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22/02/2022

Quand ?

Seul au monde…
Poids de la solitude enfermée
Il erre dans cette soupe
Et ne goûte que l’amertume
Te souviens-tu de tes jeunes années 
Quand tes parents
Également seuls au monde
Respiraient à pleins poumons 
Le printemps de leur jeunesse
Et tu es là aussi
Empli de tes films passés
Bousculé dans tes retranchements
L’œil vif d’éclairs de vie
Mais qui ne marquent plus
Sur la page blanche des jours
L’humanité s’étouffe
De trop de résurgences
Enfoui dans la glace du passé
Monte l’avenir que tu ne peux voir
Tes enfants et petits-enfants
Te regardent et se disent :
« Quel est cette pointe
Qui perce ton cœur !
Ton tour viendra
Tu seras seul
Avant de fermer tes yeux ! »

21/02/2022

La beauté

La beauté, c'est l'exigence faite humble.

20/02/2022

La beauté, à nouveau

Nouvelle panne informatique, longue, difficile à régler. La technique a ses charmes enjôleurs qui ne s'exercent que lorsqu'elle marche.

 

La beauté est un équilibre discret, un appel vers l'âme de petits riens qui s'harmonisent et ouvrent une plaie de bonheur dans l'être qui se découvre humain.

 

13/02/2022

La beauté

La beauté est l'appel du Seigneur !

Ouvre les yeux et vois.

Signes et paroles

La parole permet l'échange, ce que ne permet pas le signe.

L'homme échange et fait valoir ses droits, ce que ne peut faire l'animal.

 

12/02/2022

Intimité

Comme chaque jour, je cours. Cela m’envole la tête, écrase mon égo et oxygène le corps jusqu’à le rendre transparent.

Ce matin, j’arrive devant une maison connue, abandonnée loin du village, toujours fermée sauf l’été. Je contourne un des communs et tombe sur une biche immobile, à tel point qu’elle semble une sculpture plutôt qu’un être réel. Elle est à quinze mètres. Elle me regarde et ne bouge pas. Je m’arrête et fais de même. Nous nous regardons, deux êtres, seuls au monde. Plus rien n’existe, seuls, elle et moi. Elle ne s’affole pas et reste impassible. Cela dure une minute, deux minutes.

Puis, elle se met à vivre. Elle se lèche le flanc, caresse quelques mèches de son dos, comme si je n’existais pas. Elle est seule au monde, dans un instant de solitude heureuse, accomplissant ses gestes avec sérénité. Elle est tout entière à son animalité, belle d’innocence.

Elle ne bouge toujours pas. Elle regarde soudain. Je ne bouge pas. Nous nous regardons, sans un bruit. Alors, elle se couche dans l’herbe et semble me dire : je n’ai pas peur. C’est ma vie, pleine et entière, faite d’instants de recueillement devant la beauté de l’univers. Fais-toi transparent toi aussi.

Soudain, en un éclair, elle se lève et fuit, comme tout animal surprit dans sa vérité, trois ou quatre minutes de communion naturelle, dans un moment hors du temps.

11/02/2022

Croire et expérimenter

Je sais, et non je crois, parce que Dieu me laisse l'expérimenter.

La foi, non par croyance, mais par expérience.

10/02/2022

Cauchemar

Un pas en avant, deux pas en arrière…
Il ne sait plus où il va, ce qu’il fait
Un poids sur le nerf optique, progressif    
Écrase son enthousiasme. Il se redresse
Et crie d’une voix forte :

Fuyez, hommes et femmes
La fin des temps est venue !
Découvrez-vous,
Marchez nus
Et partez !

09/02/2022

Lassitude

Lassé du monde, il se réfugie en lui,
Là où rien ne peut l’atteindre, même pas lui.
Noyé dans l’absolu, il divague et se perd.
La broyeuse s’égare et passe. Plus rien…

Ne reste qu’une poussière… De quoi ?
Il tâte, secoue le sable. Mais rien ne vient.
Un léger nuage de cendres s’échappe,
Cela sent le vieux, la pourriture, la fin.

Dieu, rien ne va plus. La joie doit éclater.
Souviens-toi, hier encore, tu courrais au soleil,
Le corps raffermi, la jambe vaillante. 
Tu riais de bonheur et tu vivais réellement.

