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02/03/2021

Nature profonde

Le monde tient parce qu'il bouge

Rien n'est fixe, tout est mobile

 

25/02/2021

L'observation de l'univers (Epilogue)

Si l’observation de l’univers s’achève dans un bistrot sur un comptoir, à côté d’une bière vide, c’est pour mettre en évidence la difficile interprétation de la vie. Une cause en entraînant une autre, le spectacle passe d’un monde gigantesque (l’univers visible) et poussiéreux (les poussières de galactiques), mais visible, à une vision plus lâche, parfois imaginaire, mais pas toujours, où se cache le rêve, la croyance et la vanité.

Et Dieu dans tout cela, où est-il ? Fouille, fouille l’homme mort et va au-delà de ce que tu vois. Les fantômes avancent également à marche forcée et sortent de leur chapeau des histoires à dormir debout. L’homme serait-il double ? Un être plein de vide qui l’encombre et lui donne de l’importance, ou un être vide plein de bonheur, qui tend la main à tout autre que lui pour lui donner la joie éternelle.

Nous n’avons certes pas la réponse et ne la connaîtrons que plus tard, derrière le léger manteau de la vie. Que cela ne t’empêche pas de vibrer, de t’exalter, de reconnaître que le mystère reste épais, plein et entier, et que cela forme le plaisir et le mystère de la vie, envers contre tout ce qui n’est ni visible ni rationnel.

 

24/02/2021

L'observation de l'univers (11)

Ainsi s’achève l’observation de l’univers
Quelques échanges de coups d’œil 
Une poignée de main entre humains
Et un vide immense entre eux

Entre en toi-même, te dis-tu
Fouille ton être transparent
Découvre la clarté de ton intérieur
Les yeux ouverts, sans lunettes

Souris à tes déconvenues
A tes échecs, à ton ridicule
Sois le joueur sans bagages
Ne porte rien et va au loin

Ta liberté vaut plus que ton être
Libère-toi de toi-même
Tu n’es rien
Et tu es tout

Adieu, être sensible et provoquant
Je te laisse sur le bord du chemin
Et pars libre de tout souci
Comme l’oiseau gonflé de bonheur

23/02/2021

L'observation de l'univers (10)

Voilà pourquoi il lui faut du rêve
Une soupape d’échappement
Qui parfois soulève le couvercle
Et laisse échapper un cri

Ce n’est pas un cri de désespoir
Mais de bonheur dilué et fragmenté
Plein d’inattendus et d’impasses
Une « multivie » d’émotions et de rêves

Ah ! Qu’elle est bonne cette vie
Qui courre sous notre peau
Et nous emplit de bonheur
Viens l’aimé(e), promenons-nous ! 

Depuis ils batifolent ensemble
Dans la plus stricte intimité
Seuls dans ce monde si vaste
Jouant à cache-cache derrière les astres

Vont-ils atteindre la fin de l’univers 
Cette région dont ne sait rien
Simplement qu’il y fait froid
Congelons-nous jusqu’au prochain réveil !

22/02/2021

L'observation de l'univers (9)

Serait-ce cela l’éternité
Une si longue ficelle
Dont on ne voit pas la fin
Et qui se dévide sans soubresauts ?

Ou l’éternité serait-elle la mort
Retournée en vie sans fin
Un bain bouillonnant d’huile
Qui frisonne sans déborder ?

Dieu seul le sait. Et encore
Est-ce si sûr ? Ne regarde-t-il pas l’homme
Comme une poussière de son imagination
Perdue dans les galaxies, asphyxié d’espace?

Dilué dans l’espace-temps
Empli de matières et de pensées
L’homme et la femme s’ouvrent
A la vie qui toujours déborde

Le lait vital l’entraine encore
A imaginer le pire, rien de rien
Derrière l’éclaircie le tonnerre
Et la peur courant sur la peau

L'observation de l'univers (8)

Alors la Déité se cachera sous le tapis
Se laissera écraser les pieds
Elle partira pour un autre univers
A inventer, construire, former

Laissant les hommes et les femmes
Ensemble, façonner leur monde
En toute tranquillité et modestie
Et contempler leur bonheur 

L’infini sera vraiment l’infini
Un labyrinthe d’événements
Que seuls les acteurs poursuivent
Et appellent la vie et, parfois, la mort

Mais y-t-il une mort à vivre
Après la ronde endiablée
Vécue par les uns et les autres
 Dans le rêve de l’inconnu ?

