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25/10/2020

Ciacconna del Paradiso e del inferno

https://www.youtube.com/watch?v=EZ-VsKB_tNw


Contraste vivant

masculin et féminin

la voix est trompeuse !

24/10/2020

L'autre

L’autre, qu’est-il ?

Un inconnu ? Je ne sais d’où il vient, ce qu’il fait, ce qu’il est. C’est un autre moi-même, inconnu.

Une connaissance ? Je sais ce qu’il fait, voire d’où il vient, mais j’ignore qui il est. Je ne connais que son moi, plus ou moins prenant.

Un ami ? il a dévoilé quelque peu qui il est. Je suis entré dans son intimité, ses secrets personnels à un certain moment de sa vie. Puis les liens se sont relâchés ou ont duré. Il est devenu un souvenir sympathique.

L’amour de ma vie. Qu’elle est belle dans ma tête, dans mon cœur, dans mon corps. Elle me porte, me soutient, m’accompagne. Avec elle, je suis ? Sans elle, je ne suis rien, qu’un morceau de chair qui attend la fin. Elle m’ouvre à d’autres horizons et m’enferme dans un cocon de douceur. Elle est mon refuge. Je deviens elle et cela m’aide à vivre.

Respire le vent du large et laisse tomber ta prison, ce moi que tu ne peux et que tu ne peux lâcher.

23/10/2020

Annecy

 

Lac d'Annecy.JPG

Illumination !
Au cœur de la fournaise
un autre monde

22/10/2020

Pérégrinations (pictoèmes)

 

1ère Couve Pérégrinations.jpg

 

Un pictoème est l’association d’un poème et d’une image, que celle-ci soit dessin, tableau ou photo. Le poème est incomplet sans cette image et inversement celle-ci éclaire le poème. Les deux forment un ensemble indissociable évoquant un instant, une émotion, un sentiment, voire une histoire ou même un concept.

Extraits Pérégrinations.docx

« Pérégrinations » (Pictoèmes) – Loup Francart –  Editions les Poètes Français – Format 15x21 – nombre de pages  81 –

 

Loup Francart est de l’espèce des voyageurs solitaires à la Jean-Jacques Rousseau, un indépendant rejoignant dans l’esprit Guillaume Apollinaire et oscillant entre écriture et graphisme, un compromis qu’il nomme « pictoèmes »

Double « Pérégrinations » se situant entre textes en prose et poèmes, courts le plus souvent et assez proches de la forme haïku.

Une poésie qui nous transporte vers un monde cosmique ouvrant ses pages vers un espace de réflexion où l’homme dans son infinitésimale demeure dans le questionnement : « Quelles drôles de lois/ Que celles de l’univers ! »

 Ce qui me rassure, c’est que Loup Francart ne se prend pas au sérieux, cependant il sait l’être, mais l’humour est toujours à l’angle d’un vers. Pour tout dire ça nous fait du bien dans un monde vénal, individualiste et bouffi par un égocentrisme hypertrophié. Quant à ses illustrations, elles sont tout aussi croustillantes que sa poésie. Humour noir, humour blanc, nous avons tous les ingrédients de la dérision : « Les femmes sont doubles, vase et amphore/ Et ne se dévoilent qu’aux poètes/ Qui voient à travers. »

Poèmes tout en ambivalence, en oscillation pendulaire, livrés à l’énigme de la création et au mystère intemporel. Nous effleurons l’anecdote paradoxale. Un ouvrage qui s’extirpe des conventions en aiguillonnant le moralisme des bien-pensants ou autres donneurs de leçons.

Pour autant, notre ami ne dévie pas de la morale, enfin de la sienne, qu’il exprime à sa façon en se référant plutôt au bon sens, avant l’heure incontournable de l’obsolescence programmée. Lucide notre poète-graphiste !

Alors, lorsque vous lirez Loup Francart, laissez le silence vous envelopper. Retenez votre souffle et dans l’énergie du « Prânâyâma », vous serez libérés de vos impuretés.

