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27/05/2026

Equilibre

Vertu annoncée française, comme le cartésianisme

Souvent contredite par la réalité des faits

Elle soutient l’opinion et la conforte dans son arrogance.

Ne serait-ce pas de l’inertie dont parlent nos citoyens ?

 

Certes l’équilibre  des façades de nos châteaux altiers

Donnent un sens harmonieux aux apparences

La réalité n’est-elle pas toute autre, plus statique

Cet équilibre est fondé sur deux béquilles égales

 

Le véritable équilibre ne serait-il pas impression ?

Balance des sentiments, des émotions, des perceptions

L’équilibre de la terreur de l’égalité des cerveaux

Les poids seraient-ils la preuve de la même consistance ?

 

L’équilibre ne se trouve pas, il advient et s’impose !

Il est léger comme l’air au soleil, vapeur de bonheur

Un souffle et sa constance se brise, altérée

Il fuit la logique et le poids des mots recherchés

 

L’équilibre des pouvoirs contrebalance l’autorité

Est-ce une vertu française, un souhait non exprimé ?

Ici la vie est contraire à la parole, contradiction

Entre l’intégrité austère et l’amitié chaude

 

Aucune prédominance, pas de passe-droit

L’œil à l’horizon, la face non corrompue

Transpirant sous la bise de l’intégrité

Le citoyen ravive sa fureur révolutionnaire

 

Mais l’équilibre n’est-il pas harmonie ?

Comme deux sons emmêlés chers à l’oreille

Ils vont dans les chemins de la vie heureuse

Et se détendent sur l’herbe caressée de rires

 

Vraiment, quel avenir sans équilibre

De quel côté pencher : raison ou imagination ?

Le papillon noir s’élève dans l’azur

Il monte, vide, empli d’espoir, sans pensée

23/05/2026

Amitié

Retour dans la nuit

Dans l’ombre des lampadaires

Et le trop-plein des portes-cochères

Lorsque le cœur suggère

Et la raison vacille

Alors un grand merci

Monte du fond de l’être

Et ouvre à d’autres cieux

Ceux de l’amitié

Et du plaisir d’être ensemble

De parler pour ne rien dire

De dire pour n’être plus

Et de vivre pour s’apprécier

 

 

21/05/2026

Absence

Silence des nuits sans sommeil

Où le cœur marque inexorablement

L’écoulement des heures figées

Dans la pose de l’enfant endormi

Et que dehors dans l’obscurité mouvante

La lune accomplit son périple immuable

 

Chaleur du poids de la veille

Dans la moite activité imaginaire

Des rêves du premier sommeil

 

Se lever et marcher dans l’obscurité

Sentir le carrelage froid sous le pied

Et l’odeur persistante du jour

Qui imprègne encore les pièces vides

Jusqu’à ce que la paupière lourde

Les membres las et la tête vide

Le corps replonge dans l’élément de son absence

 

20/05/2026

Transcendance

Au sein du bouillon habituel de l’être

Se lève parfois une bulle différente

Elle explose avec vigueur sans réémettre

La langueur d’une habitude accaparante

 

C’est un éclair dans ce paysage désolant

Qui illumine la vie et la rend enviable

Une chevauchée mortelle du cerf-volant

Reliant l’immonde et l’inconnaissable

 

Une montée asphyxiante vers le bonheur

Une apnée subite dans un hoquet convoyeur

Un réveil éclairant dans un monde sans pensées

 

Elle plane la victime de cet évènement

Elle déploie ses ailes avec raffinement

 Et s’envole réjouie avant même de s’élancer

 

18/05/2026

L'allégement

Le poète n’en a pas plein la tête…

Au contraire, il est voué à l’allégement…

Faire le vide, c’est s’enrichir

Se dépouiller de ses artifices

C’est revêtir la toge du sage…

Alors, il partit le nez au vent

Rien ne pouvait le retenir

Ni l’or des balcons fermés

Ni le vernis des joutes de salon

Nu même la tiédeur des amours…

Il partit et s’en fut

Vert de peur et rouge de fureur

Jaune des échecs successifs

Bleu des oppressions d’antan…

Peu à peu il perdit toute couleur

Et acquit la transparence du pauvre

Le soleil le traversait sans peine

Aucune ombre ne s’attachait à lui

Il n’était plus miroir, non !

