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06/04/2019

Haïku

 

A quoi sert la vie

Sinon à grandir l’homme

Sans le laisser seul

 

05/04/2019

une journée

Si petite et si fluette
Elle courrait les pieds nus
Survolant les cailloux
Le visage enfiévré
L’œil plongeant sur la vallée
Le cœur allégé
Les doigts ouverts sur le vide

Lui, se tenait en arrière
Comment courir derrière l’elfe ?
Et la vie passait
D’ombres et de rêves
A travers les rayons du soleil
Jusqu’à la transparence du soir

©  Loup Francart

04/04/2019

Bach: Concerto for 2 pianos, BWV 1062: II. Largo ma non tanto

Bach: Concerto for 2 pianos, BWV 1062: II. Largo ma non tanto (David Fray & Audrey Vigoureux)

https://www.youtube.com/watch?v=PtcIMMhnppk&index=12&list=RDc0f-e1jZ100


Toujours aussi enchanté de cette musique de l'âme

qui coule dans les veines

Et émeut au plus profond de soi-même

03/04/2019

La vertu

"La vertu est sans vertu, c’est pourquoi elle est la vertu", dit Lao-Tseu.

Ainsi la vertu est dans le renoncement à la vertu, car elle n’est pas un bien que l’on puisse acquérir. Comme tout ce qui appartient au monde divin, elle est, un point c’est tout.

Renoncer aux aspirations humaines pour accéder à la réalité divine qui est à l’origine de ces aspirations.

02/04/2019

Bouche

Qu'y a-t-il de meilleur à chérir
Que ce morceau de chair
Qui tient lieu de bouche
A l’être opposé

L’approche est lente et périlleuse
Elle procure frissons et contretemps
D’autant plus qu’elle ne cesse de bouger
Pour parler ou sourire

Tu regardes ce pli sur son visage
Et la langue qui te guette
Et t’engage à d’autres démarches
Pour jouir de la fragrance aimée

Approche tes lèvres
Respire le souffle
Laisse-toi emporter
Vers la source de vie

Alors tu connaîtras la mort
Celle de l’être comblé
Qui te fera monter
Dans la descente des sens

©  Loup Francart

01/04/2019

Bach Piano Concerto BWV 1055 A major David Fray

https://www.youtube.com/watch?v=FRyLYtBLIOE


Toujours David Fray

Toujours aussi enjoué

et l'ombre de Bach bien sûr

31/03/2019

Un samedi après-midi parisien

Nous avions marché longuement, échaudés par l’après-midi ensoleillé. Le printemps montrait sa tendresse, ouvrant les pores de la peau, obligeant à cligner des yeux de trop d’éclats. Sortis du métro aux pâles lueurs de l’électricité, nous étions bercés d’une chaleur languissante et bienvenue qui comblait notre désir de transparence. Nous avions plongé dans le monde des objets et du désir instinctif et humain de possession. Tout nous poussait à observer chacun d’eux d’un air de ne pas y toucher, des plus chatoyants au plus anodins. Mais ce qui nous attirait le plus était les livres, quels qu’ils soient. Les lignes dansaient, les images ronronnaient, les couvertures flamboyaient. Ouvrir une à une ces pages défraichies, déchiffrer les histoires qu’elles racontent, faire remarquer au marchand la reliure qui se détériore et, finalement, acheter le volume parce qu’il vous rappelle un jour lointain où vous aviez lu pour la première fois l’histoire drolatique de Jules Romain intitulée Les copains. Vous vous êtes plongés dans les Illustrations jaunies aux images de guerre et vous êtes dits que les fantaisistes batailles des gilets jaunes n’ont rien à voir avec une vraie guerre et son cortège de malheurs.

Puis vint le moment d’une certaine lassitude, d’une fatigue montant des pieds, d’une langueur dans le corps et d’un rêve de s’arrêter au bord d’une rivière, à l’ombre des arbres et des bruits. D’ailleurs, vous aviez terminé la lente remontée du boulevard. Il ne restait plus qu’un revendeur de l’autre côté du croisement. Un homme et une femme, assis à une devanture de café, se levèrent à côté de vous. Ils étaient installés face au soleil et leurs places vous parurent si enviées que vous vous assîtes aussitôt sans réfléchir. Un bistrot dans la rue, une table encombrée de verres sales, des voisins qui parlaient haut et fort. Peu importe, seul comptait ce calme soudain survenu qui détendait le corps et apaisait l’esprit. Il y avait pourtant du bruit, le passage des flâneurs à la recherche de l’objet rare, l’arrêt et le redémarrage des voitures et motos bruyantes au feu vert. Mais dans le rayon de soleil au travers des arbres qui vous frappait su le front procurait une telle joie qui rien ne vous aurait fait bouger de cette place enviable. Nous nous laissâmes entrer dans ce nirvana, sans un mot, sans hésitation, avec une tendresse amoureuse propre au parisien du dimanche, relâchant tous les muscles, nous enfonçant dans la nuit lumineuse du repos, attentif au moindre tremblement de l’être qui sévit au fond de nous-mêmes.

