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08/08/2015

Sortie de bain

Il a de drôles de pensées. Il s’est mis en tête de décrire comment, sortant d’une douche ou d’une piscine, ou encore d’une mer d’huile, il fait disparaître de son corps les gouttes d’eau emprisonnées dans ses poils et recoins.

La manière la plus simple est évidemment de se laisser sécher par le soleil ou le vent et le plus souvent les deux ensemble. Il suffit de se tenir debout, d’agiter de temps à autre les bras, de ventiler les aisselles en sifflotant d’un air distrait ou au contraire attentif à un détail du sol qui semble concentrer toute son attention. Quelques instants plus tard, et le temps passé dépend de la météo, le corps est à nouveau propre, sec et présentable pour ses voisins qui le regarde fièrement.

Mais la manière la plus simple n’est pas forcément la plus rapide. Alors lorsque le vent qui souffle est frais, presque froid, ou lorsque le soleil ne luit que de manière intermittente, une bonne vieille serviette de bain fait office de séchoir sans besoin de rester immobile et nu sous une météo détestable ou dans une maison non chauffée. Une longue étude sociologique, menée sur le terrain au fil de vacances, puis d’observations universitaires, lui apprit que selon le caractère et le sexe de la personne et le fait qu’il ou elle soit gaucher ou droitier, les habitudes peuvent être différentes. Nombreux sont ceux qui sortent de l’eau en se précipitant sur leur serviette, s’en saisissent avec vigueur et, celle-ci étant encore en forme de boule, se la passe avec vigueur sur le corps sans aucun ordre, rituel ou habitude. L’essentiel est d’être débarrassé au plus vite de ces gouttelettes d’eau qui collent à la peau et engendre une chair de poule insurmontable. Cinq secondes plus tard, ils émergent radieux et presque sec avec un sourire charmant et un peu canaille. Passons à autre chose, semblent-ils dire à leurs voisins éberlués.

D’autres personnes sans être forcément pointilleuses s’essuient en premier lieu le visage, le reste étant de peu d’importance du moment où ils voient sans troubles de la vue occasionnés par la pellicule d’eau qui stationnent dans les orbites. Ils secouent leur chevelure comme des enragés, transformant le plat et lisse sommet du crâne en désert aux arbres dénudés les branches dressées pour clamer leur désaccord. Ce ne sont plus des cheveux, mais la crinière d’un vieux lion qui s’est plongé dans la mare aux crocodiles. Le plus souvent, ils racontent dans le même temps leurs exploits de plongeurs aux voisins qui écoutent d’une oreille distraite, mais regardent le fou furieux s’écheveler d’un air convaincu. Le reste du corps ? Il leur importe peu. Il peut rester mouillé, l’important est de mobiliser la conversation et de briller au sortir d’un bain régénérescent. Généralement ce sont les adolescents masculins qui sont spécialistes de cette exhibition d’une haute envolée lyrique.