Chaque homme et chaque femme
Tous courent derrière la vie
Connaissant la fin ultime
Une mort dont on ne sait rien

 

 

 

21/02/2021

L'observation de l'univers (7)

La femme également errera en solitude
Jusqu’à ce que son enveloppe s’entrouvre
Et laissera voir un intérieur vide
Empli de beauté et de communion

Car pour être il faut mourir à soi-même
Il faut percer ce voile opaque 
Qui tient lieu d’individualité
Et condamne à ne plus être soi-même

L’homme et la femme ne seront qu’un
Et le Un, devenu trois, puis multitude
Errera à nouveau dans l’air du présent
D’un l’infini sans horizon

Ainsi ira jusqu’au bout sans fin
L’humanité d’une verdeur nouvelle
Reflet vivant d’un autre monde
Où rien n’est semblable ou différent

Diaphanes et rayonnants 
Ils seront immortels, présents
Là et maintenant
Auréolés de lumière divine

20/02/2021

L'observation de l'univers (6)

Peu à peu leurs enveloppes s’entrouvrent
Dévoilant pudeur et beauté
Leurs exhalaisons se mêlent
Éclairant l’univers de senteurs nouvelles

Le néant n’est plus, plein d’un rien
Qui est tout sans existence physique
Et qui frappe sans cesse le cœur
D’un impalpable bonheur inconnu

L’être naît et vit de singularités nouvelles
De caresses et d’amour envers tous
Entraîné dans la ronde des cœurs  
Ivre de magnificence et de modestie

Montagnes et mers sont des lieux enchanteurs
Que les êtres survolent en harmonie
Faisant émaner une musique divine
D’une vie ouverte sur la lumière immatérielle

L’homme ira où il veut, quand il veut
Il n’aura plus de visage, mais un cœur
Il n’aura plus de regard, mais l’infini
D’un instant transperçant l’horizon

 

19/02/2021

L'observation de l'univers (5)

Oui, pourquoi n’existerait-il pas
Au-delà de la poussière et de la masse 
La légèreté du rêve et de la mystique
Ouvrant l’homme sur un autre monde

Dieu que le vide est plein de surprises
Il tient dans ses mains ouvertes
Les pensées des hommes et leurs espérances
Pour le meilleur et parfois le pire

Allons donc plus loin, là où le moi n’est plus
Ou le soi peut être dépassé par l’existence
Dans ce vide qui n’est rien et devient le Tout
Dans une seule lumière qui s’appelle l’amour

Cette lumière est l’être, unique et entier
Plus large que ce que l’on en voit
Séparée des autres êtres aussi singuliers
Par une simple enveloppe transparente

Multitude envahissante et curieuse
Elle ne se mélange que tardivement
Le cœur soulevé d’espoir et de crainte
Respirant liberté et indépendance

18/02/2021

L'observation de l'univers (4)

Mais gardons les pieds sur terre et dans le ciel
L’univers observable n’est qu’une partie de sa totalité
Apparaît l’idée de multivers, conjugaison de plusieurs univers
Nés et non observables, progressant sur des routes parallèles

Ils ne sont certes pas visibles ni même, pour l’instant
Envisageables mathématiquement et donc physiquement
Mais chacun peut rêver et se réjouir pleinement :
Nous ne sommes plus seuls, nos fantômes sont avec nous

Finalement, le physiquement est probablement de trop
L’esprit éclairé et curieux de Teilhard de Chardin
Possède d’autres hypothèses englobantes et étonnantes
Telle la noosphère baignant dans un espace immatériel

Un nuage supplémentaire sur nos têtes encombrées
Existant sans masse et hors de l’espace-temps
Comme une épaisse nuée cauchemardesque
Qui dégage les neurones et offre l’innocence

16/02/2021

L'observation de l'univers (3)

Plus curieux encore, ce qu’il voit n’existe plus
Ce n’est certes pas que cela n’a jamais existé 
Mais cela était il y a des milliards d’années
Quand l’homme n’avait pas encore foulé la terre

Quelle tromperie Dieu nous met sous les yeux
Un monde de passé sans visibilité sur l’avenir
L’homme, chaque homme, est seul dans le cosmos
Face à l’univers en mouvement dans un temps incertain

A quoi peut-il se raccrocher, où peut-il d’appuyer ?
Même l’espace-temps est percé de trous
Et cahote sous les pas de l’observateur
Pavé de soleils et d’astres rondouillards

Quant à chercher l’avenir dans le présent
Qui n’est qu’un instant insaisissable
C’est comme voir le monde avec une lunette
Qui, prise à l’envers, s’ouvre sur la pupille de l’œil 

Ainsi l’homme se fouille avec une lampe de poche
Pour contempler un cosmos à l’existence passée
Qui peut mourir sans qu’il puisse le prévoir
Et peut détruire la merveille qu’il représente

 

15/02/2021

L'observation de l'univers (2)

Mais il reste prisonnier de son univers observable
Prisonnier de l’espace, du temps et de la matière
Qui ne laisse pas tout voir et encore moins toucher
Prisonnier de l’instant présent et de sa position

Mais la divagation peut remplacer la vision
Les idées percent l’horizon de mots fulgurants
Que conduisent vers d’autres horizons
Et pénètrent en d’autres mondes imaginaires

Derrière la pellicule de la visibilité
Se cache le rêve, la croyance et la vanité
Duperie excitant pour les petits hommes
Qui toujours veulent aller plus loin

Et si l’on veut aller au-delà, dans les nuages
Au-delà de moi qui voit difficilement le sens
La totalité parfois le prend à gorge
Et conduit jusqu’à l’infini ou parfois au zéro

14/02/2021

L'observation de l'univers (1)

De l’univers, l’homme n’observe pas grand-chose
"L’univers, c’est un livre et des yeux qui le lisent"
Disait Victor Hugo, ajoutant curieusement
"La matière n’est pas et l’âme seule existe"