Secoue-toi, ouvre les yeux, appuie-toi sur moi.
Mets tes lunettes d’optimisme et ris...
Il est, loin de toute noirceur et odeur.
Il plane sur les eaux en toute sérénité.

08/02/2022

Hauteurs, toujours

Commence aujourd'hui un nouveau livre, carnet de voyage au fil des voiles et de la fournaise, paysage sublime dessiné d'une main experte au fil de jours d'errance.

 

Clochers, tours, campaniles, beffrois
Tous se dressent devant les visiteurs
Campés sur leur socle élevé, fortifié
Ils écrasent l’égo de leur ombre exaltante

A leur pied, l’homme de tous les jours
La vie grouillante, trépidante 
Millions d’insectes affolés et bruyants
Que seule la vie atteint en désordre

Le doigt levé, empli de sagesse
Ils occupent l’espace à la verticale
Veillant sur leurs occupants
Détachés de tout partie pris 

Écrasée de sculptures évaporées
La hauteur prend sa mesure dégingandée
Dieu te regarde à la loupe, au loin
Et embrase la visite de feux d’or

07/02/2022

Instant

Quel jour ! Il s’oublie lui-même.
Il va, il vient, puis repart,
Avant de revenir.
Il n’est plus lui-même.
Sait-il même qu’il existe ?

Il est parti le nez au vent,
Ouvrant ces yeux de verre,
Tenant sa canne d’acier,
Écoutant ses ardeurs renouvelées,
Caressant le vent léger.

Son double l’accompagnait.
Elle se taisait, marchant près de lui.
Devançant leurs pas et leurs pensées,
Ils allaient vers la gloire, ensoleillés.

Ils marchèrent jusqu’à la mer.
L’un derrière l’autre, heureux.
Ils se regardèrent, tremblants,
Le cœur battant, l’œil humide.
Encore un pas, ou deux et même plus.

Ils s’arrêtèrent sur la plage.
Surpris par la chaleur du sable,
Ils n’avaient pas de bagages,
Ni même de quoi écrire.
Comment dire ce qui leur tenait à cœur ?

Tant pis, partons, fit l’homme.
Ne me quitte pas, fit la femme.
Ils s’embrassèrent avec tendresse
Avancèrent jusqu’à l’eau
Et tendirent ensemble le pied.

C’est froid, dit-elle. Oui, répondit-il.
Ils entrèrent dans le glaçon,
Inattentifs à la morsure.
Ils avancèrent, main dans la main, 
Jusqu’au cou. Ils avaient la même taille.

Adieu, dit-il, la voix étranglée
Au revoir, répondit-elle. À tout à l’heure !
Ils firent un pas, puis deux,
Se regardèrent, s’embrassèrent
Et sans plus attendre, avancèrent.

Ainsi vécut l’amour.
Une ombre entre deux mains,
Un baiser sur les lèvres,
Tendus vers l’humanité,
Souriant aux autres !

06/02/2022

Avenir

Se peut-il qu’un jour, dans un instant de folie
Tu découvres l’envers de ton existence
Un brouillard de la vieillesse à la naissance
Où tu ne palpes que le vide et le plein de rien

Te souviens-tu des routes parallèles ?
Elles finissent par s’écarter, puis se croiser
Choc des imaginations et des souvenirs
On admet cependant ces salmigondis !

Rien ne sera plus jamais comme avant
Les souvenirs s’envolent et se pressent
Franchissent la barrière du temps
Et s’endorment calmement le matin

Parfois un mauvais pressentiment
Te conduit à envisager un retour en arrière
Mais rien n’y fait, rien ne change
C’est dans la boite et sans pouvoir !

Alors, tu continues à avancer sans bruit
Sur la pointe des pieds et la paume des mains
Regardant le déroulement du temps qui passe
Et pleurant sur les années de bonheur envolées

Sans savoir ce qui t’attend, tu poursuis
Dans le noir de l’avenir et l’obscurité du présent
Attendant l’inéluctable et chaud devenir
Les mains sur les yeux, sans frémir !

