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04/08/2020

Tournant

Me voici de nouveau seul face à la page blanche
Elle oscille sans vergogne dans le brouillard
Ne laissant que l’odeur de l’insuffisance
La souffrance du manque et la pauvreté de l’absence

Rien ne m’oblige pourtant à croire au but
Je marche les yeux fermés, sans gestes brusques
Courant de-ci de-là, les yeux ouverts
Sur la nuit profonde et le rêve intérieur

Le temps s’écoule cependant, vert comme le bois
Pris d’envies, de maladresses et d’encouragements
J’erre dans le vide de ma mémoire perdue

Enfin, j’approche de la lumière finale
Celle qui court seule sur l’asphalte
Et qui sera bientôt coupée net

Panne et résurrection
Ou flash et extinction

Tu ne peux que choisir

©  Loup Francart

26/07/2020

Inconnaissance

Il ne sait plus où il est
Sait-il même qui il est
Souvenirs d’où il vient
Absence d’où il va
L’opacité de l’existence
L’obscurité de l’avenir
Une page noire…

Une tache blanche
Ouvre son destin
Le futur renouvelle
Une vie autre
Loin des représentations
Et du paraître
Puits de lumière
Dans la nuit obscure…

Va et marche vers lui
Avance dans le brouillard
Enjambe les nuages
Et force la porte
Du nuage d’inconnaissance
Entrouvre le passage
Et ne pense plus…

©  Loup Francart

22/07/2020

L'envol

20-07-22 (13-04-09 Symétries) Mouvement2.jpg

Où es-tu, toi, l’inconnu ?
Ce pincement au cœur
Est celui de toujours
Aux moments de détresse
Un arrêt du cœur
Un bruissement de la pensée
Le noir de l’absence
Le rouge de l’épouvante
Le jaune de la désolation
Le vert de la quiétude
Le bleu des regrets
Le pourpre de l’affolement
L’incolore du néant
Tout ce que j’ai aimé
Est perdu jusqu'à cette douleur
Qui me berce les entrailles
Et m’empêche de prendre mon élan
En sautant la barrière
Pour plonger dans l’après
Qui n’est probablement qu’un avant
En absence de présent
J’ai percé l’espace
J’achève le temps
L’envol devient mon mode d’existence
Jusqu’au dernier atome

Je travaille sur le prochain livre qui parle de la quête de Dieu. Mais c'est une longue histoire. Il ne se laisse pas ligoter au pilori de l'information.

©  Loup Francart

21/07/2020

Tout ou Rien ou Tout et Rien

Rien et ce rien engendre le Tout
Mais ce rien est-il le néant ?
Donner un nom à ce qui n’est pas
C’est livrer une chimère sans logique
Ce néant est-il le non-être ?
Qui peut dire non-être
S’il n’est pas lui-même
Il y a donc de l’existence dans l’absence d’être
Tout est lié au Tout
Même parler d’absence de tout
Implique la présence d’être
Dieu seul dans sa lunette
Voit l’homme devenir être
Dans un monde d’irréalité

©  Loup Francart

15/07/2020

Nouvelle humanité

C’est la fin de la nuit, le calme campagnard
Règne sur l’espace et emprisonne le temps
Seules les particules coulent sur leurs trajectoires
Sans détermination, avec roucoulement

Perdu entre le nom et de plus la fonction
Un homme s’interroge, la terre dans l’ombre
Chaque matin je suis, chaque soir création
Chaque nuit j’engendre, mort dans la pénombre

Ainsi va le destin, entre être et néant
Au cours d’une soirée, aux prises à la folie
L’œil ouvert sur le monde, océan bienveillant

Marche encore et toujours, jusqu’au bout du chemin
Sans regard derrière et sans mélancolie
Jusqu’à la naissance d’un monde plus humain

©  Loup Francart

11/07/2020

Particule

 

