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31/07/2017

Une troisième dimension dans un univers prévu pour deux

Un tableau, c'est un plan dont la profondeur est donnée par l'illusion. Et c'est cette illusion qui en fait la beauté. Mais si l'on tente d'en recréer l'impression de manière plus tangible, que donne cette association de la carpe et du lapin ?

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Au fond, ce n'est pas si mal !

30/07/2017

Le vide

Un vide si attirant
Et si plein de tendresse

Un vide que rien n’habite
Et si plein d’éternité

Un vide qui te gaze tendrement
Et te dénude avec bonheur

Un vide qui emplit tout
Et que rien ne peut combler

Un vide qui serre le cœur
Et l’oblige à s’ouvrir

Un vide qui fait du plein
Un désert d’intelligence

Un vide qui te secoue les tripes
Et t’engage au-delà du réel

Un vide que seul un plongeon
De ton personnage peut abreuver

Un vide qui envahit ton être
Et te promène dans l’univers

Un vide qui devient toi
Et un autre toi-même

Un vide que je bénis
Parce qu’il m’oublie

Un vide entrevu un jour
Et jamais oublié

Aurais-je trouvé, au-delà de l’espace et du temps
Le mystère des origines et, peut-être, de la fin ?

©  Loup Francart

28/07/2017

L 'homme sans ombre (8)

Le soir même, dans son appartement, elle retrouve Noémie. Celle-ci est impatiente d’apprendre ce que Lauranne avait pu trouver d’intéressant. Mais c’est malheureusement insuffisant pour donner un commencement d’explication. Elles n’en savent pas beaucoup plus et Noémie s’impatiente et se fait un noir d’encre. Il faut qu’elle interroge Mathis, qu’il lui explique ce qui s’est passé. Mais comment aborder le sujet ? Elles réfléchissent. Aborder directement le sujet avec Mathis serait le mettre en défiance. Faire venir la conversation sur le phénomène de lévitation est assez compliqué car parler de mystique de nos jours rend suspect. La parapsychologie, peut-être ? Cela pourrait peut-être les intéresser ? Mais rien n’est moins sûr.

Ah ! Une idée de Lauranne qui semble réalisable. Des vacances au Népal, à Katmandou. On parle gentiment des prochaines vacances, ou peut-être du voyage de noces, on amène la conversation sur le Népal, puis sur les phénomènes mystiques jusqu’à l’évocation de la lévitation. Après, on avise en fonction des réactions de l’un ou de l’autre des garçons. Comment vont-ils prendre la chose ? Que vont-ils dire à cette proposition ?

Elles mettent au point leur idée. Que pourrait dire Mathis à l’évocation de la lévitation ? Va-t-il se rétracter ou faire comme s’il ne connaissait pas ? Va-t-il au contraire se livrer sur un secret indéfinissable ? Comment l’amener à se livrer et à évoquer le phénomène qui le concerne ? Mais, au fond, peut-être ne le sait-il pas ? Cette question leur vint à l’esprit tout à coup. Oui, c’est une éventualité à ne pas écarter. Dans ce cas, quel choc lorsqu’il va apprendre ce qu’il lui arrive. Il ne le croira pas, probablement. Mais pourquoi n’a-t-on pas songé à prendre en vidéo le phénomène ? Oui, c’est la première chose à faire. Obtenir une preuve de ce qu’on avance. C’est tellement peu crédible. Mais cela suppose que le phénomène se reproduise et que l’on ait l’occasion de refaire une promenade dans les mêmes conditions. Demain ! On convie les garçons à une promenade sur les collines et on rejoue les conditions d’une possible lévitation. Elles se tapent dans la main en poussant des wahoo.

27/07/2017

L’homme qui construit sa cathédrale, dite catedral de Justo ou encore catedral Mejorada del Campo

Depuis plus de 50 ans, il construit seul sa propre cathédrale

Jéremy Billault

• 21 juillet 2016

 

A quelques kilomètres de Madrid, un monument un peu spécial attire un public curieux et de plus en plus nombreux. Ce monument, encore en construction, est une cathédrale construite par un seul homme depuis une cinquantaine d’années, un homme sans aucune notion d’architecture ni même de maçonnerie qui, depuis des années, récupère des matériaux un peu partout pour ériger un édifice devenu gigantesque. 

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La cathédrale en 2005

Si vous pensiez, dans la vie, être vous-même plutôt obstiné(e), acharné(e) ou même un minimum persévérant(e), préparez-vous ) à être déçu(e). On vous parlait hier de ces bourguignons qui, depuis une vingtaine d’années, construisent un château de leurs propres mains en utilisant uniquement des techniques et du matériel du Moyen-Age. On vous parle aujourd’hui d’un homme, un seul , dont l’obstination force à la fois le respect et l’admiration. Cet homme, c’est Justo Gallego Martinez, un espagnol de 91 ans que la santé et, paradoxalement, la foi, ont éloigné de sa carrière monacale toute tracée : atteint de la tuberculose, ce fils de paysan ne peut mener à bien son séminaire et doit se faire soigner.

Pendant huit longues années, il guérit avec peine après avoir été accueilli dans un couvent. Sa vie, il en est persuadé, doit être consacrée à celle qui l’a sauvée, à la Vierge. C’est alors que commence un projet monumental, pharaonique, qui, encore aujourd’hui, suit son cours : nous sommes le 12 octobre 1961, jour de la fête de la Vierge du Pillier,et Justo se lance dans un chantier qui s’étendra, il le sait, pendant toute une vie. Ce chantier ? Une cathédrale, digne de la Basilique Saint-Pierre de Rome, un édifice dont la taille n’aurait d’égal que la gratitude de Justo Gallego envers celle à qui il doit sa vie.

 

https://www.youtube.com/watch?v=bqY1_LwWMWo


 

26/07/2017

Pudeur

 

Les pieds plats de la pudeur n’empêchent pas

d’enfoncer dans le marécage de la volupté.

On y marche simplement avec moins d’aisance.

 

25/07/2017

Voyage sans fin

Revenu de rêves inconsidérés, j’erre
Dans les champs étoilés d’un univers moqueur
Où donc trouverai-je une telle terre
Qui va tracer ma vie comme une planète sœur ?