Tout d’abord, l'homme s’observe lui-même s’observant
Il ne se voit que d’où il est et au moment où il observe
Il est au cinéma, assis, face à une image à l’arrêt
Sans pouvoir tourner la tête à droite ou à gauche

Certes, il peut bouger les yeux sur le tableau du monde
Mais sa visibilité est limitée par la qualité de son œil 
Par son angle de débattement et l’atmosphère poussiéreuse
Ce qui n’ouvre guère la vision et l’imagination

Il a ensuite amélioré sa vue par le grossissement
Multipliant lentilles et positions d’observation
Mais il reste bien sur terre devant un ciel bleu
Ou noir à d’autre moment du temps qui file

Il s’est offert de nouveau spectres observables de lumière
Qu’il ne voyait pas auparavant, agrandissant ses pupilles
Il voit maintenant hors de la lumière visible à l’œil 
Perçant jusqu’aux rayons qui traversent son corps

29/09/2020

Amour de l’univers

 

Porter sa conscience au niveau de l’univers.

Je suis l’univers et l’univers c’est moi,
Car on ne peut connaître l’un sans connaître l’autre.
Mieux même, on ne pourra aimer l’un sans aimer l’autre

L’amour de soi, c’est l’amour de l’univers
Et, au-delà, de son créateur

Mais… Ne pas forcer l’amour des autres
C’est que l’on n’est pas prêt soi-même 

Et surtout, sache que le moi ne peut rien
Seul le Soi peut avoir conscience de l'univers
Et de ce qui nous unit

 

08/07/2020

Vie animale

L’animal sans mental vit la parfaite union avec son essence dès lors que ses sens sont satisfaits.

La difficulté qu’a l’homme de pacifier et de stopper son mental n’existe pas chez l’animal. Dès lors que celui-ci a su pacifier les désirs de son corps ou même de son cœur (instinct maternel ou sexuel), il atteint la béatitude, c’est-à-dire l’union avec l’univers et il s’oublie lui-même. L’un et le tout sont alors confondus. Ce n’est que lorsque l’équilibre est rompu par l’apparition d’une sensation ou d’une émotion que l’animal redevient lui-même et agit en tant qu’individu face au monde. L'existence et l'essence sont souvent confondues et lui donne une communion intime avec le monde.

L’animal qui ne peut revenir dans son centre de communion avec l’univers se laisse peu à peu mourir.

05/11/2019

Mondes

Par nature, l'homme se situe entre trois mondes : le monde physique, le monde psychique et le monde spirituel.

Ces trois mondes se côtoient :

* Le monde physique comprend la terre (qui elle même comprend la barysphère, la lithosphère, l'hydrosphère et l'atmosphère ainsi que la biosphère), le système solaire avec le soleil et ses planètes, la voie lactée, les autres galaxies et d'autres phénomènes tels que les trous noirs ;

* Le monde psychique ou noosphère comprend la psychosphère, individuelle, et la sociosphère. "La conscience est de même une résultante de millions d'autres consciences concordant à un même but. La cellule est déjà une petite concentration personnelle ; plusieurs cellules consonant ensemble forment une conscience au second degré (homme ou animal). Les consciences au second degré, en se groupant, forment les consciences au troisième degré, consciences de ville, consciences d'Église, consciences de nation, produites par des millions d'individus vivant d'une même idée, ayant des sentiments communs" ;

* Le monde spirituel ou monde invisible, c'est-à-dire inaccessible aux sens. Ce monde se divise, au minimum, en monde des esprits et monde divin.

 

 

18/02/2019

Méconnaissance

 

L’homme dans la contemplation intérieure de son propre corps peut accéder à la compréhension de sa grandeur et de sa misère. Il peut saisir sa grandeur par le fait que son corps est un univers à lui seul, qu’il constitue un tout indépendant par son physique et sa pensée par rapport au reste du monde ; mais cette vision le mène à la compréhension de sa misère par le fait même que ce tout serait néant sans le monde.

L’homme est l’exact intermédiaire entre le néant et l’infini et est en cela partagé entre le bien et le mal. Il est heureux pour lui qu’il n’ait pas connaissance de ce que sont le néant et l’infini, car seule cette méconnaissance lui permet de vivre. La difficulté d’être ne vient qu’avec l’intuition de ces deux extrêmes.

 

12/04/2018

Moi et la vie

On a l’habitude de dire : « C’est la vie », lorsqu’une contradiction se présente et que l’on refuse de se laisser préoccuper par elle. Mais pourquoi faire de la vie quelque chose d’extérieur dont il faudrait accepter la fatalité ? Ce que l’on appelle prendre la vie avec philosophie n’est qu’un renoncement à être. On renonce à notre propre réalité.

Note système éducatif est élaboré  pour faire face à la vie, si bien que l’homme finit par croire qu’il y a deux choses : lui et la vie, c’est-à-dire le monde. Pourtant, le monde n’est pas plus la vie que lui. Le tout est la vie, car la vie est ce qui est.