Éclatement d’une goutte

Fuyant vers l'infini

Perdue dans l’espace

Rassemblée dans le temps

Goutte isolée de matière

Sans réelle consistance

Un souvenir dans l’obscurité

Surgissant du néant

Qu'est-on ?

poésie,écriture,poème littérature

©  Loup Francart

 

09/07/2020

Amour de soi

Rares sont ceux qui débordent d’amour
Au point de ne pouvoir vivre sans l’autre
Certes au commencement la passion emporte tout
Y compris les turbulences de la pensée
Mais celle-ci cache d’autres particularités
Venant imperceptiblement d’autres régions du soi
Et qu’une caresse de rappel ravive
Alors, reste tranquille vieil homme
Et ne cours plus de tes yeux hagards
Aux pieds d’hommes ou de femmes
Pour quêter une approbation ou un rejet
Laisse aller ton indifférence et ta pudeur
Et glisser sur tes lèvres la joie d’être
Sans commune mesure avec rien d’autre
Que toi-même, le rêveur et le poète
Qui courent sans cesse vers l’illumination
D’un ciel sans nuages ni même une ombre
Les bras tendus vers un absolu inatteignable
Vers ce désir permanent d’une nouveauté
Que tu ne connais que par intermittence
Et dans lequel tu plonges sans vergogne
Pour chuter jusqu’à l’infini et au-delà
Lieu de vie pure où le passé n’est plus
Où l’avenir n’a jamais existé ni même été imaginé
Où seul le présent devient l’absence
Jusqu’au vide suprême et solennel
D’une vie devenue le tout sans rien d’autre
Qu’une présence plus prenante que la mort

©  Loup Francart

05/07/2020

Tout ou rien

 

Veiller pour s'éveiller

S'éveiller pour évoluer

Évoluer pour se réaliser

Se réaliser pour être

Être qu'est-ce et pourquoi ?

 

02/07/2020

Rues d'été

La fenêtre est ouverte
L’air frais entre en catimini…
Le roulement des pneus
Sur la chaussée bruyante

Deux femmes, jeunes
Consultent leur agenda
Dans le noir de la rue
Elles passent sans le voir
Comme on passe devant un homme
Qui n’est plus de ce monde
Et marche avec certitude
Sans savoir qu’il en a

Les voitures roulent sur le boulevard
Émettant le fond sonore
Tel le bruissement des arbres
Un soir d’été ou de printemps
Elles sont parties dans le noir
Englouties par la tiédeur
Dans le frissonnement du vent
Il est trois heures…

Paris dort…

Les femmes sous la couette
Les hommes rêvant à leurs formes
Les enfants seuls au monde
Et lui, veillant sur la rue
La fenêtre ouverte
Pour le meilleur et pour le pire

©  Loup Francart

30/06/2020

Poésie et mystique

 

La poésie, comme la mystique,

dévoile l’invisible derrière le visible.

Elle donne vie à l’être intérieur

en osmose avec le monde.

 

25/06/2020

Les forces de la vie

Tu te cherches dans le monde
Tu ne trouves que tes doubles
Tu te cherches hors du monde
Et t’enfermes dans ta bulle
Celle-ci n’est qu’un autre double
Que tu contemples, prisonnier
De toi-même et du monde
Fouille encore en toi, toujours
Et deviens l’oiseau en cage
En mal d’échappée cosmique
Qui laisse son moi au vestiaire
Et enfile le costume blanc
Du rien courant derrière lui-même
Entre en toi-même
Fuis le monde
Évacue passé et futur
Tu es parce que tu n’es plus
Et l’absence de ce moi
Deviens le soi sublime
Une vie… Un point
Qui s’évanouit…
Seul l’amour te rattache
Aux forces de la vie…

©  Loup Francart

23/06/2020

La faim

Elle ouvrit sa porte, hagarde
Elle cligna des yeux, dolente
Se pinça les mains par mégarde
Et cria dans sa robe moulante :
« Où donc est passé ma fille ? »
Seule une vieille femme répondit :
« Elle est partie au pain, sans béquille,
Se passant de son orthopédie. »
Elle perdit donc la vie
Pour goûter, les lèvres ouvertes
Ce qui est donné à tous
Et que seules les expertes
Prénomment la faim fourretout

