21/06/2013
Abondance
Abondance…
La nature s’avance, indéfectible…
Elle se pare d’ornements
Telle une princesse orientale
Et, comble de modernité,
Elle abandonne derrière elle
Des gouttelettes de perles
Suintantes au bout de chaque tige
Du plus grand arbre
A la plus petite feuille…
Ses pas marquent le temps
Avec la précaution d’un instant
Et chaque goutte bat les secondes
Dans la précision d’un métronome…
Lueur blafarde du jour qui s’engage
Dans sa course épuisante d’une journée
Aujourd’hui, huile de vidange
Et parapluie retourné…
Mettre son imperméable
Se doter d’un chapeau couvrant
Et faire valser ses pas entre les flaques
Ballet ineffable des hommes
Soumis à la dictature de l’abondance…
Quand reviendra la lueur attendue
De l’étincelle divine qui baigne nos pensées
Et encourage nos squelettes ?
07:10 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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17/06/2013
Un matin d'orage
Plus rien ne sera comme avant
Un voile s’est épaissi et hante l'horizon
Dédoublé, où se trouve l’ancien monde
Celui auréolé de blancheur
Qui dansait encore hier
De petits pas menus ?
Danse toujours ma jolie
Souris de tes yeux de verre
Fais claquer tes doigts légers
Et monter dans les nuages
Tes vœux pieux de petite fille
Le tonnerre a rompu les digues
Et l’eau se déverse des cieux
En ce matin d’un jour nouveau
Dissociation intérieure
Où se trouve l’image rêvée
Choisie, dorlotée, mémorisée
Qui tient chaud au cœur
Et refroidit le manque de raison
Oui… Danse dans la vallée
Chante la vie et l’espoir
Dénude tes pensées sauvages
Et répands sur ton visage
L’ombre même du bonheur
Alpha ou Omega, qui es-tu
Toi qui toujours donne la paix ?
06:32 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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13/06/2013
Abandon
Il est appelé et il ne répond pas
Quel est donc cette attention subtile
Qui le retient dans sa boule de verre
Vit-il dans ce monde ou un autre ?
A peine assis, à l’endroit désigné
Il laisse aussitôt errer sa pensée
Tout se referme et il s’enferme
Parti en fumée, il s’espace*
Ce voyage aux frontières de l’inconnu
Dans ce lieu du rêve et de l’ignorance
L’a-t-il voulu ou non ?
C’est un moment d’absence
Une descente dans les prés
Jusqu’au ruisseau de l’abandon
* Ce verbe détourné de son sens met en avant la dissolution du moi. Le monde devient sans mesure.
07:31 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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09/06/2013
L'occasion
Rien ne nous y amenait, mais cela se fit…
C’était la femme nue de la mythologie
Rasoir d’une main et voile tendue de l’autre
Occasion se manifestait à nouveau…
C’est une circonstance inconstante
Un instant à saisir, fragile et à propos
Que l’on ne retrouvera plus avant longtemps
Presque toujours favorable. C’est un courant d’air
Mais parfois se perd l’occasion de se taire
On regrette alors non pas de n’avoir point agi
Mais d’avoir céder aux charmes du verbiage
Plus généralement, une occasion
Est une statue de Vishnou
Elle passe entre les mains, y reste peu
Repart vers un nouvel acquéreur
Occasion aux mille mains ouvertes
Qui caresse l’objet avant de l’abandonner
La divinité est chauve, son pied en l’air
Où va-t-il retomber, où vont aller ses pas ?
L’occasion n’existe plus.
L’opportunité la remplace.
Elle est plus volontaire
Il faut l’exploiter
Ce n’est plus l’expédience
Mais la pertinence de l’individu
Qui fait du hasard
Une rencontre voulue
L’attente est l’attitude
La réactivité est son comportement
Tel le rapace, l’homme moderne
A la communication crochue
07:26 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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05/06/2013
Le bonheur
Ce peut n'être qu’un instant, insaisissable
Une fraction de seconde où tout chavire…
L’extase absolue et un retournement de la vue
Tu suffoques de ce poids en toi tel un caillou
Qui pèse sur ton cœur et lui donne existence
Tu t’incarnes et rien ne t’en fera démordre
Mais quelle en est la cause, pourquoi ?
