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17/08/2022

Où ?

Certains jours, il se voile la face
Il se lève et ne tient pas compte
De ces instants de repos de la nuit
Il poursuit son rêve, extatique
La petite musique continue
Il n’arrête plus de jouer à l’important
Il se regarde l’œil vif et serein
Il ne tient pas compte de lui-même
Il se voit sans se reconnaitre
Ce n’est plus lui, c’est l’autre
Celui qui n’est plus rien qu’un pantin
Qui joue son rôle sans savoir
A quel méfait cela conduit
Il voit l’homme important
Mais ne voit pas la glace qui se brise
Il est nu comme un vers, penaud
Il se tâte et ne se reconnait plus
Où est-il l’homme rêvé ?
Dans le liquide aqueux du jour
Il ne voir que l’ombre de lui-même
Où suis-je? Profère-t-il

12/06/2022

Droit

Droit. 
Pas à ta manière
Abandonne-la
Ne sois pas tendu vers l’avenir
Cours vers ton destin
Mais ne te laisse pas entraver

Le ciel est ouvert
Passe des étoiles au bleu
De la matière à l’absence
De la pensée au silence

Enferme-toi dans l’impermanence
Laisse aller ton devenir
Ne pense pas au vide
De chaque côté de tes pas
Reste droit, fixé sur ce point 
Ou rien n’est et tout passe

La mort survivra-t-elle ? 

19/03/2022

Toujours

Oui, cinquante ans après et quelques jours plus tard
Tourné vers toi et elle, la tendre et fière
J’ai contemplé ta main et regardé trop tard
Cette étrange fille qui gère en écuyère

Étrangement vêtue, amoureuse et belle
Je te vis dans ta chair, les lèvres ouvertes
L’œil égaré, perdue et toujours rebelle
Tendre et retenue, de bonheur experte

Chaque jour est un jour, de pur bonheur repu
Tu es la fuyante, retenue par la main
Je suis l’onde mêlée au retour du reflux
Sans aucune pudeur, tu poursuis ton chemin

14/03/2022

4° dimension

 

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Ville, perte de l'identité
Où est la solitude ?
es-tu seul ou multiple
un seul être te manque
et tu erres dans la multitude
épuisant ton regard
au fil des rues

07/03/2022

Derniers instants

Souvent, il étire ses personnalités
Souvenir éclatant, regard sans lumière
Il n’imagine pas d’autres ambigüités
Que celles évoquant la fin dernière

Mais de quoi s’agit-il ? Demande-t-il aux siens
Dans son nuage blanc, il marche sur les flots
Mille lieux au-dessus de brefs soucis humains
Il va-et-vient sans fin, flottant sur son îlot

Rien ne l’offense et tout le concerne
Prisonnier d’un songe, il marche vers la mort
L’amour le délaisse, quelle route terne
Approchant de la fin, il n’est plus qu’un corps-mort

Ombre de lui-même, il n’ose avancer
Il résiste au destin, fier de son pouvoir
Mais celui-ci l’envoie et, sans l’influencer
Il offre sa tête sans larmes ni mouchoir

28/02/2022

HLM

Cheminées aux visages tordus,
Murs armés d’une charpente nue,
Rouge, jaune, vert,
Bois, ciment et fer.

Qui donc voudra s’entasser
En ton sein de prostituée,
Dont, telle une verrue, le crochet mamelon
Serait antenne de télévision.

Et ce château fort de béton armé,
Sans charmante mort, même sans fumée,
Dresse un squelette strié de grues, 
Comme une bicyclette de rue.

L’eunuque humain et sa progéniture, 
Abeilles blessées autour de la confiture,
De ton sein de prostituée
Suceront les alizés.

(écrit en juillet 1963)

12/02/2022

Intimité

Comme chaque jour, je cours. Cela m’envole la tête, écrase mon égo et oxygène le corps jusqu’à le rendre transparent.

Ce matin, j’arrive devant une maison connue, abandonnée loin du village, toujours fermée sauf l’été. Je contourne un des communs et tombe sur une biche immobile, à tel point qu’elle semble une sculpture plutôt qu’un être réel. Elle est à quinze mètres. Elle me regarde et ne bouge pas. Je m’arrête et fais de même. Nous nous regardons, deux êtres, seuls au monde. Plus rien n’existe, seuls, elle et moi. Elle ne s’affole pas et reste impassible. Cela dure une minute, deux minutes.

Puis, elle se met à vivre. Elle se lèche le flanc, caresse quelques mèches de son dos, comme si je n’existais pas. Elle est seule au monde, dans un instant de solitude heureuse, accomplissant ses gestes avec sérénité. Elle est tout entière à son animalité, belle d’innocence.

Elle ne bouge toujours pas. Elle regarde soudain. Je ne bouge pas. Nous nous regardons, sans un bruit. Alors, elle se couche dans l’herbe et semble me dire : je n’ai pas peur. C’est ma vie, pleine et entière, faite d’instants de recueillement devant la beauté de l’univers. Fais-toi transparent toi aussi.

Soudain, en un éclair, elle se lève et fuit, comme tout animal surprit dans sa vérité, trois ou quatre minutes de communion naturelle, dans un moment hors du temps.

16/11/2021

Lui

Cet étrange individu s’arrêta loin de moi
Qu’en est-il de ce regard perdu et vacillant ?
N’y a-t-il plus moyen de devenir soi
Ou, pire encore, de survivre à un faux fuyant ?

Il se pencha sur lui-même, courbé en deux
Comme un caméléon qui regarde le blanc
Et ne voit qu’un triste et futile boutefeu 
Fuyant entre les arbres, tremblant

Ses bras s’allongèrent jusqu’à terre
En digne et propice commentaire
Saluant ce qu’il ne voyait que voilé

Il en prit son parti, avança patiemment 
Est-il possible d’être encore vivant
Quand devant soi meurt l’humanité !

05/10/2021

Anniversaire

Toi, seule dans la foule des récipiendaires
Les yeux ouverts sur la vie et l’amour
La main sur le cœur et le cœur en bandoulière
Tu marches parmi tes souvenirs, heureuse

Lorsque nous nous sommes unis
Toi, belle comme une colonne d’airain
Moi, te contemplant, émerveillé
Notre dernière heure est apparue

Nous avons fait un vœu de longévité
Toujours près l’un de l’autre
Caressant notre rêve d’infini
Deux en un, un parmi les autres

Et la vie passe… Entre nous
Toi toujours présente, là et ailleurs
Près de la beauté des souvenirs
Jusqu’au bout du monde, un et deux à la fois

17/02/2020

Double, en haïkus

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Elle est fine et belle

retourné, il s'inverse...

concupiscence

 

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Ce sont les mêmes

frère et sœur, ils restent

curieuse symétrie !

 

 

 

 

 

 

NB. Un même dessin, inversé en symétrie.

20/07/2019

Lever de soleil

L’œil pointe son nez

va-t-il vouloir se cacher

plus haut dans la ouate

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23/04/2013

Matin

Ce matin, la couleur était dehors. Elle inondait la fenêtre, s’épandait sur la toile du ciel et pénétrait le regard d’une couche d’extase. Quel assemblage : bleu et rose !

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Les grands arbres noirs découpent leurs silhouettes élancées, levant leurs dizaines de bras et leurs centaines de doigts. Ils prennent leur bain de lumière et de couleurs avant de redevenir chaleureux et dorés.

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Peu à peu cette féérie s’assagie, se clarifie. Les parapluies ouverts se délectent de lumière plus crue. On respire mieux, la journée peut commencer.

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