©  Loup Francart

19/06/2020

Enfoui

Pleinement présent dans ta tour
Tu grattes par curiosité, sans délectation
L’autre monde est-il différent ?
Derrière les reflets de tes pensées
S’ouvre le gouffre de tes absences
Un trou noir d’angoisse, empli de peurs
Et pourtant, tu grattes toujours
En fouillant dans ta transparence
Comme si tu allais découvrir
Le Graal de ton évanescence
Où es-tu, toi l’innocent
Pauvre de toi-même
Graine de sable enfoui ?
Laisse-toi couler dans l’ombre
Et demeure dans l’éternité
De ton destin isolé, appauvri
Par ces fantasmes d’indépendance
Bulle d’air s’élevant parmi les autres
Tous enclins à l’avènement
De cet autre toi-même
Que tu ne connais pas
Et qui miroite dans le lointain
Telle l’étoile de ton destin

©  Loup Francart

13/06/2020

Echappé

Comme toujours l’attrait du vide
L’absence est ce trou dans le ciel
De ton fantôme errant en toi
Pfuittt… plus rien, juste un abime…
Alors je cours pour te rattraper
Et je tombe à mon tour, éperdu
Je ressens juste l’odeur du vide
Qui s’ébroue autour de ma personne
Et m’enduit de crème odorante
Comme un reste de parfum vieilli
Je deviens filament, m’allongeant
Jusqu’à la rupture du chewing-gum
Faisant exploser mes pensées
En me baignant de bulles multicolores
J’erre alors dans l’absence de mots
Priant le ciel de me rendre la parole
Je rafistole le personnage échappé
Jusqu’à ce qu’il reprenne l’apparence
D’un humain corps et âme
Mais quelle fatigue, car depuis
Je traine derrière moi
Mon double déformé et songeur
Rien ne va plus !

©  Loup Francart

10/06/2020

L'inconnu

Où es-tu, toi, l’inconnu ?
Ce pincement au cœur
Est celui de toujours
Aux moments de détresse
Un arrêt du cœur
Un bruissement de la pensée
Le noir de l’absence
Le rouge de l’épouvante
Le jaune de la désolation
Le vert de la quiétude
Le bleu des regrets
Le pourpre de l’affolement
L’incolore du néant
Tout ce que j’ai aimé
Est perdu jusqu'à cette douleur
Qui me berce les entrailles
Et m’empêche de prendre mon élan
En sautant la barrière
Pour plonger dans l’après
Qui n’est probablement qu’un avant
En absence de présent
J’ai percé l’espace
J’achève le temps
L’envol devient mon mode d’existence
Jusqu’au dernier atome

©  Loup Francart

06/06/2020

Dulcis

Douceur des sens :
Les yeux fermés, j’erre dans ta personne
Tu n’es que velours soyeux
Qui fait monter les plus vives sensations
Partout où tu poses ta main
Partout où je pose ma main
Je m’enfouis dans ce creux douillet
Et n’en sort que pour reprendre souffle
Et méditer ce silence d’or
Qui repose sur la suavité de ton être

Douceur des relations
Tissées par la parole :
Tu erres dans ta toile
Comme l’araignée agile
Changeant instinctivement de lieu
Dès lors que tu sens la discorde
Ou l’inadaptation des attitudes
L’affection est le miel
Qui t’enrobe, invisible et chaleureuse

Douceur morale :
Tu ne prêtes pas aux autres
Ce que tu ne connais pas
Tu ne sais ni la méchanceté
Ni l’appât du gain et l’appropriation
Ni l’arrière-pensée du voisin
Ni la jalousie des envieuses
Ni même le désir irrépressible des enfants
Tu ne vois que le ravissement
Qui emplit l’être intérieur de chacun