Cet éclair impulsif vient-il de ton imagination ?
Est-il né d’un manque d’air ou d’un coup de poing
Au creux de tes vagabondages nocturnes ?
Un moment d’attention parmi les minutes vécues
Ou de distraction au sein de la morosité ?
Rien ne peut te le dire. Ce n’est qu’un tremblement
Entre deux feuillets d’habitudes sans faconde
Qui bouleverse tes sens et les exacerbe
Jusqu’à terrasser en toi ce personnage
Que tu traines sans cesse depuis ta naissance
Nu(e) devant ta destinée, tu frémis d’aise
Et de surprise intime… Touché(e)...
La lance du glaçon te transperce d’ignorance
Et tu bous de vertige et d’inaction
Jusqu’au volcan qui se réveille en toi
Le silence, les yeux ouverts, dans l’attitude
Incroyablement banale d’un enfant
Plongeant ses doigts dans la confiture
Arrêt du cœur, explosion de cellules
Te voici renouvelé, repu, rassasié
D’une seconde de ta vie qui t’entraîne
Derrière l’apparence…
C’est fini, le glaçon est fondu
Il ne reste qu’un peu d’eau
Une goutte de regret
Que tu essuies de ton mouchoir
Comme une tache rebelle
Tu gardes celui-ci dans ta poche
Empli du parfum de l’invisible
07:24 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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01/06/2013
La photo
Une photo… Un coup de pistolet dans la vie…
Prise sur le vif, elle éclaire l’instant
Sans dire cependant d’où tu viens
Où tu vas et quelle est ta destinée
Pour l’autre, tu es figé dans le sel
Expression d’un temps à jamais perdu
Et l’œil éperdu qui te contemple
Ne voit rien d’autre qu’un fantôme
Ce rectangle de papier glacé
Dans lequel tu as mis ton espoir
Devient lentement un cimetière
Dans lequel jaunit ton ardeur
Un jour, se fanera même cet instant
Ce sourire aisé que tu donnes au monde
Et ne resteront que ces images vieillies
Qui se gondolent dans une boîte de fer blanc
05:49 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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28/05/2013
Matin
Trois gouttes d’eau s’élancent du toit
Elles s’étirent, puis se laissent tomber
Se poursuivant dans leur chute
L’une s’étale sur le ciré… bavure…
Elle éclate de rire et se rengorge
Morte, elle est perdue pour toujours
L’autre se noie au sein d’un géranium
Se laisse couler dans le terreau
Envahissant la moindre lézarde
Pour finir aspirée par une racine
La dernière, enfin, s’engouffre
Entre chemise et peau…
Frisson et recherche de la main
Mais déjà elle dévale le dos
Evitant les poils maigres
Trois gouttes d’infini
Perles rares d’un matin
Quel éveil endolori
Pour chanter en solitaire
La montée du feu
Qui consume les craintes
07:25 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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24/05/2013
Une branche frissonne
Une branche frissonne, la nuit
Trois pieds m’observent fixement
Pendant que j’écoute le fruit
Des silences du firmament
La lune rouge s’évade vers le bleu
Un homme assis me fixe de deux yeux
Derrière une canne nouée
une chauve-souris zèbre un nuage
qui se rétracte de plaisir
La terre respire mes pas
Trois maigres cheveux se balancent
Sur une main riant lentement
L’éclat pervers des étoiles
Pique ma joue enflammée
Une grande symphonie
La symphonie d’une feuille
M’entoure de rouge et de bleu
Trois gouttes de brume sur les cils
Trois larmes dans ma main
Le sommeil interrompra-t-il la litanie ?