Il devenait vitre sans tache

Eau translucide roulant

Sur la roche des souvenirs

Poussant parfois un caillou

Jusqu’à ce qu’il résonne

Dans la clairière dénudée

De l’absence d’amour propre…

Chaque jour il marchait son soul

Usant ses chaussures sur l’asphalte

Avançant toujours plus loin

Jusqu’à cet abîme révolté

Qui s’ouvre dans la faille du temps…

Là, au bord de l’absence

Le souffle coupé par l’inspiration

Il hurlait à l’absolu son rejet

Jusqu’à ce que, sans voix

Il se mette à genoux

Et pleure l’assèchement aigre

De son personnage inexistant…

Il pouvait alors repartir

Secouant sa crinière rousse

Et heurtant les arbres effeuillés

Il avait vomi l’emprise du monde

Sur son être affaibli et douteux…

Plus rien ne lui dira sans cesse

Edifie ton destin de roi

Et tourne ton regard vers l’avenir…

Non, il privilégie le présent

L’herbe bleue des mers sans fin

Le chant des matins acidulés

Le goût chocolaté des soirs d’été

La rondeur des amours d’un jour

La splendeur de la fidélité

Le caprice ailé de la déraison

La baignade des commémorations

Et le plein éblouissement

De la révélation…

Puissions-nous, nous aussi

Conquérir cette étrange foi

Envers l’imaginaire débridé

En courant vers l’abîme

Qui engloutit le personnage

Et donne naissance à l’être

Celui qui est, qui était et qui vient

Dans toute la brillance

De sa chair nacré d’ignorance…

L'allégement

Le poète n’en a pas plein la tête…

Au contraire, il est voué à l’allégement…

Faire le vide, c’est s’enrichir

Se dépouiller de ses artifices

C’est revêtir la toge du sage…

Alors, il partit le nez au vent

Rien ne pouvait le retenir

Ni l’or des balcons fermés

Ni le vernis des joutes de salon

Nu même la tiédeur des amours…

Il partit et s’en fut

Vert de peur et rouge de fureur

Jaune des échecs successifs

Bleu des oppressions d’antan…

Peu à peu il perdit toute couleur

Et acquit la transparence du pauvre

Le soleil le traversait sans peine

Aucune ombre ne s’attachait à lui

Il n’était plus miroir, non !

Il devenait vitre sans tache

Eau translucide roulant

Sur la roche des souvenirs

Poussant parfois un caillou

Jusqu’à ce qu’il résonne

Dans la clairière dénudée

De l’absence d’amour propre…

Chaque jour il marchait son soul

Usant ses chaussures sur l’asphalte

Avançant toujours plus loin

Jusqu’à cet abîme révolté

Qui s’ouvre dans la faille du temps…

Là, au bord de l’absence

Le souffle coupé par l’inspiration

Il hurlait à l’absolu son rejet

Jusqu’à ce que, sans voix

Il se mette à genoux

Et pleure l’assèchement aigre

De son personnage inexistant…

Il pouvait alors repartir

Secouant sa crinière rousse

Et heurtant les arbres effeuillés

Il avait vomi l’emprise du monde

Sur son être affaibli et douteux…

Plus rien ne lui dira sans cesse

Edifie ton destin de roi

Et tourne ton regard vers l’avenir…

Non, il privilégie le présent

L’herbe bleue des mers sans fin

Le chant des matins acidulés

Le goût chocolaté des soirs d’été

La rondeur des amours d’un jour

La splendeur de la fidélité

Le caprice ailé de la déraison

La baignade des commémorations

Et le plein éblouissement

De la révélation…

Puissions-nous, nous aussi

Conquérir cette étrange foi

Envers l’imaginaire débridé

En courant vers l’abîme

Qui engloutit le personnage

Et donne naissance à l’être

Celui qui est, qui était et qui vient

Dans toute la brillance

De sa chair nacré d’ignorance…

15/05/2026

Folie

J’ai deux cornes, il en a trois

Qu’ai-je à faire de cet homme

Qui pirouette chaque jour

Au spectacle des éléphants

 

La nouvelle bohème arrive

Elle est pleine de sarcasmes

Et survole habilement les trous

Où s’épanchent les petits noirs

 

Partie un matin d’avril sans un fil

Elle découvrit son fils dans la rue

Pêchant une sardine aux pieds

Des touristes ébahis et gogos

 

Lui resta de marbre, solitaire

Pris dans la glaise chaude

Les mains ruisselantes de baisers

Et le cœur large comme un camion

 

Où donc courraient-ils tous deux ?

Restez avec nous pour rire encore

Des vers mirifiques mangés de papier

Qui tombent des échafaudages

 

Nuit… La poubelle passe devant nous

Où va-t-elle donc, cette chérie ?

Court-elle après l’azur et la paille

Qui encombrent les pas de porte ?