Ta douceur est amour
Un parfum imperceptible
Qui enrobe l’âme
Et l’ouvre au mystère de l’autre

©  Loup Francart

05/06/2020

Dérapage

Il dérape sur la râpe à fromage
Il n’a plus toute sa tête même
La bosse qu’il possède au front
Lui donne un air de dur buté
Mais son cœur est un enfant
Au grain serré et pleutre

Relâchez-le et vous pourrez aller
Dépenser vos billets mal acquis
La peur le tenaille et l’étouffe
Ses yeux se révulsent de rage

Céder sans savoir ce qu’il en est
Est un saut dans l’inconnu
Sans parachute où se pendre
Dieu seul conduit aux sages décisions

Mais où est-il ce sauveur ?
Je ne le trouve plus. A-t-il parlé ?
Au loin fuit l’étoile de la chance
Où vas-tu, toi l’unique ?

Plus rien ne sera comme avant…

©  Loup Francart

30/05/2020

Tango vuelvo al sur

https://www.youtube.com/watch?v=tHKOs_afPGo


Vire et chavire

Le tango est un frisson

jusqu'au bout des ongles

28/05/2020

Obsession

Il y a deux manières de sortir de son obsession
La folie heureusement n’est pas seule manière
Ce chemin n’est pas le bon et mène au désastre
Tu n’es plus, tu étais et ne reste qu’un trou
Où s’entassent tes idées noires qui tournent en rond
Ce mouvement circulaire te happe et t’enfonce
La gravité t’entraîne au fond du gouffre
Bientôt tu ne pourras plus en sortir
Plus rien pour accrocher ton esprit qui s’en va

Que faire ?

Fuir vers le bas, c’est-à-dire t’effacer
Larguer ta consistance, l’engraisser
De vides sans fond, sans existences
Jusqu’au désastre final qui conduit à la folie
Tu ne sais pourquoi tu te laisses aller
Sur cette pente obsessionnelle et mortelle
N’obéis pas aux clairons de l’obsession
Va au-delà de tes tendances vaines
Tu ne perceras pas le plafond inconsistant

Fuir vers le haut, c’est-à-dire te rebeller
Largue ton être de chair, abandonne-le
Laisse pourrir tes remords et tes persécutions
Dresse-toi sur la pointe des pieds et des mains
Et regarde au-delà de l’horizon noirci
Dans le bleu des mers et du ciel
Là où plus rien ne peut te faire de mal

Va au bout de ta douleur et de ta peine
Jusqu’à dépasser tes souffrances
Va où te guide ton être essentiel
Vers cette fenêtre ouverte sur le monde
Ce halo étincelant de bonheur
Ce nuage d’inconnaissance
Qui ouvre la porte d’un autre toi
Ce soi qui surmonte le moi
Conduit à la foi et te laisse coi

©  Loup Francart

25/05/2020

Bruissant sous la larme des nuages

Bruissant sous la larme des nuages
La forêt abritait nos regards verts

La frange houleuse des flaques
De nos rires imprégnait nos vêtements

La caresse étonnée de tes doigts
Pénétrait le chien de lumière
Et les reflets mauves de son apparence
Coloraient d’une ombre de joie
La frontière qui sépare tes lèvres

Le chien sous la dent d’un humain
Prend l’œil des enfants

Il gémit pieusement, caninement

Sous sa couverture de poils damés
S’interroge son cœur de chien
Fidélité ?

©  Loup Francart

20/05/2020

L'univers observable

L’univers aurait la forme d’une sphère
Dont le diamètre contient le passé,
Son passé de 13,8 milliards d’années-lumière
Qui raconte son histoire observable.

Qu'y avait-il avant ? On ne sait,
Car le temps n’existait pas,
Pas de page noircie donnant des nouvelles,
Même pas une mince feuille de papier vierge.