Descartes a trompé l’homme lorsqu’il a dit : « Je pense, donc je suis ». Par cette simple phrase, il a dissocié la pensée et l’être, argumentant en faveur du fait que la vie de l’homme est en dualité permanente entre la pensée et l’être. Il a mis la pensée avant l’être. Pour lui, l’être n’est que parce qu’il pense, alors qu’en fait, en dehors de tout système philosophique, la pensée n’existe que parce que j’existe. Elle n’est qu’une des manifestations de l’être, comme l’amour. « Je suis, donc je pense » ?

Alors la dualité disparaît, le dualisme du sujet et de l’objet s’évanouit. Nous ne cherchons plus à saisir, car nous sommes ce que nous saisissons, le soi et le monde constitue une unité.

19/03/2018

Prière

Mon Dieu, je ne vous adresserai qu’une seule prière, c’est de me laisser le temps d’apprendre et de connaître, en vous, toutes choses, dont moi-même. Donnez-moi la volonté de chercher, car ce n’est qu’ainsi que je vous trouverai.

Faites de moi celui qui n’est rien, apprenez-moi à m’oublier dans le reste des choses, et c’est en appréhendant le Tout que je deviendrai moi-même.

12/03/2018

L'infini de l'amour

Comment ne pas se sentir ridiculement petit devant ce monde à aimer en même temps que Dieu ?

Une vie ne suffit pas pour apprendre à aimer Dieu.

Une vie ne suffit pas pour apprendre à aimer le monde.

Pourtant, Dieu ne nous demande pas un choix.

Il veut l’un et l’autre.

03/02/2018

L’univers : un tout indissociable en mouvement

Qu’est-ce que l’univers : un agencement de la matière dans l’espace et son mouvement au cours du temps.

Sans matière, l’espace n’existe pas. Il n’existe que parce qu’il contient quelque chose. D’où la question : l’univers est-il finit ou non ? Sa finitude est étroitement liée à la question de la présence de matière.

Sans espace, le temps n’existe pas. Le temps n’est que parce que la matière se meut dans l’espace.

Sans temps, l’espace ne peut exister. Non seulement l’espace contient obligatoirement quelque chose, mais ce quelque chose qui est la matière est obligatoirement en mouvement C’est le mouvement qui crée le temps.

Sans mouvement, rien n’existe. L’univers est en perpétuelle vibration. Il est lui-même agissant, il est action.

Ainsi se rejoignent obligatoirement l’être et l’action. L’un ne va pas sans l’autre.

12/01/2018

Zéro

Zéro est le premier nombre
Il fut découvert le dernier
Il contient l’infini
Divisez-le par l’infini
Il redevient lui-même : zéro

Zéro à la puissance zéro
Est égal à un et non à zéro
Et il est impossible
De diviser tout nombre par zéro
Y compris d’ailleurs zéro

Ce nombre est un mystère
Peut-être celui de nos origines
Zéro puissance zéro égal un
Le zéro crée du nombre
A partir de lui-même
Il engendre le un

Et, au-delà, la numérotation

L’univers et tout ce qu’il contient
Fut créer à partir de rien
L’ailleurs est le monde du créateur…

Relier la matière à l’esprit
Le plus grand défi de l’humanité… 

©  Loup Francart

07/01/2018

L'individu et la personne

O homme, regarde-toi,
Tu as en toi le ciel et la terre.
(Hildegarde de Bingen)

Fort du principe que l’homme est un monde en soi, qu’il est donc coexistant à l’univers, interrogeons-nous sur ce que les spécialistes appellent le psychisme ou la psyché. Pour se faire, remarquons dans un premier temps que cette discipline en est au B, A, BA de ses recherches. Elle reste une discipline empirique qui n’a pas encore établi une cartographie de l’esprit humain comme le fait chaque jour la cosmologie pour la matière et l’univers. Tirons justement de ce parallèle des enseignements pour comparer l’humain et le matériel et, plus précisément, le psychisme de la particule qui, elle-même, constitue l’homme.

Les recherches du siècle passé ont montré qu’il y avait deux façons d’aborder la particule : soit en tant qu’individualité, sous la forme corpusculaire, soit en tant qu’association avec le reste du cosmos, c’est-à-dire d’un point de vue ondulatoire qui codifie le comportement de celle-ci. La première façon permet de constater l’existence d’une individualité propre dotée de propriétés physiques qui la distinguent des autres. La seconde va plus loin. Elle personnalise cet individu en lui donnant une certaine liberté de comportement qui dépend bien des interactions avec l’extérieur, mais également de sa relation intime l’associant au reste de l’univers par une capacité de référence au passé grâce à une mémoire élémentaire.

En ce qui concerne l’homme, il est évident que cette capacité de mémoire et donc d’actes individuels est multipliée considérablement, d’abord par la naissance du règne végétal, du règne animal et enfin de l’arrivée de l’homme qui franchit le pas de la réflexion, c’est-à-dire non plus seulement en interagissant sur son environnement, mais en s’interrogeant sur lui-même et sur la façon dont il interagit.  En conséquence, il envisage le monde et lui-même non seulement dans sa place par rapport au monde, mais également en tant qu’individu (son aspect corpusculaire) et personne (son aspect ondulatoire).