Certes, l’ombre lunaire te sied à point
Y a-t-il plus belle tromperie que ceci
Le cri de la chouette me laisse sans soin
Je suis et ne suis pas, seul sans forfanterie

Quand suis-je revenu de ces palais glacés :
Ni hier, ni demain, peut-être aujourd’hui ?
Et je n’erre plus, je suis, dans l’obscurité

Tapis au fond de mon découragement
Je m’efforce d’imaginer que je suis
Alors que la chair se détache de mes flancs

©  Loup Francart

24/07/2017

"Un sourire et quelques mots", essai de Loup Francart

A vous qui errez dans votre être sans le comprendre,
A vous qui cherchez la lumière au-delà du moi,
A vous qui entrevoyez derrière votre histoire personnelle
Ce vide qui possède avec sobriété l’attrait du plein,
Ouvrez ce livre et laissez-vous prendre
Par ses anecdotes, réflexions, interrogations
Qui vous ouvrent la voie et incitent au retournement.

 

https://www.youtube.com/watch?v=OodjVwXH1Co


 

Vous pouvez acheter ce livre sur :

http://7ecrit.com/livre/sourire-quelques-mots

https://www.amazon.fr/dp/B073LJYV7S/sr=1-1/qid=1500863642/ref=olp_product_details?_encoding=UTF8&me=&qid=1500863642&sr=1-1

http://livre.fnac.com/a10826867/Loup-Francart-Un-sourire-et-quelques-mots#newReview#int=NonApplicable|10826867|NonApplicable|L1

23/07/2017

Carmen, un opéra en pleine campagne

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Un opéra joué en pleine campagne dans un petit village de Mayenne...

Et ce fut le succès !

 

Avant :

La foule sortant de dizaines de voitures ; la foule s’équipant de chaises, sacs, imperméables, couvertures ; la foule cheminant vers l’entrée entre deux granges vétustes ; la foule débouchant sur le parterre (un simple lieu où pousse l’herbe à qui mieux mieux) ; la foule déjà installée, riant, parlant, criant, dialoguant ; la foule en attente, impatiente, préoccupée pour trouver une meilleure place ; bref, la foule des grands jours, ouverte, heureuse d’être et de pouvoir profiter d’un opéra en pleine campagne où musiciens, chanteurs et danseurs vont se donner à fond pour lui faire plaisir et lui communiquer le meilleur d’eux-mêmes.

 Pendant les deux premiers actes :

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Le soleil se couche. La scène s’illumine, pas trop pour ne pas rompre le charme. La voix du ténor emplit la cour. Dans la foule, personne ne pipe. Tous suivent en silence, la bouche ouverte, l’œil éclairé, la déclamation de don José. Un front nuageux avance à l’horizon. Sur la colline d’en face, retour au XXIe siècle. Les éoliennes tournent, tournent, leurs phares affichant leurs prouesses. Dans la cour, sous les projecteurs, José et Carmen dialoguent en ténor et soprano. Tout le monde est frigorifié. Un petit vent souffle maintenant, plus que rafraîchissant, presque glacial. Alors certains spectateurs se lèvent, vont à la buvette boire un café et retournent à leur place, heureux de cet intermède. Imperturbable, le chœur se réchauffe en chantant à pleine voix. L’orchestre allume ses petites lampes pour chaque musicien et se forme une armée de vers luisants.

 

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Entracte :

Un moment de détente, bruyant, enjoué, réchauffant. On en profite pour changer d’emplacement. Entendrons-nous mieux ? On ne sait.

 Trompettes :

Fin de l’entracte. L’orchestre reprend. La scène s’éclaire. Lentement dans le noir, un char chargé de monde s’avance, tiré par d’innombrables bras, éclairé progressivement de mille feux. Les vers luisants produisent leur musique, les solistes ouvrent la bouche, le chœur se déchaîne, ça reprend. Les vers luisants font entendre la plainte des cuivres. Le chœur s’éloigne vers les coulisses. Que se passe-t-il ?

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Le drame se poursuit. Chacun chante sa solitude dans l’obscurité ; seules bougent les têtes, blanches ou noires, sombres ou plus claires, selon l’intrigue et le lieu de la scène où elle se passe.

Tiens ! Les lumières éoliennes sont rouges maintenant. Quand ont-elles changé ? Elles reproduisent  la danse des soldats du 2ème acte : deux, un, trois, deux, quatre… Curieux !

Ah, il ne devient plus possible d’écrire. La nuit se fait trop dense. Pourtant rien n’est conclu sur scène : le chœur chante, divague, court, s’affale, mais les héros de l’opéra sont là, immobiles, impassibles.

 Finale :

Enfin se déploient les multitudes de solistes, figurants, chanteurs, s’étant montrés sur scène à un moment ou à un autre. Tous courent d’un bout à l’autre de la scène dans un feu d’artifice de cris, de lumière, de mouvements, de rires ou de pleurs. C’est joyeux, émouvant, entraînant et cela réchauffe le cœur des corps refroidis des spectateurs. Alors la foule applaudit, puis applaudit encore, des cris chaleureux éclatent, des vivats débordent, c’est la folie, c’est l’opéra, un opéra auquel ont participé tous les gens du pays en accueillant chez eux musiciens, chanteurs et danseurs, en leur préparant les repas, en organisant la réception de la foule le jour même. Bref, une belle épreuve de solidarité et la preuve que cela est possible dans un petit village de France devenu pour un jour un exemple à méditer.

Alors, à l'an prochain, peut-être.

22/07/2017

L'homme sans ombre (7)

– Mais vous pensez réellement qu’elle pouvait s’abstraire de la pesanteur ? Comment serait-ce possible ?

– C’est ce que certains appellent un phénomène paranormal, c’est-à-dire qui ne peut s’expliquer scientifiquement. Alors on l’habille d’un langage pseudo-scientifique. Ainsi, le professeur Tocquet explique : « Il est plausible de supposer que la lévitation provient de la création d’un champ de forces électromagnétiques s’opposant à la gravité. » D’autres, pensent que certaines crises d’épilepsies, localisées dans le lobe frontal, peuvent engendrer des hallucinations et également des sensations de lévitations. Meissmer, en 1933, fait léviter un aimant sur un autre parce que la gravité qui le fait tomber est compensée par une force magnétique que le repousse. Quant à moi, je pense que ces explications n’ont d’intérêt que pour les non croyants. La lévitation est avant tout un phénomène religieux qui, d’ailleurs, ne concerne pas que le christianisme.