07:03 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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20/05/2013
Aurore
Je me levais au moment où se glisse
Dans la fente entre étoiles et opacité
Un pâle rayon, une ombre de lumière
Derrière cette atmosphère sombre
Réveillé, dégrisé, ragaillardi
Je tendais les doigts vers la lueur
Mais j’eus beau allonger le bras
Je ne touchais que le vide et l’obscurité
L’œil est plus rapide que le bras
Il comprend d’un regard étincelant
Le feu du matin, même fragile
Et ce reflet grandit, s’élargit
Ouvre ses bras au vide de la nuit
Qui recule prudemment
Derrière les pans de murs
Même cachée, l’obscurité est traquée
Les traits de la nature se dévoilent
Comme la trame d’un tableau
Les contours du flou se précisent
Toucher enfin du regard
Les tiges élancées des bambous
Avant la fleur dans les prés
L’air se purifie, léger
Il me pénètre les poumons
Et éclaire mes pensées
Dispersant les miasmes du sommeil
Quelle prière muette
Les mains dans l’azur enfin
Je danse la chacone devant le soleil
Un jour nouveau est survenu
Instant d’apesanteur, les pieds légers
07:40 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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16/05/2013
Le pinceau
Un pinceau, c’est une mouche qui vole
De pots de confiture en lieux d’aisance
L'insecte décrit des cercles d’espoir
Navigue en entrechats et pirouettes
Soumis au gré de la concentration
D’une main et de sa réflexion
Voyons ? Un peu de rouge carmin
Au coin de ce cercle de lumière
Du jaune fluo dans ce trou évasé
Elle passe d’un pot à l’autre sans vergogne
La barbe engluée de couleurs
Et chante modestement son habileté
C’est ainsi que s’essaime avec modestie
Le liquide coloré sur la toile blanche
Et que le monde connaît une œuvre de plus
Un carré de tissu tendu sur un châssis
Qui représente le monde imaginaire
D’un homme à la main leste et sûre
Le peintre est bien le magicien
Attendu ce jour à la sortie du train
07:25 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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12/05/2013
Rêve du dimanche
Le dimanche se perd dans l’aquarium
Dont la solitude verte
Fait aux fenêtres dorées
Une rosée de pleurs
L’avenue bordée de pieds ronds
S’enfonce, infinie et chaude,
Vers la porte qui ne mène nulle part
Large tapis qui s’allonge, rigide
Les êtres s’étirent doucement
Vers trois coins opposés
Puis se laisse bercer
Par les vagues de leur lit
Parfois le soleil étale ses rayons
Jusque dans l’aquarium
Et cherche à détruire
Les ombres et la quiétude de l’air
Zébrée d’auréoles blondes
La cire ronronne et languit
Et des visages sans voix
Fuient leur cruelle engeance
L’aquarium émet des sons étranges
Rires alourdis de mains ouvertes
Dont chaque doigt cache
Un souffle de fumée
Les lits ouvrent leurs bat-flancs
À des jambes solitaires
Qui glissent dans leur ombre
Vers de longs tabourets
Et ceux-ci campés fièrement
Sur quatre pieds aux pattes décharnées
Offrent leur solitude
Au monde de chaleur
Une rangée de hallebardes
Dresse ses cache-flammes
À la brume prisonnière
Qui s’y attarde gaiement
Le soleil aussi semble profiter
De leur miroir d’huile
Pour caresser sa longue chevelure d’or
Et contempler ses éruptions
Univers clos
Monde parmi le monde
À la recherche d’une âme
Dans les brumes de son corps
07:44 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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08/05/2013
Flâner, c’est survivre dans le bonheur
Flâner, c’est survivre dans le bonheur
La bouche à la surface de l’eau
On se laisse dériver dans le courant
Les yeux ouverts, les idées vides
On se laisse pénétrer des lourdeurs
D’un paysage à l’accès difficile
Mais en toute liberté, en apesanteur
Le soleil à fleur de peau, ouvert à tous les vents
Ecarte ce décor connu et tends les bras
Prends dans tes mains inassouvies
Cette couleur jaunissante de la vie
Et laisse-la déborder en flots continus
Marche dans le vent aigu,
Chante dans l’air asséché,
Cours sur la vapeur transparente
Et poursuis ta quête de l’inconnu
Ce bonheur que tu perçois
Tu le tiens éveillé en toi
Tu le caresses de tes poumons endoloris
Tu ne le laisses pas partir
Même s’il semble t’échapper
Cette survie est la vraie vie
Partir les mains vides, les yeux transparents,
Les idées évacuées, et plonger sa tête
Dans ce monde que nous respirons
Ah, les délices de cette promenade
Qui bientôt finira au bord de la vie
Oui, flâner, c’est survivre dans le bonheur
07:08 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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04/05/2013
Prudence et parcimonie
Prudence ! Viens, la petite, viens !