 

Jour… L’orage est passé, vert

Comme le gnome du divan

Qui décide de rompre ses fiançailles

Et de boire la ciguë au goût de fraises

 

Midi… Rien ne nous oblige

A prédire la vertu et la pétulance

Court au plus profond de toi-même

Regarde l’obscure dans ton giron

Minuit… tout est là, immobile

Au sein de la ville perdue

Dans le grain de sable

Et l’immensité des tours

 

Le fini n’a plus la force

De saisir sa chance

L’infini est là, hirsute

Et prend la main

 

Le vide ne remplit pas les pleins

L’absence ne remplace pas la vie

Qui s’en va au creux de l’ignorance

Et poursuit sa quête fatale

 

Est-il possible qu’un plus un

Ne soit pas un résultat

Mais une question essentielle

Pour atteindre la connaissance ?

 

Je ne sais plus rien, ni le vent

Ni la mer, ni les verts pâturages

Mes yeux sont tombés, mûrs

A côté de mes chausses fermées

 

Merci mon Dieu pour cette détente

Qui ne signifie rien que la joie

De parler pour ne rien dire

Et de chanter l’ivresse du pouvoir

14/05/2026

Fin

Je n’ai plus l’éternité devant moi

La fin approche à grands pas

Elle ouvre sa gueule béante

Et fait ses yeux enjôleurs

 

Je ne veux pas me laisser faire !

Mais comment lutter sérieusement

Contre le lot de tout un chacun

 

Certes, il me reste de nombreux jours

Et autant de nuits solitaires

Où je pourrai encore dire

Tout ce qui me vient à l’esprit

 

Mais je sens la mélasse venir

Ma course se ralentit

Elle tourne autour du pot

Et souvent ma pensée

S’ouvre à d’autres horizons

Là où il n’y a plus de différences

            Ente le réel et l’imaginaire

 

Et ce vide immense, sans fin

Couvre de son ombre velue

Les désirs qui s’échappent

 

Partez au loin, je vous rattraperai

Mes petits moineaux chauds

Et nous irons nous perdre

Dans l’obscurité et la froideur

D’une nouvelle vie, inconnue

Dont on ne sait rien

Mais dont on espère tout

 

Oui, l’éternité est morte

Il faut se dépêcher de remplir

Ce pour quoi nous avons été créés

Différent pour chaque homme

Maintenant que j’ai découvert

L’absolue solitude, tranchante

Qu’entraîne cette exigence

Je couvre d’écriture et d’interjections

Les pages blanches et vierges

Qui sont devenues

Ma robe de marié

Pour l’éternité

12/05/2026

Toi, toujours

Là, toujours près de toi

Au chaud, humant l’air du matin

Ouvre un œil et laisse ton imagination partir

 

Où vas-tu ? Tu ne sais

Ta jambe droite ne va pas où va ta gauche ?

 

Peu importe, Va et ne pense plus

Laisse aller ton cœur.

Il court derrière toi et te suis pas à pas

 

Adieu

Je vais où mon cœur me dit

Englué du bonheur de ta présence

11/05/2026

Au delà des cris

Il était là

Te regardant gentiment

Tendant la main par-dessus l’obstacle

Une main inquiète

Qui n’avait rien et qui cherchait

Le vide dans le plein

Où étais-tu, au-delà des cris

Rien

Et il partit au loin

Au-delà des cris

Dans le brouillard des larmes

Et la joie du matin

10/05/2026

Au delà des cris

Il était là

Te regardant gentiment

Tendant la main par-dessus l’obstacle

Une main inquiète

Qui n’avait rien et qui cherchait

Le vide dans le plein

Où étais-tu, au-delà des cris

Rien

Et il partit au loin

Au-delà des cris

Dans le brouillard des larmes

Et la joie du matin

09/05/2026

Il est parti

Il est parti un jour, sans bagage

Dans le noir de la nuit, le froid du jour

Chassant les flocons de neige

De ses yeux embués de sommeil

Pour marcher sur la route congelée

 

Le froid est là, il vous prend par la manche

Et vous tire au milieu de la chaussée

Là où le sol résonne sous le talon

 

Marche, pardi ! que le vent t’enlève

Tes dernières illusions, plus rien

Plus personne ne se raccroche à toi

 Et tu regardes de tes yeux congelés

La fente de la nuit qui progresse

Jusqu’au lendemain l’illusion

 

Le noir seul règne sur le monde

Et borde ta nuit de lumières vagues

 

08/05/2026

L'arrogant

Ainsi est parti son auteur

Il prit son poids et sa charge

Et tenta de se perdre dans la foule

Mais celle-ci s’écarta violemment

Creusant une tranchée infranchissable

Plus rien ne sera plus comme avant

Où va-t-il cet homme chargé du poids

De ses péchés et de son arrogance

Il se noie dans son humanité

Et meurt du rien qu’il tente de cacher

Adieu l’arrogant.

Ne te cache plus !

 

17/04/2026

Grâce matinale

Il est quatre heures. Tout dort dans la maison. Aucun bruit ne vient me frapper l’oreille. Je suis dans la cuisine, assis à la table, devant un bol de café. Et tout d’un coup l’éveil !