– Oui, mais dans des circonstances différentes, me semble-t-il.

– Eh bien, restons sur ce que l’on connaît. Il y a un cas beaucoup plus marquant dans le christianisme, c’est celui de Desa Joseph, au XVII° siècle, ou Saint Joseph de Copertino, de l’ordre de saint François. Il avait obtenu une audience du pape Urbain VIII. Dès qu’il l’a vu, il s’est détaché du sol, montant assez haut. De nombreux témoignages font état de ses extases où il lévite. A tel point que les fidèles sont embarrassés et lui ordonnent de sortir d'Assise en 1653. Arrêtons-là cette liste qui ne nous apprend rien de plus que ce que nous savons déjà.

– Alors, qu’en retenir ? demanda Lauranne.

– Dans tous les cas, c’est un évènement exceptionnel que de rares personnes ont vu de leurs yeux, et, plus rares encore, pratiqué, le plus souvent involontairement.

– Involontairement certainement, mais inconsciemment je ne le pense pas, même si elles sont surprises de ce qui se passe.

– Oui, il est à peu près sûr qu’elles sont conscientes de leur élévation hors du sol. Cela fait même peur à certains d’entre eux.

Lauranne remercie son oncle et prend congé. A-t-elle appris quelque chose ; elle ne sait pas. Certes, le mystère ne s’épaissit pas, mais il n’en devient pas plus compréhensible. Pourquoi Mathis est-il sujet à la lévitation et comment fait-il ? Est-ce conscient ou inconscient ? Est-ce un phénomène mystique ou un acte rationnel ? Que de questions sans réponse.

21/07/2017

Symphonie

Une branche frisonne. La nuit
Trois pieds m’observent fixement
Pendant que j’écoute le fruit
Des silences du firmament

La lune rouge s’évade vers le bleu
Un homme assis me fixe des deux yeux
Derrière une canne nouée

La terre respire mes pas
Trois maigres cheveux se balancent
Sur une main riant lentement
L’éclat pervers des étoiles
Pique ma joue enflammée

Une grande symphonie
M’entoure de rouge et de bleu

Trois gouttes de brume sur les cils
Trois larmes dans ma main

©  Loup Francart

20/07/2017

Maxime

 

L'ignorance s'accompagne souvent de l'embonpoint de la suffisance

 

 

19/07/2017

Spiritualité et spirituel

Les termes spiritualité et spirituel sont issus d'une racine latine "spir" signifiant le "souffle" qui se trouve dans "spirare" ("souffler"). A cette racine a été ajouté le suffixe "-tus" qui sert à former des noms et qui a donné en latin  "spiritus" ("le souffle"). Puis, à ce dernier mot, a été ajouté le suffixe "-alis" qui permet de former des adjectifs et qui donne "-el" à la fin des mots français. "Spiritualis" signifie en latin  "relatif au souffle", mais aussi "relatif à l'esprit" : le mot a donc évolué dans un sens abstrait. Enfin, à cet adjectif, on  ajoute encore le suffixe "-itas" qui permet de former des noms : "spiritualitas" désigne  la vie  de l'âme,  l'immatérialité. D'après son étymologie, ce mot désigne donc "ce qui est de l'ordre de l' "esprit".

On ne peut évoquer la spiritualité et le monde spirituel sans, dans le même temps, l’opposer au monde matériel. La spiritualité ne relève pas des lois de la nature, d'un système d'explication rationnel. Elle appartient à un univers supérieur au monde terrestre. Le simple fait de cette opposition dans les définitions impose immanquablement deux modes opposés et une dichotomie qui est en réalité mal venue. Si l’on se réfère au souffle, c’est-à-dire à la fois au mouvement et à ce qui déclenche le mouvement, c’est-à-dire le mystère insondable de l’origine de la vie, et si l’on se réfère à la genèse de l’univers, on constate qu’il s’agit du même phénomène. La création est le commencement du monde matériel qui naît du souffle qui se manifeste par la lumière. Ainsi le matériel et le spirituel, loin de s’opposer, s’assemblent, vont de pair et restent inséparables dans notre monde. Sans aucune prétention intellectuelle, je pense qu’on peut rapprocher les termes naturel et surnaturel des termes matériel et spirituel, plus volontiers employés au Moyen Âge. Le monde matériel est notre monde naturel, celui où nous sommes nés et qui est notre cadre de vie, le monde surnaturel est un monde hors de la nature, hors du matériel, un monde hors du corps. Ce qui signifie qu’il y a une vie spirituelle hors de la vie naturelle ou matérielle.

L’erreur humaine est de les opposer, plutôt que de tenter de les assembler. Oui, ils s’opposent concrètement dans la vie quotidienne et la vie intellectuelle, mais le souffle originel les rapprochent et les assemblent. En fait, l’homme ne peut accéder à la vie spirituelle que parce qu’il possède une vie matérielle. Cette opposition est à l’origine des affrontements religieux, des idées d’une morale incarnant le bien et s’opposant au mal et, in fine, des guerres, chacun définissant le bien et le mal selon ses propres critères.

Une autre manière de voir les choses peut être l’opposition faite entre l’extérieur et l’intérieur de soi-même. Lorsque je dis "Je", je me réfère à quelqu’un qui se considère Un, à la fois dans le monde grâce à son corps et en même temps, distinct du monde par son unité propre. Mais quelle est cette unité distincte du monde ? Telle est la question. Il faut, avant d’en arriver là, développer en nous la connaissance de cet intérieur de nous-même. Nous avons tellement l’habitude de vivre à l’extérieur en raison de l’omniprésence de nos cinq sens (et même six comme le pensent les hindous, ajoutant l’intellect) que la plupart des gens hésitent et même refusent de chercher en eux-mêmes. Alors ils se réfèrent à de préceptes qui leur sont donnés dans des livres ou par la parole humaine.

« Cherche en toi et tu trouveras ! », mieux même, « le royaume de Dieu est en dedans de toi ». Alors l’opposition cesse et la jonction des contraires s’opère.