Michel Bénard, poète, critique, Société des Poètes Français

 

21/10/2020

Promenade à Paris

A Paris, je ne prends plus la voiture. A quoi pourrait-elle servir ? Lorsqu’une envie me vient d’aller faire un tour, j’enfourche ma bicyclette. Ce n’est pas la même excitation que lors d’une promenade à la campagne (voir le 15/11/2011, en fin d’après-midi :

http://regardssurunevissansfin.hautetfort.com/apps/search/?s=%22En+fin+d%27apr%C3%A8s-midi%22 ). C'est autre chose, car ici, c’est Paris, la reine des capitales. Il convient de passer lentement, majestueusement dans les rues emplies d’êtres admirables, préoccupés d’eux-mêmes et de leur déambulation, inquiets de faire un faux pas dans la danse qu’ils s’imposent. Les Parisiennes sont remarquables pour aller l’air de rien, alors que seuls les préoccupent les yeux des passants sur leur personne.

Je déverrouille le cadenas, tâte les deux roues d’un doigt anxieux (elles ne sont pas crevées !) et saute sur la selle, en appuyant sur les pédales. C’est parti ! Au fait, où vais-je ? Je ne me pose pas la question. N’importe où ! Me voici parti, le nez au vent, respirant les brumes de mi-journée à l’odeur de vapeurs d’essence. Je ne plane pas encore, mais c’est tout comme. Mon cheval roule au rythme de ma rêverie, regardant comme moi les trottoirs encombrés, les hommes pressés, les femmes attentives aux devantures, les enfants courant entre les jambes de leurs ainés. Quelle diversité, mais aussi quelle analogie au fond. Tous sont en eux-mêmes, noyés dans leurs pensées, inattentifs à ce qu’il se passe, fermés à toutes suggestions de la rue, perdus dans leur boitier magique, attirés à chaque instant par leurs images miroitantes. Tiens, en voilà un qui passe pratiquement sous mes roues, traversant la rue les yeux rivés sur l’appareil. Il devient urgent de doter ces passants d’un radar d’approche qui les piqueront en cas de danger. Bon, continuons, malgré tout !

La foule devient plus dense, elle déborde des trottoirs et marche avec l’aisance d’un propriétaire sur le domaine réservé aux roues (deux, trois ou quatre, selon les moyens de chacun !). Il existe à Paris des quartiers de grande concentration de personnes. Si vous voulez vous déplacer en paix évitez-les, vous ne serez pas contraints de vous arrêter toutes les minutes pour demander aux piétons de s’écarter de la piste cyclable. L’idéal pour vous promener dans Paris en vélo est le faire entre quatre heures et sept heures du matin. La ville est alors à vous. Mais qui se lève si tôt pour jouir d’un Paris libéré de ses habitants !

Pendant que je vous parlais, j’ai fait quelques kilomètres, j’arrive au bois de Vincennes, à moi les allées ouvertes entre les bras de grands arbres tentaculaires. Pas un chat ! Oui, c’est vrai la nuit tombe, nous sommes en hiver et elle tombe vite. Ah, une lueur sur la piste, c’est autre vélo qui se dirige vers moi, non il tourne. Je continue. J’arrive sur la place du château où quelques voitures tournent en rond pour chauffer leur moteur. Je m’éloigne de leurs mâchoires voraces et prend une petite piste qui mène à un de ces lacs ou étangs ou mares et même baignoires qui parsèment la périphérie du bois. Je contemple la surface lisse des eaux et me dis qu’au fond rien ne vaut le fond d’une rue qui se perd dans les bois.

Retour dans la ville. Rien ne va plus, les voitures se ruent en masse vers le centre, tout est bouché, même les pistes réservées aux cyclistes en raison des automobiles immobilisées par leurs conducteurs en raison d’appels téléphoniques toujours plus urgents que jamais.

 

 

20/10/2020

Il est deux

 

17-08-27 Zen pour photo.jpg

Fermé sur lui-même

il s'efforce d'être un

il est pourtant deux

 

Le Moi est support

le Soi est évanescent

le rien entre deux

 

pourtant il revient

contemple sa moitié

et pleure de joie

19/10/2020

Yuja Wang de 9 à 33 ans

https://www.youtube.com/watch?v=bgw820VNW0w


Un son doux, ferme

percussion envoûtante

Bach reste le meilleur !

