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09/07/2017

Opéra: Carmen

Le 21 juillet, sera donné l'opéra Carmen en pleine nature, dans une environnement étonnant, le château de Linières, un logis du XVII° en rénovation longue. Toute la région y participe pour loger, nourrir, distraire les musiciens et chanteurs, dans une communion de bonne humeur et d'exaltation.

La représentation a lieu le vendredi 21 juillet à 20h00, à Ballée, 53340 en Mayenne. Si vous le pouvez, venez voir ce morceau de choix.

 

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Tel un moustique dans la chambre
Quelle incongruité !
Ce matin, arrivent les musiciens
Ils tirent derrière eux les chanteurs
L’un derrière l’autre, un contre deux
Une dernière côte et c’est là
La place est ensoleillée et verte
Enrobée des paillettes dorées du couchant
Sortant du carrosse, ils se déplient
Et crient de surprise, enchantés
C’est donc ici que nous allons vivre
Entourés de ronces et d’araignées
Nous pousserons nos voix au plus haut
Et courrons derrière les instruments
Quel tintamarre ébouillanté !
Le dernier soir, ils s’assemblent
Et marchent d’un seul pas traînant
Vers les derniers rayons d’un soleil épuisé
Oui, l’opéra est bien tel que nous l’imaginions
Suspendu au ciel par les bras de l’espoir
Comme une musique éternelle
Et les paroles de l’amour
Oiseau rebelle pour Carmen l’incorrigible
Qui meurt pour la liberté retrouvée

©  Loup Francart

04/07/2017

Rien

Chaque jour te chercher sans jamais te trouver...

Le monde consistant en dessine les bords...
Franchir cette frontière n’est pas si simple
C’est plonger en un saut dans le vide éternel
Et faire humblement de l’intérieur l’extérieur
Cela peut arriver à quiconque le veut
Mais seuls le fou ou le mystique le cherchent
Le fou par construction, le mystique par amour
Aucun ne connaît l’heure du franchissement
Passer de la chose à l’infini des choses
Ou partir du néant pour l’infini de rien
Qui contient l’infini de l’inexistence

Imagine ce monde, un rien plus un rien
Ne donne-t-il qu’un plein de rien ou un néant ?
L’infini de rien contient-il tous les riens ?
Là, le brouillard envahit l’imagination :
Se compte-t-elle dans cet infini ou non ?
Cet infini n’est-il que l’envers du rien
Ou possède-t-il, par naissance, un peu plus ?
Sorti du chapeau, il construit les bords du rien
L’enferme et l’isole dans l’inexistence
Le monde de la pensée est-il différent
De celui des atomes que je peux saisir ?
Franchir la ligne du réel vers l’irréel
Ne veut pas dire folie, mais humilité

Laisse-toi gagner par ce vide devenu plein
Pour faire en sorte que toujours et encore
Chaque grain de sable subsiste dans le tout
Des plages mêlées aux gouttes des océans
Et s’enivre au passage du rien vers le tout...

 

©  Loup Francart

30/06/2017

L'allégement

Le poète n’en a pas plein la tête…
Au contraire, il est voué à l’allégement…
Faire le vide, c’est s’enrichir
Se dépouiller de ses artifices
C’est revêtir la toge du sage…
Alors, il partit le nez au vent
Rien ne pouvait le retenir
Ni l’or des balcons fermés
Ni le vernis des joutes de salon
Nu même la tiédeur des amours…
Il partit et s’en fut
Vert de peur et rouge de fureur
Jaune des échecs successifs
Bleu des oppressions d’antan…
Peu à peu il perdit toute couleur
Et acquit la transparence du pauvre
Le soleil le traversait sans peine
Aucune ombre ne s’attachait à lui
Il n’était plus miroir, non !
Il devenait vitre sans tache
Eau translucide roulant
Sur la roche des souvenirs
Poussant parfois un caillou
Jusqu’à ce qu’il résonne
Dans la clairière dénudée
De l’absence d’amour propre…
Chaque jour il marchait son soul
Usant ses chaussures sur l’asphalte
Avançant toujours plus loin
Jusqu’à cet abîme révolté
Qui s’ouvre dans la faille du temps…
Là, au bord de l’absence
Le souffle coupé par l’inspiration
Il hurlait à l’absolu son rejet
Jusqu’à ce que, sans voix
Il se mette à genoux
Et pleure l’assèchement aigre
De son personnage inexistant…
Il pouvait alors repartir
Secouant sa crinière rousse
Et heurtant les arbres effeuillés
Il avait vomi l’emprise du monde
Sur son être affaibli et douteux…
Plus rien ne lui dira sans cesse
"Edifie ton destin de roi
Et tourne ton regard vers l’avenir…"
Non, il privilégie le présent
L’herbe bleue des mers sans fin
Le chant des matins acidulés
Le goût chocolaté des soirs d’été
La rondeur des amours d’un jour
La splendeur de la fidélité
Le caprice ailé de la déraison
La baignade des commémorations
Et le plein éblouissement
De la révélation…
Puissions-nous, nous aussi
Conquérir cette étrange foi
Envers l’imaginaire débridé
En courant vers l’abîme
Qui engloutit le personnage
Et donne naissance à l’être
Celui qui est, qui était et qui vient
Dans toute la brillance
De sa chair nacré d’ignorance…

©  Loup Francart

24/06/2017

Réjouis-toi !