Comme l’explique Jean E. Charon[1], l’être se différencie d’autant plus du néant qu’il est uni à tout l’univers. Theilhard de Chardin disait que l’être d’autant plus personnalisé qu’il est ainsi plus uni, une union qui différencie. A quoi cela tient-il ? Jean E. Charon explique  qu’avec l’homme apparaissent de nouvelles associations au Tout, celles obtenues par structuration des informations en provenance du cosmos. Ainsi l’homme peut se constituer un moi personnel au-delà du moi individuel (mais le comprenant) d’autant plus fort qu’il s’emplit de plus de connaissances et de plus d’amour.

 

[1] L’homme à sa découverte, Éditions du Seuil, Paris, 1963, p.109.

26/12/2017

Le mur quantique de la noosphère (2)

Ce monde invisible ou plutôt ces mondes invisibles s’abritent derrière une frontière perceptible  que certains appellent le numineux. Le numineux est, selon Rudolf Otto et Carl Gustav Jung, ce qui saisit l'individu, ce qui venant « d'ailleurs », lui donne le sentiment d'être dépendant à l'égard d'un « tout Autre ». Là la compréhension du monde est en effet toute autre. Le mystère divin se laisse entrevoir, mais sans jamais se dévoiler réellement. Le réel et l’imaginaire peuvent se confondre. L’intérieur et l’extérieur de l’être se côtoient. Mieux même, ils s’appuient l’un sur l’autre. Le numineux procure un état de fascination et d’effroi conjugués. C’est une frontière marquant le passage d’un état à un autre, entre le monde matériel et le monde immatériel, mais bien réel de l’esprit. Le numineux est la frontière perceptible du passage du Moi vers le Soi.

Ce monde invisible peut commencer par le monde astral, c’est-à-dire le monde des expériences et des rencontres ésotériques. Il se caractérise par des expériences hors du corps (transes, bilocation, translation, dédoublement, décorporation, lévitation) ou par la présence d’entités de nature très diverses qui peuvent être maléfiques ou bénéfiques ou encore par des sensations (bourdonnement, voix, rires, légèreté, sensation d’énergie, de légèreté, de chute dans un trou, etc.). C’est un monde dans lequel les sensations peuvent être vraies ou imaginaires, comme le monde quantique dans l’univers physique. Ainsi l’ésotérisme pourrait disposer de ses propres lois, inintelligibles pour un esprit rationnel.

Mais plus profondément et sans passer par l'ésotérisme, le monde invisible ne se dévoile que dans la perte de sentiment du Moi. Il ne s’agit pas réellement de la notion de Moi telle qu’elle est développée en psychologie et en psychanalyse, comme, par exemple,  le soi primaire des nouveau-nés de Michael Fordham ou le soi de la pyramide des besoins d’Abraham Maslow (notion d’accomplissement de soi), ou encore la notion de concept de soi et d’estime de soi en psychologie sociale. Tournons-nous plutôt vers la notion d’un Soi au-delà du moi, qui ne se dévoile que lorsque l’être a pu se débarrasser de ce moi encombrant qui l’empêche d’accéder à une autre vision et à un autre monde, qui est tout autre que ce que le moi permet de percevoir du monde qui l’environne. C’est le Soi dont parlent les sages hindous, les maîtres du zen ou les mystiques des religions, même si ceux-ci emploient d’autres mots pour qualifier cet état d’être.

Pour faire une comparaison hasardeuse, on pourrait dire que l’idée de numineux s’apparente à l’existence, concept maintenant démontré, de trou noir en cosmologie. Le trou noir possède un champ gravitationnel tellement intense, qu’il empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper. Il est défini comme une singularité gravitationnelle occultée par un horizon absolu appelé horizon des évènements.

On pourrait également qualifier ce monde invisible de lieu de réunion des contraires, mais il est plus probable que ce lieu de réunion des contraires soit le véritable monde spirituel, rassemblant les contraires, c’est-à-dire le matériel et le spirituel, le réel et l’imaginaire, l’être le non-être.

Ce n’est pas encore le monde spirituel, car le monde spirituel est un monde sans temps ni espace, donc ni mouvement puisque le mouvement exige de l’espace pour se déplacer et du temps pour accomplir ce déplacement. Il est très vraisemblablement sans corporalité physique, mais peut-être pourvu d’une autre corporalité de nature différente telle que l’âme.

18/12/2017

Le mur quantique de la noosphère (1)

La poésie et l’imagination peuvent amener à des découvertes surprenantes. Cette nuit, devisant avec moi-même dans la cuisine devant un bol de café, s’assimilèrent en un éclair le monde physique et le monde des idées, c’est-à-dire la noosphère. Dans ce dernier monde, on navigue entre des idées, des impressions, des sentiments, des réactions, bref, en un univers ordonné et cohérent dès l’instant où l’on a su le découvrir avec rationalité et en tirer quelques règles relativement simples. Cette cohérence est donnée par la parole qui lie entre elles les représentations visuelles, sonores, tactiles, gustatives, odorantes et qui permet de les exprimer et de les partager. On pourrait dire que la parole est comme la gravité, elle maintient en cohérence le monde des idées qui nous entoure et nous permet d’appréhender la vie.