Gambade encore devant mes pieds
Soulève mes chaussettes trouées
Et découvre sous mes pas
Les pièces semées par inadvertance
Froid, désolation, rien ne vient
Aujourd’hui est le jour raté
D’un retour au primitif
A la valse lente des mirages
Le matelas des cieux, moelleux
S’endort au-dessus des frissonnements
Du jardin englouti dans sa torpeur
Pourtant la nature s’est éveillée
Elle a fait grandir les pousses
Mais sitôt fait, elles ont stoppé
Leurs gambades allègres
Elles se sont rétrécies de crainte
Elles attendent leur heure qui ne vient pas
La lassitude s’enracine dans les membres
Bouges-tu ton petit doigt
Tu réalises un exploit
La chair de poule t’envahit
Tes frissons te couvrent d’une carapace
D’indolence fiévreuse

Et pourtant ces bouquets de blancheur
Se dressant en écume de vie
Sont bien le signe d’un mouvement
Un appel à la décontraction
Quand donc nous relâcherons-nous
Laisserons-nous aller nos oripeaux
Pour nous laisser rôtir nus
Et dansez le sabbat au jour le plus long ?
07:14 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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30/04/2013
Chapeau !
Quelle engeance, cet étrange galurin
Sur la tête d’une aussi jolie statue
Immobile, elle s’égare dans son indolence
Et pique un fard au bain-marie
Haut de forme, serrant le crâne
Il permet de se distinguer des autres
Par une étrange stature rehaussée
Mais quel malheur lorsqu’il faut saluer
Certains aspirent au chapeau
Rouge cardinal, il attire l’œil
Dans la foule des prétendants
Et fait ressortir la majesté du personnage
D’autres les préfèrent ruisselants
De fruits débordants et veloutés
Elles imaginent la bouche ronde
D’amants gobant les cerises
Il peut arriver que l’on en bave
Comme les ronds de fumée
Qui sortent de la bouche du fumeur
Et font trembler l’air d’extase irréelle
On peut le tirer jusqu’à terre
Et saluer ainsi une inconsolable
Qui au sortir d’une relation
Entre au purgatoire des amours
Chinois il ne pèse pas la paille
Qui le garnit en conque ouvragée
Vissé sur le caillou par son attache
Il peut devenir le toit des humbles
Certains le mettent en tête
D’articles énigmatiques
Pour atténuer l’impression désobligeante
De savantes et vaines recherches
Mais lorsque celui-ci commence à travailler
Il est temps de tremper sa tête dans l’eau fraiche
Pschitt ! Quel dessalement d’enfer !
Mais quelle idée de vouloir se couvrir ?
07:33 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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26/04/2013
Quand donc viendra le printemps ?
Quand donc viendra le printemps
Ce titilleur de notre humanité
Parfois bourgeonnent en nous
D’étranges sentiments
Divisés, nous ressentons l’appel
Des jours sans fin et enivrants
Mais notre léthargie reste tenace
Et paralyse nos élans
Quelle danse ! Passer du rien au tout
Puis revenir en arrière
L’ange de la paix s’est transformé
En diablotin qui chatouille
Le vivant en vous
Découvrez-vous, braves gens !
Bientôt viendra l’orgueilleuse
Dont le direct est un hommage
A votre éternité cachée
Le sang s’agite et bout
Mais les extrémités refroidies
Ne peuvent émouvoir
Ce corps grippé de rouille
Bouger est un calvaire
Pourtant, le grincement des sentiments
Laisse place au rire débridé
Lorsque pointe la langue rose
Sur le minois de la nature
Quand donc viendra le printemps
Cet éveilleur des corps
Cet agitateur de l’esprit
Ce marchand de rêve qui ensorcelle
Les cheveux dressés sur la tête
Vous chantez le renouveau
Réveil oublié, qu’attends-tu ?
07:54 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture poème littérature |
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22/04/2013
Où sont parties les larmes qui mouillaient ton corps ?