Se réaliser, c’est comprendre et vivre le fait qu’au-delà du moi existe l’être spirituel, le souffle, le soi, qui dépasse le monde matériel et sa compréhension de la spiritualité, pour vivre pleinement ce rien qui est le Tout.

Comprenne qui pourra !

18/07/2017

L'homme sans ombre (6)

Le lendemain, Lauranne s’interroge : « Dois-je retourner à la bibliothèque et poursuivre mes investigations ? » Elle est bien tentée d’arrêter. Mais son amitié avec Noémie l’en empêche. Elle comprend le désarroi de son amie. Cette révélation la sépare de son fiancé plus résolument qu’une réelle mésentente. Elle-même d’ailleurs s’était sentie profondément décontenancée devant le spectacle de Mathis qui lui avait semblé quelque peu transparent. Cela n’avait pas duré très longtemps, mais suffisamment pour introduire dans son être un doute sur la vision habituelle des êtres humains qui pouvaient cacher des dimensions ignorées. « Quel drôle de bonhomme ! » se dit-elle. Elle choisit cette fois-ci de changer sa méthode de recherche. Hier, elle avait vu un groupe d’ecclésiastiques déambuler place de l’Opéra et s’était souvenu de son oncle qui était Jésuite et s’intéressait à la spiritualité et la mystique. Elle décide de lui téléphoner et de lui demander un rendez-vous. Une heure plus tard, elle monte les escaliers menant à sa chambre dans ce grand bâtiment au milieu d’une vaste cour et frappait. L'oncle était vieux, mais avait gardé un air enjoué de jeunesse. Il l’accueillit avec chaleur, lui demandant des nouvelles des membres de la famille, puis d’elle-même. Où en était-elle ? Que comptait-elle faire ? Son mari était-il celui qu’elle espérait ? Elle ne savait comment aborder son sujet.

– Et vous, oncle Gaspard, que faites-vous actuellement ? lui demanda-t-elle pendant un bref instant de silence.

– Oh, moi, tu sais, il me reste peu de temps. Je me prépare à aborder les instants les plus difficiles et les plus merveilleux de la vie. Les plus difficiles car on ne sait où l’on va. Les plus merveilleux parce qu’ils conduisent à votre réalisation suprême. Et celle-ci dépend de la vie que tu as menée. On peut réparer en un instant les erreurs passées, on peut également détruire une vie en un moment d’inattention. Alors je me concentre, fais le vide en moi et guette au fond de moi-même la lueur qui me dira qu’il est temps.

Profitant de ces paroles, Lauranne ose l’interroger sur ses convictions les plus intimes.

– Mais, oncle Gaspard, selon ce que vous dites, certains échappent à ce devoir de maîtrise au moment crucial. Ils sont déjà allégés, quasi transparents, sans poids. Cela leur est donné, ou, au contraire, cela exige des efforts considérables ?

– Nul n’est capable de te donner une réponse. Il faut l’avoir vécu et, le plus souvent, ceux qui ont fait l’expérience ne peuvent donner que des sensations ou des impressions. Prends la sculpture du Bernin, dans la modeste chapelle Cornaro de Santa Maria Della Vittoria, à Rome. Tiens, j’ai même deux photos de cette sculpture. Regarde-les ! Cette sculpture s’appelle la « transverbération », blessure d’amour où un ange vient, dans en songe, planter une flèche dans le cœur de Sainte Thérèse. Regarde bien sa posture. Tombe-t-elle et l’ange la rattrape-t-elle ? Ou, au contraire, est-elle soulevée par l’ange ? En fait, on a l’impression que Thérèse monte et commence à enjamber le nuage sur lequel se situe l’ange. Mais dans le même temps, la main de l’ange semble la retenir et l’empêcher de tomber. Cette double impression met en évidence l’expérience spirituelle. Celle-ci est d’essence divine, que rendent les formes de l’ange et les nuages sur lesquels il repose, et de nature humaine par le visage et le corps de Thérèse. A-t-on besoin d’expliquer un tel chef d’œuvre ? Non, le regarder suffit à vous emplir du mystère d’un Dieu à la fois pleinement Dieu et pleinement Homme. Sainte Thérèse d’Avila mentionne dans ses écrits qu’elle n’était pas capable de résister à la lévitation dans ses moments d’extases. 

17/07/2017

Vent

Le vent se lève. Il va où il veut
Il entre par la fenêtre et caresse la joue
Il vagabonde sur ton nombril
Et repart solitaire, sans souvenir
C’est le vent folâtre des jours d’été
Entre deux orages qui louchent
Et font perdre le fil de la raison

La branche est secouée à l’envie
Rien n’est trop beau pour celui
Qui coure dans les champs, vierge
De toute envie ou même de volonté

Souffle, souffle, l’aigre turpitude
Des nuits sans fond ni même forme
Tes rêves ne sont plus de mise
Ils exaltent trop ton personnage
Oublie cet être malfaisant et belliqueux
Rien n’est plus beau que l’absence

Fouille, fouille dans ta mémoire
Et extrait des jours heureux et maigres
L’essentiel d’une vision bienfaisante
La pointe magique de l’espérance
La foi qui tourne à la folie
La folie qui devient la norme
La norme devenue réalité
Est-ce ainsi que tu envisages l’avenir ?

Je ne sais, mon ami… Repose…
Range-toi dans ta boîte de verre
Et contemple sans état d’âme
La comédie humaine dérouler
 La sagesse du pervers ou du fou

Oui, c’est vrai, c’est froid
Comme la main de la mort
D’une mort glaciale et colorée
Qui s’envole avec le souffle de l’air
Et te secoue  jusqu’à ne plus pouvoir
Humer les charmes parfumés
De la vie trépidante et fugace

Il s’endormit dans le souffle du vent
Balaya devant son antre asséché
Et monta tout droit dans le bleu
Celui des mers profondes
Ou des cieux transparents

©  Loup Francart

16/07/2017

Maxime

Les gens aiment parler de leur vie

mais bien peu parlent de leur vie intérieure

La plupart avancent la pudeur

pour éviter toute réflexion intime

Ce n'est que fausse pudeur

car combien ils seraient intéressants

au lieu de n'avoir que des bavardages insipides !