L’homme a toujours senti une attirance pour aller au-delà de notre monde physique. Tous les grands mystiques, chercheurs, artistes ont tenté de faire comprendre à leurs contemporains cette vision d’un monde tout autre qui les a transformés. Ils se sont exprimés selon l’objet de leurs recherches, mais derrière les apparences, c’est bien une même présence qui les attire et à laquelle ils consacrent leur vie. Certes, ce nouveau monde n’est pas perceptible directement et ne se dévoile jamais clairement. Mais des éclairs d’intuitions ont fait franchi le mur à ces élus et pénétrer dans le calme et la tempête, là où le temps et l’espace n’existe plus. On pourrait comparer cela à un trou noir du monde de la matière, mais c’est ici un trou blanc qui éclaire et guide la vision. Quelle exaltation les saisit ! Ces éclairs les transforment, les allègent, les enchantent. Revenu dans le monde habituel, ils ont contemplé leur vie et décidé d’approfondir cette surprise stupéfiante : il y a un monde invisible derrière le monde visible.

De même qu’il y a une frontière conceptuelle entre le monde de la physique gravitationnelle et le monde de la physique quantique, l’un et l’autre se comportant avec des lois différentes, on constate, par expérience personnelle, l’existence d’une frontière entre le moi bien ancré dans notre monde physique habituel et le soi appartenant au monde du sacré ou monde des symboles dont parle Jung. Peut-être même peut-on dire que ce monde qui se dévoile à nous est en lui-même une frontière qui mène au monde spirituel, frontière entre le moi et l’âme. Disons frontière parce que cet état est trouble et fait vivre dans les deux mondes sans que le choix soit fait définitivement par celui qui l’expérimente. Numineux, tel est le terme que certains emploient. Et ce terme est volontairement à double sens : d’une part, fascination à l’égard de la perception du divin et séduction  par cette présence immatérielle, d’autre part effroi et terreur  face à l’incompréhensible et au mystère. L’expérience de ce numineux est donc trouble et difficilement définissable, de même que l’expérience entre le monde physique géré par la gravitation et le monde quantique dont les lois sont fondamentalement différentes. Ainsi, dans le monde quantique, on peut être et ne pas être en même temps, comme l’a mis en évidence l’expérience du chat de Schrödinger à laquelle le physicien Everett a donné une étrange explication. L’univers serait une immense onde quantique, somme des possibilités et impossibilités de tout ce qu’il contient, imaginables ou non, toutes ces possibilités existant simultanément, comme autant de chats à la fois morts ou vivants. Toutes les possibilités existent à chaque instant, mais elles ne sont pas visibles. Il existerait donc une inconcevable multitude d’univers parallèles où toutes les possibilités sont réalité.

Pour ce qui est du monde de la pensée que l’on pourrait également appelé monde de l’information, on constate la même frontière entre le monde du rationnel (celui de la noosphère, somme des pensées sur le monde physique) et le monde spirituel ou monde du sacré, seul accessible par le numineux, état trouble et indéfinissable qui contraint l’être à revoir sa vision de l’univers et de la vie. Mais ce n’est que l’ouverture sur plusieurs mondes : le soi permet d’accéder à la connaissance de l’âme, entité du monde spirituel, puis, au-delà, au monde du Tout divin que certains appellent le Tout autre pour ne pas employer un terme rappelant celui de "Dieu", trop empli d'appropriations exclusives.

24/09/2017

L'ennui

L’ennui, cette maladie incurable de notre temps. Sans doute tient-elle à un défaut d’adaptation de l’âme au monde matériel. L’homme ressent souvent cette blessure ouverte sur l’immatérialité, mais il ne prend pas suffisamment la peine de chercher à la saisir et l’analyser. Lorsque cet univers nous est apparu une fois, plus rien ne saurait nous détacher de sa recherche permanente et il y faut de nombreuses heures où l’ennui n’a pas cours. L’ennui n’est donc qu’un effet de la pesanteur et son remède est dans l’allégement des pensées.

Comment peut-on s’ennuyer une fois qu’on a conçu l’incroyable travail qu’il reste à accomplir à l’homme pour se libérer de sa matérialité. D’abord la comprendre, puis la dominer pour accéder à une conscience ontologique de l’univers.

 

30/03/2017

L'ordonnancement du monde

Réveil quatre heures dix ! Je mets la cafetière sous tension et attends les premiers glouglous de la machine qui ne tardent pas à arriver. Je tourne les yeux vers la fenêtre, noire, silencieuse, un trou béant devant l’inconnu, lorsque ceux-ci tombent sur un tas de cuillères dispersées dans l’égouttoir. Vision banale au possible. Mais ce matin, l’illuminharmonie,ordre,monde,univers,divination. Me vient à l’esprit les mots L’ordonnancement du monde. Comment, à partir d’un tas de cuillères jetées là en arriver à penser à un ordonnancement du monde ? Comment a pu me venir cette association d’idées ?