Où sont parties les larmes qui mouillaient ton corps ?
Je me suis mise au soleil pour oublier mon sort.
D’où vient que tes yeux brillent ainsi sans pleurs ?
Je ris de voir que j’avais en moi tant de rancœur.
Pourquoi n’entends-je plus ton pied léger caresser le gravier ?
J’ai donc perdu toute envie de voir la lune se lever.
Pourquoi cours-tu tout le jour après les éphémères ?
Pour qu’un jour enfin tu puisses te taire !
03:57 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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18/04/2013
Suis-je bien là où je suis ?
Suis-je bien là où je suis ?
Vivre dans deux lieux sans savoir
Activités ou méditation, que choisir
La solitude ou la gare de voyageurs
L’évaporation ou la noyade humaine ?
C’est la corde raide de l’inconnu
Le voyage sans fin de l’Entre deux
(et pourquoi pas Antre ?)
Un lieu qui n’en est pas un
Une aspiration immatérielle
Qui vous vide le cerveau
Agité, je cours à l’action
Empli de bon sens et d’escampette
Je mouille ma chemise
Pour la tordre dans le no man’s land
J’arrive dénué de désirs
Dans le jardin des folies conceptuelles
Et plonge à grandes brasses
Dans l’orgie des idées sans fin
Elles gonflent, ces pensées malhabiles
Elles se trouent de bulles odorantes
Elles envahissent l’espace vierge
Et le peuplent de chaleur nocive
Le rêve devient réalité
Alors surgit la pâle résurgence
De la fébrilité de l’autre monde
Des rendez-vous diserts
Des réunions fantomatiques
De colloques envoûtants et creux
Fièvre ou apathie, je ne sais
Oui, suis-je bien là où je suis ?
D’ailleurs, où suis-je
Et que suis-je moi-même ?
07:23 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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14/04/2013
Le bonheur
Un ver de terre sort du sol
S’est-il rompu le cou pour la vacuité
Ou découvre-t-il l’absence de souci ?
Il chemine sur la surface
A la frontière de l’inconnu
Quelle ivresse et quelle arrogance !
Comment ce misérable vermisseau
Peut-il tout seul goûter le bonheur ?
Et contrairement à l’idée que l’on s’en fait
Ce n’est pas la satiété qui le réjouit
Mais le vide indolore de l’air
Plus d’exercices et d’efforts
Je vais et viens comme je l’entends
Exerçant mon autocritique pleinement
Et cela me procure un allégement
Qui me donne un frisson élégant
Le bonheur, n’est-ce pas cette goutte d’ivresse
Au creux des courbes du corps
Ce chatouillement inédit qui prend le rein
Cette absence de raison raisonnable
Qui ouvre les portes du paradis
Alors je déploie mes ailes
Et part loin de tous
Vers des horizons ignorés
Là où rien ne limite
Cette aspiration à être
07:18 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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10/04/2013
Rêverie
Le dimanche se perd dans l’aquarium
Dont la solitude verte
Fait aux fenêtres dorées
Une rosée de pleurs
L’avenue bordée de pieds ronds
S’enfonce, infinie et chaude,
Vers la porte qui ne mène nulle part
Large tapis qui s’allonge, rigide
Les êtres s’étirent doucement
Vers trois coins opposés
Puis se laisse bercer
Par les vagues de leur lit
Parfois le soleil étale ses rayons
Jusque dans l’aquarium
Et cherche à détruire
Les ombres et la quiétude de l’air
Zébrée d’auréoles blondes
La cire ronronne et languit
Et des visages sans voix
Fuient leur cruelle engeance
L’aquarium émet des sons étranges
Rires alourdis de mains ouvertes
Où chaque doigt cache
Un souffle de fumée
Les lits ouvrent leurs bat-flancs
À des jambes solitaires
Qui glissent dans leur ombre
Vers de longs tabourets
Et ceux-ci campés fièrement
Sur quatre pieds aux pattes décharnées
Offrent leur solitude
Au monde de chaleur
Une rangée de hallebardes
Dresse leur cache-flamme
À la brume prisonnière
Qui s’y attarde gaiement
Le soleil aussi semble profiter
De leur miroir d’huile
Pour caresser doucement sa longue chevelure d’or
Univers clos
Monde parmi le monde
À la recherche d’une âme
Dans les brumes de son corps
07:37 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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06/04/2013
Ecume
L’écume des nuages dans les flots
Secoués de tremblements
L’écume de chaleur des chevaux
Après une course effrénée
L’écume de colère que profère
Celui qui noue la violence
L’écume des individus méprisables
Qui portent leur aigreur rentrée
L’écume de mer des pipes
Dont la magnésite se culotte
L’écume de l’épileptique
Prenant par surprise l’humain
L’écume de terre de l’aphrophore
Protégée par son crachat de coucou
L’écume de résidus de la chauffe
Regorgeant d’impuretés
L’écume des jours, de littérature
Emportée par le déclin du temps
Toutes ces écumes sont-elles
Signe de vie ou de mort
L’écume n’est-elle qu’une éphémère
Excroissance de renoncement
Ou preuve de résurrection ?
