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17/03/2022

La famine / Premier événement


L'événement auquel on ne s'attendait pas : la famine. De quoi s'agit-il ?

L'affirmation de Yuval Noah Harari, la famine est vaincue, est aujourd’hui contredite par certains médias (https://youtu.be/MAu-x4RvgWI) . Ce n’est qu’un tremblement couvert par l’optimisme en cours, mais les signes sont là : "un ouragan de famines menace le monde, un effondrement du système alimentaire mondial nous guette". En effet, l’Ukraine et la Russie représentent 29% des exportations mondiales de blé et l’alimentation en blé est aujourd’hui interrompue par la guerre en Ukraine et l’arrêt des mouvements d’alimentation de ces deux pays vers le monde. 
Ne nous trompons pas. Pas d’alarmisme. La guerre ne peut être éternelle et, d’autre part, il existe des substituts  au blé, y compris les innovations révolutionnaires telles que les insectes, nouveau grenier multipliable en tout lieu pour faire face au manque mondial. Cette première menace est-elle réelle ? Seul, l'avenir nous le dira.

07/03/2022

Derniers instants

Souvent, il étire ses personnalités
Souvenir éclatant, regard sans lumière
Il n’imagine pas d’autres ambigüités
Que celles évoquant la fin dernière

Mais de quoi s’agit-il ? Demande-t-il aux siens
Dans son nuage blanc, il marche sur les flots
Mille lieux au-dessus de brefs soucis humains
Il va-et-vient sans fin, flottant sur son îlot

Rien ne l’offense et tout le concerne
Prisonnier d’un songe, il marche vers la mort
L’amour le délaisse, quelle route terne
Approchant de la fin, il n’est plus qu’un corps-mort

Ombre de lui-même, il n’ose avancer
Il résiste au destin, fier de son pouvoir
Mais celui-ci l’envoie et, sans l’influencer
Il offre sa tête sans larmes ni mouchoir

10/02/2022

Cauchemar

Un pas en avant, deux pas en arrière…
Il ne sait plus où il va, ce qu’il fait
Un poids sur le nerf optique, progressif    
Écrase son enthousiasme. Il se redresse
Et crie d’une voix forte :

Fuyez, hommes et femmes
La fin des temps est venue !
Découvrez-vous,
Marchez nus
Et partez !

07/02/2022

Instant

Quel jour ! Il s’oublie lui-même.
Il va, il vient, puis repart,
Avant de revenir.
Il n’est plus lui-même.
Sait-il même qu’il existe ?

Il est parti le nez au vent,
Ouvrant ces yeux de verre,
Tenant sa canne d’acier,
Écoutant ses ardeurs renouvelées,
Caressant le vent léger.

Son double l’accompagnait.
Elle se taisait, marchant près de lui.
Devançant leurs pas et leurs pensées,
Ils allaient vers la gloire, ensoleillés.

Ils marchèrent jusqu’à la mer.
L’un derrière l’autre, heureux.
Ils se regardèrent, tremblants,
Le cœur battant, l’œil humide.
Encore un pas, ou deux et même plus.

Ils s’arrêtèrent sur la plage.
Surpris par la chaleur du sable,
Ils n’avaient pas de bagages,
Ni même de quoi écrire.
Comment dire ce qui leur tenait à cœur ?

Tant pis, partons, fit l’homme.
Ne me quitte pas, fit la femme.
Ils s’embrassèrent avec tendresse
Avancèrent jusqu’à l’eau
Et tendirent ensemble le pied.

C’est froid, dit-elle. Oui, répondit-il.
Ils entrèrent dans le glaçon,
Inattentifs à la morsure.
Ils avancèrent, main dans la main, 
Jusqu’au cou. Ils avaient la même taille.

Adieu, dit-il, la voix étranglée
Au revoir, répondit-elle. À tout à l’heure !
Ils firent un pas, puis deux,
Se regardèrent, s’embrassèrent
Et sans plus attendre, avancèrent.

Ainsi vécut l’amour.
Une ombre entre deux mains,
Un baiser sur les lèvres,
Tendus vers l’humanité,
Souriant aux autres !

