tout à coup vous partez en rêve, dans un tourbillon de sons, d’éclairs, de lumière, plus doux qu’un orage, mais pressant. Il ouvre à l’inconnu. Oui, c’est une porte ouverte sur un monde différent, que vous ne pouvez qualifier.

http://www.youtube.com/watch?v=lweHrE8XXSs&feature=related


Le deuxième morceau reprend le thème de fond qui lui permet d'improviser une véritable tempête de sons. Vous coulez, vous vous laissez couler, engloutir dans cette eau calme pour rejoindre le monde invisible des grands fonds. Et vous vous laissez dériver au gré des courants marins comme un immense cétacé. Vous respirez la senteur ineffable d’une vie autre que vous ne pouvez comparer à aucune autre.

Retour à l’homme, au monde physique, à l’agitation débordante. Oui, l’humain est là, toujours présent, encombrant la nature de ses désordres fantasmagoriques.

11/05/2015

"La belle Françoise", variations sur un thème, de Mozart (KV 353)

Partie 1 :      

http://www.youtube.com/watch?v=mOJlUQe0eOs 


 

Partie 2 :

https://www.youtube.com/watch?v=dR1h7tSNxdU

Partie 3 :

 http://www.youtube.com/watch?v=i2eqBsSPM5A

 

Comment, à partir d’une mélodie simple, arriver à construire un tel ensemble vif, plein de charme et aussi varié. C’est un jeu sur un thème : Mozart s’amuse et nous séduit avec beaucoup de sérieux.

A cette fin, il utilise le triolet, groupe de trois notes resserrées dans l’espace de temps de deux notes. Cette division du temps donne une légèreté exceptionnelle à la composition. Ce sont des sauts de cabri qui sonnent aux oreilles émues et montent au cerveau pour y former des images et des sentiments inusités.

Merci à Mozart pour ces variations rafraichissantes qui annoncent l’été.

03/05/2015

Largo du Concerto pour violoncelle en si mineur de Vivaldi

https://www.youtube.com/watch?v=Lv0-JNkxJlw


 

Une seule note et toute l’ambiance du largo est déjà là, un si majestueux, qui résonne tout au long de la pièce et vous enchante. C’est un doux ronronnement de l’âme qui remue en vous des élans et des tressaillements que vous ne connaissiez pas. Et peu à peu vous êtes submergé d’une paix  bienheureuse qui vous fait oublier tout souci. L’âme vibre en résonance, calmée, dévêtue de toute pensée, nue et reposée.

Et pourtant, elle n’est pas inerte, elle cherche dans ses changements de ton d’autres sonorités, des ouvertures qui font apparaître d’autres mondes sans toutefois les dévoiler complètement. L’âme s’élève, espère, chante, soupire et se réjouit d’être ainsi baignée de lumière tamisée.

 

O Dieu, pourquoi m’as-tu donné une âme ?
Elle erre dans le silence de la vie
Et espère… Elle ne sait… La paix...
L’enlacement du divin entraperçu…

 

20/04/2015

J’ai vu le loup, le r’nard, le lièvre, par les Têtes de chien

https://www.youtube.com/watch?v=uz_pJD4zk4k

Quelle originalité ! Est-ce une chanson, une déclamation, une blague ? On ne sait, mais c’est captivant d’ingéniosité, de recherche et, in fine, d’harmonie, même si celle-ci ne saute pas aux oreilles !

  

https://www.youtube.com/watch?v=LaaDR5qEoNA

Cette version est très différente. Elle sent la vieille France. Elle nous donne néanmoins une bonne idée de ce qu’était la chanson au départ.

 

10/03/2015

Paysage musical

 podcast

Cela commence mystérieusement, quatre notes plongeantes, profondes, interrogatives. Puis la caresse du piano, joyeuse, mais méditative, donnant l’espoir nécessaire à la vie, disant la joie et la mesure, avec des ruptures de rythme pour annoncer que l’existence est toujours pleine de surprise.