05/02/2022

Egarés

A nouveau un lieu sans possibilité de se connecter pendant quelques jours. Mais cela détend...

C'est reparti...

 

Errance de pensée, nous perdons le chemin
Où se trouve le but, qui donc les attire
Quelques couleurs jetées, au loin un cri humain
C’est un coup dans la nuit dont tous peuvent pâtir

Ainsi, passe le temps, en moments de rêve
Mais rien ne sort de lui, pas même un sourire
Il demeure muet, la main sur son glaive
Attentif aux regards de ceux qu’il veut trahir

Plus rien ne tourne rond, le trouble les envahit
Où vont-ils au juste, ces errants recueillis ?
Marchent-ils vers la mort ou l’avenir douillet

Le brouillard s’épaissit devant leurs yeux pervers
Ils cherchent le chemin sans trouver l’univers
La nuée les happe, ils sont morts à jamais 

28/01/2022

Sans elle

L’enfant est seul, au milieu de la route
Il ne voit plus sa lumière, bien qu’il fasse jour
Une pâle horizontalité fait place
Aux paysages mélodieux de la verticalité

Tout était facile… L’accompagnement
De l’amour maternel traçait le chemin
Elle lui prenait la main sans y penser
Et il courait sur la terre sans fin

Toujours ce fil mystérieux qui le relit
A cette présence sans nom ni même réalité
Elle était là, l’accompagnant sans cesse
Ses moindres mouvements étaient présence

Puis progressivement, cela s’est estompé
Perdu dans la foule, il cherche et ne voit rien
Les murs lui voilent cet espace enchanté
Le monde est grand et comme il est petit 

Les singes hurleurs l’environnent
Et le montrent du doigt, en riant
Il se retourne et cherche la présence
Rien, elle n’est plus là, à jamais

Il erre sans fin, fouillant les recoins
Plus de verticalité, plus d’épaisseur
Le calme plat de l’absence sans fin
Un monde vide, qui rend la peur présente

Il faut reconstruire le connu
Il faut dévoiler l’ignorance
Il faut devenir adulte
Et errer jusqu’à la fin de son temps

26/01/2022

Flottement

Une vie sans vivre

Une mort sans savoir

Joie de l'ignorance

25/01/2022

Liberté: entre-deux

Liberté… Liberté…
Elle s’élève au-dessus de la vie
Ne reste plus que cette sensation diffuse
D’un léger brouillard et de sons étranges
Qui pénètrent l’air et envahissent le corps

Et pourtant l’étrange sensation subsiste
Ce bourdonnement permanent
Ce bruit infime persistant
Qui la pousse sans cesse
A sortir d’elle-même
A se libérer de ses chaînes
 
Entraînée plus loin qu’elle ne veut
Dans la transparence de l’être
Et l’absence de guide ou même d’éclairage
Elle avance les bras tenus
Soutenu par l’espérance
Fatiguée par cette quête permanente
Qui l’oblige à se lever la nuit
Et à œuvrer sans cesse le jour

Mais rien ne vient, rien n’apparaît
Elle se trouve entre ciel et terre
Dans ce no man’s land 
Réprouvé par les dieux
Inconnu de la plupart des hommes
Enclume des résonances
De toute aventure humaine

Elle y puise sa force et sa faiblesse
Comme tout un chacun
Mais chaque son s’élève
Et le sort de lui-même
Dans cette étrange perspective
D’un ailleurs plus concret :
Le mouvant devient son monde
Un nuage sans prise
Un flanc de montagne lisse
Jusqu’à la chute ou l’envol

24/01/2022

Traque

Pas à pas, il avance
Pas un muscle ne bouge
Seule la moustache s’active
Le regard est fixe. 
Que voit-il ?
Il fait noir
passent quelques ombres lunaires
La douceur nocturne persiste
La traque commence
Active et attendue 
L’obsession l’occupe tout entier

Et lentement il avance
Les yeux mi-clos
Le dos abaissé
Sur trois pattes
La dernière levée
Pas un bruit
Pas un mouvement 
Semblant sans vie
Il est prêt.
Là, vas-y !