Réjouis-toi, être unique
Et contemple le monde
Avec les lunettes du bonheur !

Réjouis-toi, être revivifié
Et tourne ta face
Vers l’autre toi si vivant !

Réjouis-toi, être singulier
Et trouve en toi
Le trésor de ton intimité !

Réjouis-toi, être humain
Et ne cherche plus
Tu as réalisé l’unité !

©  Loup Francart

20/06/2017

L’espérance

L’espoir est un coup de poing dans le ventre
L’espérance est un débordement de confiture

L’espoir est rude et incertain
Il est terre à terre et provisoire
L’espérance est ronde
Féminine, miel pour l’humanité
C’est un trou dans la poitrine
Qui vous habite à tout instant
Et qui protège des coups de la vie

Certains pensent qu’elle est opium
Et que le peuple doit s’en libérer
Est-ce si sûr ?
Faut-il errer sans but ni intention ?
Faut-il ne voir que l’immédiat ?
Doit-on ne se fier qu’à la société
Et ne plus chercher en soi-même ?

Pour d’autres, c’est une vertu
Elle donne force d’âme
Et faire tendre l’homme vers le bien
Par le seul fait d’un idéal
Mais bien souvent la vertu
Reste un attribut difficile à acquérir
On la prêche, mais la pratique-t-on ?

Pourtant, peut-on vivre sans espérance ?
Son absence est cause de dépression
Voire de mise à mort volontaire
Son absence est un poids sur les épaules
Poids du néant, poids de l’inexistence
Ecrasé d’utilité, enfermé dans les organisations
L’homme a-t-il encore une liberté ?


L’espérance est-elle mystification ?
On la sort du chapeau en un clin d’œil
Et on la fait briller bien visible
Mais ce n’est qu’un morceau de verre
Dont l’éclat n’est qu’un reflet
Des incertitudes du destin
Et de l’ignorance inhérente à l’humanité

Et pourtant, envers et contre tout et tous
L’espérance vous porte, vous allège
Vous délivre, vous enchante
Elle vous accompagne à chaque instant
Elle est compagne de route
Et tient compagnie au fou
Qui n’a rien pour se protéger
Elle tire la pensée vers le haut
Et empêche la noyade dans le quotidien
Elle est le propergol de l’existence

Et jusqu’au dernier souffle
Elle vous conduit à l’amour
Pour soi-même et les autres
Pour le rêve et la réalité
Pour le matériel et le spirituel
Pour ce qui nous enfièvre
Elle fait de nous un chant
Qui clame la lumière
Que tout être porte en lui
Même s’il a du mal
A lui donner sa transparence

 ©  Loup Francart

16/06/2017

Fin

C’est la fin…
Qu’a-t-il ?
Rien, plus d’envie, plus de désir
Il est atone
Et son regard est vide
Il a bien tenté quelques jours
De faire semblant
En marquant un intérêt sordide
Aux vendeurs de mirage
Dans les rues de la casbah
Mais submergé de bagouts
Il s’est laissé aller
A la magie des mots
Et, soulé de paroles
Les a vomis sur le palier
Avant de se coucher
Environné de poètes
Pourtant la poésie n’est pas son fait
Il n’a jamais pu résister
A la pesanteur du silence
Et à la douceur négligée
Des draps de la volupté
Il enchaîne son vocabulaire stérile
L’enroule autour du cou
Et chauffe ainsi ses cordes
Pour proclamer sa vertu
Hélas bien petite
Depuis il se vautre dans la solitude
Et chante seul sa haine des autres
Et son espoir d’en finir au plus tôt

Mais de qui parlez-vous donc ?
Ne serait-ce pas de celui
Qui vous colle à la peau
Et qui vous ressemble
Comme deux gouttes d’eau ?
Oui, c’est bien mon double
Celui qui a pris ma place
Dans une vie fade et nauséeuse
Je l’ai longtemps regardé
Comme un compagnon intime
Aimable et guignolesque
Qui déchirait le commun des jours
Et l’ignorance des nuits
Mais il a pris trop de place
Et je le vois maintenant
Avide d’être et d’avoir
Plongeant en l’autre
Pour le déposséder
Et jouir de ses biens
Sans souci, avec condescendance

Que faire, l’assassiner ?
Le laisser s’épanouir en soi ?
Faire comme s’il n’était pas ?

Comment êtes-vous si sûr
Que cet être malveillant
N’a rien à voir avec vous ?
Il vous ressemble pourtant
En plus solide et avenant !