Rien au-delà, le néant complet,
Car entre les deux, une limite
Que les êtres vivants ne peuvent franchir,
Celle de l’univers observable.

Cet univers est une sphère
Dont l’observateur est le centre
Et dont le rayon est appelé
La surface de dernière diffusion.

D’autres le confondent avec le fond diffus cosmologique,
Émis 380 000 années-lumière après le Big Bang,
Constituant la plus vieille image électromagnétique
Diluée et refroidie par l’expansion de l’univers.

Il est la preuve d’un passé plus petit et plus chaud.
Il s’agrandit au fil des jours et constitue
L’horizon cosmologique dont la terre est le centre,
Ce qui ne veut pas dire centre de l’univers.

Ainsi l’homme se donne le regard de Dieu
Sans cependant voir plus loin que l’horizon,
Voilé par le plasma invisible du Big Bang
Qui cache le visage du divin.

©  Loup Francart

17/05/2020

Le nom

Tu n’es qu’un nom
Qui bourdonne dans la tête
Comme une mouche qui tourne
Et t’enlace dans ses pièges

Parfois elle s’arrête
Je dors sans scrupule
Jusqu’à ce qu’elle revienne
Et m’entraîne dans une nouvelle aventure
Qui me laisse le cœur battant
Ouvert à toutes les turpitudes
D’une absence de ta présence

D’autres fois, enlacé dans tes bras
Je baigne dans le bonheur…
Mon corps devenu enfant…
Cela ne dure pas longtemps
Mais me permet de poursuivre ma quête

Dieu, où es-tu ?
Je te cherche au réveil
L’œil ouvert sur la nuit
Et je ne trouve que le vide
Des étoiles et des gouffres
Qu’offre la nature au passant
En recherche de désolation

Ton nom n’est qu’un point
A l’horizon du désespoir
Car il cache ta réalité
Qui ne se dévoile jamais
Tu possèdes plusieurs noms
Tous plus révérés que l’autre
Celui de ton voisin de palier…
Comment unir ces contraires
Tenant au plus profond de l’être
Là où la chair rougie
Se montre dans sa vérité d’homme ?

Quel mirage me fait courir ?
A l’horizon je distingue
Ce point noir et brillant
Qui s’appelle Dieu
Et que j’appelle Déité
Nom abstrait de l’au-delà
Qui ouvre sur le calme
Qui suit la tempête
Tous s’entrecroisent
L’arme agitée et menaçante
Jusqu’au jour où ce nom
Devient celui de la délivrance

Plus de rancœur, plus s’affrontements
La mer de volupté intérieure
Velours sous les doigts de la main
Boisson enivrante qui s’empare de l’être
Et te rend autre, mais toi-même
Debout devant ton Dieu
Empli d’irréalité
Gonflé au gaz de la félicité
Reposant au nid de la création
Jusqu’au jour de son retour
Dans ta divine chaleur

Ce nom n’est qu’un symbole
D’une réalité plus grande
Que la moindre pensée
Ou la moindre sensation
Ou le moindre sentiment
Il te prend tout entier
Te secoue tout ton être
Et te rend transparent
Nu et vide de tout ce moi
Qui te gonfle d’impatience
Empêche ta vision unique
D’un Dieu devenu autre
Au-delà des mots…

Silence…

 ©  Loup Francart

15/05/2020

Singularité gravitationnelle

L’espace réagit à ce qu’il contient
Que ce soit matière ou énergie
Et se déforme à tel point
Qu’il s’effondre à l’infini

Trop de masse ou d’énergie
Rendent l’espace-temps imprévisible
Concentrés dans un volume trop petit
Ces métriques créent l’indéfini

L’horizon des événements devient piège
Pour la matière et même la lumière
Où vont donc objets et énergies
Au-delà de cette censure cosmique ?