Il s’élance…
Une seconde trop tard
Qu’était-ce ?
Il sent ce chien !
Non, un mulot
Qui se repait

Alors, tristement
Il lève une patte arrière
Et s’allège
Espérant encore s’alourdir plus tard…

23/01/2022

Misère de la technique

Misère de la technique. Ils ont changé la chaudière et ajouté un appareil permettant de régler la température selon la pièce où elle se trouve. « C’est très simple, nous disent-ils : deux boutons, un plus (augmenter la température), un moins (la baisser). En effet, quoi de plus simple !
Il a fait chaud cette première nuit. Aussi, au matin, nous avons appuyé sur la touche moins (-). Nous nous sommes recouchés. Une heure plus tard, il faisait froid. On appuie sur plus. On attend dix minutes. Rien ne se passe. On attend encore dix minutes, rien. Les radiateurs sont froids. On ouvre la notice d’emploi du chauffage. Cela semble normal. Mais on remarque cet appareil supplémentaire, le H. H. Pas de notice d’emploi. Ils n’en donnent pas, c’est tellement simple. On cherche sur Internet. Plusieurs pages le concernent : multitude d'appareils et de notices d’installation, publicité, en français, en anglais, en arabe et autres langues mondiales, de nombreuses entreprises vantant leurs mérites et les frais. Mais pas de « Comment le faire marcher, c’est dire sur quel bouton appuyer pour qu’il fonctionne ». Il n’y a que deux boutons : + et - . L’ingéniosité de nos polytechniciens en herbe avait rendu simple et évidente les fonctions de l’appareil. Quoi de plus simple : + et - . Cela marche toujours !
–  Mais quand cela ne marche pas ?
 –  Vous faites appel au spécialiste.
–  Et si c’est le week-end ?
–   Vous attendez lundi.
Passons sur toutes les recherches de solutions. Quel dérèglement ! C’est encore le week-end et il fait froid. Mais nous pouvons relancer la machine tous les quart d'heure.
Que la technique est belle ! Que d’ingéniosité !

22/01/2022

Nocturne

Silence de la nuit
Tu élabore les bruits
Tu ne sais où tu es
Approche du sommet

Contemple l’immensité
Et sa lente fécondité
Quelle t’envahisse
Et se rende collaboratrice

Seul dans la blancheur de la nuit
Tu te sens éconduit
Non, ne sors pas de ton exclusion
Tu approches de l’explosion

La blancheur t’envahit
Entre dans la nuit !

20/01/2022

L'inconnu

 

Pyrcar VD carré N&B.jpg

 

Es-tu l’inconnu ?

Oui, j’aime ta liberté

Viens et tente

19/01/2022

Solitude

Oui, une panne informatique, cela existe. Plusieurs jours à batailler contre l'adversité jusqu'au moment où miracle cela marche. Retour à l'habitude et... à Paris...

Seul…
Face à toi, l’univers
L’infiniment petit
Et l’infiniment grand
Un point, un gouffre
Ce qui lie les deux ?
Un lien invisible
Impalpable, un fil
Si ténu qu’il est sans être
Et pourtant je suis

 

12/01/2022

Décider

Ah, quelle exigence ! Elle pense et elle agit.
Qu’a-t-elle de plus que nous : l’acuité du regard,
Légèreté de l’œil et bouche cramoisie.
Seule, elle décide, avant même de voir.

Le feu est en son corps, il n’en sort que repu.
Rougeoiement de l’envie, retour de la folie.
Qu’a-t-elle à dire ici dans ce lieu de refus
Où rien ne satisfait ce qui la dissocie.

Derrière le tableau apparait sa vision :
Y a-t-il un être, vrai, réel, en mission
Qui étend ses ailes au-delà de sa vue.

Elle sent son pouvoir, elle aime en jouer.
Va-t-elle s’engager, veut-elle laisser tomber ?
Elle jette un regard et s’enfuit sans l’élu.

11/01/2022

Retour en ville

Retour à la ville… Bourdonnement…
Il défaille de sollicitations
Faut-il se réfugier dans la chambre ?

Non, aborde la nouveauté
Fais-lui face ouvertement
Et laisse-toi aller franchement
Sans même savoir où, quand, comment !