Le terme ordonnancement fait penser immédiatement aux termes ordre, organisation, arrangement. Mais l’association des termes ordonnancement du monde est assez rare. Parle-t-on de l’univers visible, des atomes qui s’organisent dans l’espace et forment des galaxies qui s’équilibrent entre elles ? Je cherchai sur Internet ces deux termes associés et tombai sur un titre : Plotin et l’ordonnancement de l’être, de Bernard collette-Ducic[1]. Pour Plotin, le monde intelligible est formé de trois substances : l’Un, l’intelligence et l’âme. L’Un est inconnaissable, on ne  peut le définir, on ne peut que dire ce qu’il n’est pas. Il est source de tout et assure la cohésion de toutes choses. C’est Dieu. L'Intelligence ou l'Esprit est l'être intelligible de Platon qui rend la réalité cohérente et harmonieuse. Elle est principe de toute justice, de toute vertu, de toute beauté. L'âme est la médiation entre l'Intelligence dont elle procède et le monde sensible qui en émane. L'âme est une sorte de mouvement logique, rationnel, organisateur. Elle crée un monde ordonné et se divise en âmes individuelles (celles des hommes, des animaux et des plantes). L'âme humaine est donc une parcelle de cette Âme engendrée par l'Intelligence contemplant l'Un. Autant dire que chaque âme est une parcelle de Dieu, que Dieu est donc présent en chacun de nous. Le monde matériel est le point ultime de la diffusion divine (http://sos.philosophie.free.fr/plotin.php).

Pour Plotin, chaque être sensible doit être compris comme une partie d’un tout et contribue à la plénitude de ce tout. La raison qui est en elle produit l’harmonie et l’ordonnancement. Cet ordonnancement n’abolit pas les différences entre les êtres, mais permet leur communication, leur interaction que Plotin nomme sumpatheia : l’unité du monde sensible vient du fait que l’univers est un tout en sympathie avec lui-même ; c’est comme un vivant qui forme une unité.

Sans entrer plus avant dans le monde de Plotin, considérons cependant cette profonde intuition : le monde sensible est en harmonie et ordonné et il appartient à chacun d’en goûter les bienfaits et de participer à cette harmonie. Et ces quelques cuillères ramassées ensemble par la main de celui ou celle qui a fait la vaisselle m’a, en un instant fortuit, fait accéder à cette idée merveilleuse : le monde a un sens, même si nous le comprenons pas. Seule notre âme sensible nous permet d’y accéder, sans compréhension intellectuelle, par le fait qu’elle entre en harmonie avec le monde. En un éclair, l’âme s’échappe et devient une, à l’égal de Dieu qui devient accessible par osmose.

Baigné par l’ordonnancement du monde, je commençai la journée libre de tout désagrément, vide tout souci, exalté par cet infini qui devient intime et pénètre chaque parcelle du corps.

 

[1] https://books.google.fr/books?id=MP9dN4KtQ00C&pg=PA21... p.21)

21/02/2017

Pensée

La grandeur des arbres se perd dans l’enceinte de l’univers. Pourtant, ce n’est pas leur taille qui nous illusionne, mais l’ignorance de l’enceinte. Nous ne sommes que des fourmis qui se disent pensantes. Qu’est-ce au juste que penser : confondre l’univers avec le monde des fourmis ? L’esprit y tourne en rond et ne peut en sortir. La pensée, c’est de la fumée dans une bouteille de verre. Nous sommes comme ces marins qui construisent leur bateau dans une bouteille et la pose sur la cheminée pour la contempler. Si l’océan et le désert attirent l’homme, c’est qu’il y voit la possibilité d’une évasion. La pensée se noie ou meurt de soif en cours d’évasion. Ce qu’il faut trouver, c’est la substance vitale qui traversera le verre. Alors la fumée s’échappera. Encore faudrait-il procéder prudemment et ne pas rompre ce fil qui relie l’astronaute à sa cabine.

17/12/2016

Une porte

Une porte est un passage entre deux mondes, celui que l’on connaît et un autre, inconnu avant de la franchir. Elle peut n’être faite que de brindilles séchées ou de chêne épais, ou même renforcée de ferrures, la porte reste un mystère, car elle cache ce deuxième monde, que l’on ne voit que lorsque la porte est ouverte.

Les grands se cachent derrière leur porte et la font garder. Nul ne sait ce qu’ils font et ce qu’ils vivent derrière. Les rois n’ouvrent jamais une porte. Elle leur est ouverte. Ils peuvent parfois saluer d’un signe de tête l’homme qui tourna la poignée et fit faire un quart de tour à la cloison. Mais le plus souvent ils passent sans s’en rendre compte d’un monde à l’autre sans qu’ils y trouvent le changement. C’est pourquoi les rois disposent d’une continuité de pouvoir que les autres humains n’ont pas. Pour eux, il n’y a pas de mystère. Notons qu’il en est de même des malheureux qui n’ont, eux, pas de porte. Ils errent dans le monde sans pouvoir en trouver d’autres, ils portent leur misère sur le dos et restent à leurs côtés, car elle est leur seule richesse.

Les autres humains, ces hommes et femmes normaux, sachant se servir de leur poigne pour faire faire un quart de tour à un rond de porcelaine ou à un levier rigide, usent et abusent de cette faculté notoire : passer d’un monde à l’autre sans savoir ce qui se trouve de l’autre côté. Il peut leur arriver d’étranges choses : trouver un cadavre fraîchement expédié, ouvrir sur une femme faisant sa toilette, surprendre un enfant les doigts pleins de confiture. C’est toujours un choc que cette rencontre avec l’inconnu.