C’est fini. La magie s’estompe, le soleil s’affaisse derrière les maisons du trottoir d’en face, les bruits deviennent plus audibles et transpercent les tympans, les voisines qui fêtent l’enterrement de la vie de « jeune fille » (hum ! Elle a au moins trente-cinq ans) de l’une d’entre elles, chapeau de clown sur la tête, sourire obligé aux lèvres, joie subtilement étendue sur le visage, se lèvent. Alors nous nous levons aussi, traversons le boulevard, quêtons un dernier frisson chez l’unique brocanteur s’étant installé là, achetant un livre de poèmes illustrés qui nous rappellera cet instant magique  et hors du temps que nous avons vécu cet après-midi-là.

30/03/2019

Une vie

« Combien d’années sont passées
Je m’assieds toujours à la table
Je me fonds sur un point de l’être
Et perds toute notion de vie »

Où vas-tu ainsi, hors de tout contrôle ?
Ce brouillard laiteux te suffit-il ?
Soulèves les montagnes et bois la lie
Après la fraîcheur des rêves

La lente tombée des jours rejette
Les souvenirs sur le seuil
S’estompe la splendeur des vagues
Et monte l’obscur désespoir

Une vie, ce n’est qu’un moment
Mené tambour battant
Juché sur les échasses
De l’audace et de  l’angoisse

©  Loup Francart

29/03/2019

Morale

– Le véritable devoir de justice, c’est de considérer chaque individu comme une fin. (Kant).

– Aime ton prochain comme toi-même.

Deux formules identiques au sens moral, mais bien éloignées l’une de l’autre, la première étant fondée sur la raison, la seconde sur l’amour.

La première n’est que règle (assimilable à la loi de l’ancien testament). La seconde est un axiome de bonheur.

28/03/2019

Plus tard

Cesse donc ce bavardage incessant
Entre en toi-même, aspirant au vivant
Et en toi-même, vivant sans aspiration
Tiens-toi debout entre ces deux motions
L’une t’érigeant en rêve sans espoir
L’autre bâtissant une réalité sans savoir

Rien ne va plus dans ce corps
Et dans ce cœur plus encore
Derrière la fente entrouverte du temps
Tu glisses un regard dépendant
Quand donc viendra le moment
Où tu délaisseras tes amants ?

©  Loup Francart

27/03/2019

Bach: Concerto for 3 Pianos BWV 1063 III. Allegro (David Fray, J. Rouvier, E. Christien)

https://www.youtube.com/watch?v=COoxnAYXALQ


 Bach, à nouveau et toujours un concerto pour piano

et toujours l'enchantement d'une musique pure, construite, enchanteresse,

hissant l'homme au sommet de ses possibilités d'élévation

26/03/2019

Connaissance

Naissance d’un lien inaltérable entre l’objet et le moi.

La connaissance ne peut venir que d’une expérience vécue et non d’une accumulation de savoir. Elle implique la conscience de soi par rapport au tout.

Connaître, c’est s’éveiller à la réalité universelle. Cela implique la compréhension, ce que le savoir souvent n’implique pas (j’entends par compréhension une assimilation de l’objet ou de l’idée par l’être).

25/03/2019

Charmée

Partie un jour sans savoir où aller
Elle parcourut les mines et les prisons salaces
Une mouche l’accompagnait sans jamais la piquer
Mais jamais elle ne se plaignit de cet étrange passager

Et lui, toujours charmé, la suivit sans jamais se lasser
Par-delà les pierres, les tunnels et les voyageurs
Lui jetant parfois une œillade qu’elle percevait
Mais sans y prendre garde, elle poursuivait sa route

Arriva en fait le moment de leur rencontre
Elle trébucha et tomba sans pouvoir se relever
Lui, qui la suivait attentivement, comprit sa gêne
Il s’étira et la cueillit dans la rosée, endolorie

Elle laissa échapper un soupir convenu
Ouvrit les bras sans restriction ni modestie
Entrouvrit ses lèvres dévoilant ses blanches dents

Il dit :
Je t’attendais depuis longtemps
Maintenant tu ne peux m’échapper

Elle répondit :
Je t’attendais depuis longtemps
Je suis heureuse de te laisser venir

©  Loup Francart

24/03/2019

3000 ème note

 

3000ème note…

blog commencé le 19 novembre 2010…

Aujourd’hui, enfin, je n’ai rien à dire…

Quel bonheur !