Qu’a-t-il de plus que moi-même ?

Il parle pour ne rien dire
Il dit sans rien penser
Il pense mais n’est rien
Qu’un oiseau chantant
Ses vers de mirliton
Qui font frémir le peuple
C’est la fin, la fin d’une vie
Qui ne pèse pas plus qu’une plume au vent
Et qui s’envole dans l’univers

Adieu, cher camarade
N’oublie pas ton double
Lui ne te laissera pas !

©  Loup Francart

11/06/2017

Deux vies

Nous avons vécu tant de jours brûlants
Tant d’heures intrépides et de secondes essoufflées
Que nous ne savons plus vivre simplement
 Main dans la main sur les couronnes de laurier

J’aimais courir dans les herbes hautes et mêlées
Te cueillir dans les bras de la victoire méritée
Surmonter dans tes yeux les défaites amères
Et toujours me recueillir dans la tiédeur de ton corps

Nous vivions en esprit, le cœur haletant
Légers comme l’air à l’automne de la vie
Sans attache à la pratique quotidienne de l’inquiétude
Nous laissions voler nos âmes et s’évanouir nos certitudes

Sur le dos de l’histoire, nous cavalcadions activement
Sans prévision ni soucis, sûrs de l’indulgence des nôtres
L’amour simple et nu nous tenait lieu de mémoire
Et courrait devant nous dans cette fuite hors du présent

Maintenant vient le temps des regards croisés
Tu me rêves toujours, enfant de tes désirs
Je te contemple, jeune fille sincère et enivrante
Nous partirons mêlés comme au moment du premier baiser

©  Loup Francart

10/06/2017

Pause

Prenez une pause insolite
Gardez-la au-delà du naturel

Surtout ne vous laissez pas submerger
Par la tension de l’attitude

Au contraire, laissez-vous étirer
Disjoignez vos extrémités
Explosez ce corps ramassé sur lui-même

Que vos mains s'échappent vers l’autre
Et que vos pieds s’éloignent l’un de l’autre
Que votre regard fixe le point unique
Où l’œil devient main et la main caresse

Déployez vos membranes ailées
Et, écartelé, devenez le vagabond
A minuit, de l’immense clair de lune
Qui berce vos souvenirs d’enfant
Et éparpille les trésors d’une nuit
Dans laquelle chaque nuage va vers l’inconnu

Alors, et seulement à ce moment
Rassemblez vos membres éparpillés
Regroupez vos pensées dans le cœur
Enfermez vos émotions au creux du ventre

Et, lentement, pleurez sur vous-même
Sur votre innocence perdue
Et votre transparence compromise

Le souffle de l’esprit vous prendra en douceur
Et vous conduira aux portes de l’infini
Là où le rien est plus que tout
Et le tout rien d’autre que l’abîme

Miel que cette tension rompue
Et ce lent passage sur l’ineffable

©  Loup Francart

06/06/2017

Echec

L’échec n’est le plus souvent qu’un mal passager…
Il arrive, repart sans qu’on y prenne garde
Mais il peut sans relâche vous accompagner
Et vouloir assurer votre arrière-garde...

Méfiez-vous ! Il vous envahit en copain…
Bientôt vous rend démembré à la pesanteur…
Plus de lumière intérieure, comme pour Aladin…
Rasé de près, vous sombrez en incubateur…

Plus rien en vous ne s’intéresse et n’est charmé
La morne plaine de vos passions démontées
Un désert barbare parce que nu et sans espoir…

Alors vous vous laissez aller et préférez
Vous tourner en vous-même et le vide contempler…
Ressaisissez-vous, ne vous laissez pas échoir !

©  Loup Francart

 

31/05/2017

Je veux vivre

Je veux vivre, disaient-ils
Ils se gorgeaient de mots
Ils s’emparaient de choses
 Et ces choses, ces mots
Ils en faisaient la vie

C’était des appareils de fer et de plastique moulé
Des moteurs tournant bien carrés dans leur caisse
Des chaises et des fauteuils pour ne pas s’assoir
Des tables à musée dans les salles à manger
Un musée limité à leur surface et paré de bibelots
Bibelots étranges et quotidiens possédés par caprice
C’étaient des mots savants, bien formés
Achevés par un isme et vêtus d’une majuscule
Les mots étaient tristes et leurs paraissaient faux
Ces mots sortis de la bouche des enfants
Qui ignorent encore l’ivresse des belles phrases


Ils vivaient, disaient-ils
Ils croyaient tout avoir
Ils avaient le savoir
Ils connaissaient la possession

Un jour, ils moururent
Et ils perdirent tout
Y compris leur âme…

©  Loup Francart

28/05/2017

Silence

Silence, voilà la nuit sur la ville
Un passant cherche la chaleur de l’obscurité
Autour du halo glacial des réverbères
Il va d’un pas rapide et étriqué
On ne voit déjà plus son chapeau
Mais on l’entendra longtemps
Si la fenêtre reste entrebâillée

