24/11/2024
Silence
Assis sur l’observatoire
Du haut de son palmier
Il regardait les soldats
Brutaliser les enfants
Et les femmes sans maris
Elles courraient devant eux
En criant leur rage et leur malheur
Et lui, auguste triomphant
Contemplait le carnage
Sans voir l’horreur de l’instant
Les hommes restaient silencieux
Et observaient le tableau
Des pieds, des mains et des cris
Mêlés de pleurs et de sang
Le silence se fait plus ample
Plus rien ne bouge
L’or ne luit plus désormais
Il est terne et pâle
Et cherche un trou où se cacher
Ainsi finit le séjour au loin
Derrière les montagnes
Là où le noir devient gris
Les rochers mous et l’eau rouge
Quel monde que celui qu’on m’impose !
03:08 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Imprimer
23/11/2024
Absent
Absent
Oui, il n’est pas là
Absent, il est absent
Il n‘est plus là
Devant la porte
Attendant ta venue
Immobile et patient
Réchauffant son cœur
Devant sa largesse
Oui, tu es absent
Et il n’a plus rien
A lui donner, même pas
Un morceau d’os
Pour l’attirer vers lui
Ils se regardent
Et ne disent mots
Quand nous reverrons-nous ?
07:50 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Imprimer
22/11/2024
Neige
Un flocon, puis deux, puis trois…
Ils éclairent la campagne
Ils délaissent le goudron…
La nature seule les charme…
Ils adoptent les doigts ouverts
Des arbres noirs et dépouillés
Ils craquent sous le pied
Et jouent à l’étouffoir …
Ralenti, le passant coule
Le long du chemin blanc
Laissant ses pas, fil ténu
Entre présent et avenir…
Dors petite fille, dors
Que tes rêves t’enlacent
Dans leurs saveurs aigres…
Ne regarde pas dehors
La montagne approche
Et entre par la fenêtre
Elle ouvre ses mains de glace
Mais ne l’écoute pas
Elle ne sait pas ce qu’elle veut
Sinon te dire « Viens, viens »…
Surtout, ne sors pas
Ne la regarde pas, tiens-toi close
De tout regard fiévreux
Et d’envie de courir dans cette neige claire
Qui atténue toute réserve et crainte
Et te fait t’envoler en pensée…
Et… peut-être… en action
10:27 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Imprimer
21/11/2024
Fini
Encore toi, tu restes à mes côtés
Toujours penché sur mes épaules
Auscultant mes gestes et paroles
Et je contemple, ahuri,
Ta face austère, occultant les réactions
Du pauvre bougre que je deviens
Perdu dans la société rapace
Des malheurs du temps présent
Foutez-moi la paix !
Plus rien ne peut sortir de moi-même
Hormis une blague molle et vaine…
07:50 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Imprimer
20/11/2024
Course d'obstacles
Penses-tu aux heures passées à attendre
Au fond de ta voiture, te rongeant les doigts
Rêvant de gloire ou de chute… un temps
Te voyant si haut et si petit, hagard
Galopant parmi les autres, te voyant
Sauter les obstacles déchainés
Avancer au rythme des foulées
Ne pensant qu’à tenir jusqu’au bout
Sans savoir si tu le peux
Et tout à coup te trouver en tête
A une centaine de mètres du poteau
Entendant tes voisins, toi qui retenais encore
Celui qui te portait vers la victoire
Ne vient qu’un seul concurrent
Qui te regarde méchamment
Fier de te rejoindre et de pousser
Son cheval sur toi. Trop tard…
Il est passé dans un dernier effort
La victoire t’a échappée d’un souffle
Et tu contemples sans le voir
Celui qui t’a pris la place que tu convoitais
Adieu tes rêves de gloire
Adieu ton bonheur d’un jour
Te voici seul avec ta faute
Tu n’es plus rien qu’un fautif
Qui n’a pu réagir…
03:35 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Imprimer
19/11/2024
La fin approche
Matin...
Elle était là, petite, mais forte
De sa prétendue richesse salée
La mer était belle, encombrée
Par le vent qui poussait sur ses sursauts
Et empêchait les flots de déborder
Rien ne va plus dans le matin noir
On ne voit goutte. La mer s’assagit
La pluie tombe du ciel par paquets
Mais elle se tasse sur elle-même
Et attend patiemment la fin
Rien ne vient, elle ne bouge plus
La fin approche, frileuse, tassée
Et elle attend, encore et toujours
Que les flots se calment lentement
Dans la crique envoutée et sereine…
Plus rien ne bouge, même pas sa grandeur
Derrière le rocher où elle s’abrite
Elle marque la fin de l’après-midi
Elle n’est plus qu’un tas de chiffons
Refroidi par les gouttes d’eau
Et par sa ferveur vers le ciel
« Adieu journée, je ne verrais plus
C’est la mort de la vie, la fin des rêves
D’un bonheur superflu et pourtant réel
Je vivais et tu étais, entièrement vivante
Aux flots de l’abime mouvante des vagues. »
18:29 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Imprimer
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« Un matin de septembre, la vie se déchire. Je n’ai plus rien. Je me regarde, vide, sans motivation, sans désir, sans volonté. Il me faudra longtemps pour retrouver une motivation de vie. Je suis en deuil de mon moi. Il est mort. Je m’efforce de découvrir une vie intérieure. Un an plus tard, est né un autre moi-même. Quelle expérience ! Je découvre une autre vision de la vie, plus nette, plus réelle, plus près de moi, qui est moi sans être moi. La vie est autre. »
Changement radical qui m'ouvrait à la compréhension de ce qui m'avait préoccupé dans l'adolescence ; qu'est-ce que l'homme dans l’univers ? Celui-ci a-t-il une finalité ? Quel est le sens de la vie ?