La grâce s'empare de moi et le vide s’installe dans ma poitrine, me suffoquant. Plus rien n’obstrue ma vue. La pellicule du moi ne m’empêche plus de voir la réalité. La cuisine devient si nette que j’ai l’impression de la voir pour la première fois. Voici ses tableaux accrochés aux murs, chacun racontant son histoire, fenêtre ouverte sur d’autres mondes. Et tous les objets entassés sur les étagères, bocaux vides ou pleins, bouteilles et pots : tous d’une netteté absolue. J’en reste éberlué. Comment se fait-il que chaque jour, je laisse l’habitude du quotidien me submerger ? Quelle est donc cette pellicule qui s’installe sur ma vue et prend le bonheur d’un jour de grand nettoyage. Je suis vide de souvenirs, vide de paysages connus. Je découvre à nouveau ce que je vois chaque jour, là une poupée abandonnée dans un coin de la cuisine, revêtue d’habits blancs comme une jeune baptisée. Elle a les yeux fermés, je la redresse, elle me regarde, souriante, presque vivante, et je suis le petit garçon qui voit en elle l’affection indélébile des parents pour leur progéniture. L’heure sonne au clocher, elle résonne et m’éveille à nouveau, car j’allais déjà perdre ces instants de grâce par l’évocation de souvenirs anciens. A nouveau, la transparence du réel, je peux la saisir à pleines paumes, m’en rassasier dans une fête sans paroles où tout est intérieur. Je ne suis plus, seul est là un être que je ne connais pas, lui-même transparent. Jeux de vitrail qui ouvrent sur la réalité qui, elle-même, semble sans existence. Seule cette transparence continue de vibrer au plus profond de moi, jusqu’à ce que, en un instant, tout redevienne comme avant.

Une minute, deux minutes, une vie… Que sais-je ? Ce saut dans l’inconnu m’a rafraîchi l’esprit. Tout est plus léger. J’aborde cette nouvelle journée avec l’ardeur d’un voyageur dans une nouvelle contrée.

 

 

12/04/2026

Le beau

Si l’on recherche la signification des termes « beau » et « beauté » dans un dictionnaire, on est surpris et attristé de constater que le beau et la beauté ne signifient rien de très concret et sont même des concepts indéfinis.

« Est beau ce qui suscite un sentiment admiratif par sa supériorité intellectuelles, morale ou physique, ou encore, qui suscite un plaisir esthétique d’ordre visuel ou auditif. » (Larousse). La beauté n’est que « le caractère ou la qualité de ce qui est beau ou conforme à un idéal esthétique » (CNRTL)

Bref, est beau ce qui nous donne une impression de beauté et la beauté est la qualité du beau et nous ramène à l’esthétisme. Or l’esthétisme est le culte du beau (CNRTL) ou encore l’art de penser le beau, science de la connaissance sensitive (A. G. Baumgarten, philosophe allemand). Tout tourne donc autour du beau sans que l’on sache ce qu’est le beau.

Mais qu’est-ce qu’est le beau pour moi ? Comment je le définis ? On peut commencer la réflexion en se demandant s’il y a un beau absolu, un idéal atteint que l’on pourrait prendre en référence. Ce beau absolu pourrait équivaloir à la notion de bonheur absolu. Et l’on pense immédiatement au paradis qui est notre représentation du bonheur absolu. Mais comment invoquer le paradis ? Chacun le voit ou tente plutôt de l’imaginer à sa manière. Et la notion de paradis disparaît en termes de connaissance commune ou de concept universel. Ceci ne nous dit toujours pas ce qu’est le beau.

Alors, plutôt que de tenter de définir ce qu’est le beau, tentons donc d’en trouver les caractéristiques.

Première caractéristique : L’impression de beau ressentie est propre à chaque personne. Je ne trouve pas forcément beau ce qui semble beau à mon voisin et inversement. C’est bien pourquoi le terme est si difficile à définir. Le beau implique une adhésion personnelle dans l’instant, adhésion non réfléchie, mais très prégnante.

Deuxième caractéristique : Si certes le beau est une impression personnelle, il n’en est pas moins partagé par un grand nombre. Il y a donc bien une notion commune dans cette impression qui la fait reconnaître parmi les autres.

Troisième caractéristique : Le beau n’est pas fréquent. Il est exceptionnel. C’est la perle rare à contempler et dont on jouit parce qu’elle est différente. Certains paysages sont beaux parce que peu habituels. Cependant l’exception ne fait pas le beau. De nombreuses choses ou êtres sont exceptionnellement laids.