26/11/2021

Ouvert

Accepte… 
Accepte ton inaptitude à faire
Contente-toi d’être, pleinement
Petitement, joyeusement…

Anonyme, confondu dans le tout
Coulé dans la masse du monde
Je cherche ma voie sans savoir
Où je vais et ce que nous devenons

Avance…
Avance à petits pas menus
Sois sans faire, confondu
Ouvre-toi, sans fin…

18/09/2021

Perdue

Le retour des petits pains sans levain
Qui prennent l’autoroute sans péage
Ils vont ensemble ou chacun de leur côté
Aboyer contre ceux qui sautent et courent
Lui, là, qu’est-il à vouloir pondre un œuf
Au pied de la porte du paradis perdu
Dorénavant, les ombres sont à la lumière
Et le chat attrape la neige qui tombe
D’un ciel blond, tenace et ambigu
Quelle histoire que cette fille sans fard
Qui plonge sans vergogne dans un bain
Et mord ses genoux verts et asséchés
Rien n’est plus vrai que l’oiseau voleur
Chantant à voix haute son malheur
Sans pleurer un instant dans sa manche
Va, cours après elle et rattrape-la
Elle peut t’échapper et te mordre
Sans jamais oublier de boire le sang

07/08/2021

Errance 6

 

C’est fini, les filets de ton être sont engourdis
Laisse-toi aller vers cet être profond 
Qui ne se lasse pas de te déborder
Les yeux tournés vers la lumière
Ne soit plus pour être celui qui a toujours été !

 

05/08/2021

Errance 4

 

Quelle musique nous chantez-vous là ?
Est-ce vivre que de s’enfermer en soi
Tu meurs de ne plus t’entendre
Et de ne pouvoir être monde toi-même
Vis ta vie et chante sur les toits
Que rien ne s’oppose plus à toi
Pour profiter pleinement de ton être !

 

 

 

04/08/2021

Errance 3

Ah ? qu’il est bon de marcher dans la boue
De boire l’eau dans le creux des chemins
De se voir à la surface des mares
D’errer dans la forêt l’après-midi 
Et de rentrer le soir, les jambes lourdes
D’avoir trop couru après les papillons
Ou crié du haut de la montagne
Ou écouté l’écho de sa voix
Alors… Vivons encore quelques heures poétiques 
Dans ce monde si vivant !

02/08/2021

Errance 1

Ce soir, nous marchons sur la lune
Comme Tintin et Milou, nous entrons
Dans un nouveau monde
Celui des rêves pour les uns
Celui de la folie des hommes pour d’autres
Celui du monde véritable pour quelques-uns
Mais au lieu de quitter celui-ci
Laissons-nous bercer par l’écho
De la poésie et embarquer sur le vaisseau
D’une réalité implacable
Celle du destin de l’homme

 

03/11/2018

Forteresse

 

 Du bout des lèvres,

Elle ne goûtait que la vie.

Un espoir sans fin...

 

vie,fin,retour,éternité,passage

 

23/05/2017

Musée de province

Musée des hospices civils… Errance de chapiteaux et de cloîtres voûtés… L’odeur de la pénicilline mêlée à celle des transpirations… De vieilles femmes montent ou descendent les escaliers en portant des baquets remplis d’éponges et d’eau sale, quelques malades en pantalon de laine brune s’allongent paresseusement sur les bancs. L’apothicaire principal a oublié ses lunettes et sort de l’hospice… Musée de reliques vieillies, musée humain d’os et de chairs malades que l’on meurtrit de poussière et d’obscurité. A travers la grille sombre des fenêtres hautes parvient le bruit de la ville, bourdonnement continu entrecoupé de plaintes passives. Je vois là, les mains liées, le malade emporté par la peste dans la chambre nue des contagieux. Une lampe pend au plafond et projette sa lueur vacillante vers le lit de fer dont les barreaux  mêlent leur ombre à celle de la fenêtre grillagée. Là gisent les morts en puissance, morts avant l’agonie dans la chambre nue des pestiférés.