18/10/2020

Lumière

 

Dieu, c’est l’autre

Mais il faut ouvrir grand les yeux

Cela ne signifie pas qu’il faut voir avec les yeux de l’autre

Mais simplement ne voir que la lumière

 

17/10/2020

La foi

Avoir la foi. Je me suis toujours demandé ce que cela pouvait être. Cela semblait tellement rébarbatif et austère. Je me rendais bien compte que je ne l’avais pas, mais également que je n’avais pas envie de l’avoir. Cela semblait trop triste, comme un écrasement de soi.

Je vois maintenant que je confondais foi et anéantissement du moi. Auparavant trouver l’âme, découvrir le Soi.  Peu importe l’appellation qu’on lui donne. Se sentir soulevé par l’esprit et pleurer de joie de cette découverte.

16/10/2020

Equilibre

La vie est équilibre…
Mais de quoi ?
D’appétit et de patience…
Fais ta part et attend
Le résultat de ton travail

Mais jamais ne va au-delà
Ne cherche pas ton dû
Car il ne t’appartient pas

Lorsque le cahier sera rempli
Tu en feras des flammes de joie
Tu seras délivré de tes richesses
Tu courras nu et libre
Parmi le monde

Alors seulement tu pourras dire :
"J’ai rempli ma part
Et rendu à l'univers
Ce qu’il m’avait donné"

15/10/2020

Déité et humanité

 

Dieu est Dieu parce qu’il est créateur

L’homme ne devient homme que lorsqu’il est créatif

 

14/10/2020

Rien

Le vide n’est pas un néant insolite

Si le vide ne contient rien

Il est pourtant car on le nomme

Et on l’oppose à la matière

Qui, elle, est palpable

Un espace vide de matière

N’existe que grâce à la matière

Le vide seul ne peut être

Il a une structure, une dimension

Il n’est pas le néant

Il a extension et durée

 

Le néant existe-t-il ?

Se poser la question ne fait guère avancer

Puisque la pensée est pleine de quelque chose

Mais que ce quelque chose est vide

Même la pensée pèse

Bien qu’elle s’affirme parfois avec peine

 

Alors le rien existe-t-il ?

N’oublions pas qu’on ne peut comparer

Quelque chose avec rien

L’une est pleine de rien

Alors que le rien n’existe pas

Sans quelque chose à côté

On ne peut dire quelque chose

D’un rien qui n’existe pas

 

Ce quelque chose est-il né de rien 

Le rien peut-il se transformer en quelque chose ?

La création est-elle née ex-nihilo ?

Rien et toute la matière s’opposent-ils 

Ou constituent-ils un ménage indissociable ?

La matière est-elle première

Le vide n’existe que parce qu’il y du plein 

Ou le rien peut-il créer quelque chose

Qui le remplit et le transforme en autre chose                           

 

Respire et cesse de penser

Jusqu’au moment où tu rejoindras

L’au-delà de l’en-deçà

13/10/2020

Les Indes galantes

https://www.youtube.com/watch?v=r5hOyasj5Zo


12/10/2020

Le combat de la vie

La vie est bien un combat, mais c'est un combat contre soi.

En se combattant soi-même, la tension avec les autres s'élimine.

 

07:17 Publié dans 45. Maximes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vie, moi, eux |  Imprimer

11/10/2020

Sentence

 

L’amour, c’est l’action dans le renoncement de soi.

Alors l’action ne peut être que juste.

 

10/10/2020

Pierre

IMG_0315.jpg

L’empreinte de l’homme sur la matière
se réduit-elle à un trésor fossilisé ?
La pierre est un ornement
destiné à faire rêver l’impatient
La substance brute ne suffit plus
à celui qui aspire à l’au-delà des maux.
Il lui faut décors et bavardages
pour se mesurer à l’autre
qui sait tout et ne dit mot.