Nul ne sait ce qu’il en advient
On ne peut admirer la singularité nue
Comme l’homme prude
Ne peut voir une femme nue

Ce principe de censure cosmique
Permet néanmoins un effondrement
D’objets cosmiques tels les étoiles
Jusqu’à atteindre une taille nulle

Alors plus rien n’est visible
Où donc est passé l’astre
Effondré sur lui-même ?
Y a-t-il un au-delà de l’espace-temps ?

Si l’on tend le cou vers le passé
On aperçoit la bille d’énergie
D’un univers venu d’une singularité
D’où sont nés et l’espace et le temps

Cette singularité première
Se retrouve dans les profondeurs
Des trous noirs jonchant l’univers
Y aurait-il des singularités multiples ?

Ces trous noirs seraient-ils des galeries
Permettant d’atteindre d’autres univers
Sans matière ni énergie physique
Où la psyché règnerait en maître ?

Cosmologie, poésie, poème, écriture

13/05/2020

nudité de l'âme

Soupir silencieux de l’être :
Craquelure de l’apparence
Chute du personnage
Derrière : l’apesanteur
L’aspiration, la dissolution

Tu es l’alpha de l’être
L’appel du bonheur
L’oubli des pauvretés
J’aspire à m’éveiller
Et m’endors, lové
Au creux de mes insuffisances

Tu es l’oméga du désir
Lieu de nos éternités rêvées
Quand, épuisés par nous-mêmes
Nous recueillons le vide
Au fond de nos mains ouvertes

J’aspire à la nudité de l’âme

©  Loup Francart

11/05/2020

Énergie sombre

Sociale, la nature se cherche
Tout s’attire l’un vers l’autre
Le soleil attire les planètes
Les astéroïdes ce qui passe à leur portée
L’autre se laisse hypnotiser,
Captiver, emporter, avaler
Et pousse un soupir de soulagement
D’être ainsi dissous dans l’atmosphère
D’un plus grand que soi
Même si ce kidnapping est mortel

Si la nature poursuivait son œuvre
L’univers rétrécirait, se condenserait
Deviendrait une balle propulsée
Si massive qu’elle grossit sans cesse
Si lourde qu’elle s’écrase elle-même
Si dure qu’elle tranche même
La trame de l’espace-temps

Alors il fallait un contrepoids
Pour s’opposer à la gravitation
Sinon l’univers ne serait plus
Pas trop d’opposition tout de même
Il ne fallait pas semer à tout vent
Les céphéides permettent de mesurer
L’effet sur les étoiles grâce à leur oscillation
Mieux même les naines blanches
Permettent de mesurer l’accélération de l’expansion
De l’univers et la fuite des galaxies

Ainsi est née l’énergie sombre
Explication dont on ne sait pas grand-chose
Sinon que c’est une force antigravitationnelle
Qui repousse la matière au lieu de l’attirer
Une énergie qui s’oppose à la gravité
Qui n’a ni forme ni force d’attraction
Et qui entraîne le cosmos vers une fuite éperdue
Dans les immensités glaciales d’un cosmos libéré
Des cailloux gisant au fond de ses poches

©  Loup Francart

09/05/2020

Matière noire

Où es-tu ? Mais où es-tu ?
Existes-tu réellement ?
Je ne peux te palper ni même te voir
Ou encore te deviner en louchant
Rien, je ne sens rien et pourtant tu es
Étoiles et galaxies restent bien là
Soumises à la gravité, immuables
Pendant qu’une autre matière
Erre sans relâche dans le cosmos
Courbant l’espace et le temps
Comme les astres palpables
Mais qu’es-tu, toi dont on ne sait rien ?
Partout où la matière existe
Ta matière noire est présente
Et en très grande quantité
Cinq fois plus que celle que nous voyons
Serais-tu espiègle, petite fille invisible
Jouerais-tu à cache-cache
Pour faire peur aux humains ?
De quoi es-tu faite, la nouveauté ?
Personne ne le sait
Sans ombre, tu cours après la vie
Et la serre fortement entre tes particules
Pour empêcher la matière de fuir
Neutrons, protons et électrons
S’entassent dans l’immensité
Retenus par ce noir imperceptible
Qui n’est pas, mais qui existe
Sous peine d’effondrement de l’univers
Et donc de nous-même également
Qui regardons de l’intérieur
Ce qu’il est impossible de voir
De voir de l’extérieur
Grâce aux miracles des mathématiques
Qui conçoivent le monde en chiffres
Et reconstituent l’univers en pensées
Le zéro engendre le un
Le un engendre l’infini
L’infini est plus que le tout fini
Où va-t-on maintenant ?