L’écume des mots seule
Peut le dire en bulles
Et pétillements sauvages
Sortant de la bouche d’innocents
Frêles, vierges et extasiés
07:34 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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02/04/2013
Inexorablement, se déversent du ciel
Inexorablement, se déversent du ciel
Les gouttes d’une froide solitude
Le temps s’est divisé, recroquevillé
En nuages noirs et denses
Comme les bourres de poussière
Sous les meubles de votre passivité
Autour de vous, au pied de votre île
L’eau monte en écume blanchâtre
Et file sous vos yeux inquiets
Elle atteint sa côte d’alerte
Et envahit votre esprit occupé
Jusqu’à faire dériver vos pensées
Les gouttes sont devenues flots
Les flots deviennent fleuves
Les fleuves emplissent l’immensité
Des eaux des mers bordant la terre
Observons cet étrange ballet
Une goutte tombe, se perd
Se fraye un chemin dans la végétation
Ruisselle avec ses compagnes
Vers d’étranges récipients
Qui déversent leur bouillonnement
En vomissures permanentes
Dans des canalisations saturées
Jusqu’aux rives des ondes courantes
Là s’arrête son aventure
Elle meurt de trop de gouttes
Elle laisse la place à plus épais qu’elle
Adieu goutte fraîche et caressante
Qui m’honora de sa présence
Avant de finir engloutie
Dans les affres de la nature débordante
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28/03/2013
Pourquoi certains jours te revêts-tu de gris ?
Pourquoi certains jours te revêts-tu de gris ?
Tes verres sont-ils devenus opaques ?
Le vide dans ce corps froid et insensible
Que plus rien n’attache au sourire
Un gouffre sous les pieds, un voile sur le visage
Tu avances, mortel parmi les vivants
Mais tu ne parviens pas à te détacher
De cette paroi silencieuse et nubile
Qui te colle à la peau et t’immobilise
Parvenir à l’âge adulte, quel déclin
Plus de noir, plus de blanc, plus de couleurs
Rien qu’un immense champ de gris
En labour permanent, acharné
Et l’homme court derrière la charrue
Tel l’insecte rougi au feu du travail
Qui apporte chatouillements et démangeaisons
Lové dans son rêve ou ses cauchemars
Tu regardes passer ces années, atone
Pourquoi certains jours te revêts-tu de gris ?
07:34 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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24/03/2013
Ruisseau des villes
Ruisseau des villes au long des pierres
Où plongent les pas de passants rêveurs
Tournes autour des pavés de lumière.
Une fleur, rouge, une tulipe, je crois,
Glisse sur ton chemin et pleure.
Tu vois de grands pieds sales,
Ensuite des têtes de roi.
Des doigts roses s’allongent vers toi.
Les gamins plongent les leurs, impudiques,
Dans ton sein. Une pièce brillante en sort.
C’est le sort des pièces hiératiques,
Tortueuses et sans beauté. Les rues
Défilent leurs ventres gris, encore
Une autre, et la même sans voix
Et une autre sans vie. Il n’y en a plus.
Tu ries dans le noir d’égouts, rue Quinquempoix.