09/10/2020

L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (48)

Et Libertad, que devenait-elle ? Elle s’était toujours sentie un peu différente de ses deux sœurs, plus romantique, moins terre à terre. Elle rêvait d’espace, de temps, mais en pensant à l’être intérieur. Elle étouffait dans cette société où chacun doit être à sa place et s’y montrer au mieux de son avancée sociale. Elle était consciente de sa beauté naissante. Elle en usait pour obtenir ce qu’elle voulait, en particulier les sentiments favorables des gens qu’elle côtoyait. Depuis l’annonce de Don Rodrigo, elle ne tenait plus en place sans cependant savoir ce qu’elle pourrait faire. Elle avait d’abord rêvé aux bords du Pacifique, dans une anse abritée aux côtés de cet homme plus âgé, mais envoûtant. Elle aimait sa voix jamais impérative ni doucereuse, ses manières retenues mais pleines d’appétit de vivre, sa franchise avenante. Elle se voyait auprès de lui et sentait monter en elle des volutes de chaleur qui lui tiraient des larmes aux yeux. Elle n’osait parler à ses deux sœurs de ces émotions qui la prenaient et refrénait en elle toutes ces pensées qui lui semblaient impropres à être partagées. Mais le soir, lorsqu’elle se trouvait dans son lit, elle se laissait aller à rêver toujours de plages au sable chaud et de bras qui la serraient forts.

La nuit où elle disparut, elle ne put s’empêcher de penser à lui et elle acquit la certitude que c’était-elle qu’il voulait auprès de lui. Elle ne pouvait plus attendre, il lui fallait le rejoindre, même si elle ignorait comment tout cela pourrait se conclure. Alors, elle se leva, se prépara à partir, rassemblant quelques vêtements qu’elle mit dans un sac, ouvrit doucement la porte d’entrée et sortit sans bruit. Elle courut vers l’ouest, en direction du Rio San Pedro en se faufilant entre les feuillages. Il était tard ou plutôt trop tôt. Elle atteignit le bord de l’oued et le suivit vers le sud sur quelques kilomètres. Elle fatiguait et se sentit bientôt lasse. Mais il fallait continuer. Quand les premières lueurs du jour apparurent, elle se trouvait aux alentours de Cucuter. Elle se cacha dans un jardin, enfouie dans les feuillages et se fit une sorte de nid recouvert de branchages sous lesquels elle s’enfila et s’endormit aussitôt.

08/10/2020

Air du froid de Purcell

https://www.youtube.com/watch?v=Q8K8wFk-tn8


CRIS ET PLEURS !

Mais quelle douceur des cordes

Derrière la malédiction se cache

la terreur de l'enfance et la douceur de l'inconnu

Libère-toi du quotidien

et ouvre ton être au vide cosmique !

 

06/10/2020

La sainteté

Il y a trois sortes de saints.

Les saints d’un jour meurent en héros, sur l’impulsion du moment ou, parfois, en fonction des circonstances. Ils sont l’objet d’acharnement des autres, mais restent profondément enracinés dans leur foi, alors qu’ils auraient pu la renier et vivre. Ils sont le don à l’état pur, l'impulsion du moment.

Les saints de toujours ne savent pas ce qu’est la sainteté. Il leur paraît naturel de faire et d’être selon ce qui les incline à la transparence. Ils perçoivent la pureté comme étant le but de leur vie et celle-ci leur paraît naturelle. Leur seule volonté est de sentir la présence de Dieu à chaque instant de leur vie.

Les saints sans recours sont des êtres de foi qui agissent parce que la règle  est la règle et qu’elle ne peut être dérogée. Ne vous laissez pas prendre dans leurs filets. Ils meurent droits dans leurs bottes, mais n’ont jamais profité du regard déifiant de Dieu. Seuls les hommes les proclament saints.

05/10/2020

Être

jE NE PENSE PAS, DONC JE SUIS

JE NE SUIS PLUS, DONC JE SUIS

Ce n'est qu'au-delà de la pensée que se manifeste la perception de l'être, lorsque, en nous, est mort ce qui constitue le moi, que nous pouvons dire Je Suis. Alors la déité se manifeste, l'existence devient lumière et nous irradie de bonheur. Je suis parce qu'Il Est en moi.

04/10/2020

L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (47)

– Si elle est partie avec ses habits cela m’étonnerait. Elle semblerait plutôt partie de son plein gré.

– Mais pour aller où ?

– C’est ce que nous devons découvrir. Allons voir le commissaire.