Ainsi est vaincu la crainte
De la précarité ou de l’excès
Va et cours dans la ville
Sans jamais t’arrêter

10/01/2022

Égarement

Où donc s’égare ta pensée ?
Tu ne vois plus son ombre
Elle t’emmène où rien ne flotte
Elle te conduit à l’innocence

Elle seule pourra un jour
Effacer les différences
Et conduire l’humain
Vers le Tout sans discrimination

Et pourtant pas un seul des grains de sable 
N’est semblable à un autre
Seul le brouillard des yeux
Confond unité et totalité

Enfin, y a-t-il présence
Ou absence. De quoi ?
Tu flottes dans le vide céleste
Et n’es plus l’humain-objet !

09/01/2022

La trilogie

Hors de moi, je suis
Mieux même,
En moi, 
Je découvre le Soi
Il se perd dans l’éternité
Dans l’infini, dans le vide
Serait-ce ce vide 
Qui me donne vie ?
Le vide est-il l’essence de l’âme ?
Mais pour qu’il y ait une âme
Encore faut-il un corps !
Les mondes se tiennent entre eux
Derrière le corps et l’âme
Se cache le monde spirituel
Ciment de la compréhension

08/01/2022

Eux, les enfants

Sont-ils ces entreprenants adulés
Sont-ils ces devins éclairés
Sont-ils ces boute-en-train émerveillés
Sont-ils ces apprentis débordés

Ou

Sont-ils ces attendants curieux
Sont-ils ces gamins odieux
Sont-ils ces sans-gênes demi-dieux
Sont-ils ces êtres orgueilleux

Non, 

Ils sont tendres de candeur
Ils sont de l’ouverture les ambassadeurs
Ils sont de l’avenir les demandeurs
Ils sont de l’innocence les pourvoyeurs

Ils nous regardent
Ils nous copient
Ils sont des humains
Ils sont charmants
Et désarmants...

07/01/2022

Elle

Aujourd’hui, elle repose, allégée
Elle ne quitte plus son poids humain
Mais elle sait quelle est sa pesanteur
Et n’ignore pas sa petitesse quotidienne

« Je suis, dit-elle définitivement
Celle qui tient la main des solitaires
Des humbles qui s’extasient
Des craintifs qui se noient

Je marche dans l’ombre des vétos
Face à la grandeur de l’échec
Non, c’est trop, retire cette image
Et laisse-moi aller au loin »

Ainsi, chaque jour, elle marche
Et parcourt miles et kilomètres
Sa tête sature sans se décourager
Elle est celle qui soulage et accompagne

06/01/2022

Lui

Il rêve dans la nuit
Il rêve qu’il n’est plus
Il rêve à la magie de l’inexistence
Conscient de cette anomalie

Il se retourne et évacue
Sa dernière connaissance de lui-même
Allégé, il flotte et devient le tout
Il n’a plus de pensées ni même d’existence

Parfois, il replonge dans la vie
Se charge de son poids de lourdeur
Il reconnait l’ombre humaine
Et prie ce fantôme improvisé

Rien ne viendra le réveiller
Car il est sans être
Plume transparente
Envolée dans l’inconnu 

05/01/2022

La vie

vie,existence,bien-être

Tu es, mais quoi ?

Celui qui s’efforce de paraître
Celui qui essaie de penser
Celui qui tente d’être
Celui qui croit vivre

Mais la vie n’est-elle pas plus large ?

La vie dépasse les étoiles
La vie est au-delà de la vue
La vie, c’est Toi
En Toi, je deviens moi
Que je ne reconnais pas

C’est un Soi sans moi
Qui n’est plus
Et qui est

derrière l’insaisissable

04/01/2022

Musique

Un son en entraîne un autre
Les notes se délient et s’étirent
Il sent cette élongation en lui
Et frémit de détresse et de peine

Blanc, silence, retour à l’enfance
Quand un cri est un poème
Quand le frôlement d’un oiseau
Devient une aventure cathédrale

L’orgue s’enfle et se secoue
Il grogne et emplit l’air de vibrations
Assis dans l’habitacle de la résonance
Il meurt de trop d’ampleur

Ainsi, perdu dans la consistance
D’un nuage étouffé qui l’enferme
Il ouvre les yeux, bouche ses oreilles
Et pleure de trop d’émotion