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20/03/2013
L'artiste
L’artiste est une plante persistante
Artisan avant tout
Il ramasse les mots, les objets, les sons
Et en fait une soupe personnelle
Qu’il est seul à pouvoir reproduire
Quel délice que cet enchevêtrement
De cristaux qui s’assemblent
Et brillent d’odeurs sacrées
Il se brûle les doigts, mais contemple
Etonné, l’assemblage inédit
Fruit incertain et volage d’usinage
Intérieur. Quel moulin permanent !
La poussière tombe en paillettes d’or
Et réjouit le contemplateur
De l’article produit dans la brume
A tâtons, dans l’obscurité
De la création toujours intempestive
Qui s’impose d’elle-même
Mais qui ne se livre qu’après
De lents cheminements de la volonté
Artisan, oui, c’est bien le mot
Même si par moments, tout coule
Lorsque la fougue et l’inspiration
Expédient les hésitations débiles
Emporté par l’élan vital
Il se mute en artiste vert
Puissant, indéracinable
Né dans la surprise de la grâce
Dans la semence abondante
Dans le miel du halètement
Enfin il reprend souffle
Il apaise sa soif de reconnaissance
Il part sur les routes du bonheur
Passager malgré tout
Car la fièvre le reprend
Qui remet en cause son avoir
C’est reparti !
Rien ne l’arrêtera dans sa manie
Son essence est volatile
Elle pénètre la société
Par tous les sens humains
Mais surtout par la persistance
Du germe sacré qu’il entretient
Cultive ton terreau
Il en sort toujours une fleur
Qui porte ta marque indéniablement !
Alors la vie devient caressante…
06:21 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, artiste, art de vivre, grâce, inspiration |
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16/03/2013
L'union des contraires
C’est par l’union des contraires
Le blanc et le noir
Le feu et la glace
La haine et l’amour
Que l’on vit sa vie
Et ces sautes d’humeur
Combat sur une mer déchaînée
Sont le lot de tous
Même du divin
Satan et l’ange Gabriel
Se côtoient en chacun de nous
Comme ils luttent dans les cieux
Loi universelle, avec modestie
Elle nous contraint
Nous enserre dans ses griffes
Pour que parfois s’envole
De nos corps étonnés
L’oiseau pudique
Qui se mêle aux nuages
Roucoule dans l’espace
Et enchante nos cœurs
Qui de pierre deviennent de chair
Oui… Les contraires
Nous conduisent à la tombe
Qui s'avère délivrance
Tel l’oiseau moqueur
07:20 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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12/03/2013
L'attente
Suspendu dans le mouvement,
Vous vous évadez du présent
Où êtes-vous ?
Hors des minutes
Dans les secondes éloquentes
Après l’appel du plongeoir
Avant l’éclaboussure de l’impact
Le corps arqué d’impatience
Dans le brouhaha, le silence
La tête vide d’occasions manquées
Seule compte l’avènement
Cet instant de complétude
Dont la flèche viendra toucher le cœur
Et vous n’êtes pas seuls
De longues files se forment
Serpentant devant l’ouverture
Unique, gardée par un cerbère
La matraque à la main
Patientez, il en reste le bien
D’un arrêt sur image, forcé
Equilibre précaire et symptomatique
D’espoir, de crainte, d’appréhension
Sur la pointe de l’âme
Vous n’êtes plus maitre de votre destin
Suspendu dans le mouvement
Vous attendez, vous entendez
La cloche de bronze d’une mort annoncée
Ou d’une vie jaillissante d’explosions
Frottez l’allumette de la flamme
Fermez les yeux et les oreilles
L’inconnue est au bord des lèvres :
La coupe du salut ou le couperet sordide
07:28 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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08/03/2013
Arrondi et bleuté comme l’encre
Arrondi et bleuté comme l’encre
Le ciel referme sa voûte imperceptiblement
Sur la dentelle fragile de l’arbre mort
En haillons de feuilles décolorés.
Une à une, les brindilles s’évadent
Dans l’ombre. Mais vers le soleil disparu
Elles survivent plus longuement
Soutenues par le souffle du crépuscule.