Quatrième caractéristique : Le beau est éphémère. Il s’agit certes de la notion de temps qui dénature progressivement le beau, mais également du sentiment ressenti face à quelque chose de beau. A trop contempler quelque chose ou quelqu’un de beau, on n’en mesure plus la beauté. On s’habitue à la beauté. Elle devient banale, donc sans la consistance du merveilleux qu’elle procure au premier abord. C’est bien en cela que le beau est une impression, voire un sentiment. Il s’envole dès lors qu’on en abuse.

Cinquième caractéristique : La notion de beau s’acquiert. Elle est le fruit d’une éducation et c’est en cela qu’elle est partagée. En conséquence, elle est liée à des conventions et à des modes. Mais jusqu’à un certain point. Le sentiment de beau se forme dans la jeunesse. On peut ensuite le développer. Cependant ce sentiment spécifique reste celui de notre enfance. C’est cette impression inoubliable de nos jeunes années qui est à la naissance de notre sentiment de beauté. On pourra ensuite se former culturellement à la beauté et notre adhésion sera liée à la raison et la culture. Il n’empêche que notre réel sens de la beauté est l’adhésion que nous avons rencontrée lorsque nous étions enfant.

Sixième caractéristique : Le beau ne s’exprime que sous une forme concrète. Son concept n’existe que parce qu’il est devant moi. On peut disserter sur le beau, mais on ne l’éprouve que devant une forme réelle, qu’elle soit visuelle, sonore, olfactive ou même intellectuelle.

Septième caractéristique : On pense souvent que le beau est lié à l’harmonie, voire à l’ordre. Mais est-ce si sûr ? Bien souvent le beau survient d’un dérèglement de l’ordre, comme dans le cas des éclairs lors d’un orage. Le beau de la peinture abstraite n’a pas d’ordre. Certes il peut avoir l’harmonie. Mais cette harmonie est subtile et ne se remarque pas de prime abord.

Huitième caractéristique : Le beau est balancement entre les formes, les couleurs, les sons, tout ce qui est qualité d’une chose. Et ce balancement est plus ou moins prévisible parce qu’il implique des répétitions. C’est particulièrement vrai dans la musique et dans la symétrie. On trouve belle une musique parce que ses phrases mélodiques peuvent être imaginées par l’auditeur avant même qu’elles ne soient jouées. Mais, dans le même temps, l’agencement inconnu des variations est nécessaire pour en faire la beauté. La chanson ordinaire est tellement prévisible qu’elle en devient rengaine.

Neuvième caractéristique : Le beau suscite la curiosité, l’attirance et, in fine, la satisfaction. Pour Emmanuel Kant, le beau est l'objet de la satisfaction désintéressée. On aime le beau parce qu’il nous satisfait sans que l’on puisse dire généralement pourquoi. Le beau rend heureux.

Dixième caractéristique : Le beau est ce qui résonne en moi et augmente, magnifie, exalte mon être. Dans le même temps, il procure un sentiment de communion intime avec l’univers.

Onzième caractéristique : Le beau est une communication, un échange sans parole entre ce qui m’émeut et mon être ému. Et cette émotion renforce sa beauté parce qu’elle nous transforme. Contempler le beau, c’est se laisser transformer.

Douzième caractéristique : Cette transformation est visible pour les autres. La beauté irradie et donne à celui qui la perçoit le privilège d’irradier à son tour la beauté.

Treizième caractéristique : La beauté est une clé de la compréhension intime du monde. « La beauté est la clé du mystère et elle renvoie à la transcendance. » (Jean-Paul II). La beauté est la présence manifestée de l’invisible dans l’univers.

 

 

 

11/04/2026

Dernier jour et nous ne serons plus

Dernier jour et nous ne serons plus

Je ne verrai plus tes cheveux d’ambre

Tes cils bleutés et encourageants

Je n’entendrais plus ta voix d’or

Tu seras là et absente, une ombre

Qui marche dans les prés

Et court ailleurs tes pieds

09/04/2026

Néant

Un film déjà connu, mirage de l’esprit

Envolé et parti au loin de lui-même

Ouvert sur le monde et l’intériorité

Il encourt l’enlisement ou la prosodie

 

Que signifie cet arrêté vulgaire ?

Y a-t-il une règle non écrite

Qui dicte son autorité insolite

Au quidam qui penche sur lui-même

 

Y a-t-il un blocage dans la démarche ?