Un arrêt (en 2.40), une plongée dans la réflexion, comme un retour sur soi-même : qui es-tu ? Où te trouves-tu ? Jusqu’à quand ? La vie reprend plus passive, plus attentiste. Elle s’achève sans qu’on ait pu le prévoir et la tentation immédiate est de la réécouter, la revivre.

Bravo au compositeur, un jeune garçon passionné de musique qui tripatouille son ordinateur pour en tirer des sons dignes d’un instrument. Est-ce une musique de film, un rêve réel, une fiction sonore ou la matérialité qui s’échappe en paillettes d’or. C’est fou ce que peut faire la virtualité !

05/03/2015

Manoir de Mes Rêves avec Angelo Debarre - Thomas Dutronc

https://www.youtube.com/watch?v=qTmwZsy8xbg


 

Avant tout le rythme, balancé, échevelé, qui vous met dans un état second, voire troisième. Vous vibrez naturellement et communiez avec toute la communauté manouche dans cette trépidation incessante.

A l’origine, un homme, Django Reinhardt, qui lui-même avait rencontré le jazz américain. Un mélange subtil à l’intersection de la musique tzigane et du jazz de l’époque de Louis Armstrong.

Un long moment, autour du feu, auprès des meilleurs jazzmen manouches… Une belle virtuosité…

28/02/2015

"Démarche", musique de Nico Muhly, interprétée par le National Youth Orchestra of Great Britain, dirigé par Vasily Petrenko

https://www.youtube.com/watch?v=fAv5QdOa-Ug&index=3&list=RDon6ebe-pQ_g


Dans un désordre apparemment le plus complet (y a-t-il une mélodie ? Non, sûrement pas), tous les musiciens sont concentrés sur leur partition, attentifs les uns aux autres, aux ordres d’un chef d’orchestre battant une mesure mathématique. Ils sont nombreux : quatre ou cinq par instrument, chacun jouant sa romance solitaire et vers de terre qui s’enchevêtre avec celle des autres.

Et tout ceci finit par faire un ensemble cohérent qui prend de l’ampleur et devient une communion intime qui envahit votre esprit, le monopolise et évacue le trop plein de suffisance et de fausse connaissance que vous croyez contenir.

Le songe devient chimère, conduit aux portes de l’oubli, dans les gargouillis de l’inconscient que vous fouillez à pleines mains sans rien trouver. Pourtant si, probablement, puisque vous entendez vos propres sons, ce calmant contrôlable qui s’installe, vous pacifie, vous énerve parfois, mais toujours vous laisse sur votre faim, faim d’autre chose, comme la fin d’un monde cohérent vers une méditation involontaire.

 

Nico Muhly a grandi à Providence où il chante dans le chœur de l'église épiscopale et débute le piano à l'âge de 10 ans. Il part ensuite à New York étudier la littérature anglaise à l'Université Columbia en 2003 et obtient son master de musique de la Juilliard School où il étudie la composition avec John Corigliano et Christopher Rouse1. Il réside depuis à Chinatown.

Il travaille comme éditeur, chef d'ensemble, et soliste avec Philip Glass ainsi qu'avec la chanteuse Björk sur la Oceania en 20042. Il collabore également avec le chorégraphe Benjamin Millepied pour la musique du ballet From Here on Out pour l'American Ballet Theater2 en 2007 ainsi que pour Two Hearts en 2012 pour le New York City Ballet3. En 2009, il travaille avec le groupe new-yorkais Grizzly Bear sur son album Veckatimest et Antony and the Johnsons sur l'album The Crying Light. Il publie son premier album solo en 2006 puis un second Mothertongue en 2008.

