21.02.2012
Hanezu, film de Naomi Kawase
Bande annonce :
http://www.youtube.com/watch?v=9-SC3QuVUm0
Extraits :
http://www.youtube.com/watch?v=ylHbpEVcQGw
http://www.youtube.com/watch?v=LfdbYc0uRwA
Dans la vallée d’Asuka, berceau de la civilisation japonaise, on met à jour les ruines de
l’ancienne capitale. Ses habitants pensaient que les trois montagnes environnantes, Unebi, Miminashi et Kagu, étaient habitées par les dieux. Un poème japonais du VIIème siècle conte l’affrontement de deux de celles-ci pour l’amour d’une autre. « C’est ainsi depuis le temps des Dieux, les hommes se disputent leur femme. » Et cette histoire se répète : une femme d’aujourd’hui y aime deux hommes, sans pouvoir choisir, jusqu’au suicide de l’un des deux. Takumi, la femme, vit une vie paisible avec son mari Tetsuya. On partage cette vie faite de gestes lents et simples, naturels pourrait-on dire. Mais elle poursuit dans le même temps une liaison avec Kayoko, un sculpteur, amoureux de la nature. Elle est enceinte, ce qui bouleverse sa vie, leurs vies à tous.
Très belle image du début, la montée du soleil sur l’un des monts et la voix-off énonçant le poème. Une description de la vie quotidienne de ce couple japonais, la descente en bicyclette vers son amant et le délire des corps, façon japonaise. Le tout enrobé d’une nature visionnée par la caméra enchanteresse de Naomi Kawase : rizières et plans d’eau, nid d’hirondelles et archéologie, gouttes de rosée et feuillage des arbres.
C’est un cinéma contemplatif et intimiste, si intimiste qu’on se demande ce que l’on vient y faire. Le temps s’étire comme les filaments d’un chewin gum. C’est la même impression de celle de Kundera dans La plaisanterie, dont nous avons parlé le 6 février : mais ici le temps est perçu de manière cyclique, il est un éternel recommencement dans la chronique des Dieux et des hommes. Et sans doute parce qu’il est toujours la même histoire, il laisse une impression d’asthénie par son indolence, sa lenteur et l’impassibilité des personnages. L’orage passé, le cycle reprend. Qu’a-t-on appris ? Rien, l’inanité d’un monde éternel que l’on peut contempler dans les ruines de l’ancienne capitale.
On s’y ennuie, mais avec élégance et esthétisme !
07:07 Publié dans 13. Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : film japonais, société, nature, contemplation, moeurs
14.03.2011
Vivre en contemplation

Vivre en contemplation,
N’est-ce pas se contempler soi-même,
N’est-ce pas se regarder dans le miroir
De l’étang qui lui-même reflète l’éclat du soleil ?

J’examine mes sensations diverses,
Je les analyse selon les rencontres,
Celle d’un éclat reflété sur l’eau,
Celle d’un cri dans le silence du vent,
Celle d’un canard qui s’envole à mon approche.
Et de tout cela je me construis,
Je me reconstruis, brisé en mille morceaux,
Pour franchir le miroir des souvenirs
Jusqu’au silence bienfaisant de l’absence de pensée.

Au loin, derrière l’étang, dans les bois,
Des enfants jouent bruyamment.
J’entends leurs cris étouffés,
Des bribes de paroles et de rires,
Sans pouvoir discerner le lieu de leur présence.
Puis à nouveau, le silence,
Entrecoupé d’un tressaillement de moteur
Et prolongé par le frémissement de la bise.

Silence. L’eau même s’immobilise
Et se pare de petits scintillements
Qui constituent autant de reflets
Des pensées qui partent au fil de l’eau.
07:43 Publié dans 14. Promenades | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : méditation, promenade, contemplation