Par chance, le commissaire était à son bureau. Très vite, il fut inquiet. Il lui paraissait impossible qu’elle fut enlevée en pleine nuit sans que personne n’ait rien entendu, ni la famille, ni les sentinelles qui surveillaient le bourg. La maison était fermée de l’intérieur et Emma se souvint qu’elle était sortie sans déverrouiller la porte d’entrée. De plus, Libertad avait emmené quelques vêtements, ce à quoi n’auraient pas pensé des gens venus de l’extérieur qui n’auraient qu’une envie, fuir le plus vite possible et en silence.

– Voyez-vous une raison que pourrait avoir Libertad de quitter votre foyer ? demanda le commissaire.

– Eh bien, disons-le, il y a ce défi de Don Rodrigo Alcantera, le Chilien qui veut se marier avec une de nos filles. Depuis trois jours, elles ne parlent que de cela. Il est possible que cela lui ait monté à la tête et qu’elle ait imaginé sauver San Pedro en se mettant directement à la merci du Chilien. Il faut que nous interrogions les ainées. Peut-être savent-elles quelque chose.

Accompagnés du commissaire, Alexandro et Emma retournèrent chez eux. Ils trouvèrent les deux filles en pleurs, se serrant l’une contre l’autre, se reprochant de n’avoir rien entendu.

– Maman, Libertad ne nous a rien dit. Hier soir, nous avons discuté de Don Rodrigo comme d’habitude depuis son annonce. Mais jamais nous n’avons une seule fois suggérer que l’une d’entre nous pourrait devancer une échéance dont nous ne savons même pas l’issue.

– Alexandro, si elle est partie seule, peut-être peut-on chercher ses traces pour savoir la direction qu’elle a prise.

– Excellente idée Emma. Je vais rassembler une escouade qui va chercher des indices. Ce n’est pas garanti, mais on ne sait jamais. Cela pourrait nous donner une piste.

Alexandro convoqua son chef de section le plus ancien et lui expliqua ce qui s’était passé. Il s’agissait d’un jeune lieutenant sorti il y avait trois ans de l’école militaire de Bolivie. Celui-ci comprit vite la situation, rassembla sa section et, une demi-heure plus tard, commença les recherches après avoir donné ses ordres. Pendant ce temps, le commissaire réunit la population disponible et expliqua ce qu’il se passait. Tous maintenant savaient : la plus jeune fille du capitaine avait été enlevée ou était partie, il fallait découvrir où elle était allée. Très vite, la plupart des gens se doutèrent qu’elle s’était rendue chez les Chiliens dont le camp se trouvait à quelques cinq kilomètres du bourg. Mais encore fallait-il en être sûr.

03/10/2020

L'arpeggiata - Les Pajaros Perdidos

https://www.youtube.com/watch?v=jA_v-MHV_Cw&feature=emb_rel_pause


La plainte fuyante de l'humain

Qui monte vers les cieux

Pour connaître le fin mot de l'univers

Le monde est pour être

02/10/2020

L'art religieux

L’art a deux buts. L’un, d’ordre matériel, humain, naturel, qui est d’exprimer la beauté de l’univers. L’autre est plus mystérieux. L’art religieux est une prière de reconnaissance vers la déité, l’expression de la plénitude de la vie par la découverte de la magnificence du don divin. Il participe à la création divine en renvoyant l’homme à son être intérieur qui, lui-même, renvoie au monde divin la prière humaine. Le véritable résultat de la prière est cette symétrie cachée de l’action humaine envers le monde divin : l’homme est une parabole qui recevant le don de la vie, la renvoie au monde divin par la prière pour faire progresser l’avènement ultime de l’univers.

Ainsi une église, un tableau, une musique, un poème sont des prières l’état latent, en ce sens que l’homme entrant en harmonie avec elles les font monter ver Dieu. Le corps de l’homme devient ainsi un temple où l’objet religieux se transforme en prière par l’action de chaque personne qui entre en vibration avec l’œuvre. L’homme devient intermédiaire entre le monde matériel et le monde divin, une sorte de récepteur-émetteur qui aide à l’évolution cosmique. De même qu’il existe des lieux privilégiés où l’homme est plus enclin à la prière et devient l’intermédiaire, de même il existe, par exemple, un espace musical ou visuel que chaque homme peut transformer à tout moment en prière. Toute œuvre d’art n’est qu’une prière potentielle qui participe d’autant mieux à son but qu’elle pousse le commun des mortels à se tourner vers une rencontre avec le divin.