Enfin on trouve de véritables amateurs du séchage, pour ne pas dire de vrais professionnels, qui ont mis au point une méthode de séchage qu’ils utilisent immuablement quelles que soient les circonstances. Sortant de l’eau, ils ne se précipitent pas, mais vont dignement et d’un pas assuré vers leurs serviette de bain, s’en saisissent, l’ouvre grandement et la dirige vers leur visage offert au tissu. En premier lieu, les yeux, qu’il faut essuyer gentiment jusqu’à ce qu’aucune goutte malencontreuse ne viennent obscurcir leur visibilité. Oui, c’est bien cela, leur visibilité, comme si le fait d’être encore empêtré dans quelques goutte d’eau à hauteur des orbites, empêchait les voisins de voir leur silhouette massive ou fine selon le sexe. Après les yeux, il y a divergence selon les gens. Certains essuient le nez et la bouche pour pouvoir parler tout de suite clairement et non comme un canadien. D’autres s’en prennent aux oreilles qu’ils s’efforcent de débarrasser des gouttes entrées dans le conduit auditif et qui les empêchent d’entendre. Ils penchent alors la tête d’un côté, puis de l’autre, certains enfilant un doigt inquisiteur dans la partie creuse du pavillon et le secouant comme un forcené. En fait, ces deux attitudes dépendent bien sûr de la personnalité des individus : attentifs aux autres ou bavards comme une pie. L’attentif, respectant l’autre, l’écoutera d’abord parler avant de lui répondre. Le bavard n’aura qu’une envie, prendre la parole avant qu’un autre bavard ne le fasse. La concurrence est rude et la compétition sans pitié. Le visage essuyé fait de ces gens un autre homme ou une autre femme. Ils ou elles ont retrouvé leur esprit. Il s’agit maintenant de s’attaquer au reste du corps avec sérénité. Le cou d’abord, car il plus logique de commencer en haut plutôt que d’essuyer le bas sur lequel d’autres gouttes risquent de couler venant des parties hautes. Puis les aisselles, point névralgique du froid pénétrant le buste. Un vigoureux passage de la serviette sous les bras réchauffe les muscles et le cœur. C’est comme un massage qui ne dit pas son nom, mais qui fait du bien à celui qui le reçoit. Et quoi de mieux que de se le donner à soi-même. Ensuite les bras sur lesquels le morceau de tissu passe et repasse avec entrain et détermination. Mais l’opération et aisée et ne réclame que de la persévérance. Il est plus difficile ensuite de sécher le buste. Devant c’est relativement simple pour les hommes, encore que ceux qui disposent d’une épaisse couche de poils ont du mal à tout sécher sans emmêler leur fourrure. Pour les femmes le problème reste le morceau de tissu cachant leurs seins. Il est toujours plus difficile de sécher un autre morceau de tissu avec une serviette de bain qui est déjà humide, voire mouillée du séchage antérieur. De plus elles ne peuvent frotter énergiquement leurs mamelons sous peine d’en dévoiler plus qu’elles ne le veulent. Donc discrétion, même si le travail n’est jamais complètement achevé. Ensuite généralement, ces gens passent aux jambes. Pour les hommes c’est plus longs, car leurs poils renferment dans leur friche de nombreuses gouttelettes qui ne veulent pas en démordre. Pour les femmes, un aller et retour sur chaque longueur de jambes suffisent. Il faut cependant dire qu’elles ont les jambes tellement longues que cela peut demander du temps. Mais les hommes aiment ce temps arrêté où l’élégante ploie le buste, avance les bras pour caresser chaque jambe d’un air convaincu. Avant de passer aux pieds, étape ultime du séchage, il reste l’emplacement du maillot qui, selon leur forme et le sexe de leur locataire, peut être dégoulinant, c’est le cas des shorts de bain pour les hommes, ou simplement humide, l’eau s’écoulant naturellement du corps en rondeur et sans protubérance des femmes. Elles ont sur le sexe masculin cet avantage. Rien ne transparaît de leur féminité, y compris dans la cérémonie de l’essuyage. Leurs gestes gracieux, quasiment majestueux, révèlent un art de vivre qui dépassent la gaucherie de l’homme pour s’essuyer l’entrejambe devant ses voisins. Alors ils se contentent de passer doucement sur leur maillots d’un geste détendu, mais discret, leur serviette de bain déjà largement trempée. Enfin vient la danse des pieds. Comme s’essuyer un pied sans que l’autre n’hésite à reste sur place. Quel que soit la personne, elle se laisse aller à danser quelques pas vacillants sur un seul membre, puis à tomber à moitié dans le sable parce qu’elle ne sait pas se tenir debout sur un pied et se passer sans broncher la serviette sur l’autre. Si elle est en bord de mer, le sable accumulé entre les doigts de pied complique singulièrement la chose et contraint le plus souvent à s’assoir pour passer un doigt de la main entre chaque doigt du pied.

Voilà, l’homme ou la femme est sec ou sèche. Chacun y a mis du sien, distraitement ou méthodiquement, brièvement ou longuement, avec élégance ou de manière pataude. Leurs voisins les ont vu opérer cette transformation d’un être dégoulinant d’une eau persistante à un humain sec, le poil lustré, le sourire aimable, le regard enjôleur. Car, n’est-ce pas, la priorité des priorités lors de la sortie de bain, est de se faire remarquer par son aisance à se sécher le corps sans avoir l’air de rien.

22/09/2014

Vide-grenier et l'opéra è mobile

Hier, dimanche, jour d’errements insolites dans Paris, vide-grenier du 2ème arrondissement, rue de la Banque. Une mairie rue de la Banque, n’est-ce pas rassurant ! Une multitude gens vendaient jusqu’à leur chemise, en mal de partage. Mais de nombreux objets se pressaient sur le trottoir, abandonnés ou présentés avec art, avec le sourire enjôleur du propriétaire ou la face rebutante du vendeur. La mine y fait beaucoup dans l’achat d’un objet. Etre vendeur est un métier, mais plus vraisemblablement une passion, un instinct ou même une vocation.

Au loin nous voyons un rassemblement devant la mairie. Que se passe-t-il ? Nous approchons. Les gens sont figés, presque la bouche ouverte, attentifs, le sourire aux lèvres, à l’écoute du chant qui monte dans la rue avec force.

