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28/01/2011

La mort avait mis son scaphandre

 

La mort avait mis son scaphandre. C'était une grenouille de caoutchouc dont l'enfer était les gouffres marins.

Je la suivis une nuit. Et je rendis visite aux entrailles de la terre. Les eaux étaient vert sombre, les roches jaune clair. Un hublot me protégeait de ce monde difforme. L'architecture marine a la bizarrerie d'un jardin d'hiver : pâle, lent, secoué d'irrésistibles tressaillements. Les herbes folles défient le regard des absents et gonflent leurs pédoncules de lourds cheminements. Miroir de la réversibilité, quand l'onde reflue et imprime un mouvement contraire à la prolongation de l’élan antérieur. Alors une longue déchirure surprend le promeneur solitaire et lui rend la consistance des vivants.

Dans mon enfance, à la maison, se trouvaient des vitres jaunes qui déformaient d'un côté, mais restaient transparentes de l'autre. Je montais sur la fenêtre pour regarder la pièce, un débarras moisi où s'entassaient de prodigieux trésors. Depuis, l’irrésistible penchant à rechercher ce qui se cache derrière la porte. Je n’ai pas encore trouvé, mais le simple fait de chercher me procure un indicible plaisir que je ne saurais abolir.

 

 

 

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