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27/05/2018

Les concepts constitutifs au temps

Ne pouvant définir le temps en lui-même, il importe de se poser la question des concepts qui permettent son approche. Ils sont nombreux et donnent une vision élargie de la temporalité.

La notion de chronos

Le Chronos est le tout du temps, relatif au présent : « Hier était le jour précédent et demain sera le jour suivant parce que je suis aujourd’hui. ». Il est un point mouvant sur la flèche du temps qui définit les infinis à ses deux bornes.

Le chronos, ou temps historique, découpe le temps en trois périodes :

  • Le passé qui désigne l’espace du réel qui n’est plus, avant le présent ;
  • Le présent qui désigne l’espace du réel, entre le passé qui n’est plus, et le futur qui n’est pas encore ;
  • Le futur qui désigne l’espace du réel qui n’est pas encore, après le présent.

Les conséquences de la notion de chronos :

  • Compréhension de l’irréversibilité du temps : ce qui est vécu, est vécu.
  • L’amélioration des sociétés et de l’humanité se prépare dans l’avenir et se joue dans le présent. On ne peut revenir sur ce qui a existé.

Temps et espace

Cette représentation du temps est assez proche d’une représentation de l’espace en deux dimensions. Mais si dans l’espace, on peut se mouvoir dans les deux sens, sur l’ensemble de la droite, dans le temps, une seule direction est possible. Il n’y a pas de retour en arrière, ni même d’arrêt sur la droite. Temps et espace sont indissolublement liés dans notre monde.

Le rapport temps-espace se vérifie dans le mouvement. Celui-ci n’est pas seulement dépendant d’un espace défini, mais il ne peut se dérouler que dans un temps donné. Ainsi l’on mesure un déplacement soit en fonction de l’espace (kilométrage), soit en fonction du temps (durée). Le mouvement se fait donc dans la durée et si le temps venait à s’arrêter plus rien ne bougerait. Ce qui signifie que le temps suppose le changement.

L’homme moderne s’est donné comme objectif de maîtriser le temps des déplacements dans l’espace grâce à la vitesse. Il ne s’agit plus seulement de maîtriser les déplacements physiques de personnes ou de marchandises, mais également les déplacements de données, d’informations, qui doivent dorénavant suivre l’actualité en temps réel.

Changement et permanence

Le commun des mortels a bien conscience de ces changements subtils ou brutaux qui affectent notre monde : les objets et le vivant sont altérés par des évènements et ce processus s’intègre dans un temps partagé par tous ceux qui ont conscience de son cours. Mais, en parallèle, ces objets demeurent semblables, numériquement, malgré les changements qu’ils subissent. Le temps semble donc supposer à la fois changement et permanence. Un des grands rêves de l’homme est de pouvoir imprimer sa volonté sur ces deux facettes du temps : accéder à la permanence, c’est-à-dire la stabilité en maîtrisant le changement. C’est le rêve, le mythe ou peut-être la réalité du paradis, un monde sans changement, donc sans temps, qui signifie dans l’esprit de chacun un monde sans problèmes, dont un monde de parfait bonheur.

Simultanéité-succession, instant-durée

Le terme de simultanéité signifie qu’à un même moment se déroule conjointement de nombreux évènements en rapport ou sans rapport entre eux. En corrélation, si deux évènements ne sont pas simultanés, ils sont successifs et se suivent dans le déroulement du temps. Le concept de chronos se double d’une troisième dimension, la simultanéité le long de la droite du temps qui la transforme en espace temporel, dans laquelle les évènements se déroulent éparpillés, mais dans un ordre immuable celui de l’antériorité, de la postériorité et de l’en-même temps.

De ces notions on ne peut déduire l’instant, c’est-à-dire le moment du changement, du passage de la postériorité à l’antériorité, qui peut être, selon les évènements que l’on considère, un instant ou une durée, très variable en fonction des perceptions et de l’attente de chacun. Le philosophe Bergson oppose la durée pure, qui est le temps vécu, à la variable numérique T, qui est le temps spatialisé. Pour Bergson, la conscience, qui s'accroît sans cesse, ne sépare pas ces continuelles acquisitions. Or, c'est à elle qu'il faut demander l'origine de l'idée de succession, qui suppose la mémoire et qui ne correspond à rien de matériel ; il faut donc penser la succession sans distinction : c'est en cela que consiste l'intuition de la durée pure.

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