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19/12/2017

L'homme sans ombre (41)

Quelques jours plus tard, paraît dans la presse française un article intitulé « Étrange affaire de succession dans une secte bouddhiste » : Une étrange affaire s’est déroulée à Paris dans les milieux tibétains. La secte Pingya venait d’installer un monastère dans le quartier du 13ème arrondissement et commençait à s’étoffer sous la conduite d’un tulkou qui serait d’origine française. C’est cette origine qui a suscité des jalousies, puis des antagonismes au sein des lamas de la secte. Ils leurs semblent inconcevables qu’un grand maître puisse se réincarner dans un enfant étranger aux traditions tibétaines. De plus, pour se justifier, ces adversaires font état de comportement tout à fait contraire aux coutumes du Tibet. Les tulkous sont et doivent rester célibataires. Ils ont, comme nos prêtres catholiques, une obligation de renoncement à la chair pour se consacrer à l’amour divin qui se porte vers tous les hommes et les femmes. Or celui-ci (nous n’avons encore pas réussi à identifier son nom réel) prétend se marier avec une française qui n’est même pas bouddhiste. Un sacrilège que les contestataires mettent en avant pour refuser dorénavant l’exercice du pouvoir par le rimpoché [1]. Ce n’est cependant pas un fait nouveau. Plusieurs Rimpoché se sont mariés tout en demeurant à la tête de leur secte. Ainsi le Sakyong Mipham Rinpoché s’est marié récemment avec la fille d’un autre Rimpoché et est devenu un véritable occidental. On constate d’ailleurs que les problèmes sexuelles sont aussi nombreuses dans le bouddhisme que dans le catholicisme. Ainsi, en novembre 1994, en Californie, Sogyal Rimpoché  a fait l'objet d'une plainte pour « mauvais traitements physiques, psychiques et sexuels ». Après de nombreuses polémiques entre les deux parties, Sugyal Rimpoché démissionne de la direction spirituelle de Rigpa, laissant celle-ci à un groupe d'anciens étudiants et de lamas tibétains.

Que va-t-il se passer pour cette  nouvelle secte bouddhiste qui jusque-là n’avait pas fait parler d’elle ? Nous n’avons pu approcher le jeune Rimpoché. Celui-ci a bien, en effet, été désigné tulkou par une commission de recherche d’un successeur. Ces parents se trouvaient en Inde où le père, ingénieur, dirigeait la construction d’un pont. Cette désignation ne posa pas de problème auprès des populations locales et il fut pris en main par les lamas de la secte sans difficulté. Devenu jeune homme, il décida de se rendre en Occident et d’y créer un monastère comme d’autres sectes bouddhistes ont pris l’habitude de le faire depuis plusieurs décennies. C’est au cours de ce retour dans sa patrie d’origine que le tulkou a rencontré une jeune fille qui, semble-t-il, embrouilla ses relations avec sa secte. Rien ne va plus au sein des fidèles et la rupture semble proche entre le maître et ses fidèles. »

 

[1] Rimpoché est une épithète honorifique propre au bouddhisme tibétain. Employé comme adjectif, il signifie littéralement « précieux ». Le titre Rimpoché est le plus souvent réservé à un lama incarné.

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