Silence sonore des résonances
D’une ville prête à vous échapper
Où l’on n’a plus sa part de vie
Parce qu’elle est au monde de la nuit

Mais si cette ville n’est plus la nôtre
Que ne découvre-t-on pas en elle
Chaque bruit prend la consistance
Du rêve étrange de la connaissance

©  Loup Francart

22/05/2017

Inspiration

La nuit a fermé son poing sur la chambre
Tu ne paraîtras plus revêtue de blancheur
Entrouvrant l’huis de ton maigre membre
Avec le regard avide des chercheurs

T’aurais-je perdu au détour d’un couloir
Ou peut-être as-tu franchi le Rubicon
Et nous dis d’un mouchoir agité "au revoir"
Comme à des fantômes vivants au balcon

La nuit a perdu son obscure froideur
Et s’est parée d’intense poudre d’or
Repoussant au loin le spectre de la mort

Voici que surgissent les ambassadeurs
De l’étrange défilé de bulles enlacées
Montant vers la main au stylo accrochée

©  Loup Francart

17/05/2017

Jaillissement

Ne cherche rien…
Tout est donné…
Fixe-toi sur l’inconnaissable
Et laisse ta pensée sans amer…
Qu’elle divague sans but
Sur l’aplat des souvenirs
Et les vagues du présent

Rien ne doit t’atteindre
Ni l’obscur regard des morts
Ni l’éclat étincelant des vivants…
Navigue entre les deux
Dans cet état d’insuffisance
Où se love le vide…
Tu es en absence d’être
Dans l’apparence inhumaine
Des spectres entre deux eaux…

Vient la transparence insolite…
Déjà une lueur t’envahit
Sourde aux appels du monde…
Sens-tu ce tourbillon glacé
Qui poignarde ta gorge ?
Vishuddha est son nom
Un feu sans braises
Le puits de l’inconsistance
Une descente dans la dissidence…

Attirant et impalpable est
Ce lieu de rencontre des influences
Où aucune ne prend le pas sur l’autre…
Elles se mêlent les unes aux autres
Images éparses, sons différenciés…
Une tour de Babel qui tient
En un point unique se dévoilant
Et d’où jaillit la créativité
Telle une fontaine de vie…

 ©  Loup Francart

13/05/2017

Evasion

L’air monte et descend dans la colonne…
Doucement… Prends le temps de la distance
Et… contemple ta machine qui fonctionne
Ne t’identifie pas… Sois sans croyance…

Rien d’autre que ce piston qui va et vient
Et qui, peu à peu, t’entraîne à sa suite…
Laisse le rythme t’envahir pour ton bien
Et te convaincre de prendre la fuite

Ressens le souffle passer dans ta gorge
Dans sa montée, il efface ton être…
Puis… la descente avec un bruit de forge

Là, naît en toi la clarté bienfaisante
Qui fait fuir les soucis par la fenêtre
Et… rend ta virginité ignorante…

 ©  Loup Francart

07/05/2017

La grande nuit

La grande nuit approche
Dans ces derniers instants
Au soir d’une vie bien remplie
Tu t’interroges : qu’en ai-je fait ?
Tu fouilles en ta mémoire perdue

En premier lieu la caresse
Celle des mains sur le piano
Celle de l’air au printemps
Celle du pinceau sur la toile
Et surtout celle de l’aimée
Une caresse d’huile parfumée
Sur ton corps de fantôme

En second lieu l’imaginaire
Tels les rêves d’écrivains
Qui projettent leurs passions
Sur les battements de ton cœur
Tels aussi le souffle créateur
Qui montent du puits de l’être
Et crie au monde sa vision
Je ne suis rien et c’est là
Dans cet instant de vide
Que je suis le plus pleinement

En troisième lieu l’action
Moment précaire, à saisir :
Ne tarde pas, il part cet instant
Et fuit ton être immobile
Trompe-toi, mais agis
Ne renonce pas à l’engagement
Tu en porteras les conséquences
Mais tu n’auras pas de regrets
Soigne le geste précis
Jusqu’à la perfection
Répète sans relâche
L’exercice qui te sortira
D’une indolence à fuir
Et évade-toi un jour
Sans pouvoir le prévoir
Dans la beauté limpide
Du geste parfait
Qui te rend transparent

En dernier lieu, ce double
Qui grandit en toi
Imperceptiblement
Image de ton idéal
Accomplissement d’homme
Vertu découverte
Un jour de spleen
Et recherchée sans cesse
Souvent perdue
Parfois même oubliée
Puis revenue au cœur
De ton être rêvé
Lumière éblouissante
Éclairant l’horizon

La nuit est tombée
Plus rien ne te retient
L’attente mortelle
Sauvagement t’embrasse
Elle guette la lueur inconnue
De l’aurore mystique
Où tu gagneras ce double
Et ne deviendras qu’un
Celui que tu as construit
Tout au long de ta vie

 ©  Loup Francart

03/05/2017

Seul et deux

Il allait deux par deux, en paire
L’extérieur et l’intérieur, liés
Par l’injonction du double
Unique au regard de l’autre
Ils avaient bien tenté une séparation
Prendre une réelle indépendance
Mais toujours revenait l’attirance
L’association, le franc accouplement
Des contraires associés dans l’éternité

Tiens donc, se disait-il
Ferme l’obscure lumière du songe
Et coule-toi dans l’ombre
Dans le silence de l’absence
Laisse glisser ton être
Entre les vitres de la bienséance
Et évanouis-toi dans la nuit
Sens-tu cette présence en toi ?