 

 

15/07/2017

Divination by Snow (Adagio), de Takashi Yoshimatsu

https://www.youtube.com/watch?v=whbaUjWPax4


Quelques flocons de neige sur le zinc de la perception, qui tombent telles des perles dans le silence de la nuit. Une phrase musicale ouverte, comme une interrogation, suivi d’un rêve coloré, mais très bref, qui résonne dans la tête avec insistance, puis s’organise avant de disparaître. Une tempête se lève, protestation de l’humain devant la vie naturelle qui la surpasse. Le calme réapparaît, plus lancinant, plus bref aussi, comme une petite mort et une ouverture vers un autre lieu, un autre état, ignoré, mais attirant.

La fraîcheur caractérise le morceau, presque un froid qui vous prend le cerveau en premier lieu ; puis le plongeon de l’acier trempé qui vous secoue et vous entraîne dans un cataclysme, avant de revenir au repos dans la poudreuse. C’est une pièce courte, à écouter plusieurs fois, qui laisse une impression étrange, un résumé de vie où les images défilent rapidement, comme lorsqu'on se trouve face à un danger imminent.

 

« Takashi Yoshimatsu est né à Tokyo, au Japon, et comme Toru Takemitsu, il n'a pas reçu de formation musicale dans sa jeunesse. Il a quitté la faculté de technologie de l'Université Keiō en 1972, et a rejoint un groupe amateur nommé NOA comme pianiste, imitant la musique des Pink Floyd. Il s'est intéressé au jazz et au rock progressif, en particulier en explorant les possibilités offertes par la musique électronique.

Il a commencé à composer de nombreuses pièces avant de se faire un nom en 1981 avec « Threnody for Toki » marqué par le sérialisme. Peu de temps après, il s'est éloigné de la musique atonale, et a commencé à composer dans un style néo-romantique libre avec de fortes influences du jazz, du rock et de la musique classique japonaise, renforçant sa réputation avec son concerto pour guitare de 1984. En 2007, Yoshimatsu avait composé cinq symphonies, des concertos pour basson, violoncelle, guitare, trombone, saxophone alto, saxophone soprano et pour les instruments traditionnels japonais, ainsi que deux concertos pour piano (un pour la main gauche seule et un pour les deux mains), un certain nombre de sonates, et diverses pièces plus courtes pour les ensembles de différentes tailles. »

(https://fr.wikipedia.org/wiki/Takashi_Yoshimatsu)

14/07/2017

L'homme sans ombre (5)

Le soir, Noémie sort avec Mathis. Celui-ci n’a pas changé. Il reste affectueux, amoureux. Elle se sent quelque peu décalée. Pourquoi ? Elle ne sait pas. Sans doute, ce qu’elle a vu hier lui pèse. Elle aurait préféré n’avoir rien connu de tout cela. Mais le mal est fait et il lui faut aller jusqu’au bout. Il lui a bien parlé de son désir de solitude absolue, de sa conviction d’un monde surnaturel, de l’espoir transcendant qui tire l’homme vers un au-delà de lui-même. Mais cela a été évoqué en tête à tête, dans un état amoureux qui n’avait ni la rationalité des discours savants, ni la fièvre d’état mystique. Ce n’était que le récit de jours d’enfance ou d’adolescence en quête d’absolu, sans fondement réfléchi. Ce soir, elle tente de l’émouvoir sur ce qui l’a conduit là. Peut-être comprendra-t-il, peut-être lui révélera-t-il quelque chose ?

– Mon chéri, tu sais combien je t’aime. Nous avons décidé de vivre ensemble, pour toujours. C’est une décision joyeuse et sérieuse en même temps. Ce qui est rare en ce monde. Elle exige constance et détermination. Elle impose la transparence de l’un envers l’autre.

– Oui. Je suis conscient de tout cela et j’y adhère. Mais pourquoi me demandes-tu cela ?

Noémie sent qu’elle va être devinée. Elle ne veut pas aborder de front le sujet, mais peu à peu, par touches successives, le dévoiler avant qu’il n’ait pu deviner de quoi il s’agit. Alors elle fait machine arrière. Elle trouve une explication non convaincante et s’engage dans une série de baisers avec son fiancé sans lui laisser le temps de s’interroger. Celui-ci se laisse envoûter et en oublie les questions.

 

13/07/2017

Encore

C’est la parole de chaque enfant
Devant les satisfactions de la vie
Et tout ce qui agit sur les sens

Encore le fruit qui pétille dans la bouche
Encore l’eau qui coule entre les pieds
Encore la course folle dans les herbes coupantes
Encore la main tendue d’un adulte
Qui partage le secret de polichinelle
Encore le baiser tendre sur la joue
Encore le lit douillet encombré de sommeil

Mais viendra le jour où l’exaltation
N’aura plus le dernier mot
Il faudra la trouver en soi
Dans les plis de la connaissance intime
Ou dans celle de livres obscures
Il faudra faire tourner la machine
Et déclamer à l’envie le jus
D’une mémoire grelottante

Quelles étaient belles ces quelques années
Où rien ne venait freiner la liberté
Des jeunes enfants du monde
Sans l’ombre d’un adulte
Pour engager la danse communautaire
Et céder devant la déesse raison

La liberté est bien cet étendard vertueux
D’une petite enfance, quand encore
Signifie toujours, sans horizon…

©  Loup Francart

12/07/2017

Coucher à la belle étoile

L’arbre pénètre de sa solitude la terre dénudée, l’herbe rare siffle entre les jambes, le soleil huppe de gaîté la cime des pins.

Dans ma tente, une maison de toile à l’ombre gigantesque au matin, je devine la nuit le bruit de l’arbre qui se gratte l’écorce, de la fleur qui minaude à l’ombre de la lune. J’entends aussi la quiétude des respirations, un dormeur qui se retourne sur son lit de paille, la toux d’un inquiet sous ses couvertures.

Souvenirs de manœuvre, quand dans la poussière, tu rêvais au calme d’une vallée où coule l’eau fraîche.