Alors certains n’osent ouvrir, ils entrebâillent. Ils jettent un œil sur la partie visible de l’inconnu, croît connaître l’autre partie, entrent d’un pas assuré pour tomber dans un inconnu qui les surprend. Les plus malins n’entrent pas, ils ne passent que la tête. Certaines finissent au panier, guillotinées de surprise, les yeux ouverts sur l’inconnu pour toujours. D’autres enfin ne mettent que le pied dans cet entrebâillement, n’osant tirer plus en arrière la cloison, mais n’ayant pas non plus la force de la refermer, par faiblesse sans nul doute.

La mémoire reste un argument essentiel pour ce passage. La plupart connaissent ce qui se trouve au-delà de la ligne de la porte lorsqu’elle est fermée. Ils ne regardent même pas, ils poursuivent leur rêve ou leur dialogue mental et ne vivent ainsi qu’une vie, bien triste parce que toujours la même. Seuls quelques curieux, distraits, innocents ou éclairés, savourent cet instant où, la clenche cédant, l’inconnu se dévoile auréolé de sa splendeur occulte, voilée aux yeux des passants peu curieux qui restent du côté de la vie, refusant de plonger dans l’inconnu. À peine ouverte, la porte crée l’aspiration. Ils sont projetés de l’autre côté de la frontière, muets d’étonnement, sourds aux injonctions du passé encore présent, les bras tendus vers l’inconnu, aveuglés de déraison qui leur chatouille les idées. Nombreux sont ceux qui ne s’en remettent pas. Certains se figent sur la ligne, n’osant aller plus avant ; d’autres tombent de saisissement, les deux pieds dans le même sabot, peu entrent en majesté ou alors les yeux fermés. Ils retardent l’instant où l’inconnu se dévoile. Les écaillent tombent des globes oculaires, un jour nouveau apparaît, la vie nouvelle s’offre à eux, ils sont légers, neufs et nus devant le spectacle de la nouveauté.

Alfred de Musset, ce grand voyant devant l’éternel, avait raison de proclamer qu’il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. Quand on est chez soi, on est dans la rue, dit la marquise. Oui, seuls les rois et les indigents n’ont pas de chez eux !

23/05/2016

L'espace, le temps et la matière

Longtemps on parla de l’espace d’un côté et du temps de l’autre. On n’y mêla jamais la matière qui semblait un concept différent. Einstein fut le premier à intégrer ces trois concepts ensemble. L’univers serait-il un tout indissociable ou un rêve qui cache une autre réalité ?

On sait depuis Einstein que la structure de l’espace-temps dépend de la répartition de la matière dans cette structure et du mouvement donné à cette matière. L’univers ne serait-il qu’une répartition de la matière dans l’espace et son mouvement qui crée le temps. L’espace n’est que par le temps, c’est-à-dire le mouvement, et le temps n’est que parce que la matière se meut dans l’espace. Espace et temps sont indissociables. Supprimons la matière, il n’y a plus d’espace et de temps. Supprimons l’espace, le temps cesse de s’écouler. Supprimons le temps, l’espace s’écroule par ce qu’il n’y a plus de mouvement.

Dans un espace-temps à l’échelle corpusculaire, c’est-à-dire dans une vision quantique, la position des électrons dans l’espace-temps est imprévisible. Ils peuvent même être détectés dans deux lieux à la fois et l’on ne peut définir précisément leur position dans le temps et l’espace. On a l’impression qu’à cette échelle l’univers se décompose et se met à danser une sarabande incompréhensible. Est-ce la limite entre le monde physique et un monde autre, celui de la pensée et/ou celui du divin ? Un monde empli d’informations qui finissent par engendrer une intention à l’origine du Big Bang. Et l’homme pourrait participer de ces deux mondes par le mystère de la pensée et sa puissance créatrice. Alors on pourrait réconcilier les deux appréhensions du monde, l’appréhension scientifique, qui base ses fondements sur le physique et l’expérience, et l’appréhension mystique dont l’objectif est la fusion en Dieu, autre sorte d’expérience, intime et pratiquement intransmissible. Derrière la seconde du Big Bang, une appréhension complètement différente de l’univers apparaît, probablement sans matière, faite d’informations circulant comme les électrons circulent dans le monde quantique jusqu’au moment où elles se condensent pour atteindre un processus de création. Alors sont engendrés ensemble la matière, le temps et l’espace qui créent l’univers que nous connaissons.

Peut-être alors peut-on s’interroger : Dieu ne serait-il qu’information ? Très certainement non, ce monde informationnel n’étant qu’un monde intermédiaire derrière lequel le concept de Dieu n’apparaît qu’en filigrane. De lui naît la pensée, mais cette pensée n’est pas le divin. Celui-ci se trouve au-delà. Ajoutons que ce monde informationnel n’a rien à voir avec ce qu’on appelle vulgairement l’information dans notre monde moderne. On peut le concevoir comme la noosphère décrite par Vladimir Vernadsky et Teilhard de Chardin : une enveloppe pensante qui crée l’unité de plus en plus consciente des âmes.