L’autre toi-même, encouragé
Dresse un regard inquisiteur
Et contemple cette ombre
Derrière les lunettes de la vérité
Elle plane encapuchonnée
Dans ce corps vide de sens
Tordu d’interrogations
Comme un mirage épuisé

Ensemble, toujours un
Confondus dans l’unité
Des contraires associés
Marchant en équilibre
Sur le faîte du chemin
De la vie en mouvement
Il allait deux par deux
L’intérieur dans l’extérieur
L’extérieur empli d’assurance
Eclairé de présence pleine
D’un devenir en  pointillé
Qui conduit vers le rien
Et ouvre sur le tout

Oui, tu es, seul et double
Le regard sur le monde
Doublé d’un œil intérieur
Et tu fouilles d’un doigt avide
L’âme qui s’éveille et t’entraîne
Vers sa résolution inconnue
Pleinement consciente
De cette unité à deux
Se rejoignant imperceptiblement
Derrière le cercle de la vie

 ©  Loup Francart

01/05/2017

Jeune moine bouddhiste

Revenu des songes, il allait sans vergogne
Qu’avait-il à dire aux touristes perdus
Il courrait avec agitation, sans savoir
Il fuyait le monde et les hommes
Et s’enfonçait dans la solitude, éperdument
En garçon sans éducation ni conscience
Dans sa robe rouge, il contemplait
Les vallées qui coulent vers les mers
Et, levant les yeux, il célébrait l’aurore
Viens, lui disait le vent et la pluie
Et il allait sans gêne ni douleur
Méditer sur la colline isolée
Dans un monde sans souvenirs
Envahi de silence et d’absence
Rien ne lui dictait sa conduite
Ni l’homme, ni même la nature
Il allait seul contemplant les hommes
Comme appartenant à une autre race
Transparent et insaisissable
Venu de millénaires instantanés
Comme une offrande nouvelle
Offerte au monde déboussolé

L’enfant vaut-il mieux qu’un homme ?
Il n’a rien derrière lui
L’avenir en visée
Le présent en partage
L’existence comme seul point commun

 ©  Loup Francart

27/04/2017

Saints de glace

La glace a pris possession des êtres :
Givré le nez pleurant la pluie aigre
Racornis les doigts prisonniers de mitaines
Et les pieds sonnant sur l’enfer du pavé

Seul le ventre au chaud du manteau
Tressaille encore d’aise pour certains

Pas pour longtemps, car la brûlure
De l’air enfile la manche de la rue
Et insère ses moignons sous la ceinture

Les femmes sortent en homme
Les hommes deviennent fantômes
Engoncés de pudeurs outrancières
Les pensées obscurcies d’épines acérées
Qui rayent toute continuité logique

Mamert, Pancrace, Servais et Urbain
Sont les saints invoqués et chéris
Contre cette folie glaciaire qui survient
En criant le soir derrière les fenêtres
Pour bleuir la face enluminée des passants
Et réjouir les corps dénudés
Des prudents sous la couette

Elle dure cette goutte de froidure
Qui glisse sous l’aisselle du temps
Provoquant la fuite des évocations
De jours mordorés et d’extase amollie

L’humain s’est figé dans la glace
De ses aspirations à la béatitude !

 ©  Loup Francart

23/04/2017

Enfance

Pourquoi l’enfance est-elle ponctuée de pleurs ?
Un rien la rend fontaine débordante
Et les flots drainent espoirs déçus et terreurs
Jusqu’à l’oubli qui survient tout à coup

Tu pleures sur ton malheur ou tes maux
Tu pleures parfois même de bonheur
Tu t’entraînes à fondre en larmes
Pour te faire remarquer des adultes

Je suis un personnage, leur dis-tu
Faites donc attention à moi
Ne me laissez pas passer sans me voir
Et si vous vous retournez, indécis
Regardez-moi dans les yeux
Noyez-vous dans l’eau claire d’un savoir autre

Perception, sensation, impression
Les ions m’en sortent de la tête
Voient-ils la page blanche se remplir
De larmes de pluie et de hoquets

C’est une désolation que cette rancœur cachée
Qui courre dans tes souvenirs aigres
Les pleurs cachent ta misère inexistante
Redresse la tête, couvre-toi de fierté
Tu deviendras grand quoiqu’il arrive