Brusquement, réveil. « Vite, debout, nous partons ! » Où, je ne sais. Pourquoi, encore moins. Mais c’est ainsi. Déjà les derniers hommes quittent le campement. Voilà, c’est bouclé ! Le sac arrimé sur le dos, la marche reprend dans la nuit. Il fait frais, mais bon. Je sens la fraîcheur de l’aurore qui sommeille encore avant de naître en douceur. Je ferme la marche. Devant, mon prédécesseur enfonce ses grandes jambes dans les herbes hautes. Je ne vois plus que son buste s’agitant bravement. Une route qui s’étire mollement entre les ombres arborescentes. C’est bruyant, mais la marche est simplifiée. On sait où le pied va car sa résistance est toujours semblable. Elle berce la volonté et lui donne un fond de vérité tranquille, doucereux, plutôt qu’un combat permanent contre soi-même.

Je m’éveille complètement, léger, attendri par l’air rafraîchissant, allégé des miasmes de la nuit, aux aguets d’un jour nouveau, exaltant parce que différent des habituels matins. Les sens exacerbés, je vais au bout de moi-même, ouvert à tous les vents, délivré de ce moi qui me pèse et m’empêche de marcher. Le ciel est étoilé et un sentiment de profonde reconnaissance naît dans l’intimité de la solitude. Je pourrai marcher des jours dans cet état second où le rien devient tout.

11/07/2017

Street Art (2)

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Inégaux certes, mais de belle facture !

10/07/2017

L'homme sans ombre (4)

Ah, enfin, un livre qui parle de la lévitation pratiquée par les moines bouddhistes du Tibet.  Voyons voir ! Elle apprit que les dieux dans la mythologie avaient un caractère qui les distinguait des humains : ils volaient. Effectivement, peu d’humains ont ce pouvoir. Les Indiens Brahmanes, les yogis, les ermites, les fakirs et les magiciens semblent maîtriser l'art de la lévitation. Les Védas, dont le Seigneur Suprême est lui-même l’auteur[1] et qui datent entre 1800 à 500 av. J.-C, décrivent comment pratiquer la lévitation. Un peu plus tard, Appollonius de Tyane, un philosophe né en l’an 16, décrit des brahmanes se soulevant du sol et flottant pendant un certain temps au cours de cérémonies spécifiques. Au Tibet, au siècle dernier, Alexandra David Néel, première femme d'origine européenne à séjourner à Lhassa en 1924, témoigne avoir rencontré un moine qui volait. C’est en fait une sorte de lévitation appelée «lung gom» : « L'homme ne courait pas... Il semblait être soulevé et emporté par des bonds successifs. Il paraissait aussi élastique qu'une balle et il rebondissait chaque fois que ses pieds touchaient le sol. Ses pas avaient la régularité d'une pendule ». En utilisant cette marche effectuée dans un état second il prétendait parcourir très rapidement de longues distances. Mais elle constate que cette pratique existe également dans d’autres pays. En Afrique, des explorateurs ont observé auprès des tribus Fang au Gabon ou des Bouiti au Congo des hommes qui restaient suspendues dans les airs pendant plusieurs minutes. Il en est de même des Amérindiens et des Inuits d’Amérique du Nord aux aborigènes d’Australie.

Lauranne s’arrête là. Elle est lasse de compulser ces ouvrages tous plus savants les uns que les autres. Elle a bien vu les livres traitant de la tradition chrétienne, mais elle n’en peut plus. Si au début elle eut l’impression de devenir plus légère, cinq heures plus tard, elle se sent lourde, les épaules affaissées, embourbée dans une pesanteur collante. Comment ces gens ont-ils fait ? se questionne-elle. Le soir, elle téléphone à Noémie et lui explique qu’elle retourne demain à la bibliothèque car elle n’a compulsé qu’une petite partie des recueils traitant de lévitation.

 

[1] Vedanta-sutra (2.1.27)

09/07/2017

Opéra: Carmen

Le 21 juillet, sera donné l'opéra Carmen en pleine nature, dans une environnement étonnant, le château de Linières, un logis du XVII° en rénovation longue. Toute la région y participe pour loger, nourrir, distraire les musiciens et chanteurs, dans une communion de bonne humeur et d'exaltation.

La représentation a lieu le vendredi 21 juillet à 20h00, à Ballée, 53340 en Mayenne. Si vous le pouvez, venez voir ce morceau de choix.

 

Un opéra dans la naturepoème,écriture,poésie,musique,opéra,chant,nature
Tel un moustique dans la chambre
Quelle incongruité !
Ce matin, arrivent les musiciens
Ils tirent derrière eux les chanteurs
L’un derrière l’autre, un contre deux
Une dernière côte et c’est là
La place est ensoleillée et verte
Enrobée des paillettes dorées du couchant
Sortant du carrosse, ils se déplient
Et crient de surprise, enchantés
C’est donc ici que nous allons vivre
Entourés de ronces et d’araignées
Nous pousserons nos voix au plus haut
Et courrons derrière les instruments
Quel tintamarre ébouillanté !
Le dernier soir, ils s’assemblent
Et marchent d’un seul pas traînant
Vers les derniers rayons d’un soleil épuisé
Oui, l’opéra est bien tel que nous l’imaginions
Suspendu au ciel par les bras de l’espoir
Comme une musique éternelle
Et les paroles de l’amour
Oiseau rebelle pour Carmen l’incorrigible
Qui meurt pour la liberté retrouvée

©  Loup Francart

08/07/2017

Street art (1)

Dans le 19° arrondissement, rue de l'Ourcq ou rue de Crimée, je ne me souviens pas, quelques tags magnifiques qui valent le déplacement !

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(Suite demain)

07/07/2017

Le mystère du mariage

Le mystère du mariage, c’est la réalisation de l’être propre de chacun par la découverte, puis l’assimilation intérieure de ce qu’est l’autre.

Les temps successifs :

1. Amour-passion : domaine de l’émotion et du sensuel avant tout ;

2. Amour-sentiment : idée de quelque chose à faire ensemble ;

3. Déclin de l’amour-passion, naissance du mystère : découverte de l’autre en tant qu’être différent dans sa conception du monde et de la vie, dans sa perception des événements. C’est ici le point délicat  qui peut se traduire par :

. Une rupture si l’on veut garder sa propre conception et refuser l’autre ;

. Un enrichissement si on ne se laisse pas agacer par la vision de l’autre et si, au contraire, on voit en quoi elle élargit la nôtre.

