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25/05/2018

7 façons d’être heureux, de Luc Ferry (1)

Dans son excellent livre intitulé 7 façons d’être heureux ou les paradoxes du bonheur, Luc Ferry livre sept visions d’envisager les rapports entre l’homme et le monde pour être heureux, constatant qu’actuellement la mode est à la recherche du bonheur sous toutes ses formes.

Il fait un constat initial : nous cherchons tous désespérément le bonheur, mais cette quête estbonheur, malheur, religion, morale, désir illusion, car tout ce qui nous rend heureux est aussi ce qui peut nous rendre le plus malheureux. Il constate que dans la plupart des sagesses anciennes, l’idée de bonheur occupe une place centrale dans la réflexion sur le sens de l’existence. Or le catholicisme bouleverse cette vision. Dans l’ici et maintenant, ce sont les maux inhérents à l’existence humaine qui nous donne l’occasion de nous y préparer, de trouver notre voie vers le salut. L’église aurait ainsi élaboré au fil des siècles une véritable philosophie du malheur qui souligne les vertus potentiellement rédemptrices de la misère. Pour surmonter ces épreuves, il faut espérer en une autre vie et faire mourir la mort. Pour que la bonne nouvelle puisse enchanter le monde, il faut y croire, c’est-à-dire avoir la foi.

Ce n’est qu’à l’époque moderne que cette vision évolue. On passe d’une éthique catholique à une étique républicaine qui consiste, dans le sillage de la parabole des talents, à lier la notion de mérite à celle du travail et à la pénibilité, sécularisant ainsi les formes de dépassement de soi du christianisme. Ainsi, la valorisation catholico-républicaine de l’effort et du mérite lié à la pénibilité du travail marque donc une rupture totale avec les visions morales du monde à la fois aristocratiques et eudémonistes qui caractérisaient la pensée antique. C’est donc deux visions différentes qui vont se développer au XXe siècle et qui s’opposent en ce qui concerne le bonheur : la vision républicaine pour qui le bonheur ne vient que grâce aux produits du travail et la vision  utilitariste anglo-saxonne de Jeremy Bentham qui développe une morale du bien-être et, au-delà, une morale de la liberté. Cette éclatante version met en évidence l’eudémonisme, vision dans laquelle les humains sont d’abord définis comme des êtres qui ont un intérêt fondamental, prioritaire et indiscutable, au bonheur.

Ces deux versions peuvent être complétées par une troisième thèse définie par André Comte-Sponville : le sage est celui qui parvient à regretter un peu moins, à espérer un peu moins, à aimer un peu plus. Aimer ce que nous avons ici et maintenant, plutôt que de désirer sans cesse ce que nous n’avons pas, voilà le secret !

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