Et tu seras forcé de vivre, solitaire
Face à toi-même, sans pleurs ni reproches
Au bord du ruisseau des larmes
De crocodile qu’un enfant a émis
Et qui se perd dans le désert de l’existence

 ©  Loup Francart

19/04/2017

Origine (2 : voir d'abord 1)

Que la lumière soit et la lumière fut !
La parole serait donc créatrice
Elle-même mouvement en mouvement
Mais la parole n’existe que parce qu’il y a
Derrière celle-ci la pensée
Peut-on penser sans parler ?
Oui, on peut maintenant parler sans penser
Parce qu’au commencement
La pensée a précédé la parole
Elle a créé le mot, miracle de création
Premier élément de logique en marche
Naissance de l’immatériel
Concept créateur créant la création
Ainsi est née la science et le partage de Galilée
Entre « comment l’on va au ciel », réservé aux théologiens
« Et comment va le ciel », domaine des scientifiques
Pourtant l’immatériel est aussi objet d’exploration
Mais c’est une logique molle, sans mathématiques
Le chiffre serait-il ce premier mot : Un ?
Auparavant la pensé était tout
Poussière immatérielle en mouvement
Qui par cette agitation a créé le Un
Et fait naître le temps, l’espace
Et la matière, inséparables

Le Un s’oppose au tout
Comme il s’oppose au rien
Il Est, seul né de la pensée
Immatériellement existant
Mouvement sans déplacement
A l’origine même du mouvement
Celui qui conçut la lumière
Opposée aux ténèbres
Qui conçut ensuite la matière
Opposé à l’absence
Une présence originelle
Qui brûle d’amour
Et engendre la pensée, puis le mot
Puis le temps, puis l’espace,
Puis la matière
donc le deux créateur
Origine du masculin et du féminin
Qui donne la vie par l’amour
Comme l’univers fut créé par amour

L’amour est-il l’origine de l’origine ?
Dans ce cas serait-il l’origine du mot
Et avant de la pensée inexprimable
Parce que feu sans combustible
vide ou plein, Tout ou rien
Mouvement sans impulsion
Car l’amour n’a besoin de rien
Pour exister dans le cœur
De Celui qui Est sans nom,
Et que l’homme conçoit
Comme celui qui est, qui était et qui vient
Pour les siècles des siècles
Amen !

 ©  Loup Francart

18/04/2017

Origine (1)

L’éclair primordial est-il aussi clair ?
En un quart de seconde, Dieu créa tout
Rien n’existait auparavant, pas de matière
Mais pas non plus d’espace ni de temps
Le néant inimaginable et sans fondement

Peut-on concevoir un tel paradoxe ?
Du rien naît le tout, du vide le plein
La danse des contraires s’est mise en route
Désormais tout marche en opposition
Matière et antimatière, passé et avenir
Là et ailleurs, obscurité et lumière
Auparavant le néant, puis le début
La terre était informe et vide
La genèse suppose un mouvement
Une série de faits et de causes
Qui s’enchaînent entre eux
Et conduisent à la cohérence
Mais comment un mouvement
Peut-il naître du néant et créer ?

Pourquoi y a-t-il quelque chose
Plutôt que rien ? demande Leibniz
Une solution : la pensée existe
La conception du monde est un présupposé
Avant sa création ex nihilo
La noosphère a de tout temps
Remplit le néant et créé le vide
L’absence précède la présence
Mais cette absence est présence
D’autre chose, immatérielle
Le lait nourricier de l’univers
Une voie lactée de pensée
Un singulier singulier, inquiétant
Parce qu’inconsistant, vide de tout
Plein du futur, jeté en une seconde
Dans la furie du mouvement
Qui engendre le tout opposé au rien

 ©  Loup Francart

16/04/2017

La dame blanche, de Christian Bobin

C’est un hommage poétique que cette vie de la grande poétesse américaine, racontée par un grand poète français. Ils sont tous deux des poètes de l’absolu, peignant le ciel de leurs mots subtiles, imprégnés du vide céleste, porteurs dans leur cœur de ce trou que laisse l’air purifié. Et cette vie est autre que la vie que l’on connaît : une vie de recluse volontaire. Emily a depuis des années élevé entre elle et le monde une clôture de lin blanc. Dans la bibliothèque du rez-de-chaussée, annoté de sa main, le livre de Sainte Agnès de Tennyson. Il y est question d’une nonne, de ses atours blancs et purs et de son attente d’un dimanche éternel.

La trop sage collégienne d’Amherst regarde Dieu improviser le monde à chaque instant. Ellelittérature,poésie,divin,illumination dresse en secret la liste de ce qu’elle aime : les poètes, le soleil, l’été, le paradis. C’est tout. La liste est close, note-t-elle, et le premier terme suffit : les poètes engendrent un soleil plus pur que le soleil, leur été  ne décline jamais et le paradis n’et beau que d’être peint par eux.