4. Transformation progressive de l’être de chacun par l’assimilation inconsciente de ce qu’est l’autre :

. Les réactions du couple face aux événements deviennent coordonnées ;

. L’homme naturellement tourné vers l’extérieur, agissant et raisonnant, apprendre à regarder en lui, à laisser parler ses sentiments et à contempler ;

. La femme acquiert la force et la stabilité, n’est plus soumise à la lui de ses sentiments changeant et a une vision plus apaisée des choses.

5 Prise de conscience comme que c’est le mariage qui va permettre à chacun de réaliser sa vie pleinement parce qu’il sort chacun de lui-même pour l’obliger à acquérir une nouvelle vision des choses. L’assimilation de ce qu’est l’autre va permettre de découvrir le but ultime de l’être : sortir de lui-même pour s’harmoniser pleinement à la création.

6. Élaboration d’une ascèse conjugale, règle de vie ou stratégie permettant à chacun d’aider l’autre à se réaliser. Cette élaboration se fait plus ou moins consciemment. Elle a pour but une transformation consciente et volontaire de l’être pour acquérir l’unité intérieure et l’harmonie avec l’extérieur. Les événements ne sont plus appréhendés comme bons ou mauvais, agréables ou désagréables, mais comme un défi posé à nous-mêmes et au couple. L’amour centré d’abord sur l’autre, puis sur la famille s’élargit. De convergent, tendu vers un être, il devient divergent et chacun aide l’autre à élargir sa capacité d’amour.

7. L’amour humain devient amour divin. Il embrasse l’univers et Dieu, le couple de vient icône, il réalise le sacrement du mariage.

Ainsi le mystère du mariage et la réalisation entre deux êtres d’une osmose créant, par une alchimie intérieure, d’abord inconsciente, puis qui doit devenir consciente, une image du royaume de Dieu sur terre.

C’est un sacrement en ce sens que, bien compris, il est créateur de la réalisation spirituelle des deux membres du couple, l’un à travers l’autre.

06/07/2017

L'homme sans ombre (3)

Et le mystère perdure. Elles se donnent rendez-vous le lendemain par téléphone et se retrouvent dans un café, place Montmartre. La fraîcheur de l’automne commençait à se faire sentir. Elles prirent leur thé à l’intérieur dans une salle emplie de souvenirs. Mais le seul souvenir qui les intéresse est celui de la veille. Noémie a mal dormi. Elle n’a pas osé interroger Mathis sur ce qu’elle avait vu et Lauranne n’a pas osé en parler avec Patrick.

– C’est incroyable et je n’y comprends rien, annonce à nouveau Noémie. J’ai peur. Qu’est-il ce fiancé qui avait toutes les qualités ? Il est devenu en un instant un inconnu, un personnage mystérieux que je regarde comme un étranger alors qu’il était si bon de poser ma tête sur son épaule et de me laisser guider.

– Je te comprends et je suis sûr que j’aurai les mêmes craintes que toi s’il était destiné à m’accompagner toute la vie. Mais il y a probablement des explications très terre à terre que nous devons découvrir. Nous ne devons pas nous laisser aller, mais tenter de savoir.

– Oui, tu as raison. Renseignons-nous sur ces phénomènes, d’une part la lévitation, phénomène reconnu, et l’absence d’ombre, moins connue, je dirai même inconnue et sur laquelle nous n’obtiendrons sans doute pas grand-chose.

Noémie propose donc un plan de bataille, ou plutôt un plan de renseignement qui montre sa volonté de sortir de ce mauvais rêve. Lauranne est aussitôt conquise par ce projet rationnel et se propose d’aller faire un tour à la bibliothèque de Beaubourg. Elle consultera les listings se rapportant au sujet. Noémie, qui a deux rendez-vous dans l’après-midi, regrette de ne pouvoir l’accompagner et lui donne rendez-vous demain matin au même endroit. Ainsi, son destin est entre les mains de Lauranne et c’est peut-être mieux ainsi.

Dès une heure, Lauranne fait la queue pour accéder à la bibliothèque. Après trois quart d’heure d’attente, elle entre enfin dans le saint des saints, se dirige vers un ordinateur et tape lévitation. Une multitude d’ouvrages semble correspondre à sa recherche. En notant les titres des ouvrages qui peut l’intéresser, Lauranne constate que nombre d’entre eux parlent de lévitation d’objets, petites cuillères volantes, tapis et autres ustensiles. Ce n’est pas ce qu’elle recherche. D’autres livres parlent de lévitation liée à la technologie. On parle de lévitation acoustique, de méditation grâce aux supraconducteurs, aux ultrasons ou de toute autre technique. Elle rencontre également de nombreux récits de science-fiction où des dragons font la chasse aux enfants lévitant. Bref, la lévitation, c’est tendance, se dit-elle un peu découragée.

05/07/2017

Il est paru : "Un sourire et quelques mots"

Ce livre est la continuation des "Petits bouts de rien", c'est-à-dire une somme de réflexions ou d'anecdotes faites au fil de deux années sur des sujets très divers.

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« C’est justement lorsque nous abandonnons notre histoire personnelle que nous découvrons la vraie vie. »

 

Sourire aux autres, au monde et à soi-même reste la meilleure thérapie contre la morosité et l’amertume. Dans de brefs textes, l’auteur s’interroge sur le mystère de la vie individuelle (notre histoire personnelle, le destin, le bonheur, l’au-delà du moi), l’avenir collectif (la politique, la culture, la communication, l’art), l’univers (le Big Bang, l’infini, la noosphère), ainsi que d’autres sujets plus terre à terre (la danse de la Parisienne, le bain de mer, courir la nuit).

Ces anecdotes et réflexions sont drôles, provocantes, parfois intimes, à méditer, au lit, sur la plage ou dans le métro.

 

 

Livre broché : 18,90 € TTC
E-book : 7.99 €
298 pages
ISBN 979-10-326-0249-2

 Les commandes peuvent être passées :
- Sur le site internet de l'éditeur : www.7ecrit.com/livre/sourire-quelques-mots
- Sur Amazon : http://www.amazon.fr/
- A la FNAC : http://livre.fnac.com/

Alors, bonne lecture à tous, quel que soit le moment, le lieu et votre humeur !

04/07/2017

Rien

Chaque jour te chercher sans jamais te trouver...

