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29/01/2018

L'autre porte

Nous avons beaucoup parlé de portes dans ce blog, autant réelles telles les portes cochères, qu'imaginaires. Mais nous n'avons pas encore parlé de cette porte qui permet de franchir le passage entre le moi et le soi, ou entre le monde naturel et le monde spirituel. C'est le moment.

 

Mais il est une autre porte, plus subtile et obscure, celle qui délimite l’extérieur de l’intérieur. Elle est légère, transparente et invisible. Elle se franchit sans passeport. Elle nécessite cependant que vous abandonniez une partie de vous-même à laquelle vous tenez énormément, ce moi qui court comme un rat et dont vous suivez les péripéties quotidiens.

Si vous parvenez à vous mettre sur la tranche comme ce miroir que vous tenez entre vos paumes par pression, vous contemplerez l’effet ciseau de votre position inusitée et pourrez progresser sans douleur dans le dédale des aventures humaines. Ce fil à couper le beurre que vous devenez possède la faculté de trancher la réalité. Vous connaissez le côté pile, les souvenirs du passé, le vécu du présent, l’ouverture sur le futur. Pourtant, le côté face a plus d’attrait. On l’éprouve de l’intérieur, tout apparaît en creux, vous chevauchez le masque de l’irréel et voyagez en éclair sans savoir ou vous allez. Vous découvrez les rêves d’antan, les exaltations du présent et l’espoir de l’avenir. Vous n’êtes plus vous-même, mais celui qui, en vous, toujours, a voulu poindre son nez et sur qui la porte s’est toujours fermée. Un œil, juste, derrière l’entrebâillement et vous êtes aspiré par un souffle divin qui vous précipite dans l’arène. Ce n’est plus le noir des portes précédentes, mais l’aveuglement de la lumière crue, blanche, aveuglante, qui vous libère. Vous ne pouvez fermer les yeux, mais ne pouvez non plus regarder. L’œil devient terre, globe, bille dont vous contempler la surface de l’intérieur, en creux, comme les hommes de la caverne de Platon. Et vous vous sentez bien dans cet espace non matériel, sur le tranchant de la vie, comme une lame de couteau face au fromage de l’abondance.

Alors vous entrez dans cette bulle légère, gobé sans discernement par son attrait imperceptible, vous flottez dans l’éther de l’imagination, sans idées préconçues, sans l’ombre d’un désir matériel, vous planez sur le monde sans vous y attacher et volez vers d’autres cieux, plus lointains et inconnus.

 

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