A la naissance quelque chose est donnée à chaque nouveau-né. Cette chose n’est rien. Elle n’a pas de forme, pas de nom, aucun prestige. Elle est notre seul bien. On l’entre voit par éclair. « Le simple sentiment d’être en vie m’est une extase. » Cette fleur blanche du rien qui par instants s’ouvre dans le cœur rouge, c’et la fleur commune des saints. Elle ne se fane jamais. Être saint, c’et être vivant. Être vivant, c’est être soi, seul dans son genre.

A quarante-sept ans, Emily rencontre Samuel Bowles, un journaliste. Quelques jours plus tard, elle joint un poème à une lettre où elle assure n’avoir ni vie, ni mort, aucun lien ni action à accomplir, « hors celle qui sort de l’amour de vous ». Ce n’est qu’un amant imaginaire qui meurt un an plus tard.

La vie d’Emily a été spectaculairement imaginaire. Elle a vécu de ce qu’elle a vu, ressenti et recomposé dans sa vision poétique. Elle n’a jamais connu la gloire et elle écrit dans son dernier poème en date de 1886 :

 De cette gloire –
Pas une poutre
N’a subsisté –
Mais sa maison
D’éternité –

Les astérisques
Sont pour les morts –
Mais les vivants –
Pour les étoiles –

 

 Un autre livre, écrit par Antoine de Vial, intitulé Menus abîmes (Orizons, 2112) donne à lire ses poèmes avec les explications du traducteur qui vont au-delà du simple travail d’adaptation à une autre langue. Il permet d’entrer en poésie avec Emily Dickinson.

12/04/2017

Rires

Le rire frais d’un enfant résonne. Entre !
Ils sont trois à s’esclaffer, la main au ventre
Le regard rieur, surpris en plein délire
Ils cherchent, unis, à casser leur tirelire

Qu’y a-t-il dedans ? Deux misérables pièces
Offertes le matin avec gentillesse
Qu’ils ne pourront se partager sans dispute
Le moment vient, encore quelques minutes

Alors le rire devient pleurs et fuites éperdues
Les pièces s’égaillèrent et furent perdues
Roulant sous la table et le lit, discrètement

L’orage s’amplifia, l’air devint électrique
Ce fut leur habituel quart d’heure colérique
Avant le retour au rire, subrepticement !

 ©  Loup Francart

08/04/2017

Interrogation

Pour la première fois depuis qu’ils ont fait connaissance, il ne se manifeste pas au matin. Rien ne bouge, aucune pensée ne vient troubler la sérénité de Charles. Habitué aux sautes d’humeur, au réveil en fanfare, ce dernier s’en étonne. Pourquoi cette indolence ?

Il l’avait connu plus gaillard, debout et fier de sa prestance, encouragé dans ses vagabondages, revendiquant sa souveraineté dès lors que les pensées Charles se tournaient vers elle, omniprésente, belle de présence d’odeurs et de frottements, cueillie dans ses vagabondages et offerte bravement aux rapprochements des corps et de l’esprit.

Chaque jour, il renouvelait sa foi et tendait son désir vers l’aimée. Et ces milliers de jours furent comme une seule vie, ensevelie dans la bulle de l’amour, deux en un, dans ce monde où chaque caresse devient un frémissement qui se transforme en feu vivant. Il accumula les souvenirs d’étreintes malhabiles, de passions dévorantes, de tendres apaisements après l’envolée lyrique. Que de fois son cœur vibra et son corps se mit en marche, brutalement, comme un autre lui-même, dressé au-dessus de toute autre préoccupation, assoiffé de ses instants sublimes où plus rien d’autre n’existe.

Aussi quel est donc cette douceur tendre qui fond dans le puit des âges et rend ses soupirs délaissés d’accompagnements des baisers ? Serait ce jour redouté où cette tension féroce s’assagit en lents vagissements, comme le veau que l’on mène à l’abattoir ? Serait-ce l’entrée dans le troisième âge, celui des bruissements de la nuit sans accompagnement de caresses, sans même l’image de ces  statues nues courant dans le cerveau déchaîné.

Va mon mignon ! Dors aujourd’hui. Demain tu reprendras ta danse éternelle et lumineuse devant celle qui t’a donné sa vie.

06/04/2017

Un jour de plus

Le chat aux mouvements ailés
Se coule, imprévisible et matinal,
Dans l’air saturé de la nuit

J’engage ce lent glissement
De la pensée immobile
Et enrage de ne pouvoir crier
La violence de ce réveil

Étire ton être fossilisé
Brise ce tas d’os et de chair
File au-delà du geste
Rien ne te retient plus
Dans le maquis du verbe

La vapeur du jour nouveau
Te conduit à cette lueur
Qui pointe entre les cils
Et embarrasse ton bien-être

Il est temps d’émerger
De la machine à laver
Pour emprunter, un jour encore
Le chemin des écoliers
Et apprendre la vie
Une fois de plus…

 

 ©  Loup Francart

29/03/2017

Haïku

 

L'âme vierge

Vide de toute chose

Le cœur s'enflamme !