Il y a donc un double mouvement : l’homme devient temple spirituel en étant lui-même temple matériel de l’univers participant à la création et renvoyant au monde divin la participation à l’avènement final de la création, l’union de l’homme et de Dieu dans la parousie.

01/10/2020

Sentence

 

L’amour, c’est l’action dans le renoncement de soi.

Alors l’action est ne peut être que juste.

 

30/09/2020

L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (46)

Le lendemain, Emma fit le tour des chambres pour réveiller les filles. Elle vit tout de suite que Libertad n’était pas dans son lit. Où était-elle ? Par acquis de conscience, des yeux, elle fit le tour de la chambre. Libertad n’était pas là. Elle appela les deux autres et les trois femmes fouillèrent la maison. Mais Libertad n’y était pas. Revenant dans sa chambre, elles constatèrent qu’elle avait pris plusieurs habits : deux autres robes dont celle du dimanche, une sorte de manteau à mettre la nuit pour se préserver du froid, ainsi qu’une trousse de toilettes. Elle était donc partie consciemment. Emma s’inquiétait et décida d’appeler Alexandro qui vérifiait le dispositif des sentinelles. Elle courut au poste de garde et demanda au chef de poste où se trouvait Alexandro.

– Le capitaine vérifie l’emplacement des sentinelles et leurs consignes.

– Pouvez-vous aller le chercher, il y a une urgence, demanda Emma.

Oui, Madame, tout de suite.

Emma attendit au moins vingt minutes, seule dans le poste de garde. Elle constata qu’il était bien rangé, les fusils alignés au râtelier d’armes, le cahier de consignes ouvert et rempli, les lits faits au carré. Cela sentait malgré tout l’homme, sans le moindre soupçon d’un parfum féminin. Enfin, elle entendit des pas pressés et Alexandro entra.

– Libertad a disparu ! lui dit-elle aussitôt.

–Comment cela ?

– Oui, elle n’est ni dans son lit, ni même dans la maison. Et, de plus, elle a emmené des habits comme si elle partait en voyage.

– Tu es bien sûre, lui redemanda Alexandro qui avait du mal à y croire.

– Oui, il faut savoir ce qui lui est arrivé. Elle a peut-être été enlevée.

29/09/2020

Amour de l’univers

 

Porter sa conscience au niveau de l’univers.

Je suis l’univers et l’univers c’est moi,
Car on ne peut connaître l’un sans connaître l’autre.
Mieux même, on ne pourra aimer l’un sans aimer l’autre

L’amour de soi, c’est l’amour de l’univers
Et, au-delà, de son créateur

Mais… Ne pas forcer l’amour des autres
C’est que l’on n’est pas prêt soi-même 

Et surtout, sache que le moi ne peut rien
Seul le Soi peut avoir conscience de l'univers
Et de ce qui nous unit

 

28/09/2020

Miroirs

 

20-09-28 Interférences.jpg

©  Loup Francart

Mille fenêtres
Un assemblage d'ouverture
Ouvre ton cœur
Enchante ton âme
Pars sans savoir
Où te mènes ta vision

27/09/2020

"El currucha" Arpeggiata

https://www.youtube.com/watch?v=t4p7s2atGE0


 

Les musiciens s’amusent et nous amusent.
Ont-ils bu ?
Pris au jeu, ils se laissent aller
Jusqu’à s’oublier eux-mêmes
La tête leur tourne
Seule la langue reste vive
Exprimant le désespoir
Ou la joie débridée
D’un monde en folie 

26/09/2020

L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (45)

L’atmosphère devenait lourde à San Pedro. La population ne traînait pas dans les rues comme à l’accoutumée. Le prêtre incitait les jeunes gens et jeunes filles à plus de retenue dans leurs échanges, le maire s’enfermait dans son bureau plutôt que de recevoir ses administrés, le commissaire faisait des rondes, accompagnant les soldats et gardait auprès du commissariat les trois policiers qui constituaient son équipage. Seules, les trois filles du capitaine vivaient comme d’habitude, riant avec insouciance, restant calmes malgré l’étonnement de leurs camarades. Emma s’attendait à plus de réaction de leur part, voire à des humeurs ou même brouilles entre elles. Elles ne modifièrent pas leur habitude et semblaient sans soucis. Elles ne se quittaient plus et leur sujet de conversation favorite était bien sûr le chilien. Emma, ce soir-là, tenta de les sonder afin de connaitre non pas leurs sentiments, mais la façon dont elles voyaient le proche avenir.