Cette découverte répondait à l'intuition que j'avais toujours eue : l'homme est appelé à se dépasser pour découvrir le sens de toutes choses. Je ne savais pas que cela devait correspondre à l'expérience de Dieu. Celui-ci m'avait toujours paru un être lointain, régissant le monde, père omnipotent, censeur de notre comportement. Conception enfantine de Dieu, mais qui est celle de beaucoup de croyants, inconsciemment. Et voilà qu'en six mois, mes yeux s'ouvrent, les écailles tombent et je contemple, émerveillé, l'œuvre divine, en moi et autour de moi. Cette expérience transformait ma vie.
Le premier chapitre raconte ce cheminement de six mois de l'obscurité à la lumière. C'est la description de ce que j'appelle la vraie vie par rapport à celle que je continue, la plupart du temps, à mener comme tout le monde. Expérience exigeante, que l'on oublie parfois parce qu'il est plus facile de se laisser ballotter par la vie plutôt que de nager à contre-courant. Expérience qui ne donne aucun acquis : à chaque instant on l'oublie, on la trahit. Parfois elle revient, comme un appel pressant à faire face à notre insuffisance.
Le deuxième chapitre traite des commencements et des fins de l’homme tel que décrit par la Genèse. Le royaume de Dieu est là, présent dans le monde et Dieu se dévoile dans sa magnificence.
Le troisième chapitre explicite la vie, la mort, les états posthumes, la vie éternelle et donne des pistes pour répondre à la question primordiale : « Que vas-je faire de ma vie ? »
Le quatrième chapitre entre dans la question du mystère de l’homme et de la femme, du mariage et traite de l’accomplissement jusqu’à l’union intérieure.
Les derniers chapitres explicitent la parole de Dieu en nous à travers les textes de l’Avent et du Carême.
Ce livre n’est qu’un livre de méditation, il fait part des réflexions d’un croyant sur le chemin étonnant de la découverte de son éveil spirituel. Il n’est rien d’autre.
13:28 Publié dans 41. Impressions littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Imprimer
Matin
Matin
Elle était là, petite, mais forte
De sa prétendue richesse salée
La mer était belle, encombrée
Par le vent qui poussait sur ses sursauts
Et empêchait les flots de déborder
Rien ne va plus dans le matin noir
On ne voit goutte. La mer s’assagit
La pluie tombe du ciel par paquets
Mais elle se tasse sur elle-même
Et attend patiemment la fin
Rien ne vient, elle ne bouge plus
La fin approche, frileuse, tassée
Et elle attend, encore et toujours
Que les flots se calment lentement
Dans la crique envoutée et sereine…
Plus rien ne bouge, même pas sa grandeur
Derrière le rocher où elle s’abrite
Elle marque la fin de l’après-midi
Elle n’est plus qu’un tas de chiffons
Refroidi par les gouttes d’eau
Et par sa ferveur vers le ciel
« Adieu journée, je ne verrais plus
C’est la mort de la vie, la fin des rêves
D’un bonheur superflu et pourtant réel
Je vivais et tu étais, entièrement vivante
Aux flots de l’abime mouvante des vagues. »
06:48 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Imprimer
18/11/2024
Importuniste
Le pauvre diable se meurt
Il n’a plus rien sur lui
Juste un peu de laines des moutons
Qui sentent la rivière d’en bas
Celle qui coule goutte à goutte
Dans la chair dénudée
L’homme s’affaire, solitaire
Se régale de chair fraiche
De pain d’épice clairsemé
Et court dans les prés
Dans l’herbe mouillée
Au devant des têtards
Qui s’égaillent dans la mare
Adieu, fiers saltimbanques
Cachez-vous en fermant les yeux
Les rois ne sont pas vos cousins
Tout justes des amis revenus des songes
Riant et pleurant à la fois
De tant d’horreurs contenues
Dans un aussi petit cadavre
Qui s’étale devant eux
Et va au fil de l’eau rejoindre son âme
Dans la douceur du printemps
Au devant des myosotis desséchés
Pleurant les larmes de son corps
Et réjouit de se voir aussi pauvre
Adieu jeune ingénu, va
Et ne vient plus m’importuner
De tes ombrages noirs et maigres
04:20 Publié dans 42. Créations poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Imprimer