 

27/03/2017

Le nombre roi

L’infini…
Un mot qui ne signifie rien
Car on peut toujours ajouter
Un Un à un tout
Et ce tout devient un autre tout
Encore plus grand que le premier

Seuls trois concepts englobent le connu
Le Un, l’infini et le rien

Le Un est le roi
Dans le Un je suis
Et l’autre également
Plein, entier, seul
Oui, le roi des nombres est le Un
Inégalable, majestueux,
Distinct et multiple

Mais le Un est si petit
Qu’est-ce qu’un grain de sable
Sur une plage qui se perd dans l’eau ?
Même la plage n’est pas reine
Même l’océan n’est pas roi
Entre le grain de sable
Et la goutte d’eau
Qui a-t-il de commun ?

Si je peux compter l’un et l’autre
Je ne peux compter deux infinis
C’est l’explosion dans ma tête
Ma capacité à penser est limitée
L’infini, c’est la profusion,
L’au-delà au-delà de l’au-delà
On peut alors mélanger les au-delà
On n’atteindra jamais l’au-delà de l’au-delà
Et le Un se promène dans cet au-delà
Léger comme la plume dans le vent

Alors apparaît le rien
Il est rond, fermé, enclos en lui-même
Comme un tout déguisé en un Un
Mais qu’on ne peut dédoubler
Il pourrait être l’au-delà de l’au-delà
Il est également l’au-dedans de l’au-dedans
Si petit qu’il n’est presque rien
Mais ce presque rien est encore quelque chose
Qui est un Un perdu dans l’infini
Il n’est pas ce qui est
Mais est-il tout ce qui n’est pas ?

Alors quel est le plus beau ?
Le Un ouvert sur le monde
L’infini qui n’ouvre sur rien
Le zéro fermé sur lui-même ?

Un homme compta un jour le rien
Un autre homme compta les Uns
Enfin un dernier homme compta l’infini
Le rien multiplié par le rien
Donna le rien, l’absence, le néant
L’infini multiplié par l’infini
Donna l’infini, le plein devenu rêve
Le Un a seul une consistance
Je peux le toucher et le compter
Même si je ne peux tenir tous les Uns

Il y a pourtant deux sortes de Uns
L’un est né impair
Mais il ne se suffisait pas à lui-même
Car pour être plus d’Un
Il faut au moins être deux
Pour avoir un autre impair
Il faut un pair, semblable et différent
Additionnez deux pairs ensemble
L’étonnant est qu’ils forment un autre pair
Alors que si vous additionnez deux impairs
Surgira la diversité
Seul l’impair et le pair
Font un autre impair
Qui lui-même en formera un autre

C’est en cela que le Un est à l’origine du monde
C’est dans le mouvement même de celui-ci
Que naît l’infini et, en parallèle, le zéro
Oui, le Un est bien le roi de l’univers
A condition de n’être pas un, mais au moins deux !

 ©  Loup Francart

23/03/2017

Confusion

Nous n’avons jamais tant vu d’agitations
Et de navrantes piques pour une élection.
Seul, l’empereur règne sur le médiatique,
Proclamant à qui mieux mieux sa gymnastique.
Il n’est pas atteint par la fièvre dévoreuse
Et sort toujours plus blanc de la lessiveuse.
Il navigue sans se fixer entre les extrêmes 
Et affirme vouloir gentiment faire carême.
Les autres, sous les coups des assassins,
Jouent les utilités contredites sans fin.
Leurs paroles se perdent dans le brouhaha
Qui finira prochainement par un hourra.
Et pendant ce temps, survit le monarque
Qui, dans la désolation, assis sur sa barque,
Contemple hilare les ruines de son château
Et annonce : « Il n’y a jamais d’égaux ! ».
C’était bien pourtant la promesse délirante
Qui enthousiasma les foules trépidantes.

 ©  Loup Francart

19/03/2017

Zéro

Il n’existe que dix nombres
Qui servent en arithmétique.
L’un d’eux n’est qu’une ombre,
Évidemment un peu fantomatique ;
Il ne signifie rien, mais c’est un chiffre.
Il est la présence de l’absence.
Ce n’est pourtant pas un sous-fifre ;
Il fait grandir la connaissance,
Mais reste enroulé sur lui-même.
Fait comme un O, tel un païen,
Il constitue un enthymème :
Il est fermé et il n’est rien.

C’est ainsi que Shakespeare fit dire
Au roi Lear : rien ne sortira de rien !

 ©  Loup Francart

18/03/2017

Rencontre, lectures poétiques et dédicace

A Laval, à la librairie Corneille, située en centre ville, le samedi 1° avril, entre 16h et 18 h, rencontre, lectures poétiques et dédicace :

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