En es-tu si sûr ?

 

23/03/2019

Pause

Tu es rentrée si lasse
Ton cœur effréné s’étirant
Que tu t’es endormie
Dans la chaleur du printemps
Environnée du vol des oiseaux
Et bercée par le chatoiement des flots

Ce n’était que silence
Et même l’éclaircie des sons
N’empêchait pas le rythme
D’un sommeil paisible

Ce premier jour du printemps
S’emplissait de fragrances sauvages
Et de quiétude apparente


Mais derrière l’impression trompeuse
La vie s’activait, claironnante
Si visible en tension des corps
Vibrante sous le duvet de la peau
Enivrant l’air de pulpeuses élancées
Et de caresses pénétrantes

La vie reprend, disait l’eau qui court
En chantant d’une voix fluette

La tête bleuie par l’azur
Tu pars  dans ce rêve limpide
D’une nouvelle vie à honorer
Délivrée de tout miasme
D’un passé encombrant

©  Loup Francart

22/03/2019

La beauté

 

Un éclair et le silence
Une présence née de l’absence
Au-delà du trop-plein de vie

L’écho de l’être se révèle
La beauté est là et s'impose


Elle est entrée à l’instant
Où tout s’est effacé
Sauf les battements de ton cœur

La vie s’en va et percute l’être

Rencontre de l’invisible

©  Loup Francart

21/03/2019

Bach: Concerto for 4 pianos BWV 1065 III. Allegro (D. Fray, J. Rouvier, E. Christien, A. Vigoureux)

https://www.youtube.com/watch?v=Di2k06uNU1U


Je ne peux m'empêcher de vous faire entendre cet allegro.

Une merveille de précision et d'envolées, sans aucune lourdeur :

jusqu'à 0:37: exposé du thème ;

0:38 - changement de rythme, surprenant, mais qui relance l'intérêt et le rythme lui-même;

0:58 - chaque piano reprend le thème, se répond en harmonie ;

1:20: reprise, avec toujours autant d'énergie.

 

Bach est vraiment le plus grand !

20/03/2019

Egarement

Oui, l'image est flou, incertaine, brouillon même, mais dans le même temps, elle introduit un monde invisible derrière le monde visible.

 

19-03-20 Egarement.JPG

Toujours je tremble

d’approcher la vérité.

Persiste et signe !

19/03/2019

Sentence

 

Si chacun, au même instant,

Pouvait s’ensevelir dans la contemplation du Tout,

Ce serait l’éternité ou l’explosion du monde.

 

18/03/2019

Survivre

Il va sans savoir où et marche sur les pas perdus
Il revient en arrière et retrouve ses pieds
Ils sont bien crottés, ce qu’il n’avait point vu
Et tirent derrière eux la lourdeur de l’acier    

A-t-il perdu la main et provoqué le pire ?
N’a-t-il point transpiré et produit son effort ?
Il n’a pourtant rien dit ni poussé un soupir
Laissant le vent malin faire le choix du sort

Telle une girouette au mât d’un paquebot
De droite et de gauche, monté sur l’escabeau
Il suit l’horizon sans voir un obstacle

Que la vie est drôle et l’homme sans souvenirs
Pour penser poursuivre et même se rajeunir
Dans l’ombre de la mort comme par miracle

©  Loup Francart

17/03/2019

L'inertie

 

L’inertie est une propriété et, parfois, un état
Elle peut donc appartenir en propre à un objet
A un être vivant et donc, aussi, à un humain

Cette propriété est justement un manque de propriété
Rien ne sort de l’inerte, même pas l’inertie
L’inerte est un mur impossible à modifier

L’inertie physique, en premier lieu, est plus qu’un signe
Cessez de respirer, vous ne tardez pas à mourir

L’inertie mentale fait de vous bien pire
Vous ne pensez et agissez que par l’autre

Quant à l’inertie spirituelle, c’est devenue un lieu commun
Qui fait de l’homme l’égal des pourceaux
Assujetti aux mouvements de pensées minoritaires
Qui font la loi démocratique au nom de l’individu
Plutôt que d’une majorité réelle et honnête

Alors sortons de notre inertie
Ne laissons pas les censeurs
Faire place à un correct incorrect
Faisons entendre la voix de ceux qui ne revendiquent plus !

©  Loup Francart

16/03/2019

Maxime

 

La vie est bien un combat,

mais c'est un combat contre soi-même.