Qui l’empêchera d’être lui-même

L’humble transmetteur de ma folie

Sortant ses membres du marais

 

Me voici, crie l’enfant sourd

Me voici, entend le voyant aveugle

Non, ce n’est pas moi, mais lui

Celui qui n’est plus et qui est

 

Dans ces lignes devenues noires

Que deviens-tu toi-même

L’ombre d’un squelette usagé

Qui n’a plus rien sur les os

 

Il est enfin fini ce mélodrame

Qui fait courir tout Paris

Et trompe son monde et lui-même

Dans un lacis de mots enchevêtrés

 

Il se tait encore sous le choc

D’un usage tant détesté

D’une coutume abhorrée, mais fière

De n’être qu’un néant sans suppléant

 

07/04/2026

Il était là

Il était là

Te regardant gentiment

Tendant la main par-dessus l’obstacle

Une main inquiète

Qui n’avait rien et qui cherchait

Le vide dans le plein

Où étais-tu, au-delà des cris

Rien

Et il partit au loin

Au-delà des cris

Dans le brouillard des larmes

Et la joie du matin

 

02/04/2026

Instant

Ne fixez qu’une tête d’épingle

Oubliez votre environnement

Ne regardez qu’en vous

Sentez en vous l’avenir qui monte

Où vais-je ? où m’emmènes-tu ?

Et je suis là, assis, en observation

Sans bouger, sans penser

Respirant pour survivre petitement

Le monde va et vient, en mouvement

Mais je suis là, seul, unique

Pauvre de moi ! Le monde passe

Les gens s’en vont

Et je suis seul, toujours

Regarde ce point, dépasse-le

Plus rien ne sera là

Même pas moi, ni toi…

 

 

30/03/2026

Elle se protégeait toute seule

Où es-tu, toi, l’immobile

Je ne connais que ton ombre du destin

Jamais tu ne te dévoile

Jamais je ne vois ton vêtement clair frissonner

Dans l’aube entouré de brouillard

Je t’envie, tu es belle de beauté fragile

Qui va et vient dans la pâleur

Du matin et l’ombre de la nuit

Qu’ils étaient doux ces réveils importuns

Je suis, tu es, nous sommes Un

Jusqu’à la fin des temps

Le dernier jour de notre temps

Le temps d’un instant grêle

Qui courre devant nous

 

Combien de jours restent-ils ?

19/03/2026

Toi, toi seule

Le silence devient pesant

Nul n’ose dire mot

Les gens se regardent

Mais rien ne sort d’une bouche

Aucune voix mélodieuse

Aucune interjection brutale

Pas la moindre interruption

Chut ! Ne rien dire

Sinon gare à toi !

 

Elle passa devant eux

Reine d’un jour

Regardant au loin

Dans la vision de son autorité

Rien ne la fera dévier

Adieu, ma belle

Marche vers ton destin

Envole-toi vers tes rêves

Mai ne te prend pas les pieds

Dans le tapis de ton avenir

Tu regretteras longtemps

Cet instant fatale d’apesanteur

Ce coup de pied majestueux

Dans le silence de l’avenir incertain

17/03/2026

Courir pour se trouver

Vibrer à l’unisson de la nature

Entrer en phase avec elle

Et se laisser aller sans protester

Courir, courir, encore courir

Jusqu’à ce que le but ne soit que de se trouve

16/03/2026

La beauté est un trou dans l'âme

La beauté est un trou dans l'âme qui nous fait voir, au delà de ce que l'on vit, ce que l'on est réellement : l'essence de l'être.

C'est un vide de l'être qui nous attache au plus profond de nous-même, c'est le vide des profondeurs qui existe en nous et nous révèle notre grandeur de pauvreté.

Je ne suis rien, mais, j'ai tout, je ne connais rien, mais je vis tout. Le tremblement d'une feuille dans l'air suffise à mon bonheur si je m'ouvre pleinement en l'oubliant. Je ne suis rien, mais j'ai tout, car j'ai atteint l'essence du monde et de mon être. Le rien est la récompense de ma vie car il me révèle la vérité. Je suis parce que je tremble devant la vérité : descends et tu montes dans l'inconnu jusqu'à te perdre de toi-même.

10/03/2026

Découvrir Dieu

             Découvrir Dieu, c'est découvrir la lumière. Lumière extérieure à travers sa Parole et son Eglise, il devient lumière intérieure, brûlant le cœur du feu de l'amour divin.

            Cet éblouissement a pendant des siècles été célébré chaque soir. Reprenant l'antique usage de la bénédiction de la lampe au coucher du soleil, les chrétiens ont amplifié ce rite pour en faire une action de grâce. Il est à l'origine des Vêpres ou office de la lumière au cours desquels se chantaient le Lucernaire. Dans la montée des ténèbres, le croyant découvre la lumière intérieure apaisante, salvatrice.

            Cette découverte est un nouveau commencement, une nouvelle naissance. Ainsi s'éclaire

l'introduction à l'évangile de Saint Jean, qui donne un autre aspect de ce commencement avant la création:

 

09/03/2026

Puissance

"Dieu est puissant, mais il ne rejette personne." (Job 35-5)

 

La véritable puissance consiste à agir en se laissant ignorer. Elle est dans la force de l'âme et non dans celle du corps ou de l'intelligence. On ne la remarque pas, mais on l'imite inconsciemment. Elle s'impose par sa seule existence, sans autres moyens intermédiaires.