Le monde consistant en dessine les bords...
Franchir cette frontière n’est pas si simple
C’est plonger en un saut dans le vide éternel
Et faire humblement de l’intérieur l’extérieur
Cela peut arriver à quiconque le veut
Mais seuls le fou ou le mystique le cherchent
Le fou par construction, le mystique par amour
Aucun ne connaît l’heure du franchissement
Passer de la chose à l’infini des choses
Ou partir du néant pour l’infini de rien
Qui contient l’infini de l’inexistence

Imagine ce monde, un rien plus un rien
Ne donne-t-il qu’un plein de rien ou un néant ?
L’infini de rien contient-il tous les riens ?
Là, le brouillard envahit l’imagination :
Se compte-t-elle dans cet infini ou non ?
Cet infini n’est-il que l’envers du rien
Ou possède-t-il, par naissance, un peu plus ?
Sorti du chapeau, il construit les bords du rien
L’enferme et l’isole dans l’inexistence
Le monde de la pensée est-il différent
De celui des atomes que je peux saisir ?
Franchir la ligne du réel vers l’irréel
Ne veut pas dire folie, mais humilité

Laisse-toi gagner par ce vide devenu plein
Pour faire en sorte que toujours et encore
Chaque grain de sable subsiste dans le tout
Des plages mêlées aux gouttes des océans
Et s’enivre au passage du rien vers le tout...

 

©  Loup Francart

03/07/2017

Les choses, roman de Georges Perec (1965)

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Sans doute fruit d’une longue enquête sociologique, ce roman est celui du mal moderne, c’est-à-dire de cette absurde quête actuelle du bonheur dans « les choses », tout ce qui s’étale sur les affiches, qui fait envie, qui se vend, qui s’achète enfin si l’on possède de l’argent. Telle est la course au bonheur de ce jeune couple, semblable à des milliers d’autres. Et cette course demeure vaine, faite d’envies aussitôt épuisées ou jamais soulagées.

Roman insipide, car il fait un étalage abusif de ces choses qui seront le bonheur, un bonheur dans lequel rien ne vient éclairer cette vaine recherche d’un bien-être matériel.

02/07/2017

L'homme sans ombre (2)

Elles font encore quelques pas, puis Lauranne s’arrête et lui dit doucement :

– je ne comprends pas. Mathis, ton fiancé… Je suppose que tu l’a vu. Il s’est détaché.

Noémie rougit légèrement, puis reconnut :

– Oui, je n’osais te le lire. Mais j’ai remarqué. D’où cela vient-il ?

– Je t’avoue que comme toi, je n’en ai aucune idée. Est-ce vrai d’abord ? On peut être victime d’une illusion commune.

– J’aurai tendance à remarquer que c’est normalement l’inverse. Une personne peut être victime de méprise sur une situation, mais plusieurs, c’est plus difficile.

– Oui, tu as raison, reconnu Lauranne. Alors ? Si ce n’est une illusion, est-ce forcément vrai ?

– Tu me fais peur. Il y a sûrement une explication simple à laquelle nous n’avons pas pensé. Au fait, que vois-tu toi ? Nous ne voyons pas forcément les mêmes choses.

– C’est exact. Nous aurions dû commencer par-là !

Les deux jeunes femmes, sans s’en rendre compte parlent maintenant à voix haute. Noémie fait un signe de la main à Lauranne qui, aussitôt, se remet à parler à voix basse. Heureusement, les deux garçons n’ont aucune conscience de ce qui se passe.

– Moi, j’ai remarqué une chose étonnante, Mathis, ton fiancé,  ne repose pas sur le sol. Je vois nettement un centimètre entre la terre et ses semelles.

– Mon Dieu, mais c’est vrai ! constate  Noémie. Je ne l’avais pas remarqué, car moi je vois autre chose. Regarde-les tous les deux. N’y a-t-il pas une différence entre les deux ?

– Ben, non. Ils sont comme d’habitude, l’un blonde plutôt grand, c’est Patrick. L’autre, châtain, au nez plus long, qui sourit tout le temps, c’est Mathis. Ils n’ont pas changé.

– Mais, dans le soleil, tu ne saisis pas ?

– Ah, oui, comme c’est étrange. Effectivement, Mathis n’a pas d’ombre. C’est étonnant. Mais, pourquoi ?

– Je ne me l’explique pas non plus. Mais j’en suis éberluée !

A ce moment, Patrick se tourne vers sa femme.

– Dis chérie, tu te souviens de notre séjour à la Barbade. Il faisait un temps comme aujourd’hui. J’en parlais avec Mathis qui ne connaît pas cette région du monde. Ce serait bien si nous y allions un jour tous les quatre. Par exemple, aux prochaines vacances ?

Lauranne est surprise par cette proposition. Elle est à mille lieux de penser aux vacances et, de surcroît, à cette île perdue dans la mer des Caraïbes. Elle doit faire un effort pour répondre d’une voix normale :

– Pourquoi pas ? Cela nous ferait une bonne détente. Mais après leur mariage et s’ils ne choisissent pas la Barbade comme destination de leur voyage de noces.

Les hommes et les femmes reprennent chacun leur conversation, comme si l’affaire était réglée. Mais le constat de cette double anomalie chez Mathis n’est pas sans poser des questions. Comme beaucoup de personnes élevées de manière moderne, sans fondement religieux, elles n’a aucune interrogation d’ordre spirituel. Elles recherchent quelle est la cause de ces deux faits sans en faire un problème philosophique. Puis le soir commence à tomber et les phénomènes s’arrêtent progressivement. L’ombre de Patrick s’atténue, puis disparaît, de même que le centimètre manquant entre les chaussures et le col où se meut Mathis. Ils rentrent en bavardant de choses et d’autres, les hommes totalement inconscients de ce que les femmes ont constaté.

Tout au long de cette soirée, Noémie n’ose pas parler à Mathis de ce qu’elles ont vu. Cela l’inquiète. Elle ne sait comment il réagira, s’il va se moquer d’elle, s’il ne la croît pas, s’il ne va se précipiter chez le médecin. Alors elle ne dit rien, s’interrogeant en silence devant ce mystère.

01/07/2017

L'ennui

 

L’ennui, cette maladie incurable de notre temps.

Sans doute tient-il à un défaut d’adaptation de l’âme au monde matériel.

L’homme ressent souvent cette blessure ouverte sur l’immortalité.