En 2007, les Boston Pop's et l'orchestre symphonique de Chicago donnent la première de deux de ses œuvres (Wish You Were Here et Step Team respectivement)1. En 2011, il donnera la première de son opéra écrit avec le librettiste Craig Lucas (en) avec le English National Opera.(From : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nico_Muhly)

09/02/2015

Armagueddon, de Vincent Peirani et François Salque

http://www.youtube.com/watch?v=PY_ESt7C0Rg


Un très bon duo de deux instruments qui, de prime abord, fonctionnent difficilement ensemble. Et là, c’est l’harmonie pure, un fluide sensoriel qui vous courre sur les nerfs et crée un arc électrique entre les deux musiciens ; la blanche rondeur des sons du violoncelle et la lente plainte de l’accordéon.

Car cela commence par une plainte, longue, sensuelle, envoûtante, qui est reprise par les cordes, plus nette, jusqu’à vibrer en sanglots étouffés avant que naisse la danse endiablée, furtive, lancée cette fois-ci par le violoncelle, puis reprise par l’accordéon. 

Puis, ensemble, ils mènent leur sarabande, à tour de rôle soliste ou en chœur. Elle est rythmée et s’élance comme une danseuse qui gigote les jambes sans jamais s’emmêler, levant les bras et sautant toujours plus haut sans jamais perdre son harmonie avec les sons.

L’apaisement vient ensuite, méditatif, comme un souvenir perdu qui remonte à la surface, lentement, avec insistance jusqu’à envahir tous les pores de la peau et mourir sobrement, sans bruit, en solitaire. 

09/01/2015

Notre père, musique d’Arvo Pärt

https://www.youtube.com/watch?v=x9Xm_nR4310 


 

D’une autre tenue que le précédent Notre Père, la musique de celui-ci a été écrite par Arvo Pärt. Il est chanté par un soliste de l’école de Montserrat à côté de Barcelone.

On retrouve la musique si particulière d’Arvo Pärt, musique minimaliste :

Né en 1935 en Estonie, Arvo Pärt fait ses études au conservatoire de Talinn avec Heino Eller. En parallèle de ses études musicales, il est ingénieur du son et compositeur de musique pour la télévision et le cinéma estonien, activité qu’il ne cessera pas d’exercer. En 1962, il obtient un premier prix de composition à Moscou, prélude à une alternance d’honneurs officiels et de censures provoquées par le caractère mystique de ses œuvres. Sa musique participe alors de l’esthétique du sérialisme et du collage. Il s’arrête de composer pendant plusieurs années afin de se consacrer à l’étude de la musique chorale française et franco-flamande des XIVè, XVè et XVIè siècles.

A partir de 1976, Arvo Pärt inaugure une nouvelle démarche tournée vers l’intemporalité, son écriture devient postmoderne, en témoigne ces œuvres les plus célèbres : Für Alina, Cantus in Memoriam Benjamin Britten, Fratres. Arvo Pärt appelle ce style tintinnabuli (« petites cloches » en latin). Dans les années 80 il part s’installer à Vienne où il prend la nationalité Autrichienne avant de se fixer à Berlin-ouest. A partir de cette période Arvo Pärt privilégiera les œuvres religieuses vocales et met en musique des liturgies en allemand, anglais et russe dont Passion selon Saint Jean, 1982 ; Miserere, 1989 ; Missa brevis, 2009 ; il retravaille souvent ses œuvres, il existe de nombreuses versions et orchestrations de Fratres de 1977 à 2008. (From http://www.francemusique.fr/personne/arvo-part)

L’école de Montserrat a été créée au XIIème siècle et s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Elle comprend une cinquantaine de garçons qui jouent tous d’un instrument et qui s’accompagnent eux-mêmes.

Mais écoutons plutôt ce Notre Père, écrit par un musicien dont le sens mystique est particulièrement développé.

26/12/2014

Lendemain

http://gloria.tv/?media=479543&language=3SsSaAhCEfb

 

Quelle voix magnifique, tendre et ferme. Une caresse sur les poils de l’ignorance et de la vanité.

Certes, la musique est un peu indolente, propre à secouer les cœurs et à faire venir les larmes. Mais c’est comme un grand frémissement qui secoue l’être et le porte à l’attention malgré lui.

N’est-ce pas cela les lendemains de fête...