La puissance est protection et n'a rien à voir avec la crainte qu'elle inspire.

08/03/2026

Ecrire pour qui ?

L’artiste moderne est un solitaire qui écrit pour lui-même ou pour un public dont il n’a aucune idée précise. Lié à une époque, il s’efforce d’en exprimer les traits ; mais cette époque est sans visage. Il ignore à qui il s’adresse, il ne se représente pas son lecteur. (…) La terreur du goût a cessé, et, avec elle, la superstition du style. S’en plaindre serait aussi ridicule qu’inefficace. (…) Écrire pour tout le monde ou pour personne, à chacun d’en décider, selon sa nature. Quel que soit le parti que nous prenions, nous sommes sûrs de ne plus rencontrer sur notre chemin cet épouvantail qu’était autrefois la faute de goût.

(E.M. Cioran, La tentation d’exister, Gallimard, 1956, Le style comme aventure, p.131)

 

 

La liberté enfin, mais quelle contrainte introduit-elle ! Ce n’est plus l’autre qui constitue l’approbation ou le rejet, mais soi-même. Et comme il est difficile de se juger soi-même. On a toujours tendance à au moins chosifier ses créations, sinon à les choyer. Et ce recul d’un pas est celui des grandes âmes. Peu sont capables de le faire.

06/03/2026

Qu’est-ce que la vérité ?

Pilate lui dit : " Tu es donc roi ? " Jésus répondit : " Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité : quiconque est de la vérité écoute ma voix. " 

Pilate lui dit : " Qu'est-ce que la vérité ? "

(Evangile de Saint Jean, chapitre 18)

 

 

Oui, qu’est-ce que la vérité ?

La définition du terme est ambiguë. Le Larousse nous dit que la vérité est l’adéquation entre la réalité et l’homme qui la pense. Mais il ajoute : idée ou proposition qui emporte l’assentiment général ou s’accorde avec le sentiment que quelqu’un a de la réalité.

Le CNRTL (Centre nationale de ressources textuelles et lexicales) nous dit : Connaissance conforme à ce qui existe ou a existé ; expression de cette connaissance.

La première définition

Cette définition est-elle satisfaisante ? La réalité (ou l’existant) est palpable. Elle est du domaine du matériel. La vérité n’existerait donc qu’en fonction de l’existant, c’est-à-dire la vision que nous avons du monde matériel. Il n’y aurait donc pas de vérité dans le domaine des idées puisqu’elle ne s’appuierait sur rien de matériel. Alors, qu’est-ce que la vérité ?

Doit-on chercher une définition ? Pourquoi ne pas tenter de caractériser ce qu’on appelle la vérité, ce qui pourrait ensuite faciliter une définition ?

 

Première caractéristique :

L’impression de vérité ou vérité ressentie est propre à chaque homme. « A chacun sa vérité », est-il coutumier de dire. Elle serait donc une valeur personnelle qui donne à l’homme des certitudes et lui permet d’avancer dans la vie en sachant où il va. Le terme vérité est alors la traduction du terme hébreu emet : ce qui est solide et à qui nous pouvons nous fier. Il désigne non ce que nous savons, mais ce qui oriente notre vie et fait qu’elle vaut la peine d’être vécue. « La vérité, c’est la subjectivité », a écrit le philosophe danois Kierkegaard. C’est ma subjectivité qui me fait moi, non semblable aux autres, et qui me mobilise. Elle concerne ceux que j’aime, les arts, ma religion, mes valeurs. C’est ma vérité, parce qu’elle est moi au plus profond de mon être.

 

Deuxième caractéristique :

Pourtant la manifestation de la vérité est mouvante. Elle est changeante selon mon humeur, mes attitudes et mon environnement. J’ai même une vérité à un moment et une autre à un autre moment. Tout dépend à ce moment de ma façon de voir, de ressentir, de comprendre, de conceptualiser. Et plus on s’y efforce, plus on approche de la vérité.

 

Troisième caractéristique :

La notion de vérité s’acquiert donc. Elle est le produit d’une éducation, voire d’une ascèse. Elle suppose l’acquisition d’un savoir, puis l’effort de connaissance au-delà du savoir. Il faut une volonté de la vérité pour l’approcher.

 

Quatrième caractéristique :

Contrairement à la beauté, elle n’est pas éphémère. C’est une valeur sûre sur laquelle tous peuvent s’appuyer. Mais bien que non éphémère, elle est évolutive. En effet, on n’a pas la vérité, on ne détient pas la vérité. On s’en approche progressivement, de mieux en mieux, mais il reste toujours une part d’ombre, d’inconnu, ne serait-ce que parce que l’humain est de nature différente du matériel et du spirituel.