– Mes enfants, nous sommes entre nous. Parlons de ce qui nous attend. N’avez-vous pas peur ? L’une de vous trois va peut-être partir au Chili, nous ne la reverrons probablement plus.

– Oui, mais c’est préférable au fait de tous mourir au fil de l’épée, répondit Abigail.

C’est vrai, mais ce n’est pas pour cela que ça devient réjouissant. 

– N’est-ce pas un sort enviable que de se marier avec un notable, fut-il chilien ?

– Certes, mais ce n’est pas l’avenir que nous envisagions pour vous. Et puis, j’ai peur de vos réactions entre vous, que ce soit par le fait de celle qui sera choisi ou des deux autres qui resteront. La jalousie ou le désespoir ne font jamais bon ménage.

– Maman,  nous nous sommes jurées que quoi qu’il arrive, nous resteront unies entre nous et avec vous nos parents. Il ne faut pas vous inquiéter.

– Je souhaite que tout se passe ainsi, mais que va-t-il advenir ? Notre sort est entre les mains de cet homme et nous ne le connaissons pas. Ce n’est guère rassurant.

– il semble droit et a réussi à convaincre le commandement, dit Ernestina.

– C’est possible, répliqua Emma. Mais rien ne nous l’assure. Il pourrait également être homme à s’amuser sans prendre en compte ce qui pourrait advenir. Quoi de plus drôle que de jouer ainsi avec les sentiments des gens tout en sachant qu’ils devront s’exécuter en raison des conséquences en cas de refus.

Maman, dit Abigail, croit-nous, nous sommes sûrs que nous nous en sortirons.

Emma les regarda, vit la  confiance dans les yeux de ses trois filles et se sentit rassurée.

– Aller, les filles. C’est l’heure de se coucher, leur dit-elle. A demain.

– A demain, répondirent-elles en l’embrassant.

24/09/2020

La balle

Dieu n’est pas manchot
D’une petite balle,
Perdu au milieu des étoiles
Il a su faire un refuge
Pour ceux qui ne savent où aller
Rire et s’amuser,
Et, dans le même temps
Pleurer et même penser

Certes, il leur a fallu un moment
Pour comprendre l’importance du fait
Pour prendre au sérieux leur situation
Et même s’intéresser à leur sort
Pour soulever le coin du tapis
Et tenter de comprendre
Comment la balle tourne et revient
Au même endroit chaque année
Ils eurent chaud, ils eurent froid
Pleurèrent l’eau, se noyèrent
Dans les fontaines de ce paradis
Sans jamais se plaindre
Ni même tenter de changer les choses

Non, ils se tenaient debout
Contre vent et marées
Essuyant les embruns
Asséchant les lacs jusqu’à la mer
Pour en faire des terres
Où ils firent pousser
Cailloux et légumes
Ils firent de drôles de machines
Ronronnant benoîtement
Pour nourrir les absents
Et régaler les faibles

Tout cela tournait rond
Jusqu’au jour où l’un d’eux
Sur une idée saugrenue
S’avisa de changer la trajectoire
La balle s’enfonça dans des régions lointaines
Et perdit son enthousiasme
Ils durent travailler dur
Rouler les cailloux et creuser la terre
Pour se nourrir et s’apitoyer

Ensemble, ils convinrent alors
Que la mécanicité d’antan
Seyait à leur tempérament
Et qu’il valait mieux chanter chaque jour
Le lever du soleil plutôt que la fin
Des jours heureux
Respirer l’odeur privilégiée
D’un Dieu qui les regarde
D’un œil attendri
Et caresse leurs longs poils

Depuis, la paix s’est instaurée
Elle règne, même lorsqu’il pleut
Ou fait soleil jusqu’à plus soif
Dieu que la terre est bonne
Le rêve est devenu réalité