En se combattant soi-même,

la tension avec les autres s'élimine.

 

15/03/2019

Fragments

Jour du peintre, le soleil dort
Bordé de plumes, il se cotonne
Émergence sereine, sans contours
Il délivre sa myopie de cyclope

19-03-14 Fragments2.JPG


Terre de verre teintée, molle
Araignée laiteuse et géométrique
Je m’englue dans ta toile déployée
Jusqu’à cet œil pâle et soyeux

Mes pas étouffés par la chair
Ne peuvent monter jusqu’à moi

©  Loup Francart

14/03/2019

Les mots

 

Le mont peut-il médire
Etienne seul peut le dire
A-t-on toujours besoin de mots
Pour en faire des maux
Lorsqu’il convient de maudire
Ou, encore, de s’esbaudir



Voir le blog d’Etienne de Montéty « Encore un mot »:

« Les mots sont la plus belle conquête de l’homme. Ils nourrissent notre quotidien, enrichissent notre pensée et notre conversation. Mot d’auteurs ou bas mot, mot grossier, fin mot, demi-mot ou mots croisés, sans parler des mots et camées chers à Théophile Gautier, les mots en disent long sur notre époque. Et même un peu plus. Chaque jour a son mot à dire. Il suffit de l’attraper et de jouer avec lui. Les mots ne demandent pas mieux. »

 From: http://blog.lefigaro.fr/encore-un-mot/etienne-de-montety....

Etienne de Montéty est né en 1965. Il dirige le Figaro littéraire depuis 2006 mais fréquente les mots depuis qu'il a appris à parler, à lire et à écrire.

13/03/2019

Souffrance

 

Faire de la souffrance une source de sensations nouvelles enrichissant notre connaissance.

La souffrance peut devenir une délivrance de soi,
un moment de répit qui nous tourne vers les autres.

 

12/03/2019

Veines et artères

Veines et artères
L’ombre des veines sur le front
Me tresse une couronne de douleur
Le sang circule sans défaillance
Mais son flot est en furie

Comment faire passer cette rage
Qui s’est installée en hauteur
Et crée une tempête bien huilée
Qui met la tête dans un étau

Je suis aplati entre deux planches
Et promène ma face de lune
Aux yeux écarquillés des anges

Tout à l’heure viendra celui
Qui saura faire dire à la chair prélevée
De quoi est fait ou ce qu’est devenu
Cette pelote de tuyaux emmêlés
Qui dérive dans l’imagination
De celui qui dort en toute quiétude
Et ne sait ce qu’il deviendra

Serre, serre le nuage des hauteurs
Imprime entre tes yeux ta tempérance
Et rêve aux temps où rien
Ne devançait ton pas libre et serein
D’une ombre éclairant ta nuit noire

©  Loup Francart

11/03/2019

Myriade

Peut-être un trou noir

une échappée mystique

ou la fin d'une vie

 19-03-04 Myriades VD2 rec.JPG

Seule l'espérance

te propulse au-delà

au centre du Tout

 

Tableau acrylique achevé en mars 2019, 80x80 cm.

Passage du numérique au consistant.

Malheureusement, la photo du tableau peint ne reproduit pas la couleur exacte du fond qui est vert foncé et non noir tel qu'il apparaît ici.

Voir Myriade, dessin numérique, publié le 20 avril 2013.

 

10/03/2019

Croyance

 

La croyance en Dieu ne doit pas consoler de ses malheurs,

mais permettre de penser qu’il y en a de pire.

 

09/03/2019

Glenn Gould et Léonard Bernstein : concerto pour clavier N°1 de J-S Bach

 

https://www.youtube.com/watch?v=9ZX_XCYokQo


 

On ne commente pas le jeu de Glenn Gould

on l'écoute, on oublie ce grand artiste

et on se laisse aller à la joie pure de la musique.

Trois passages sont particulièrement remarquables :

en 6.05, en 8.00 et en 13.02.

NB. Le concerto commence en 5.08

08/03/2019

Moment de vie

 

Toi… Rien...
Pas même le cri d’un oiseau
Un silence si audible
Qu’il étouffe l’humain
Ferme l’œil, palpe ton cœur
Que tremble ta glotte
Et pleure la caresse maladroite
Venue du fond des âges

Moi… Tout…
L’être et la femme
Le bruit des pas sur l’âme
La résonance du couloir
Qui mène à la chambre
Allégé, je tempère
Un saut dans l’inconnu
Et le baiser au bout des lèvres

Que donner qui n’existe déjà
Le temps seul, sans espace
L’éternité ou l’instant
Je ne sais
Et toi, le sais-tu ?

 ©  Loup Francart