 

Cinquième caractéristique :

Si certes chacun semble détenir sa vérité, celle-ci a cependant une signification commune. Elle se rapporte au réel et à la réalité. Est vrai ce qui est l’expression de la réalité, sans déformation de concepts, d’idées, de sentiments, de sensations qui accompagne toute appréhension du réel.

 

Sixième caractéristique :

La vérité n’est cependant vraie que dans sa forme concrète et non en tant que concept. L’idée ou la volonté de vérité n’est pas la vérité. Elle n’est qu’un concept, ou une impulsion, qui n’a de valeur que s’il se rapporte à une personne, un objet, un événement, ou encore une autre idée, un autre concept.

 

Septième caractéristique :

Cette vérité, différente de la première proposition, est la traduction du terme grec aletheia qui littéralement signifie : « ce qui n’est pas caché, ce qui n’est ni dissimulé ni voilé ni invisible. On parvient à la vérité quand on a acquis un savoir juste et complet sur les choses ou sur les personnes, lorsqu’on les perçoit telles qu’elles sont. (…) D’où la force de la question : « Y a-t-il une vérité ? » Les philosophes grecs se demandaient si nous pouvons parvenir à la vérité ou si elle se situe hors de notre portée. Pour l’école ou le courant sceptique, sensible aux limites des capacités humaines, nous n’atteignons jamais que des apparences et nous n’avons aucun moyen de découvrir ce qui se trouve derrière elles, nous sommes condamnés à ignorer ce qu’elles recouvrent. Certes, nous percevons des petits bouts de vérité, mais jamais la vérité entière et ultime. Aujourd’hui où les développements de la science sont prodigieux, nous en sommes au même point ; si nous avons remplacé une ignorance naïve par une ignorance savante, nous n’échappons pas à l’ignorance. La question de Pilate à Jésus garde toute sa pertinence. » (André Gounelle  dans A. Houziaux (éd.), Y a-t-il un salut pour les salauds ? et 14 autres questions banales mais difficiles, Seuil, 2007)

 

Huitième caractéristique :

La vérité est la superposition ou même la conjonction d’une représentation de la réalité avec cette réalité elle-même et l’expression de cette conjonction en un langage compréhensible par tous parce que de plus en plus simple au fur et à mesure de l’approche de la vérité. Ainsi, par exemple, Einstein exprime sa théorie unitaire de l’univers en une équation simple : e=mc². Mais que de savants ont avant lui œuvré à cette approche.

 

Neuvième caractéristique :

La vérité est un moyen de connaissance et de communication puissant parce qu’irréprochable et inattaquable. Elle clôt tout argument contraire et conduit au silence de l’acquiescement et à l’adhésion. C’est pourquoi la justice se donne le rôle de déceler la vérité. Lorsqu’au contraire elle juge en fonction de critères d’opinion subjectifs, elle n’est plus la justice, mais une parodie qui la rend vulnérable.

 

Dixième caractéristique :

Contrairement à la première caractéristique, la véritable vérité est une, indivisible, universelle, toujours en approche, en découverte. Elle est au sommet de la connaissance, l’alfa et l’oméga de l’humain, son point de rencontre avec le divin. La vérité ultime est Dieu, quel que soit la manière dont on l’appréhende. Et ce n’est pas à la portée de n’importe qui !

 

 

Aussi curieusement que cela puisse paraître, ces caractéristiques sont assez proches, au moins pour les premières, de celles de la beauté (voir Le beau, du 9 mai 2013). Sans doute parce que ces deux termes sont des valeurs universelles dont nous reparlerons prochainement.

04/03/2026

Poésies, poésies...

Poésies, poésies…

Petites paroles d’enfance, long discours, romans pour les plus âgés…

Un coup de vent, puis plus rien…

Les mots s’enchaînent et meurent enfouis dans le temps, dans l’espace et la beauté.

La beauté,

C’est le baiser d’adieux du pauvre qui n’a que sa télé pour continuer à vivre :

« Frontière entre le visible et l’invisible ».

03/03/2026

La vie est dans l'autre et le monde non en soi mais il faut entrer en soi pour la trouver

La vie est dans l'autre et le monde

non en soi

mais il faut entrer en soi pour la trouver

01/03/2026

Message

Retour au blog. Rien n'est fini.

J'ai eu une panne informatique qui m'a privé de communications. C'est maintenant chose réglée.

L'homme se dresse
les sons s'égrènent
les sens s'éveillent
il devient autre

le rien n'existe pas, hors l'imagination


si le rien existe, il est partout
et nous ne sommes rien
ou que devenons-nous ?