28/05/2014

rêve et réalité

Il se tenait droit. Son front couvert de poussière ruisselait de transpiration. Il marchait depuis des heures, perdu dans ces galeries souterraines. Il faisait chaud, trop chaud, et il avait du mal à respirer. Il haletait parfois et s’arrêtait, asphyxié. Ses chaussures lui faisaient mal aux pieds. Il se dit : « Je vis mes derniers instants. Je vais mourir enterré et personne ne saura ce que je suis devenu. Tous ignoreront où ma folie m’a conduit. Mais je ne regrette rien, ni ma peine, ni mon effroi. J’ai marché et je vais en finir avec la vie. Pourtant celle-ci avait bien commencé. J’ai connu la tendre douceur après l’effort, la virginale caresse des êtres de l’autre sexe, la détente de la boisson, l’indifférence des grands, la reconnaissance des sans culottes, le bourdonnement des mouches autour d’un pot de confiture, la lente décomposition de ce que j’avais construit. La face contre terre, j’ai crié mon désespoir et j’ai ri de mes regrets. Quelle absurdité ! Qui donc voudra et pourra me faire revenir sur cette terre acide et froide ? »

Elle dormait lorsqu’un rêve traversa son esprit. Elle le vit errant sous terre, les yeux fous. Eveillée, elle le regardait. Il ne sut qui elle était, mais il sentit cette sollicitude d’un être pour un autre être et il l’appela, dans le noir, à genoux, incapable de faire un pas de plus. Elle s’habilla, revêtit son kimono préféré, s’empara d’une lampe de poche et sortit. Elle se laissa guider jusqu’au puits, enjamba le rebord, mis les pieds dans le seau, fit basculer la corde au fond et se laissa descendre doucement. Peu à peu ses mains furent ensanglantées. Retenir son propre poids lui sembla surhumain. Elle tint bon néanmoins jusqu’au moment où elle toucha le fond du puits. Pas une goutte d’eau, mais un couloir qui s’enfonçait elle ne savait où. Elle attacha la corde au seau, certaine de pouvoir remonter à la force des poignets, alluma sa lampe et partit. « Il est là », se disait-elle pour se donner du courage. Elle le voyait, grand, altier, mais épuisé. Alors, rassemblant ses forces, elle continuait, avançant à petite pas, la soif à la gorge. Au tournant du boyau elle le vit, assis, le dos reposant sur la paroi, la tête entre les mains. Elle s’approcha doucement, murmurant des mots sans signification. Elle avança la main et la posa sur sa tête. « Viens, partons ! » En le soutenant, elle parcourut le chemin  inverse.  Ils arrivèrent au fond du puits. Le seau était là. Elle réalisa qu’elle ne pourrait le hisser à la force des poignets et il était trop faible pour l’aider. Elle cria longtemps, mais personne ne répondit. Elle tenta de se hisser elle-même pour aller chercher du secours, mais retomba deux fois de suite, malgré les lambeaux de sa robe dont elle avait entouré ses poignets. Alors elle s’assit, posa la tête de l'homme sur ses genoux et lui parla avec une douceur extrême : « Nous sommes arrivés au bout de la route. Je t’ai rêvé. Je t’ai cherché. Je t’ai trouvé. Je t’ai porté jusqu’ici. Nous allons vivre nos derniers instants et je suis heureuse de t’avoir connu. Oui l’absurde vaut la peine d’être vécu. Rien de ce qui nous arrive n’est vain. J’ai gagné en confiance. Je réalise que ton appel cette nuit m’a surprise. Je ne m’y suis pas opposée. J’ai suivi ma voie sans faiblir. Et mon cœur est joyeux, libre comme il ne l’a jamais été. J’appelle une dernière fois et nous mourrons la tête haute. » Elle appela plusieurs fois, jusqu’à épuisement.

Lydia jouait dans son jardin. Elle s’assit un moment après avoir couru. Elle entendit les appels, se redressa, cherchant d’où venait le son. Derrière la haie ! Elle se glissa sous les branches, déchira sa robe et poursuivit jusqu’au puits qui résonnait des cris de la jeune femme. Elle se dressa sur la pointe des pieds, se pencha avec précaution et appela : « Il y a quelqu’un ? ».  « Au secours », entendit-elle. « Nous arrivons », cria-t-elle. Rentrée chez elle, elle appela les pompiers et les entendit venir cinq minutes plus tard. Elle pleurait de joie lorsque les deux jeunes gens furent remontés. Ils étaient exténués, hagards et se tenaient par la main sans vouloir se lâcher. Ils se regardaient. Rien ne pourrait plus les séparer. Ils ne parlaient pas. Ils ne pensaient pas. Ils se touchaient et cela leur suffisaient.

Ce jour-là l'amour fit un pied de nez à la mort. Le rêve de la jeune femme était devenu réalité et la réalité devint rêve.