Mozart… Un opéra… La flute enchantée… Pamina dans tous ses états… Une Reine de la Nuit asiatique, intimidée, mais divine… Un Papageno noir comme du cirage, mais chantant merveilleusement… Tamino, petit, pas rasé, avec une voix d’or et un charme naturel… Un présentateur, également d’origine asiatique, mais parlant un français impeccable, accompagnant au piano les chanteurs et présentant en quelques mots très drôles, vifs, légers, le déroulement de l’opéra.

Quel bonheur que cette troupe des rues qui chante merveilleusement, avec naturel, pour des gens qui ne connaissent pas ce style de musique et qui finissent par être scotchés à leur jeu. Oui, ils étaient nombreux ces spectateurs, de petites filles assises aux pieds de leurs mamans, des mères s’asseyant dans la rue et écoutant avec béatitude, des hommes et des femmes immobiles, regardant ces chanteurs de moins de trente ans, écoutant leurs voix puissants et agiles et applaudissant à tout rompre devant les vocalises.

Subjugués, nous avons tous eu du mal à repartir vers les objets étalés. En dehors des flûtes, rien ne semblaient nous intéresser. La tête encore pleine de sons, nous étions shootés et sous l’emprise de la drogue : l’opéra chez nous, dans la rue, avec la fine fleur de la jeunesse française, qui, pourtant, n’en avait pas l’air. Mais que les airs de la Flute enchantée étaient émouvants !

Lorsqu'ils renouvelleront leurs exploits, nous y seront !

https://fr-fr.facebook.com/operaemobile 

06/10/2013

Cordages

Achetez ces liens qui tissent l’amitié. Ils trainent par terre et tous peuvent en faire provision. Il suffit de quelques billets qui vous ouvrent la porte et font de vous l’homme le plus heureux du monde.

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 Serrés en rouleaux étroitement enlacées, ces cordages sont adaptés à tous, petits ou grands, maigres et gros, bien-portants ou malades. Ils ont l’air inoffensifs, mais font preuve d’autorité. On dirait des rouleaux de cordons explosifs : « Achetez-moi, sinon… »

 

  

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Quelle envie enfantine ! Acheter une grande brassée de cordages et en décorer sa pièce de travail : couleur et tension. Des roses vifs, des jaunes lumineux, des bleus étincelants, des verts attendrissants, des blancs insoutenables. Et ces couleurs clignotent devant vos yeux, attirantes comme des éclairs de pierres précieuses.

 

 

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Cet instant de pure folie vous fait oublier où vous êtes. Plus rien ne compte que cette symphonie de ficelles et cordes qui vibrent ensemble pour le plus grand plaisir des yeux.

 

Allons, il est temps de reprendre ses esprits et de poursuivre sa promenade au long des rues encombrées d’objets hétéroclites. Quel déballage et comme nos greniers regorgent de richesses oubliées qui sentent la poussière et font éternuer.

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Mais vous conservez en vous-mêmes l’image ineffable des cordes vibrantes et colorées qui chantent seules dans leur caisse en un chœur vierge et pur.

28/09/2013

Le Pré Catelan, dans le bois de Boulogne

C’est au capitaine des chasses de Louis XIV, Théophile Catelan, que nous devons l’origine du nom du jardin. Mais la légende l’attribue à un troubadour du nom d’Arnault Catelan, qui y aurait perdu la vie, alors qu’il apportait des présents à Philippe le Bel, de la part de Béatrice de Savoie, comtesse de Provence. Autrefois simple pré d’où l’on extrayait les pierres qui sont venues paver les allées du bois de Boulogne, il s’est transformé à la fermeture des carrières en parc d’attraction. C’était un lieu plein de vie où l’on venait boire du lait frais dans la laiterie, écouter des concerts, faire quelques promenades en vélocipède ou des tours de manège. Mais les cris de joie se sont évanouis avec la guerre de 1870 et les affrontements de la Commune. (From : http://equipement.paris.fr/pre-catelan-et-jardin-shakespeare-2780)

Peut-on encore parler de lieu plein de vie ? Peu de personnes s’y promènent, et elles n’y marchent qu’à pas compassés. Le silence y est impressionnant.

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On croise quelques vieillards emmitouflés, deux ou trois couples d’amoureux, le plus souvent couchés dans l’herbe moite et quelques célibataires lisant le journal dans la clarté du soleil.

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Attention, ne pas le confondre avec le jardin de Marcel Proust d’Illiers-Combray, site romantique dit le « parc de Swann ».

Ce jardin a la beauté du paradis. Mais le paradis de nos grands-parents. Bien coupé, bien entretenu, il semble sorti des malles naphtalinées débarquant d’une diligence. Les femmes en robe longue et ombrelle colorée déambulent sur les sentiers, les hommes, rares, promènent leur canotier et canne de bambou, les enfants jouent au cerceau, courant à petits pas sans jamais se salir. Le paradis des enfants sages, bien brossés, feutrés comme leurs culottes de peau. 

