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02/08/2020

L'étrange bataille de San Pedro de Atacama (33)

A la surprise d’Alexandro et d’Emma, les trois, en levant la main en même temps, annoncèrent aussitôt qu’elles étaient prêtes à se marier avec lui.

– Mais, qu’est-ce que cela veut dire ?

– Mais Maman, il est beau ! dit Ernestina d’une voix extasiée.

– Oui, il nous regarde avec un tel air de certitude et de douceur ! dit la dernière Libertad, pourtant encore très jeune pour penser à de telle chose.

– Et il est drôle. Il n’est pas comme tous les jeunes hommes qui se cherchent. Il sait ce qu'il veut ! dit enfin l’ainée qui donnait ainsi la clé de leur engouement.

Les deux époux se regardèrent avec un sourire :

– Au moins vous nous simplifiez la tâche. Et le père serra contre lui la plus jeune, ému à la fois par la spontanéité de ses filles, leurs impulsions et leur méconnaissance de la vie.

– Toi aussi Libertad, tu te vois au Chili, dans un pays inconnu, avec un homme que tu ne connais pas, et, qui plus est, est soldat, peut-être même pas officier ?

– Il n’est surement pas officier de carrière. Il doit plutôt être artiste pour mettre en scène une telle histoire si bien tournée et qui vous laisse pantelante et sans réponse.

– Tu as raison, mais vois-tu, le problème n’est pas si simple. Je ne peux faillir à la mission que j’ai reçue, défendre le village et ses habitants et faire en sorte qu’il reste bolivien. Même si nous acceptions ce mariage avec l’une d’entre vous, je ne serai plus digne de me montrer devant vous et votre mère. La mission est sacrée pour un soldat et plus encore pour le chef d’un détachement comme le nôtre. Je ne peux accepter que mes hommes soient faits prisonniers sans combattre et eux-mêmes ne l’accepteront pas. Mais, je l’avoue, je ne peux non plus admettre que je vais laisser les habitants de ce village, qui n’ont rien à voir avec la politique d’accès à la mer, mourir sous les coups des Chiliens. Mes hommes sont prêts à se battre et à mourir s’il le faut, mais les villageois sont piégés de manière odieuse par cette histoire. Je ne peux l’admettre. Et pourtant, je ne vois pas d’autre alternative pour l’instant. Votre mère non plus.

– Sans même savoir qui d’entre nous sera la femme de cet homme désirable, nous sommes prêtes à vous aider à trouver une solution qui satisfasse tout le monde, dit l’ainée Abigail. Nous avons huit jours pour cela.

– Oui, et ce n’est pas de trop, dit Alexandro. Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il fera son possible pour qu’aucune de ses filles ne se marie avec l’individu. Ce n’était pas une manière de demander, sans même savoir laquelle il voulait, la main d’une demoiselle sans même la connaître.

 

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