©  Loup Francart

06/05/2020

Cauchemar à trois heures

Devant toi je suis
Mais que signifie être ?
Un battement du cœur
Un cri dans la nuit
Le souffle du bonheur
Le dégonflement d’un pneu
La chouette dans la nuit
Et puis, très vite,
Le ronronnement de l’autre
Le social indéfendable
Les pleurs des enfants
La plainte des vieillards
Les bruits estompés
Les chuchotements des femmes
Les clameurs des perdants
Les déflagrations des armes
Il existe pourtant des sachets
Qui enrobent les oreilles
Et te ferme dans la boite
Pour le meilleur et le pire
D’une vie d’adulte ramolli
Lève-toi homme mort
Crie ton innocence
Et fuit la société des hommes
Pour embrasser celle des anges
Ou des démons poilus
Au pieu… Adieu… A Dieu…

©  Loup Francart

02/05/2020

Rêve à venir

Il sortit vêtu de sa seule curiosité
Ferma doucement la porte et s’enfuit
Rien n’aurait pu l’obliger à rester là
Dans ce château de cartes croulant
Où se joue le destin de chaque homme
Libre, il marcha droit devant lui
Sans même un regard de côté
L’eau était là, grondant dans le noir
Comme une furie, elle l’appelait
« Viens me voir, je te chéris
Et aime caresser tes cheveux d’or
Chevauchant les fils d’Ariane
Tu t’agrippe à ton image fragile
Sans comprendre l’importance
Du choix que tu fais et proclame »
Il poursuivit son chemin, courbé
Remarquant le renard argenté
Buvant l’air chargé de volutes
Croisant les pieds sous la table
Il titubait lourdement, maladroitement
Mais avançait encore, le cœur ouvert
Osant voir au loin son avenir
Celui d’un homme aux abois
Ivre du bonheur de la liberté
Plus rien, plus d’esclavage
Il entra dans l’horizon quantique
Transpercé de particules fines
Passant entre ses dents
Filtrées de pensées abstraites
Puis quitta progressivement
Le monde de la matière
Entrant dans la semoule
Des pensées obscures et délicates
Là où l’homme ne vit qu’une fois
Enfin, devint transparent
Et monta vers les cieux
Dans la clarté éblouissante
Du vide quantique
Et de l’ombre divine

©  Loup Francart

28/04/2020

Où vais-je ?

Dieu est en moi

pour que je sois en lui

et devienne créateur.

Mais...

Entre en toi-même

pour ne plus être toi-même...

©  Loup Francart

 

27/04/2020

Soupe quantique

Le vide est plein, dit-on, le plein est plein de vide.
Que pèse la matière devenue énergie ?
Trous noirs d’où jaillissent des fontaines avides
Qui croire dans ce jeu du chat et de la souris ?

Matière et énergie forme le mouvement,
La lumière est à l’origine de l’univers.
Où se trouve la cause de ce débordement ?
Qui a fait naître l’envers de son contraire ?

Le bout du doigt de Dieu tend la main à l’inconnu,
Un devenir plaisant et sans cohérence
Qui devient foyer d’êtres devenus codétenus
Pour le meilleur et pour le pire en apparence.

Le créateur contemple son œuvre à rebours.
Il espère gagner leur confiance inquiète
En leur donnant conscience de ce qui les entoure
Mais qui ne sont que des restes pour les pique-assiettes

©  Loup Francart