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Les arbres y resplendissent dans le soleil d’automne. Verts et fiers, ils se penchent sur la rivière qui coule lentement, bordée d’une allée de graviers. A l’image des promeneurs, ils commencent à jaunir, atteints par l’ardeur du soleil. Mais cette vieillesse latente apporte le romantisme attendu d’un tel lieu.

Si vous suivez la rivière, sortant du pré très boisé, vous tombez sur une sorte de jardin japonais grand comme un mouchoir de poche, mais si crevant de vérité qu’on le croirait débarqué de l’Orient immuable. Que fait-il là comme ayant poussé sans aide ni intention ?

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14/06/2013

Un après-midi à Bagatelle

Le paradis aux portes de Paris. Je ne connaissais pas. J’ai été conquis13-06-06 Bagatelle (1).JPG. J’en suis reparti charmé, renouvelé, apaisé. Je n’y ai pourtant vu que de vieilles dames et vieux messieurs ou des jeunes femmes avec quelques enfants.

Entrée du côté Seine sous un soleil bienfaisant. Quelques mètres et déjà le comble de la beauté animale, un paon reposant dans une herbe fraiche, alignant sa traîne de plumes légères et colorées. Proche du pavillon chi-nois, pas plus incongru que cela dans cette mer de 13-06-06 Bagatelle (5).JPGverdure, il se laisse photographier, indifférent. Les enfants l’admirent et le respectent. Il n’est pas si souvent possible de voir s’ouvrir sa palette lumineuse. Ce ne sera pas le cas avec lui.

Passage auprès d’un petit étang, disons une mare ou même un bassin. Une famille s’est installée à proximité, au frais sous les couverts. Encore quelques pas entre les frondaisons et l’on arrive à l’orangerie.

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Versaillaise est-elle, pleine de majesté et d’équilibre. On voudrait être à la place 13-06-06 Bagatelle (13).JPGdes orangers et autres espèces qui y passent l’hiver. Quelques vieilles personnes, assises sur des bancs, devisent petitement, entre elles. Elles se chauffent au soleil, souriantes de cette aubaine. Elles sont presqu’au paradis, leur prochaine destination. Jardin à la Française oblige et plus loin, la roseraie surmontée d’une gloriette dans laquelle, à l’abri du soleil, devisent trois personnes. Elle a 13-06-06 Bagatelle (16).JPGle charme des accessoires de ville d’eau et domine la plaine jusqu’à la Seine qui n’est pas visible. Après bien des détours, je me dirige vers un pavillon, une fermette de briques, près du mur de clôture. C’est le 13-06-06 Bagatelle (17).JPGpotager, conservé au frais, pourvu de nombreuses espèces insolites ou communes. Certes, elles sont peu nombreuses. Quelques pieds par ci par là, mais si joliment plantés qu’ils font un parterre de reine.

Sortir des légumes, se retrouver dans le jardin mi- français, mi- anglais et tomber sur un paon en majesté. Quel éblouissement ! Le plus drôle se trouve derrière où il agite ses ailes à la manière d’un ventilateur. Vision inhabituelle qui enchante. Oui, le paradis…

 

 

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Poursuivant vers l’autre partie du parc, je traverse l’image de la France telle 13-06-06 Bagatelle (35).JPGqu’on l’imagine et qu’on ne voit qu’exceptionnellement. De vastes prairies rafraichies par les arbres immenses, des couverts de verdure léchée, des pièces d’eau qui humanisent ces étendues verdoyantes. Et mes pas tombent sur des bernaches du Canada, expatriées si loin de leur pays originel, se dandinant plaisamment au bord d’une pièce d’eau (une de plus).

Redescendant des grilles de l’entrée principale, j’arrive près des deux pavillons. Le premier, tout volet fermé, est13-06-06 Bagatelle (43).JPG dans son écrin de verdure. Le second, plus majestueux, plus noble, presque un décor immortel, étale son rose éternel sur les jardins qui l’entourent, gardé de lions à tête de femme, impassible dans la chaleur de l’après-midi. A l’arrière, sur le jardin pourvu de magnifiques pivoines de toutes les couleurs, il étale sa panse arrondie de bon petit bourgeois.

Et je repars, les yeux en arrière, comme si un film me faisait remonter le temps d’une entrée 13-06-06 Bagatelle (52).JPGdans cette merveille, gardée par des arbres centenaires. Je me retrouve sur le pavé parisien, ébloui. Paris réserve des surprises permanentes. Comme il est étonnant que je n’ai pas connu plus tôt ce coin de paradis.