07:26 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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04/03/2013
La délicatesse
Sur des pincettes, j’approche
Du bout des yeux, je dévisage
L’oreille attentive, silencieuse
Crissement du verre sur le fer
Tempête dans la tête
Au sein de nuits débordantes
Je flotte dans la salive
Des neiges d’antan
Là dans le ruisseau
Le plus beau des trésors
Trois perles d’Ankara
Blanches, translucides
Delicatessen : charcuterie
Ou restauration de luxe ?
Extrême pointe de l’être
En équilibre sur les cieux
Montée sensible du nectar
Dans la colonne vertueuse
Jusqu’à l’explosion sucrée
Sans ces gouttes subtiles
Que serai-je devenu ?
Delicatessen : épicerie fine ?
Légère et élégante, elle reluit
De mille feux de légende
Fille de roi ou princesse tam-tam
Que sait-on de cette solitude ?
La délicatesse est bigote
Elle se pâme de différences
Caresse ses airs évaporés
Et chante ta chanson d’amour
La délicatesse est sirupeuse
Elle colle aux doigts de miel
La délicatesse fatigue
Exigence de limpidité
Le rare tue, comme l’acier
Mais toujours la délicatesse attire
Quelle ombre au soleil ardent
Sous son parapluie doré
Se cache les ruisseaux d’avenir
07:02 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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28/02/2013
Multivers
Est-il possible…
Oui, est-il possible que l’univers ne soit pas unique?
Notre univers qui contient toute la matière
Et donc, par définition, le tout
Serait-il un parmi d’autres de matière différente ?
Mieux même, ces univers autres interpénètreraient
Le nôtre, lui causant des perturbations
Comme le papillon réorientant la trajectoire d’une tempête
Le souffle d’une femme sur votre joue
Déchaînerait-il de semblables perturbations
Dans votre univers intérieur et unique
Oui. Sûrement. Quel tremblement !
Ce soupir mêlé au vôtre n’introduit-il pas
Une tempête intérieure bouleversante ?
Et c’est ce coup de tonnerre dans votre monde
Qui vous fait dresser l’oreille vers l’espace
Mais aussi loin que le permettent votre vue et votre ouïe
Vous ne voyez rien, vous n’entendez rien
Mais vous ressentez dans vos entrailles
Cette révolution inhabituelle et chaude
Bouillie d’émotions et de sensations
Ah, quel malheur et quel bonheur
Que ce tremblement de terre
Que l’amour met en nous comme une semence
D’une vie meilleure et plus large
07:11 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poème, écriture, poésie, littérature |
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24/02/2013
Pourquoi faut-il que le temps s’accélère ?
Pourquoi faut-il que le temps s’accélère ?
Jeune, il se traîne comme l’escargot
Les jours vous paraissent des mois
Les vacances sont au-delà de l’océan
Quand viennent les premiers examens
Il accélère son rythme. On s’essouffle !
Puis il reprend son lent cheminement
Au gré des occupations professionnelles
Jusqu’au stress des échéances immanquables
Pourtant, en soi, il ne concède rien
Il se tient immuable dans sa robe rose
Et regarde les hommes s’agiter
Comme des pantins échevelés
Et l’autre, en face, soupire
Quand nous arrêterons-nous ?
Les enfants passent et partent
Et tu es toujours là, le même
Ou du moins le crois-tu
Mais tout s’accélère et s’emballe
Tu ne sais plus où te tenir
Les mois sont des jours,
Les années sont des mois
Et file la laine sur le rouet
Qu’ai-je entre les doigts
Ce bout de fil qui devient si petit
Qu’il finit par casser, par maladresse
Ignorance ou parce que c’est l’heure
Tu n’as pas changé en réalité
Tu restes l’heureux enfant
Qui courrait dans les prés
Et cependant la vie t’a marqué
S’est imprimé en toi subtilement
Tu es un homme, un de plus
Dans la longue liste des passages
Qui s’agrandit imperceptiblement
Je suis, j’ai été et que serai-je ?
Au-delà de l’horizon s’étend
La longue nuit, calme et envoûtante
Mais elle reste inaccessible
Tant qu’on n’a pas franchi le pas
07:38 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, écriture, poème, littérature |
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